‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 33 sur 212 · DES C0INSTITUT10:SS MÉDICALES · texte numérisé non relu

DES C0INSTITUT10:SS MÉDICALES

des maladies sont plus difficiles à apprécier. Les premières sont la constitution médicale inflammatoire, catarrhale, bilieuse, adynamique, maligne, putride, nerveuse, ataxique, etc.

La constitution médicale inflammatoire se révèle par la présence d'un grand nombre de maladies inflammatoires, de siège diffèrent, et par l'état inflammatoire qui complique les autres maladies du moment, telles que les pyrexies typhoïdes ou éruptives. La rougeur du visage, la turgescence des téguments, la force, la plénitude du pouls, la pléthore accidentelle et le succès des émissions sanguines, sont les caractères particuliers des maladies observées à ce moment.

La constitution médicale bilieuse amène, comme chose principale ou comme élément accessoire, des maladies accompagnées d'un état saburral, amer de la langue; de nausées, quelquefois de vomissements bilieux et de déjections de môme nature; d'une cholémie plus ou moins prononcée, avec teinte ictérique des conjonctives, de la peau, des urines, etc. Toutes ces maladies guérissent facilement par les vomitifs, les purgatifs ou par ces deux moyens associés l'un à l'autre.

La constitution catarrhale engendre les maladies des muqueuses, le flux nasal, oculaire, bronchique, intestinal, phlegmasies de mauvaise nature, sans plasticité de l'exsudation inflanmiatoirc, et que pour cette raison on appelle phlegmasies catarrhales. Ce sont des maladies spéciales, souvent épidémiques, et qui guérissent très-diflicilement, tantôt par un remède et tantôt par un autre. C'est ici qu'il faut tâtonner et qu'on attend quelquefois longtemps avant de rencontrer la médication favorable. Vomitifs, purgations, révulsifs, antiphlogistiques, etc., trionqjhent ou échouent indistinctement devant les comphcations des maladies catarrhales. Cependant l'ipécacuanha et les révulsifs cutanés sont, entre toutes, les médications qui ont le plus de chances de succès.

La constitution médicale putride s'annonce par une nature septique particulière aux maladies. Les lièvres typhoïdes sont accompagnées d'une profonde altération du sang, d'escharres; les fièvres puerpérales forment beaucoup de pus; il règne alors des érysipèles, des pourritures d'hôpital, des pldébites; les o})érations réussissent mal; il y a beaucoup d'infections j)uruleid(;s, etc., etc.

Dans les constitutions mèchcales adynamique, maligne, nerveuse, alaxi(pie, ce sont des phénomènes morbides variables, en rapport avec la constitution prédominante et venant compliquer les différentes [)hlegmasi(is ou pyrexies (hi moiï/ent. Ces phénomènes leur communiquent un(; h)rme particulière, adynamique ou ataxique, et quelquefois une gravité insolite que l'état matériel n'explique pas et dont on se rend compte par la mangnilé.

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Enfin, en dehors de ces symptômes particuliers à certaines constitutions médicales, et qu'on ne saurait méconnaître, il y a d'autres phénomènes qu'il est i)eut-êtrc impossible de catégoriser, mais qui n'en sont pas moins les indices d'une influence occulte, insaisissable, sur les maladies de l'homme. Ainsi la durée des maladies est modifiée par cette influence, et cela dans les fièvres typhoïdes ou éruptivcs, dans les phlegmasies, dans les affections catarrhales, etc. Au milieu de conditions semblables, sur la môme population, avec un traitement identique, la durée des maladies semble quelquefois abrégée dans un instant, alors que, plus tard, leur terminaison se fait plus longtemps attendre. J'en dirai autant de cette influence occulte sur la mortahté des maladies, qu'elle rend très-variable suivant les années; de leur traitement, dont les résultats changent selon les lieux et les époques où l'on pratique. Tel médicament échoue à une époque et réussit à une autre. Ainsi j'ai vu, et bien d'autres comme moi ont été les témoins de cette observation clinique; j'ai vu les émétiques, les purgatifs ou la saignée mis en usage avec succès contre des maladies de nature différente et produire plus tard, au contraire, les plus funestes effets dans les mêmes maladies, alors que ces moyens semblaient rationnellement indiqués. J'ai la plus grande confiance dans l'emploi des éméto-cathartiques contre la fièvre typhoïde ; ils m'ont presque toujours bien réussi, et cependant je me rappelle une année dans laquelle leur administration était si souvent suivie d'un météorisme abdominal mortel, que j'ai dû renoncera leur usage. J'ai repris cette médication, et rien de semblable à ce que j'ai déjà observé ne s'est reproduit. C'est ce phénomène, constaté par tous les observateurs dans un grand nombre de maladies, et à propos d'une infinité de remèdes, qui faisait spirituellement dire à Boycr : « Hàtez-vous de prendre ce remède pendant qu'il guérit. » En effet, l'influence des constitutions médicales, qui modifie la forme ou la nature des maladies, peut bien donner aux réactions thérapeutiques un caractère différent, selon le lieu et le moment où on les provoque. La clinique en fournira la preuve aux incrédules.

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