‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 8 sur 212 · DE LA MALADIE. O · texte numérisé non relu

DE LA MALADIE. O

suivantes, devenues célèbres par les noms de leurs auteurs ou l'excentricité de leur conception.

La maladie est primitivement et immédiatement, dès son début, le résultat des désordres de l'arcbée. (Van Helmoint.)

La maladie est un effort de l'âme pour rétablir l'équilibre des actions normales et pour expulser les puissances nuisibles. (Stahl.)

La maladie est une simple lésion des fonctions du corps vivant. (Sylvii:s DE Leboe.)

La maladie est un effort de la nature en faveur des malades pour la destruction complète de la matière morbifique. (SYDEiNHAM, de Morbis aculis.)

La maladie est un effort vers la mort ; conatus moriendi. (Hoffmamn, Path. gén., cbap. ii.)

La maladie est un exercice pénible, difficile ou irrégulier d'une ou de plusieurs fonctions. (Bhown.)

La maladie est un acte particulier de l'organisation qui, par une opération nouvelle, remplace ses opérations ordinaires, troublées par des circonstances insolites. (Reil, Path. gén.)

La maladie est le résultat de l'irrégularité des fonctions. (Bijoussais.)

La maladie est une réaction du principe vital intérieur contre les causes qui nuisent au corpe. (Sauvages, ISos. méth., introd.)

La maladie est une fonction destinée à réagir contre les causes de trouble et de destruction du corps vivant. (Cayol, Clin, méd.)

La maladie est une lésion de l'innervation produisant des lésions organiques secondaires. (Dubois d'Amiens, Patlwl. gén., t. 1, p. 2! .)

Nature, ame, arcliée, effort intérieur d'une puissance conservatrice, principe vital! qu'importent ces mots, vieillis parle temps et abandonnés des générations nouvelles tour à tour emportées vers des mots nouveaux d'une signification semblable? n'expriment-ils pas la môme chose au fond, malgré leur apparente diversité? N'est-ce pas, quand on les invoque pour l'explication des maladies, admettre, audessus et en dehors de la matière des corps vivants, une puissance insaisissable, immatérielle, préexistante, qui les régit, les élève, les transforme, les conserve et tend à les ramener à leur disposition naturelle s ils s'en éloignent par la maladie? Sans doute; et, sans méconnaître les nuances secondaires qui séparent les définitions précitées, je dis que, mspirées par le même esprit, elles forment une o|)position foi'melle aux doctrines de la localisation matérielle des maladies dont je vais [)arler.

La matérialisation «le la maladie, sa localisation systématique dans la substance du corps, ne datent pas d'aujourd'hui; elles sont aussi

4 m: \.\ MAIADIK.

anciennes qne la iiuHlecine, car vis-à-vis du naturisme liippocratique s'étaient élevés 1«' solidisme etlhumorisme des élèves dissidents. Nous retrouvons là l'opposition et les contrastes déjà établis dans les doctrines pliilosopliiques de l'antiquité et poursuivis dans tous les âges juscpi'aux tenq)s on nous sommes.

Ainsi, pour Asclépiade. la maladie est un état contre nature produit pai" le mouvement irrégnlier des atomes.

La maladie est l'étal de tension, de resserrement ou de relâchement des libres du corps Immain. (Tiikmison.)

La maladie est une afl'ection du corps qui en trouble les fonctions, dit le célèbre (lalieu: mais, pour lui, si le point de départ de la maladie est la lésion de la structure, il n'y a maladie qu'au moment où arrive la lésion d'action. Galien faisait déjà de son temps comme au notre, il supposait, sans la connaître ni ])ouvoir la montrer, une modilicalion de structure, c'est-à-dire une affection du corps, là où il y avait lésion d'action. <'| il n'admettait de maladie que là où se trouvait <ette modification d'action, bien qu il eut précédenuuent déclaré que lii maladie était nue alTection du corps, f/est là une contiadiction (jue non-- ne jionNons nous cnq)écber de signaler.

La maladie «'st un état particidier du corps qui résulte de la surabondance des bnmenis. de \v\\v délanl. on d'un cbannement survenu dan^ l('ni> propoiiion^.

L;i iii;il;i(li(' (si im lioiiblc considérable dans la ])roportion et l'ordi'e des mouvements des solides et des liquides, l'accélération ou le retard de ce^ mon\cm(Mits dans tout le corps ou dans (luchjn'nne de ses partit'^. \V . llnuMA.N.N. Path. (jcii., \n\\s 1. cap. n.)

La malîidit' rs| nue ;iltération du corps (pii en ti'ouble les fonctions \itales, natnrtll("> cl iinimales. (Uoeiiiia.wi;, Apiiorismcs.)

La maladie est une altération du sang, des humeurs ou des esprits, susceptible de produire laltéiation d(^s solides du corps humain. iFkiim r.)

L;i maladie es| un (haugemenl de l'étal matériel du corps dc riionnne. ihi kkam.m.i

(!<'tte manière d eu\i^;iL'( i lit m;dadie a le tint de supposer paitout, chez les mahnies. l'existence d une modiiic ation de strnctuie (pi'on ne peut tonjoui^ (Iccnusiir el donl il est absolument inq)ossil)le, en beaucoup (Ir r.i>^. de dcumulici h r('';dité. — Solidisles et humoristes, isoU'ïS ou remiis, ont eehoue d.uis celle tiielie ingrate, car il existe nue IcHil"' (Ir ni;d;idies (pic le liouble des solides et des licpndes ne peut (îxpliqnei Toutes les maladies dvnamicpies sont dans ce cas.

Dans >uie lr(Msième caté^-orie se trouvent les (b'ijuitious de l.i ma-

Page 1