‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 41 sur 212 · DE LA CONTAGION · texte numérisé non relu

DE LA CONTAGION

de transmission qu'il faut rapporter à un parasite facile à trouver et à détruire, on comprend que ce soient là des maladies qui puissent affecter plusieurs fois le même individu.

Les maladies contagieuses parasites dues à la présence d'épizoaires sont des maladies vésiculeuses de la peau; exemple : la gale de l'homme et des animaux. Les maladies contagieuses causées par les épiphytes sont, au contraire, des maladies du tissu muqueux qui tapisse les anfractuosités d'où sortent les poils et les cavités qui viennent s'ouvrir à la surface du derme; exemples : le favus, le muguet. Ces membranes présentent alors des traces non équivoques d'inflammation; elles sont rouges, luisantes et sèches, conditions qui se retrouvent ailleurs en dehors de toute cause contagieuse, et qui favorisent le développement spontané des végétaux microscopiques. Les parasites végétaux se montrent aussi quelquefois naturellement sur les plaies qui, ayant suppuré longtemps, se recouvrent d'un épithélium iîn semblable à l'épithélium du tissu muqueux enflammé; exemples : les vésicatoires, les ulcères variqueux, etc.

Pour que ces maladies se transmettent à d'autres individus, le contact direct est absolument nécessaire. Il faut cette condition pour que, d'une part, les acarus puissent émigrer ou que, de l'autre, la transplantation des parasites végétaux puisse s'accomplir. C'est ainsi qu'on voit dans quelques circonstances le muguet de l'enfant à la mamelle s'étendre au sein de la nourrice. Ici la contagion ne peut s'effectuer à distance, comme nous avons vu que cela était possible dans les affections virulentes et purulentes.

Les agents contagieux animaux sont, pour la gaîe^ le sarcopte décrit par M. GalèS; pour le prurigo senilis^ lespedkuU corporis, connus de tous les médecins. Quant aux parasites végétaux du favus et du muguet, leur connaissance est due à M. Gruby, et ils ont été décrits dans leurs nombreuses variétés par Schœnbein, Ch. Robin, E. Bazin, par moi dans mon Traité des maladies des nouveaux-nés et des enfants à la mamelle^ et par tous ceux qui ont étudié ces maladies.

Les maladies infecto-contagieuses miasmatiques ont, comme les maladies virulentes, une période d'incubation, d'invasion, d'état et de déclin. Leur temps d'incubation est impossible à préciser. On ne sait presque jamais à quelle époque un individu a subi l'impression miasmatique. Sauf le cas spécial d'une personne entrée un instant dans un foyer d'infection et qui, en partant aussitôt, tombe malade à une grande distance, on n'a que très-rarement l'occasion de préciser le temps qui s'écoule entre l'impression morbifique et la réaction qui la suit. Ainsi l'incubation de la lièvre typhoïde est de dix à vingt-cin(j

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jours, celle du typhus de quelques heures à huit ou dix jours, etPringle a cité des cas dans lesquels le développement du mal a été aussi rapide que s'il se fût agi de l'absorption d'un gaz délétère.

Les symptômes d'invasion sont très-variés et très-différents, selon l'espèce de maladie infecto-contagieuse qui va se déclarer. Ceux du choléra, de la diphthérie, du typhus, de la suette, du scorbut, de la méningo-encéphalite, etc., n'ont aucun rapport et ne peuvent être présentés d'une manière générale. 11 en est de même des désordres anatomiques. A part une certaine forme d'altération du sang et une lésion ayant le plus ordinairement pour siège les muqueuses, toutes les altérations anatomiques diffèrent les unes des autres dans chaque maladie infecto-contagieuse. Certamement le sang et les humeurs sont modifiés dans ces maladies; mais comment le sont-elles relativement au principe contagieux? C'est ce qu'on ignore. Il est vrai que, dans toutes les pyrexies infecto-contagieuses, la fibrine du sang est mollasse, peu coagulable, et tend à diminuer de quantité, que les globules sont plus rouges ; mais que sont ces modifications générales, eu égard à la présence d'un principe contagieux particulier? Evidemment rien.

La plupart des maladies infecto-contagieuses ont aussi pour effet de produire des altérations anatomiques sur les muqueuses, comme la fièvre typhoïde, la diphthérie, le choléra, la grippe; quelquefois sur la peau, comme dans la suette, la peste, le scorbut, ou dans les viscères, des congestions passives très-marquées qui forment autant de comphca lions fort graves. Ces congestions sanguines existent principalement au bord postérieur des poumons, dans le foie et dans la rate. Quelle que soit la lésion matérielle des maladies infectocontagieuses, elle n'est pas la chose primitive et ne paraît être qu'un effet variable de la maladie elle-même, car cette lésion, souvent peu considérable, n'est pas constante; elle n'existe pas au début des accidents, elle peut manquer si la mort arrive très-rapidement, et on la retrouve dans quelques autres maladies de nature différente. La psorentérie du choléra n'existe pas toujours, elle ne se montre qu'après un certain temps de maladie, el le peut manquer, et on la retrouve dans les entérites aiguës de l'enfance. 11 y a des cas de variole sans éruption. L'altération des plaques de Peyer, si ordinaire dans la fièvre typhoïde, peut exceptionnellement faire défaut et se retrouve dans l'intestin de beaucoup d'enfants atteints de scarlatine. L'éruption cutanée de la suette n'est (ju'un effet des sueurs excessives, et on la produit à volonté chez une persornie que l'on place dans son ht sous un amas de couvertures pour la faire transpirer longlem])s et avec abondance.

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