‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 90 sur 212 · DIÉTÉTIQUE DES MALADIES AIGUËS · texte numérisé non relu

DIÉTÉTIQUE DES MALADIES AIGUËS

intense, pour atténuer la sécheresse de la peau, faciliter la tenipérature cutanée et la sécrétion urinaire. Autrefois on donnait principalement l'hydromel, c'est-à-dire l'eau miellée, de l'oxymel, formé d'eau miellée additionnée de vinaigre, de l'eau d'orge ; mais aujourd'hui le nombre des boissons est infiniment plus considérable. Selon le goût des malades et d'après la nécessité, on fait dissoudre dans l'eau 4lifférents principes mucilagineux, gommeux, sucrés, doués de qualités nutritives très-réelles, des principes amers, astringents, aromatiques, calmants, etc., qui remplissent des indications réelles, infiniment utiles.

Il faut quelquefois donner aux malades du vin étendu d'eau, principalement à ceux qui en ont l'habitude et dans toutes les maladies aiguës adynamiques. J'ai vu bien souvent des pneumonies hypostatiques , c'est-à-dire des congestions pulmonaires, disparaître plus vite sous l'influence du bouillon et du vin qu'elles n'eussent fait par les saignées ou d'autres moyens énergiques. C'est là un fait consacré par l'expérience et sur lequel on trouve, dans Hippocrate, différentes considérations qui ne manquent pas d'intérêt.

« Le vin doux cause moins de pesanteur de tête et porte moins au cervau que le vin fort, et il dispose un peu plus aux évacuations al-

vines Il est moins diurétique que le vin blanc fort, mais il facilite

davantage l'expectoration. Le vin blanc fort passe plus facilement dans la vessie ; étant diurétique et apéritif, il pourra toujours être

utile dans les maladies aiguës Quant aux vins rouges et paillefs,

astringents, les maladies aiguës en permettent l'usage dans les circonstances suivantes : s'il n'y a ni pesanteur de tête, ni transport au cerveau, ni arrêt de Texpectoration, ni suppression de l'urine, et que les selles soient trop fluides, trop abondantes et qu'elles contiennent comme des lavures de chair; c'est dans ce cas et dans les cas analogues qu'il conviendrait surtout d'abandonner le vin blanc pour celui dont il est ici question. Il faut savoir, au reste, que les vins astringents nuiront d'autant moins à toutes les parties supérieures et aux voies urinaires qu'ils seront plus coupés d'eau, et qu'ils feront d'autant plus de bien à l'intestin qu'ils sont plus purs ^ »

Quelques personnes pensent que les boissons agissent surtout par l'eau qu'elles renferment. Cela n'est pas exact. L'eau a moins d'action que tous les autres breuvages, du moment qu'on en use uniquement, et ce serait un mauvais système que d'en faire usage sans lui communiquer des pro|)riétés nutritives ou médicamenteuses utiles.

' Hipjjocralc, Œuvres, t. Il, \\. 7>57.

386 DE LA THÉRAPEUTIQUE EIS GÉiNÉRAL.

Dans les maladies chroniques, les boissons sont moins nécessaires que dans les maladies aiguës. Alors, comme l'a déjà signalé Hippocrate, on n'a qu'à se louer de l'usage du lait, et surtout du petit-lail.

Les malades doivent être placés dans un local assez \aste pour jouir d'un air pur suffisamment renouvelé, sans élre exposés à une ventilation directe ou indirecte dangereuse. Cependant il vaudrait encore mieux subir ce dernier inconvénient que celui d'un séjour dans une €hambre trop rétrécie. L'absence d'air, l'atmosphère viciée par la respiration humaine et par des miasmes, sont les causes les plus certaines de la terminaison fâcheuse des maladies. Si la mortalité des hôpitaux et des camps est plus grande que celle des villes, si celle de h ville est plus grande que celle des campagnes, cela tient uniquement à l'influence de l'insalubrité de l'air et à son altération par des miasmes, qui ajoutent beaucoup à la fréquence et à la gravité des maladies. Les appartements des malades, comme les salles d'un hôpital, doivent être vastes, percés de nombreuses ouvertures et garnis d'appareils de chauffage et de ventilation suffisants pour y entretenir la température et la pureté convenables. En été, des moyens d'abri doivent être préparés pour empêcher la chaleur de devenir incommode, et on peut arroser le sol pour répandre de la fraîclieur dans l'atmosphère.

Le lit est une chose importante pour le malade, mais, à part des circonstances particulières, notre lit habituel doit suffire. Dans certains cas, pour les blessés qu'on ne peut remuer facilement, pour les malades affaibhs qui ont des évacuations fréquentes ou des escarres sur les parties saillantes, il est utile d'avoir un lit mécanique dont le plan supérieur, formé de sangles écartées attachées à un châssis, repose sur le drap, peut s'élever par un mécanisme facile, de manière à soulever le malade et à passer au-dessous de lui les linges ou les vases nécessaires.

Les malades atteints de maladies aiguës n'ont guère besoin de mouvement et il exercice, mais, cependant, s'ils ont l'envie de se lever un instant, il faut les y encourager. Tant que les forces le permettent, il n'y a pas d'inconvénient. Sydenham le recommandait d'une manière spéciale pour le traitement de la variole, mais ses conseils n'ont pas été suivis. Dans les maladies adynamiques, on ne peut lever les malades, mais il faut les changer souvent de place et les placer tantôt sur un côté tantôt sur l'aulre. C'est le moyen d'éviter les congestions passives. Chez les enfants, il n'est aucune maladie (pii empêche de les sortir du lit pourles prendre dans les bras et pour les promener dans la chambre, en les tenant bien enveloppés. Dans les maladies chroniques fébriles, on peut permettre la promenade en voiture, en litière ou à

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