DE LA SUBSTITUTION THÉRAPEUTIQUE
5 dredes effets individuels différents pour chaque personne, ce qui rend ; impossible leur comparaison absolue dans le rapprochement qu'on veut en faire.
En pareil sujet, quelques faits concluants bien observés peuvent servir de base à un principe, malgré les exceptions réelles tirées de faits contraires.
La révulsion, opérée spontanément ou provoquée par l'art sur une partie saine, a guéri ou modifié une maladie antérieure, c'est là une chose incontestable pour tous les cliniciens; mais, chacun le déclare, ce fait n'a rien de constant, et il peut ne pas se produire. C'est ce qui arrive dans l'emploi de tous les moyens thérapeutiques.
Nier la révulsion, parce que des agents dits révulsifs ne révulsent pas toujours la maladie qu'on voulait détourner, n'est pas une chose rigoureuse. Autant vaudrait nier les propriétés sédatives de l'opium et les propriétés stimulantes de l'alcool, parce qu'il arrive souvent au premier d'exciter et au second d'endormir. Ce ne sont là que des objections de fantaisie. La révulsion est un fait dynamique supérieur à toutes ces contestations, et c'est parce qu'il relève de la force individuelle, si difficile à déterminer, qu'il offre tant de différences dans ses manifestations et tant d'incertitude dans ses lois. Un jour peut-être serons-nous plus heureux, et saurons-nous pourquoi la révulsion s'opère, et dans quelles circonstances précises il faut l'employer.
6° De la substitution thérapeutique ou médication substitutive.
L'action des stimulants sur un organe malade produit quelquefois une augmentation temporaire du mal, suivie d'une rapide améhoration et souvent même de la guérison. 11 semble qu'une modification se soit accomplie dans sa nature, et que, devenant tout à coup très-aigué, elle ait une marche différente de celle qu'elle devait avoir. A l'état morbide ancien viennent se substituer les résultats de l'impression stimulante nouvelle nécessaire à la guérison. C'est véritablement substituer un mal à un autre. MM. Trousseau et Pidoux ont très-ingénieusement qualifié cette application des stimulants du nom de médication substitutive.
En effet, de toute évidence, les phlegmasies locales guérissent souvent par l'application directe des irritants, qui causent une inflammation analogue, inflammation thérapeutique qui se substitue à l'irritation primitive. IMilegmasies cutanées, phlegmasies muqueuses, toutes cèdent facilement à une phlegmasie nouvelle provoquée par l'impression d'un slinmlaiit spécial.
Le nitrate d'argent dans les ophlhalmies, survies ulcérations chro-
niques de la peau, dans la dysenterie chronique, dans l'angine couenneuse, etc.; les pommades antiophthalmiques, les vomitifs dans la gastrorrhée, les purgatifs dans certaines entérites, le vésicatoire sur Térysipèle et sur les articulations enflammées, les bains très-chauds, les bains alcalins et les bains sulfureux dans quelques maladies de la peau; les lotions d'eau vinaigrée contre la cuisson du prurigo; les cautérisations d'acide chlorhydrique dans l'angine gangreneuse et dans la diphthérite buccale, etc., etc., sont des moyens desubtituer à des maladies anciennes un état aigu spécial qui change la vitalité des tissus et les dispose à une guéri son rapide. Les faits de ce genre sont aujourd'hui si nombreux, qu'ils sont reconnus de tout le monde, bien qu'on ne puisse constamment réussira les provoquer. Malgré les exceptions, le fait général n'en subsiste pas moins et ne saurait être mis en doute.
La substitution thérapeutique est la conséquence de la mise en œuvre de la sensibilité des tissus malades, et son action est en quelque sorte locale; l'impression produite par le stimulant provoque une réaction qui est moins la conséquence d'une absorption des stimulants que de leur action réflexe sur la sensibilité. Cette action ne doit jamais dépasser certaines limites appréciées d'avance par le médecin. En effet, il faut que la maladie substituée ne soit pas plus grave que celle qu'on a voulu remplacer. C'est là une affaire d'expérience. La marche, la nature et la gravité de la maladie à guérir doivent être déterminées avec soin, afin de pouvoir choisir un moyen substitutif dont l'action ne reste pas en deçà ni au delà de l'effet curatif. On n'emploiera pas, sur un œil atteint de kératite ulcéreuse simple, le nitrate d'argent à la même dose et de la même manière que dans une ophlhalmie purulente des nouveaux-nés. On ne cautérisera pas une pustule variolique aussi vigoureusement qu'on ferait pour une pustule maligne, etc., etc. Les agents stimulants qu'on emploie dans la médication substitutive doivent donc être proportionnés, dans la nature de leurs effets, à la nature et à la gravité du mal à faire disparaître. = Un second précepte de la médication substitutive est d'entretenir la stimulation autant qu'il est nécessaire pour modifier la vitalité des tissus, et, comme le disent MM. Trousseau etPidoux, « il faut renouveler l'action substitutive avant que l'effet topique précédent soit entièrement passé. » C'est ainsi qu'on met plusieurs fois par jour une goutte de collyre au nitrate d'argent dans l'œil atteint d'ophthalmie. Dans quelques cas, il faut prolonger l'action substitutive jusqu'au moment de la guérison, de manière à faire perdre au tissu malade l'habitude de l'inflanHuation première, et c'est à cette condition
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qu'on peut espérer un succès de quelque durée. 11 faut quelquefois continuer le stimulant pendant plusieurs semaines.
7° Médication contro-slimulante.
On a donné le nom de médication contro-stimulante à une méthode dans laquelle on produit, à l'aide de médicaments particuliers, des impressions de nature à combattre les progrès d'une phlegmasie aiguë. C'est le reste de la doctrine abandonnée du stimulisme, qui ne mérite pas d'être conservée. En effet, la médication contro-stimulante n'a plus sa raison d'être, du moment où l'on abandonne les principes de Rasorisur le stimulus et le contre-stimulus, puissances dont l'équilibre constitue la santé, et dont les dérangements, excès ou défauts, amènent la maladie. Ce qu'on appelle encore par hypothèse des contro-stimulants pourrait aussi bien être considéré comme appartenant •à la médication antiphlogistique, purgative ou diurétique, révulsive ou substitutive. Le premier de tous les prétendus contro-stimulants est, au contraire, un irritant très-énergique, qui agit par purgation révulsive, ou par irritation substitutive, et il en est de même de tous les autres .
A moins de revenir aux hypothèses de Rasori, de Tommasini, et aux idées plus séduisantes qu'exactes de Giacomini sur les hyposthénisants, il n'y a pas de contro-stimulants ni de médication controstimulante. Ce que je vais dire est donc moins une étude rétrospective qu'un jugement critique.
Dans les maladies causées par un excès du stimulus, et particuhèrement dans les affections aiguës phlegmasiques, Rasori employait des irritants de nature très-différente, destinés, pensait-il, à exalter le stimulus et à l'épuiser pour devenir indirectement cause de faiblesse générale. C'étaient là des contro-stimulants. La digitale, le bismuth, l'acide cyanhydrique , l'acide carbonique, les cantharides, la moutarde, l'iode, le colchique, la vératrine, le tartre stibié, l'oxyde blanc d'antimoine, etc., etc., ont été compris dans cette classe. Tous ces médicaments ont une action locale, physique ou chimique, irritante, quelquefois très-grave, et une action dynamique qui serait l'action contro-stimulante. On en pourrait dire autant de la saignée et des antiphlogistiques, des astringents et de tous les stimulants, des narcotiques, etc. Si toute la thérapeutique est faite à ce point de vue, rien de mieux ; mais, si le système est abandonné et qu'on veuille maintenir cette catégorie de contro-stimulants au milieu d'une classification nouvelle qui les comprend déjà tous dans ses autres parties, alors ce n'est qu'un motif fâcheux de confusion.
Tous les prétendus contro-stimulants doivent être placés dans la classe des antiphlogistiques, des astringents, des narcotiques ou des stimulants; quelques-uns appartiennent aux spécifiques.
Leur efficacité est réelle, et l'explication seule de leur effet est en défaut. Que le bismuth guérisse certaines entérites, et le tartre stibiô la pneumonie aiguë, rien n'est plus exact; mais il ne s'ensuit pas que le tartre stibié et le bismuth soient des contro-stimulants ; car, dans beaucoup d'autres cas où le stimulus est en excès, ces remèdes ne servent plus à rien, leur action est à la fois irritante et spécifique : irritante par les évacuations qu'ils produisent, et spécifique parce que s'ils sont utiles, l'un dans la pneumonie, l'autre dans l'entérite, ils ne le sont point dans une foule de maladies différentes, telles que phlegmasie, pleurésie, péritonite, etc., où il y a augmentation de stimulus.
Rasori a voulu établir sa doctine en disant que les contro-stimulants n'agissaient point par révulsion vomitive ou purgative, mais d'une manière spéciale, parce que, dans beaucoup de cas, ils ne produisent aucune évacuation sensible. C'est ce qu'il désigne sous le nom de tolérance. A cette occasion il rappelle que le plus puissant des contro-stimulants, le tartre stibié, à haute dose, ne provoque pas toujours d'évacuations et qu'il arrête rapidement les phlegmasies. Cela peut être, mais c'est une exception, car la tolérance absolue est rare ; dans la moitié des cas, il y a intolérance, et des évacuations signalent les effets du tartre stibié; chez un certain nombre de malades, enfin, il y a tolérance incomplète et alternatives d'évacuations et de repos. On ne peut donc citer les faits de tolérance incomplète ou d'intolérance du tartre stibié comme des preuves de son action contro-stimulante, car on pourrait à plus juste titre les considérer comme des preuves en faveur de la médication.révulsive. Restent donc les faits de tolérance absolue, qui ne prouvent pas davantage; car, sans produire d'évacuations, le tartre stibié n'agit point comme stimulant de la muqueuse digestive, ainsi qu'on peut en juger par ses effets sur les follicules du pharynx.
Rien ne prouve donc l'action contro-stimulante spéciale des remèdes que je viens d'indiquer. Ils guérissent, cela est vrai, mais au moyen d'une substitution et d'une révulsion thérapeutiques. S'ils ont un caractère particulier, c'est un caractère spécifique qui les rend de préférence applicables à une mahube plutôt qu'à l'autre.
8* Mt'dictilion slupénanle.
Le nom de médication stupéfiante, donné par MM. Trousseau et Pidoux à l'ensemble des moyens qu'on emploie comme narcotiques et
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comme sédatifs dans le traitement des maladies, exprimant bien le fait général de la méthode, mérite d'être conservé. Cette médication a pour but de déterminer des impressions organiques d'où résultent le calme, le bien-être, le repos et l'apathie de certains organes ou de l'économie tout entière.
Les moyens qu'elle utilise dans ce but sont très-nombreux et tirés du règne minéral, végétal ou animal. Je les indiquerai tout à l'heure. Leur mode d'action est inconnu; ce sont pour la plupart des agents qui ont, sur les tissus ou sur les organes, une action particulière, spéciale et spécitique, déterminée par l'expérience. Les uns s'adressent à la douleur, qu'ils apaisent; d'autres agissent sur le mouvement, qu'ils modèrent ou qu'ils suspendent; il en est qui détruisent à la fois le mouvement et la sensibihté, qui exercent leur empire sur certains organes dont ils troublent les fonctions avant de les abattre ; ce sont autant de particularités curieuses et importantes à connaître.
Il y a des stupéfiants narcotiques, dont l'effet est le narcotisme; des stupéfiants vireux qui produisent l'apathie délirante, et des stupéfiants anestliésiques, dont l'action récemment découverte porte à la fois sur la sensibilité et sur le mouvement.
La médication stupéfiante narcotique produit l'assoupissement, le bien-être, le sommeil avec ou sans cauchemar, la stupeur, Fivresse, la courbature, la contraction des pupilles, la sueur, la sécheresse de la bouche, les nausées, les vomissements, la constipation. Quelquefois, au lieu de calmer, elle excite à un très-haut degré et empêche tout sommeil. C'est unfait qu'on observe encore assez souvent. L'opium et ses préparations, le laudanum de Sydenham, le laudanum de Rousseau, la morphine, la codéine, le cyanogène et ses composés, le lactucarium, etc., sont les principaux agents qu'elle met en usage et qu'elle fait pénétrer dans l'économie par la peau ou par les voies digestives.
La médication stupéfiante vireuse détermine rabattement, la stupeur, l'étonnement intellectuel, quelquefois du délire et des hallucinations, la dilatation des pupilles et la cécité, la sécheresse de la bouche, la sueur, les vomissements, la diarrhée, la somnolence et le coma. Elle emploie, à l'intérieur des voies digestives et sur la peau, la plupart des solanées vireuses : la belladone, la jusquiame, la ciguë, le datura stramonium, l'aconit, l'atropine, etc.
La médication stupéfiante an esthésique , constituée par le chloroforme, l'éther sulfurique, l'élher chlorhydrique chloré etc., a un tout autre effet que les médications précédentes. Ses agents, dits anesthésiqucs, pénètrent dans l'organisme par une autre voie. Sous la forme de liquides volatils, ils ne produisent leur effet que pai' pénétration et dans les
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voies aériennes et par absorption à la surface de la muqueuse pulmonaire. Ils suspendent momentanément l'action des sens et du mouvement volontaire, de sorte que la chirurgie a pu s'emparer d'eux pour faire ses opérations sans douleur, à la grande satisfaction de l'humanité. Quelquefois on les applique directement sur la peau, et on réussit à calmer des douleurs pour lesquelles il est inutile de recourir à l'anesthésie générale.
Comme on le voit, les effets des médicaments stupéfiants ne sont pas toujours les mômes : à côté de ceux qui produisent ordinairement le repos et le sommeil, il y en a qui déterminent l'agitation et le déUre ou qui réduisent l'homme à un état d'insensibilité tel, qu'on peut le tailler en morceaux sans qu'il s'en aperçoive.
Les maladies, l'habitude et l'idiosyncrasie modifient beaucoup l'action des stupéfiants, et la rendent trés-différentc d'elle-même. A dose égale, certaines personnes bien portantes n'éprouvent rien de la belladone, tandis que d'autres ont un violent délire. Dans les maladies aiguës, l'opium peut être donné à des doses énormes sans produire de narcotisme, et une personne qui fait habituellement usage de cette substance arrive facilement à prendre, sans danger pour elle, des doses dont la simple fraction produirait ailleurs un empoisonnement .
La médication narcotique est une des plus utiles ; sans elle la médecine perdrait une bonne partie de sa puissance, car, dans les cas où on ne peut guérir des maladies incurables et douloureuses, en attendant la guérison de maladies aiguës accompagnées de vives douleurs, le pouvoir d'enlever à l'homme le sentiment de la souffrance est le plus éminent des services à lui rendre, celui qui satisfait le plus au besoin de son être. Or, c'est là l'effet de la médication stupéfiante. Elle endort celui qu'on ne peut guérir ou qu'on va mutiler; elle fait prendre patience à celui que des efforts de la nature vont prochainement sauver. Dans les cancers, dans les maladies des os, dans le tétanos, dans le delirium tremens, dans le rhumatisme aigu, dans les névralgies et dans toutes les affections douloureuses, son emploi est commandé et varié d'après les indications à remplir. Elle peut encore être employée avec infiniment d'avantage dans les sécrétions abondantes qui tiennent à une maladie accompagnée d'éréthisme des organes sécréteurs. C'est ce qui a lieu dans la diarrhée, dans la dysent(îrie, dans la polyurie, etc., etc.
9* Médication antispasmodique.
La médication antispasmodique a pour objet de produire, au moyen des remèdes, une impression intérieure susceptible de contrc-balan-
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cer l'éréthisme, l'agitation, le spasme et les différents désordres nerveux idiopathiques.
Les moyens qu'elle emploie ne produisent point le sommeil et calment rarement la douleur, car ils n'ont pas de vertu narcotique ni d'effet bien constant chez tous les individus. Leur impression sur le système nerveux est cependant incontestable, car ils en apaisent souvent les désordres. Rapide et passagère, cette action est variable, d'autant plus énergique que les personnes sont plus irritables et plus faibles à la fois. On a besoin de chercher pour savoir l'antispasmodique dont il faut se servir, et à quelle dose il convient de l'administrer. Ainsi l'éther et la valériane, qui impressionnent très-agréablement une personne, produisent ailleurs une vive excitation et des vomissements. Il en est de même des autres antispasmodiques, et c'est à ce point, que leur vertu sédative a été souvent contestée, non sans une apparence de raison.
La médication antispasmodique doit être mise en usage dans la plupart des névroses et des névralgies. Elle produit d'excellents effets dans l'hystérie et dans les névroses bizarres qu'elle traîne à sa suite; dans la migraine, dans les convulsions idiopathiques, dans l'épilepsie, dans la chorée, dans les spasmes, tels que le hoquet, la toux nerveuse, l'œsophagisme,etc., etc. Quelquefois certaines maladies aiguës graves ont, à titre de complication, des spasmes, des convulsions ou du délire sympathique, qu'il faut traiter isolément, et, dans cette circonstance encore, la médication antispasmodique doit être employée. C'est ainsi qu'on traite quelquefois le délire aigu delà pneumonie par du musc à haute dose, oul'éclampsie puerpérale par Tassa fœtida, la valériane, etc.
Les principaux médicaments antispasmodiques sont : les fleurs de tilleul, les fleurs et les feuilles d'oranger, l'éther sulfurique, nitrique ou acétique, l'oxyde de zinc, le cyanate et le valérianate de zinc, le camphre et l'eau sédative, la valériane, le musc, le castoréum, l'ambre gris, le succiujl'assa fœtida, la gomme ammoniaque, le galbanum, sagaj)enum et opoponax, l'huile de (^ajeput et l'huile animale de Dippel.
10° Mcclicilion évacuante.
La médication évacuante a pour but de stimuler les voies digestives par des moyens spéciaux, afin de les débarrasser des matières nniqueuses, organiques, salines ou toxiques qu'elles renferment. Sous l'influence des impressions qu'elle fait naître, les sécrétions et les contractions gastro-intestinales sont fort augmc^ntces, et, suivant la
spécificité d'action du remède, la sécrétion des matières est muqueuse» stercorale, bilieuse jaune, verte ou noire, et l'expulsion a lieu par la bouche ou par l'anus, en vomissement ou en diarrhée, entraînant avec elle tout ce qui se trouve dans l'intestin, calculs biliaires, pierres stercorales, entozoaires, etc.
Cette médication est une des plus importantes et constitue, avec les antiphlogistiques et les stupéfiants elles spécifiques, la base de toute bonne thérapeutique. En effet, les voies digestives sont toujours primitivement ou secondairement, comme cause ou comme effet, quelque chose de sérieux dans la production des maladies. C'est par elles que pénètrent dans l'organisme une foule d'agents dont l'impression directe est si fâcheuse, dont Faction sur le cerveau, sur le foie, sur les reins, est si redoutable, et c'est aussi sur elles que retombent sympathiquement les impressions morbifiques de la peau, de l'encéphale et des organes voisins.
L'indigestion, l'embarras gastrique, le catarrhe chronique intestinal, les matières stercorales épaissies, les corps étrangers de l'intestin, l'acidité des sécrétions, leur diminution, etc., sont antant de causes nombreuses de malaises et de maladies dangereuses qu'une évacuation faite à propos emporte souvent pour toujours.
Cette médication a donc, non-seulement un effet mécanique, qui est l'expulsion de ce qui se trouve dans les voies digestives, mais encore une action dynamique réflexe, due à l'hypersécrétion intestinale et hiliairc, qui dépouille le sang des matières muqueuses, biHeuses ou pntrides prêtes à s'y introduire, et qui débarrasse l'économie de substances nuisibles lorsqu'elles se produisent en excès. Si la médication évacuante appartient par un côté à la médication stimulante, elle appai'tient par l'autre aux antiphlogistiques, puisqu'elle dépouille quelquefois le sang d'une grande quantité de sérnni. Elle relève de l'une et de l'autre sans pouvoir être confondue avec elles. Son caractère spécial l'en distingue physiologiquement, et sous ce rapport elle mérite bien l'honneur d'une désignation spéciale.
La médication évacuante provoque, selon la nécessité et au gré de celui qui l'emploie, des évacuations gastriques, c'est-à-dire des vomissements, ou de la diarrhée, ce (|ui constitue la purijation. De là deux médications secondaires d'un égal intérêt, la médication vomitive et la médication purgative.
Médication vomitive. — Nul organe, plus que l'estomac, ne montre des affinités plus intimes ou une sympathie plus importante avec le principe de la vie. Les impressions morales, l'incitation, le vertige, les lésions du cerveau, du poumon, de l'utérus, du péritoine, etc., ont une
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(elle action réflexe sur ce viscère, que sous leur influence des vomissements se produisent avec une grande facilité. A-ton besoin de faire vomir, rien n'est plus facile : le chatouillement de la luette détermine aussitôt des contractions réflexes vomitives, ou bien l'on fait prendre une substance spéciale, comme l'ipécacuanha et le tartre stibié, qui ont, entre autres propriétés, celles de produire l'impression qui sollicite des efforts de vomissement. L'action des vomitifs est assurément l'une des plus curieuses, quant à la spécialité d'action du remède, et au sensïtïsme qu'elle met en jeu. En effet, le vomissement ne vient pas de l'estomac qui l'exécute, il vient du cerveau qui l'ordonne, et, à ce titre, je ferai remarquer que l'action d'un vomitif n'est pas exclusivement locale, et qu'il faut absolument tenir compte de l'impression produite par lui sur les centres nerveux. Le vomissement n'est pas une simple évacuation mécanique de l'estomac, c'est un acte plus complexe, dans lequel il y a, au-dessus de ce qu'on voit, des effets dune haute importance, qui méritent d'être appréciés et qui constituent la médication vomitive.
Des malaises, du frisson, de l'anxiété épigastrique et des nausées indiquent le commencement de l'action ; la sécrétion gastrique s'effectue, puis arrivent les contractions du diaphragme et du ventre, qui expulsent les matières renfermées dans l'estomac. A ce vomissement succède presque toujours un petit mouvement de sueur et un sentiment de bien-être fort agréable.
La médication vomitive est indiquée dans un but mécanique contre les empoisonnements et les indigestions, pour chasser de l'estomac les matières toxiques et nuisibles qui s'y trouvent.
Dans les embarras gastriques, au début des fièvres typhoïdes, elle arrête très-souvent une maladie fort grave. On doit l'employer dans les fièvres intermittentes, dans les angines tonsillaires, dans la coqueluche, dans le croup, dans les maladies aiguës ou chroniques des bronches, et dans toute maladie où il existe ce qu'on appelle ïétat saburral.
La médication vomitive ne convient pas dans les maladies du cerveau, dans les maladies organiques de l'intestin, et lorsqu'il existe une hernie que les efforts de vomissement pourraient étrangler, un anévrisme qu'ils pourraient rompre, ou une grossesse qui pourrait se détruire.
Les moyens que la médication vomitive met en usage, sont : la titillation de la luette; l'éméticpie ou tartrate de potasse et d'antimoine; le kermès, ripécacuanha, le sulfate de cuivre, le sulfate de zinc, Ihel léborc noir et blanc, etc., etc.
La plupart de ces moyens s'administrent à rintérieur, dans l'estomac : mais la preuve que le vomissement est dû, moins à leur action irritante sur la muqueuse gastrique qu'à leur impression sur les centres nerveux, c'est que plusieurs d'entre eux, mis sur la peau dépouillée d'épiderme, ou injectés dans les veines, produisent le vomissement. C'est une expérience qu'il est facile de faire avec le tartre stibié.
Médication purgative. — Les évacuants dont la propriété est de provoquer l'expulsion des matières intestinales, sont des purgatifs. La médication qui les emploie est des plus utiles, et son action réflexe se traduit par des effets mécaniques secondaires de la plus haute importance. Elle stimule plus ou moins énergiquement l'irritabilité de la muqueuse, augmente la rapidité des contractions péristaltiques et active la sécrétion des glandes de Peyer et de Brunner, de manière à enlever une quantité plus ou moins considérable de sérum à la masse • du sang. A ce titre elle agit comme révulsive et comme antiphlogistique. Si l'on joint à cela l'immense avantage qu'elle a d'entraîner des fragments alimentaires nuisibles, des calculs biliaires, des matières muqueuses épaisses, des concrétions stercorales ou des entozoaires qui troublent les fonctions de l'intestin, on verra que l'évacuation purgative rend d'incontestables services.
La médication purgative provoque un peu de malaise, de la faiblesse, du refroidissement, la petitesse et l'irrégularité du pouls, quelquefois des vomissements, des coliques, des borborygmes, et enlin une diarrhée dont l'abondance et les caractères physiques sont en rapport avec la nature du purgatif, sa dose et la nature de la maladie.
Les purgatifs sont rangés, d'après leurs effets, en trois classes: l"* ceux qui purgent doucement, de manière à évacuer les matières stercorales : ce sont les laxatifs; 2° ceux qui purgent plus fortement et font en outre rendre des matières bilieuses : on les désigne sous le nom de minoratlfs ou cathartiqucs; et o'' entin les drastiques, ceux dont l'action est très -énergique et rend très-malade, qui agissent surtout sur le gros intestin et font rendre à la fois de la bile, du mucus, des glaires, et tout ce qui se trouve dans l'intestin grêle.
Les ]mr(jatifs ordinaires sont la mamie, le miel, les huiles d'olive, d'amandes douces, de riciu, la casse, le tamarin, etc.
Parmi les cathartiques se trouvent les purgatifs salins, le tartre stibié en lavage (cinq centigranunes pour un litre d'eau), le sulfate de soude, la crème de tartre, le sulfate de magnésie, les eaux minérales purgatives de Sedlitz, de Puhia, d(; (jansac, etc., la magnésie calcinée, le calomel, la rhubarbe, le séné, c^tc, etc.