‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 78 sur 212 · DES COMPLICATIONS · texte numérisé non relu

DES COMPLICATIONS

complique la diarrhée de Tcnfance ; la nostalgie complique gravement le typhus des armées; les miasmes engendrent les complications d'érysipèle, de pourriture d'hôpital, de plaies, etc. Il n'y a pas d'influence morbifique qui, dans le cours d'une maladie, ne puisse être cause d'une complication à la maladie préexistante.

Les complications varient d'intensité, selon le climat où l'on observe, exemples : la fièvre bilieuse, si grave dans les pays chauds ; le tétanos mortel, si commun chez les nouveaux-nés ; selon les lieux : ainsi l'infection purulente est plus rare à la campagne que dans les grandes villes, et, dans la ville, chez les particuHers que chez les malades d'un grand hôpital; selon la saison : ainsi les pneumonies typhoïdes sont plus fréquentes en hiver qu'en été ; selon l'âge : ainsi le délire est plus commun dans les maladies de l'enfance que dans les maladies de l'adulte; l'asphyxie estplus à craindre dans les inflammations dularynx, chez un enfant, que chez une grande personne, etc.; selon le sexe, le tempérament, les professions, etc., la nature même des maladies, et l'état des forces chez un individu.

Leur développement est facilité : l'' par la proximité des organes, exemples : les hydatides du foie qui s'ouvrent dans le poumon, la phlegmasie de l'utérus qui gagne le péritoine ; T par l'identité de composition des tissus, exemples : les maladies de la peau sont souvent compliquées de maladies d'intestin ; le rhumatisme articulaire se complique d'un rhumatisme du cœur, etc. ; S'' les rapports sympathiques des organes, exemple : les névroses qui compliquent l'existence d'un taenia, etc.

Il y a des complications dynamiques, des complications humorales et des complications orçianiques.

Les complications dynamiques sont celles qui sont caractérisées par des troubles morbides réflexes, locaux ou généraux. Elles comprennent tous les accidents morbides dus à la sympathie. Ordinairement, elles ne laissent pas après elles de traces de leur passage , ce sont : Yadynamie, Vataxie et la malignité des fièvres graves ; les vomissements incoercibles de la grossesse ; la doideur, la contracture essentielle ou sympathique des fièvres ; la folie de l'état puerpéral ; les convulsions initiales dans la variole ; Vamaurose du taenia ; les paralysies hystériques, les parotides des lièvres graves ; Yorcliite après les oreillons ; la dyspepsie chez les dartreux, etc., etc.

Les complications humorales sont le résultat d'impressions morbifiques qui ajoutent une altération des humeurs à la maladie préexistante. On voit, de temps à autre, deux fièvres éruptives se développer sur le même individu, la rougeole après la variole, la variole et la vac-

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cine, etc. L'éruption variolique est souvent modifiée, car elle subit un temps d'arrêt dans son développement ; le nombre et le volume des pustules est souvent moins considérable, et il leur arrive de se dessécher très-promptement. Ladiphthérie et le croup se montrent souvent à la période ultime des maladies de l'enfance. Une fièvre typhoïde peut se développer dans le cours d'une afCection quelconque. 11 en est de même de l'anémie des maladies chroniques, de la pyohémie consécutive aux longues suppurations et aux opérations chirurgicales ; de l'altération spéciale du sang dans les cachexies paludéennes, saturnines et alcooliques ; de l'empoisonnement plus ou moins caractérisé du sang dans les maladies virulentes, la syphilis, la morve, le farcin, etc.

Les complications organiques résultent généralement de l'action directe des maladies antérieurement établies. Elles sont inflammatoires y exemples : la péritonite d'une plaie abdominale, d'une hernie étranglée ou d'une affection des viscères de l'abdomen , l'iiydro-thorax après les maladies du poumon ; la colite ulcéreuse chronique après la fièvre typhoïde ; l'érysipèle de la face ou des membres qui succède à une plaie de l'intérieur des narines, des oreilles, ou d'une partie quelconque de la surface cutanée ; l'hépatite et l'ictère dans la pneumonie du côté droit ; l'adénite de la phlegmasie des lymphatiques, etc. ; mécaniques, exemples : les congestions viscérales des lièvres graves, des maladies septiqucs et virulentes ; l'emphysème pulmonaire après la bronchite; la dilatation du cœur liée à un obstacle des orifices, etc. ; hémorrhagiques, exemples : la rupture d'un vaisseau dans une plaie; l'apoplexie pulmonaire des maladies du cœur ; la sécrétion de sérosité sanglante dans la péricardite ; gangreneuses, exemples : les anthrax, la gangrène pulmonaire des fièvres graves, etc. ; Jiyclropiques , exemples : l'anasarque, l'ascite des maladies du cœur, du foie, etc.

En général, quand on connaît la pathologie, et que chez un malade le diagnostic a été bien rigoureusement établi, l'observation ultérieure permet aisément de découvrir les complications à mesure qu'elles se présentent. Tout phénomène insolite est recueilli avec soin pour être rapporté à sa cause véritable, et traité comme il convient de le faire. iMalheureusement, il en est des complications comme des maladies, il y en a de latentes et d'apparentes. Quelquefois ce n'est qu'à la nécropsie qu'on découvre des complications inaperçues pendant la vie. Combien de phlegmasies séreuses, de désorganisations chroniques, cancéreuses, tuberculeuses ou autres des principaux viscères, dont aucun phénomène morbide n'avait signalé la présence, et qui ont été trouvées sur le cadavre !

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