‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 57 sur 212 · DES SYMPTÔMES DANS LES MALADIES · texte numérisé non relu

DES SYMPTÔMES DANS LES MALADIES

appréciables par les sens, mais encore d'un certain nombre de considérations médicales importantes qui ne sont pas des symptômes. Ainsi, lorsque, en cas de doute sur la nature et sur le nom d'une maladie, on trouve dans les antécédents du malade le fait d'une syphilis antérieure guérie, d'antécédents héréditaires de scrofules, de dartres ou (le folie, ces notions qui ne sont pas des symptômes deviennent pour le médecin des signes que la maladie qu'il a sous les yeux rentre dans l'une ou dans l'autre des classes morbides que j'ai nommées. Les causes des maladies, leur intensité, la propriété qu'elles ont de guérir par telle ou telle médication, sont autant de signes importants pour la détermination de leur nature, mais ne rentrent point dans la catégorie des symptômes morbides.

Ainsi les symptômes sont des phénomènes particuliers survenus dans les organes et dans les fonctions sous l'influence de la maladie.

Les symptômes sont des signes, mais tous les signes ne sont pas des symptômes.

Les symptômes ne sont pas tous apparents. Il y en a deux ordres : les uns, cachés dans la profondeur du corps et des tissus, ne s'étendent pas très-loin du point malade, ce sont les symptômes cachés; et les autres, au contraire, sont manifestes dans le lieu de leur origine ou par leur généralisation, ce sont les symptômes a/)]jar^;/ï5 des maladies. Aux premiers correspondent toutes les maladies organiques lai entes qui produisent au milieu des organes des troubles de circulation et de nutrition très-marqués, mais inappréciables autrement (juc par nécropsie; certahis vices matériels d'organisation; lesdiathèsesquimodilient si profondément la nutrition, etc., etc. A l'autre ordre correspondent les maladies aiguës ou chroniques, internes ou externes, physiques ou réllexes, dont les symptômes indiquent la nature, la marche et les terminaisons différentes.

Ivcs symptômes sont locaux, (jénéranx et sympathiques, selon leur siège à l'endroit même occupé par la maladie, selon qu'ils résultent de troubles survemis à la fois dans un grand nombre de fonctions et d'organes, ou enfin selon le rapport constant et inconnu qui les rattache à la maladie d'un organe éloigné. La tuméfaction, la crépitation, rcedèmc, l'induration, la douleui", etc., sont des symptômes locaux; l'agitation, la faiblesse, l'adynamie, la prostration, la chaleur, les al^ térations hnmo'ales, etc., sont des symptômes (jénéraux; les convul^ sions, les parotides, le délire, la fièvre, sont des symptômes sympa- Ih'i'ines.

11 y a aussi des symptômes qu'il faut appeler physiques, parce (qu'ils sont absolument caiactèrisès par la présence de phénomènes physi^

DES SYMPTÔMES DA^S LES MALADIES. ^oO

qiies prudiiils dans les organes, et des symptômes réflexes [nvduit^ par la sensibilité particulière des tissus et des organes malades. Les tumeurs, les voussures, les crépitations, les râles, les frottements, les ballottements, les souffles \asculaircs, etc., sont des symptômes physiques; au contraire, la douleur, la paralysie, l'adynamie, lescmgourdissements, les démangeaisons, les troubles fonctionnels, etc., sonl des phénomènes réflexes, engendrés par la réaction de la sensibiHté organique contre les altérations de la maladie.

Parmi les symptômes, il y en a qui ouvrent constamment la marche des maladies et qui se montrent toujours à leur début, tels sont les vomissements dans la méningite aiguë et dans la variole; le chancre pour la syphilis; le frisson dans la pneumonie lîbrineuse; la névralgie rénale dans les calculs du rein, etc., etc., ce sont des symptômes primitifs. D'autres, au contraire, viennent ordinairement à la lin des maladies, dans leur convalescence ou après elles. Ainsi une douleur spéciale succède à la guéi'ison de la pleurésie et du zona; la faiblesse des membres accompagne la convalescence des fièvres; la chute des cheveux s'observe après la guérison de la fièvre typhoïde; des abcès cutanés se montrent dans la dessiccation de la variole; la voussure de la poitrine se développe dans l'emphysème pulmonaire; les joues, le nez, les orifices des muqueuses, s'ulcèrent par le fait d'un écoulement muqueux persistant; des maladies cutanées, osseuses, muqueuses, succèdent au chancre; les taches lenticulaires du typhus, les éruptions cholériques, etc., etc., sont des symptômes secondaires. On donne aussi ce nom, par une sorte d'abus de langage, à des symptômes observés dans le cours de plusieurs maladies, et dont la présence n'a pas de signification importante pour le diagnostic et pronostic. Ainsi la rougeur de la face dans la pneumonie, l'enduit des gencives dans le typhus, la céphalalgie, le trouble des facultés intellectuelles dans la fièvre, la cuisson de l'urètre dans la blennorrhagie, etc., etc., ne sont pas des symptômes secondaires, mais bien des symptômes accessoires, des épipliénomènes, par opposition à ce qu'on appelle les symptômes principaux, qui caractérisent à eux seuls l'existence d'une maladie.

Lorsque, parmi les symptômes principaux d'une maladie, il y en a un dont la présence permet d'apprécier d'une manière absolue la nature et l'espèce de maladie à laquelle on a affaire, on dit que ce ^\\n- \)U)mc e^i pathogno mo nique, dc-^yO'^;, affection, et vy&Wwv, indicateur, connaissance. Cette classe de symptômes n'est pas nombreuse; ainsi le frémissement hydatique d'une tumeur indique qu'elle est conq)osée d'hydatides; le frémissement ondulé, que c'est ime varice anévrismale; lerAlecré[)itanl estpathognomonique du début de la pneumonie

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