‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 63 sur 212 · DE LA MOUT · texte numérisé non relu

DE LA MOUT

jours froides, elles restent d'un blanc jaunâtre, très-mat, ou au contraire livides et couvertes de taches bleuâtres. Les ongles sont toujours plus pâles que le reste de la main.

La température extérieure s'abaisse surtout aux extrémités et aux parties exposées à l'air; le visage, le nez et les oreilles, les mains et les pieds, sont froids.

La peau se couvre d'une sueur froide plus ou moins abondante, surtout marquée au front et sur les mains.

Les mouvements s'affaiblissent et perdent de leur vigueur, principalement dans les membres pelviens.

Les membres supérieurs sont ceux qui conservent le plus longtemps leur motilité. Il n'y a pas jusqu'au larynx qui ne présente cette altération, car la voix, à demi éteinte, peut à peine se faire entendre.

L'intelligence , émoussée , ne tarde pas à disparaître ainsi que l'action des organes des sens. Les individus sont sans connaissance, n'entendent rien, ne voient plus ce qui se passe autour d'eux, et la pupille est contractée comme dans le sommeil.

La respiration s'embarrasse peu à peu, elle est inégale, quelquequefois suspirieuse, lente, pénible, accompagnée d'un léger effort des lèvres qui ressemble à un mouvement de déglutition. Des mucosités s'accumulent dans les bronches sans possibilité d'expectoration, à cause de la faiblesse du malade, et il en résulte un bruit désigné sous le nom de râle trachéal. Les mouvements respiratoires perdent (ie leur fréquence et tombent à dix ou douze par minute dans les dernières minutes qui précèdent la mort.

La circulation se ralentit et s'affaiblit; faibles, les battements «lu cœur et du pouls perdent successivement de leur force et de leur fréquence, ils tombent à vingt par minute, puis tout à coup à un o\i deux, et ce sont les derniers.

Ce dènoûment n'est pas toujours très-rapide , et il peut se faire attendre une heure, un ou deux jours; alors la scèhe change. L'individu, sans connaissance, n'a plus l'organe de l'usage de ses sens; son visage est froid, décoloré; ses yeux sont immobiles, avec contraction des pupilles, et les paupières demi-closes ; il respire avec peine toutes les vingt ou trente secondes, puis une fois par minute; son pouls cesse d'être senti quatre minutes avant la dernière respiration, et au canules battements tombent à quinze et dix dans les trois dernières minutes de l'existence, puis à trois ou quatre après le dernier mouvement respiratoire, et tout bruit cesse délinitivement. Aussitôt le visage change de couleui*; il perd sa transparence, devient mat connue de ia cire, et le corps se crispe sous rinllnence d'une eoniraction unis-

^6 TERMIIN'AISOiS DES ÎHAL.VDIES.

culaire générale. La peau de certaines régions , entraînée par un mouvement spécial, semble se rétracter comme si elle était sur des^ charbons ardents. Les bras se retirent vers le col par un mouvement d'ascension de l'épaule, et tombent immobiles. Une horrible grimace déforme les traits, qui reprennent aussitôt leur immobilité; les yeux, entraînés par leurs muscles dans le fond de l'orbite, tournent sur euxmêmes , et reviennent à leur place couverts d'un voile ; quelques larmes tombent, et la pupille, encore contractée, se dilate de manière à offrir le double de son diamètre habituel. Ce mouvement est le dernier.

Les phénomènes de l'agonie présentent de nombreuses variétés, suivant les individus et suivant les maladies. Toutefois, malgré leurs différences, dans la majorité des cas, ils se présentent tels que je viens de les décrire.

Chez quelques sujets très-nerveux, le calme est remplacé par une grande agitation, et la mort se présente avec un caractère de violence qui ne lui est pas ordinaire. Dans certains cas, la peau est très-fortement colorée, lorsque les individus qui succombent meurent à la suite d'une maladie qui entrave les fonctions circulatoires. Ailleurs, la dernière contraction musculaire qui vient agiter la face est peu apparente, et l'écoulement des larmes qui l'accompagne n'a pas heu. On l'observe cependant toujours dans les cas de mort violente, et,, chez les animaux qu'on fait périr, ce dernier phénomène ne manque jamais. Enfin, chez quelques personnes, il y a au môme moment un flux d'urine, de sperme et de matières stercorales, mais cela est trèsrare, et on ne l'observe que dans les cas de mort violente.

Quelles que soient les différences offertes par ces phénomènes de l'agonie, il en est plusieurs qui sont toujours les mômes et qui ne varient jamais. Ce sont ceux-là qu'il est important de connaître. Ce sont :

L'abaissement de la température superticielle ;

L'anéantissement de la motilité et de la sensibilité des organes des sens;

La cessation des mouvements respiratoires et de l'hématose;

La dispaiition (hi pouls et la cessation des battements du cœur à l'auscultation après le dernier mouvement respiratoire ;

La contracture éclampti(iue générale qui précède la mort ;

La dilatation de la pupille consécutive à une contraction des plus prononcées, etc.

Je pourrais grossir cette liste; mais qui ne voit (pie tous ces phénomènes et ceux qu'on y pourrait joindre ne sont que des effets néces-

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