‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 87 sur 212 · DEL ÉTAT DES FORCES · texte numérisé non relu

DEL ÉTAT DES FORCES

seivation médicale, et qui, enliu, les abaisse momentanémeiil, pour les laisser ensuite à un état de tension considérable.

Les forces peuvent être normales, comme dans les névroses et quelques maladies chroniques, au'imentées, diminuées, opprimées ou perverties.

Si les forces restent à leurétat normal, c^mmedans les névroses, la cliorée, elles ne fournissent aucune indication, et il n'y a pas à s'en occuper.

L'augmentation des forces est caractérisée par la coloration des chairs, leur fermeté, leur chaleur souple et douce; par l'excitation modérée de l'esprit ; par la vigueur et la liberté des mouvements; par la facilité du décubitus, par l'ampleur de la respiration; par la force, la plénitude et la régularité du pouls en rapport avec le rhythme des battements du cœur. Le sang est alors riche en fibrine et en globules. L'est cet état que l'on trouve ordinairement chez les individus de bonne et solide constitution, et de tempérament sanguin ou bilieux et affectés de maladies aiguës où domine l'élément inflammatoire. Il est plus commun chez l'adulte que chez l'enfant et le vieillard, et il est plus marqué au début qu'à la lin des maladies. C'est l'indication fondamentale de la diète, des émissions sanguines, générales ou locales, et des remèdes relâchants et débilitants.

La diminution des forces est caractérisée par une certaine pâleur de la peau et des tissus, par l'abattement du \isage et du regard, par l'anéantissement de la force musculaire des membres, par la résolution du corps, l'inclinaison de la tète, le décubitus dorsal ou latéral permanent, l'incertitude ou la lâcheté d'esprit, la chaleur Immide de la peau, la fréquence de la respiration, la force du pouls qui diffère de la force d'impulsion du cœur. Le sang est encore riche en globules et en fibrine, mais celle-ci est peu coagulable, quelquefois diftluente.

Cette diminution des forces s'observe ordinairement chez les sujets (aibles et débiles, de constitution délicate, chez les enfants et chez les vieillards: mais on la rencontre aussi, dans les cas de pyrexie adynaniique, chez des individus forts et vigoureux. Ce n'est jamais un obstacle absolu à la médication énergique des émissions sanguines, des évacuants, ou de toute autre méthode thérapeutique, mais il faut que la nature du mal en exige impérieusement l'emploi. En outi'e, ces moyens doivent être employés avec prudence, à petite dose, pour en mesurer l'effet et pour y revenir si le résultat a été satisfaisant. Dans ce cas, la thérapeutique du médecin, en rapport avec la nature et le siège (lu mal. doil étie priidiMite, à cause de l'état fjarticulier du ma-

lade, et les moyens énergiques devront être interrompus le plus tôt possible, pour être remplacés par des remèdes adoucissants associés à une faible alimentation.

La perversion des forces, qu'on observe dans quelques maladies aiguës, telles que la pneumonie, la méningite, etc., dans les hémorrbagies, dans les pyrexies de forme adynamique, etc., est un accident très-grave. Une fièvre puerpérale ou typboïde, une variole ou une lièvre éruptive dont l'éruption ne se fait pas, une lièvre pernicieuse accompagnée de perversion des forces, sont des maladies infiniment plus dangereuses que si l'état des forces se trouvait seulement augmenté. Alors les malades sontgénéralementpâlcs, et leur visage terreux exprime l'abattement. Les mouvements sont saccadés, violents, quelquefois tumultueux. L'intelligence est anéantie ou troublée parle délire, il y a des soubresauts dans les muscles, et le pouls fréquent, fort ou faible, est quelquefois très-irrégulier, les battements du cœur conservent leur rhythme normal. La perversion des forces est la compagne ordinaire de l'adynamie, de l'ataxie et de la malignité qui arrête le développement régulier des maladies et brusque toujours leur terminaison. Dans ce cas, lindication est de suivre le traitement de la maladie selon sa nature et d'après son siège, par des moyens semblables à ceux que l'on emploierait dans le cas de diminution des forces. L'alimentation précoce est un des meilleurs moyens à employer dans cette circonstance.

L'oppression des forces est un des plus singuliers phénomènes de l'organisme \ivant. On comprend aisément leur augmentation, leur diminution et leur perversion; mais cet affaissement momentané qui couvre un excès de forces dépasse les bornes de la pensée. Rien n'est plus certain cependant. Chaque jour, des individus affectés de maladie offrent, en apparence, une diminution de l'état des forces; on les saigne avec précaution, et le pouls s'emplit, s'élève et durcit; la peau décolorée s'anime ; la sécheresse fait place à la moiteur et l'abattement est remplacé par de la vivacité d'esprit et par une certaine \igueur de mouvements.

Cet état d'oppression des forces se rencontre chez des sujets forts et vigoureux, dès le début du mal, au commencement de la pneumonie aiguë, par exemple, dans la péritonite, dans le premier stade d'une fièvre intermittente, etc. U ne fournit qu'une indication obscure. En effet, il simule la diminution des forces, et il est d'abord traité comme tel. Mais, lorsque, sous l'influence du traitement, le médecin voit s'opérer sous ses yeux le changement d'état, l'indication change, et c'est

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