CHAPITRE XI
DIVISIO.H »E§i i*IAIiADIE§».
Le mode d'action des causes morbifiques étant bien établi en ce qui touche sa nature intime, je vais, d'après des considérations étiologiques secondaires, indiquer les distinctions nosographiques qu'il faut conserver dans la description des maladies.
Sous le rapport de la date pathogénique, les maladies doivent être divisées en maladies imiées et en maladies acquises, selon que celte date est antérieure ou postérieure à la naissance.
Les maladies innées sont celles qui résultent de l'impression générative et des impressions reçues dans le cours de la grossesse pendant le séjour dans l'utérus. L'homme les apporte en naissant, ou, du moins, en naissant il en apporte le germe avec lui. Dans le premier cas, on les nomme plus particulièrement maladies ccmgénitales , exemple : les luxations du fémur, les pieds bots et les vices de conformation, la variole, la sypliilis, etc. Dans le second cas, ce sont des maladies héréditaires ou de famille, qui peuvent être congénitales, mais qui se développent le plus ordinairement après la naissance, soit au bout de quelques jours ou de quelques mois, et môme de plusieurs années. Certaines maladies héréchtaires ne paraissent qu'au bout de vingt, trente, quarante ans, et il en est d'autres qui sont comme les ressemblances de famille, et qui sautent une génération. Le scrofulisine, le syphi-
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lisme, la goutte, etc., sont au nombre des maladies héréditaires, d'ailleurs très-nombreuses.
Les maladies acquises sont celles qui ne se montrent qu'après la naissance et qu'on ne peut rapporter à une disposition héréditaire. Ce sont les plus nombreuses. Elles renferment les maladies sporadiques et pandémiques, ces dernières étant divisées en maladies épidémiques et endémiques.
Les maladies sporadiques^ de (j-ropd, semence, ou plutôt de ^ttsiow, je disperse, sont les maladies disséminées au milieu d'une population, venant en tout temps et en tout lieu sous l'influence d'impressions morbitiques particulières, aux prises avec l'idiosyncrasie de chacun.
Les maladies pandémiques, de Ttv^jSny-o;, tout le peuple, sont des maladies qui attaquent un grand nombre d'individus à la fois, sous l'influence de conditions morbifiques universellement répandues.
Ce sont les maladies réçjnautes, populaires, produites par les influences annuelles ou saisonnières dont j'ai parlé à propos des impressions atmosphériques, par les constitutions médicales, par les influences des localités et par l'influence épidémique. Celles qui résultent de l'influence des localités, de l'air, des eaux, du régime, des habitudes, et qui sont permanentes dans un pays, forment une variété spéciale et importante désignée sous le nom de maladies endémiques^ de £v, ^vjaoç, dans un peuple, qui se produit dans un peuple. Telles sont, entre autres, la fièvre intermittente en Sologne, en Bresse, en Algérie, etc.; la dysenterie des pays chauds, l'hématurie de l'Ile-de- France, la plique de Pologne, l'ulcère contagieux de Mozambique ou pian, la fièvre jaune des Antilles, etc.; la colique sèche des tropiques, le goitre et le crétinisme des vallées alpestres, etc., etc.
Les maladies éimlémiques enfin, de £7.tiî/3poç, sur le peuple, sont, au contraire, des maladies qui ne régnent qu'accidentellement sur une population. Importées de l'étranger par contagion, nées dans un pays par infection et devenant contagieuses, ou produites par des circonstances spéciales, elles n'ont qu'une durée limitée et disparaissent pour revenii* à des intervalles très-irréguliers, exemple: le choléia, la peste, h; typhus, le scorbut, la dansomanie, la tablomanie, etc. Quchjuefois, comme pour la peste noire, elles disparaissent pour toujours, .l'ai in(li(pié précédemment tout ce qui est relatif aux épidémies, aux maladies é|)idémiques, et il me paraît imitile de revenir ici sur les causes de leur dév(;loppement, sur leur marche, et sur les phénomènes pai'ticnlicrs qu'elles présentent.
Un autre point de vue étiologicpjc peiiiuît d'envisager les maladies d'après l'ordre successif du développeineid des lésions dynamiques ou
DIVISION DES MALADIES. ioO
iiialéi'iclles qu'elles présentent. A cet égard, il y a des maladies primitives, secondaires, ternaires, quaternaires, etc.; ce que d'autres ont appelé des maladies protopatliiques, deutéropathiques, etc.
Les maladies primitives sont celles qui résultent de la première impression morbilîque subie par un individu. Ainsi la fièvre typhoïde, la variole, la rougeole, le croup, la gastrite aiguë, etc., sont des maladies primitives; mais les effets de ces maladies réagissent sur l'organisme, et deviennent causes à leur tour et produisent des phénomènes morbides secondaires, ceux-ci des accidents ternaires, etc. Ainsi Fulcération de l'intestin dans le typhus produit une perforation suivie de péritonite ; les pustules varioliques déterminent une ophthalmie; la rougeole amène une pneumonie; le croup l'asphyxie; la gastrite l'anémie, etc. Ce sont là autant de phénomènes secondaires engendrés par la maladie primitive.
Veut-on d'autres exemples : le panaris produit le phlegmon diffus, celui-ci fangioleucite, les abcès ganglionnaires, l'infection purulente, les abcès viscéraux et la mort. Les affections chroniques des voies digestives produisent f anémie, l'hypocondrie et la folie; les pertes séminales conduisent au suicide, etc., etc. Une première impression morbiiique produit un effet qui devient cause à son tour, et ainsi de suite quelquefois dans une série d'effets morbides, surajoutés, dans leur développement successif et régulier, à la maladie primitive.
Les maladies secondaires et ternaires sont celles qui se montrent étiologiquementliéesàune maladie antécédente actuelle ou à peu près terminée. Je viens de les faire connaître et n'y reviendrai pas, croyant superflu de pousser plus loin cette subdivision des phénomènes morbides consécutifs, également appelés séquences pathologiques.
Sous le rapport de leur nature et de la corrélation qu'elles peuvent avoir avec les altérations somatiques, les maladies sont divisées en idiopathiques, sympathiques ai symptomatiques. Cette division a été bien vivement critiquée par ceux qui ont cru pouvoir expliquer tous les troubles fonctionnels par des altérations de la substance même du corps; mais, comme le résultatn'est pas encore venu confirmer les espérances fondées sur ces reclierches, la division des maladies idiopallii(|ues et symptomatiques est restée dans le domaine de la iiosograpiiie.
Lc?,muladies idiopathitpies, jaihs appelées essentielles^ sont les inalarlies qui ont une existence pr()[)re et qui paraissent dépendre d'une aUération de la force vitale indépc^ndamment des lésions soinali({ues qui se |)roduisent plus tard comme des effets de la cause morbilicjiie. • — La [)lupai'l des névroses sont dans ce cns, et je dis la |)liip;u'l, car