‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 77 sur 212 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Di:§» COMPIilCATIOMii.

Les maladies n'arrivent pas toujours, à la fin de leur évolution, à l'état de simplicité et d'unité ; elles peuvent être accompagnées et provoquent souvent l'apparition secondaire de phénomènes morbides directs ou réjlexes qu'elles tiennent sous leur dépendance, et que l'on nomme complications. Deux maladies à la fois sur le môme individu ne constituent pas nécessairement une complication ; il faut que l'une d'elles soit le résultat des influences de l'autre. Un calcul vésical, chez un sujet atteint de pneumonie, ou réciproquement, n'est pas une complication. Au contraire, la gangrène qui survient dans une phlegmasie, et qui est provoquée par elle, doit être considérée comme une maladie qui vient compliquer l'autre.

Une complication est un phénomène morbide secondaire développé sous l'influence d'une maladie préexistante. C'est le résultat d'une nouvelle impression morbifique qui se transforme en accident morbide secondaire.

Galien est le premier qui ait admis ce que nous appelons aujourd'hui des complications. Il reconnaissait des maladies sirnp/^5 bornées à un tissu ; des maladies composées^ occupant tout un organe et présentant des états morbides secondaires, liés à la maladie principale par une communauté de nature et d'origine ; des maladies compliquées y formées par la réunion de deux ou de plusieurs affections, sans qu'il y ait entre elles nécessité de coexistence ; des maladies confuses enfin, dans lesquelles deux ou plusieurs affections sont tellement confondues, que fétat mixte qui en résulte a une physionomie propre, et ne présente aucune ressemblance avec les divers éléments dont il se compose. Tout le soin qu'il a pris pour faire adopter ces divisions a été inutile, et le sens même du mot complication n'a pu prévaloir. En effet, il y a des complications ailleurs que dans les maladies compliquées, et il en existe également dans les maladies qu'il désigne sous le nom de composées ou de confuses.

Les divisions de Fernel n'ont pas eu plus de succès*. Cet auteur ad-

' Pathologia, de Morbonim differentiis, lib. I.

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mettait des maladies solitaires simples, bornées à une on plusieurs parties affectées de la même manière, et des maladies solitaires accompagnées, dans lesquelles, à la maladie principale, venait se joindre une intluence étrangère, bilieuse, adynamique, etc. Quant aux maladies composées^ elles comprennent les m^lsidïes compliqué es, d^ns lesquelles les parties affectées étaient liées par d'intimes rapports; les mdihdies connexes^ quand Tune des maladies venait de l'autre; enfin, les miûixdïes séparées , dont les sièges éloignés étaient sans rapport réciproque. Ce sont là des divisions nosographiques abandonnées.

Il y a cependant un point de vue particulier dans lequel, sans tenir compte du rapport précis des maladies intermittentes avec la maladie principale, pour savoir si ce sont des coïncidences morbides ou des complications, on les considère purement et simplement comme des maladies épigénésiques, c'est-à-dire développées dans le cours d'une autre. C'était l'idée de Lorry. Pour cet auteur, Yépigénèse vient de causes antérieures à la maladie, ou de causes développées postérieurement. Les unes sont des conséquences directes de la maladie première, exemples : l'hydropisie, suite d'un obstacle à la circulation; la paralysie dans l'iiémorrhagie cérébrale; ce sont des affections secondaires ou symptomatiques. D'autres résultent de l'action de causes accidentelles, comme une émotion vive, un écart de régime, d'où la diarrhée, le délire, une inflammation intercurrente dans le cours d'une maladie aiguë ou chronique. Il y a enfin des épigénèses provenant de Faction thérapeutique, exemples : la stomatite mercurielle, la phlébite de la saignée, etc. Ces disthictions ne sont pas entrées dans la science.

Aujourd'hui il n'y a plus que des maladies simples , des maladies compliquées y et des maladies concomitantes ou coïncidentes. On n'admet au nombre des complications que les maladies secondaires recevant l'inlkience d'une maladie préexistante, ou réagissant contre elle. Toute maladie qui vient en troubler une autre, sans avoir d'action sur elle, et sans avoir de rapport avec elle, n'est qu'une coïncidence morbide. C'est à peu près là le sens de la définition de M. Renauldin* et de 31. Chomel*.

Toutes les maladies sont susceptibles de complication. Elles peuvent toutes devenir à leur tour causes morbifiques^ et déterminer des impressions mécaniques ou réflexes, capables d'engendrer de nouveaux accidents. Différentes espèces de fluxions et de congestions, l'adynamie, Tataxie et la malignité, compliquent souvent les fièvres éruptives ou continues^ et leur donnent une gravité très-grande. Il en est de

* Dictionnaire des sciences médicales.

^ Pathologie générale.

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même des liémorrhagies, des hydropisies , des escarres, des gangrènes, qui se développent dans le courant de leur évolution. Dans les phlegmasies, l'extension du mal aux parties voisines, et la gangrène, sont les complications ordinaires connues de tous. L'infection purulente succède souvent aux plaies qui intéressent les veines. Partout, enfin, où il existe une maladie primitive, des maladies secondaires peuvent se montrer, soit en raison de la continuité des tissus et de la propagation directe du mal, exemple : la péritonite des maladies utérines ; soit d'une manière mécanique , exemples : la perforation de la plèvre, et l'hydro-pneumo-thorax des phtliisiques ; l'entrée de l'air dans les veines; soit par sympathie, exemple : Torchite des oreillons, la diarrhée de la dentition ; soit par altération du sang, exemple : l'infection purulente des hémorrhoïdes ; soit par dissémination d'une diathèse, exemple : les manifestations de la scrofule, etc., etc.

Les complications dépendent d'influences très-variées. Elles ne sont pas également communes dans toutes les circonstances de la vie humaine ; elles paraissent plus fréquentes chez les enfants que chez les adultes et chez les vieillards ; chez les habitants des villes que chez ceux des campagnes ; à l'hôpital que dans la ville ; et chez les individus faibles ou convalescents que chez les hommes forts et vigoureux. Les lieux, les climats, les saisons, les professions, le tempérament, l'âge, le sexe, la nature des maladies, l'état des forces, exercent une grande influence sur leur développement et sur leur nature. Toutes les impressions morbifiques qui résultent de l'influence de ces conditions étiologiques jouent ici leur rôle. Dans les pays élevés, froids, les complications offrent souvent la forme inflammatoire ; dans les pays bas et humides, elles se montrent souvent avec le caractère adynamique ou pernicieux. Dans les pays chauds, prédominent les complications bilieuses ou nerveuses et convulsives ; les caractères des complications sont en rapport avec la constitution atmosphérique prédominante. Les affections de la jeunesse sont plus franches et plus souvent exemptes de complications que celles de l'enfance et de la vieillesse; enfin, dans les maladies aiguës, les complications ont une forme plus accentuée, plus vive, que dans les maladies chroniques, où l'association des éléments morbides apporte une confusion et une obscurité souvent embarrassantes pour la détermination du traitement.

La pesanteur est en partie la cause de l'engouement pulmonaire et de la pneumonie catarriiale qui compliquent les fièvres graves. La pression de l'air, sous l'influence d'un effort dans un intestin, ulcéré ou ramolli, est la cause delà perforation intestinale; l'extrême acidité des matières fécales est la cause de l'éry thème ulcéreux des fesses qui

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