‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 72 sur 212 · DE LA CO^VA^ESCE^'CE · texte numérisé non relu

DE LA CO^VA^ESCE^'CE

tour à la santé parfaite. Elle se prépare par degrés dans le cours de la maladie, et elle apparaît ou se démasque lorsque les fonctions en repos, reprenant leur exercice après la cessation du mal, sont gênées par cet état particulier de l'organisme L'épuisement des forces et du sang se manifeste alors dans toute son étendue, et il ne cesse qu'au bout de quelque temps par le fait de l'exercice et de l'alimentation.

La convalescence ne s'observe que dans les maladies graves et de quelque durée. Il n'y en a pas dans les indispositions légères et dans les maladies locales qui n'ont point troublé les fonctions de l'estomac. [■]lle est ordinairement très-marquée, nette, franche, dans les maladies aiguës, inflammatoires; mais elle est incertaine et douteuse chez quelques malades et dans toutes les maladies chroniques. — Les phénomènes qui l'accompagnent sont différents pour chaque espèce de maladie, selon l'âge, le tempérament, le sexe, la température, etc. Ils diffèrent également dans les maladies aiguës et dans les maladies chroniques.

La convalescence s'annonce par la diminution et parla cessation des souffrances locales et des symptômes généraux de la maladie. Toute fièvre a disparu. Le visage offre une expression particulière : l'éclat des yeux, leur limpidité, la mobilité du regard, le sourire, indiquent un véritable sentiment de bien-être intérieur. Malgré l'amaigrissement et la pâleur, souvent modifiée par une coloration rouge et fugitive des pommettes, malgré l'excitabilité de rintelhgence et desprinci- 1 paux organes des sens, malgré la susceptibilité du pouls, qui se précipite à chaque impression, malgré la faiblesse musculaire, tout annonce le retour à la santé. Deux mots caractérisent cet état : faiblesse et susceptibilité.

Un effet remarquable de la convalescence pour quelques maladies aiguës, plus ordinairement observé dans la fièvre typhoïde, c'est un amaigrissement rapide de tout le corps et surtout de la face, qui devient tout à coiq) très-pàle. Les expériences de Chossat ont montré que les tissus qui supportaient spécialement la perte étaient les tissus musculaire et adipeux. — La plupart des auteurs ont expliqué cet amaigrissement et cette pâleur de la même façon que M. Cliomel \ Ils ont dit que ces phénomènes étaient le résultat de la diminution du mouvement fébrile et de la chaleur, dont la conséquence est de produire la dilatation des tissus vivants; mais je doute fort qu'il en soit ainsi. S'il me fallait donner la cause de cet amaigrissement, je dirais que l'absorption, un instant modifiée comme les autres fonc-

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I tions par la maladie, et reprenant son activité au moment de sa gué-

' rison, aide aux besoins de la nutrition en consommant toute la graisse disponible dans les tissus. Ce fait n'est d'ailleurs pas aussi fréquent qu'on l'a dit, et il y a beaucoup de malades chez lesquels il ne se produit pas.

Les fonctions digestives se raniment, la langue se nettoie par de-

' grés, l'appétit revient, faible d'abord, impérieux ensuite, et, si l'on écoutait les malades en leur donnant la quantité d'aliments qu'ils dé-

jt sirent, on déterminerait chez eux, ce qui arrive quelquefois, des indi-

; gestions fort graves et de la diarrhée. 11 importe de ne pas donner trop tôt une grande masse d'aliments; car l'estomac, dont les sécrétions ne

ij sont pas encore très-actives, n'a pas assez de sucs dissolvants pour les digérer. Néanmoins quelques individus peuvent exceptionnellement

jj s'affranchir de ces règles, et Hildenbrand en a vu qui, dans le typhus, ont pu, aussitôt la cessation de la fièvre, faire de copieux repas. On doit bien augurer de la convalescence quand le malade revient avec plaisir aux aliments qu'il préférait en bonne santé, et lorsque avec l'alimentation reviennent les forces et l'emborqioint. Quand, au con-

, traire, dans la convalescence, le corps ne profite pas, malgré une abondante nourriture, il y a tout à craindre pour une rechute, (tw il

La sécheresse de la muqueuse intestinale, par l'absence de sucs ■\ mu queux, aussi bien que la diminution du calibre de l'intestin causée ;! par une longue abstinence, sont la cause de la paresse du ventre et de la constipation des convalescents. La couleur grisâtre des matières i et leur rareté semblent quelquefois indiquer l'absence de la bile dans l'intestin. Souvent la constipation alterne avec une diarrhée légère lorsque la quantité d'aliments est trop considérable pour l'état du malade. 11 en résulte après le repas une petite accélération du pouls, avec pesanteur du ventre et lassitude générale. La diarrhée qui survient alors n'a pas de gravité, pourvu que le malade comprenne l'avertissement qui lui est donné par la nature.

L'absorption intestinale et les autres absorptions deviennent peu à peu plus actives. Celle de l'intestin s'annonce par le retour de l'embonpoint. Celles de la peau et des bronches se signalent par des effets moins avantageux et par la susceptibilité qu'ont les convalescents à subir l'influence des effluves, des miasmes putrides et des causes épidénii(jues. En effet, dans les hôpitaux où les convalescents restent au miHeu des malades, ils contractent très-facilement toutes les maladies

* llippocrate. Aphor. 31, sect. ii.

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