‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 82 sur 212 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

DE I.A THÉRAPEUTIQUE EU CiÉi^ÉRAI..

Je ne dirai pas comme Pinel^ : Une maladie étant donnée, déterminer sa place dans Je cadre nosologiqiie. Cette manière de considérer la médecine n'est bonne que pour les gens en parfaite santé, qui veulent se distraire, ou pour des naturalistes , qui étudient les maladies comme on ferait d'une plante ou d'un minéral. Si la médecine cesse de prétendre à la guérison des maux de l'humanité pour les étudier tout simplement au moyen de la loupe, de la balance et du scalpel, elle cesse d'être la médecine; c'est de l'équarrissage, et elle ne mérite qu'un profond dédain.

Toutes les recherches étiologiques, anatomiques et diagnostiques du médecin doivent avoir pour but de fournir une base solide à l'application de moyens thérapeutiques rationnels ou empiriques. Les expériences et les observations qui ne conduisent pas à ce résultat, ou qui ne l'ont pas en vue, sont chose inutile.

Qu'est-ce donc que la thérapeutique?

C'est Vart de soigner les maladies. On pourrait aussi la définir, avec Barthez, la science des indications. En effet, le médecin cherche dans l'étude du malade, des phénomènes morbides qu'il présente et des circonstances extérieures, le motif raisonné de prescrire le régime ou le remède qui lui parait applicable. Supprimez cette opération intellectuelle, et vous n'avez plus qu'un empirisme grossier qui abaisse la médecine au niveau d'une simple expérience de chimie ou de phyr sique.

La thérapeutique est le but et la fm de toutes les connaissances médicales. La physique, la chimie, la botanique et la zoologie, l'anatomic normale et pathologique, la physiologie, la pathologie et la clinique, lui servent de base et lui fournissent tout ce dontelle a besoin pour s'établir. 11 s'en est peu fallu que les accessoires n'emportent le principal, et il en est encore ainsi dans l'esprit d'un certain nombre de médecins; mais ceux qui souffrent ne peuvent se contenter de spéculations, et la théra[)eutiquc a repris faveur depuis quelques années, malgré les railleries dont le scepticisme l'accable.

* Nosogrnphic philosophique, Paris, 1818, 1, p. 7.

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