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DE LA NATURE MÈDIGATRICE

cluantes eu faveur de sa niédicalion. Mieux vaut s'absleuir que d'employer, hors de propos, des remèdes actifs et dangereux. Il est préférable d'abandoiiuer une maladie régulière h sa terminaison naturelle, si elle doit être heureuse, que de la compliquer par l'action de remèdes intempestifs. L'homœopathie n'a de succès dans le monde que par sa substitution aux médecins malavisés qui n'entendent pas Vindication et qui ne savent pas s'abstenir à propos. Elle échouera, au contraire, là où il faut agir, et quand elle fait perdre ce moment opportun désigné par Hippocrale sous le nom ^'occasion. J'ai connu un homme, mort de liernie étranglée, avec coliques atroces, vomissements de matières bilieuses, pendant qu'on le traitait par l'homœopaihie ; il n'eût pas succombé si, au lieu d'avaler un remède imaginaire destiné à calmer ses coliques et ses vomissements, il avait eu près de lui un chirurgien assez instruit pour faire rentrer les viscères à leur place dans l'abdomen. L'homœopathie, qui n'est qu'une expectation systématique déguisée, est aussi absurde comme système que les méthodes thérapeutiques qui empoisonnent les malades au moyen de remèdes trop réellement dangereux. Tout cela n'est pas la médecine ni la thérapeutique. Agir selon l'occasion, en imitant les procédés de la nature, s'abstenir à propos et volontairement, d'une manière raisonnée, voilà le fait du médecin expérimenté qui connaît la marche naturelle des maladies.

Connaître la marche naturelle des maladies, savoir comment un mal doit finir lorsqu'il est abandonné aux seuls efforts de la nature, en considération de son espèce, de la forme, de l'âge du sujet et des circonstances qui l'entonrent ; tout i est là en médecine. Supposez celte connaissance dans l'esprit du médecin et sa I conduite est toute réglée, etil sait agirou s'abstenir, selon l'indication, agir pour diriger le mal et le conduire dans une voie convenable, ou s'abstenir, au contraire, avec la certitude d'une guérison spontanée prochaine. De cette>jTianière, I l'art n'est pas compromis par des tentatives absurdes ou hasardeuses, et s'il I iniervient, c'est qu'il a des chances de succès. La thérapeutique est vraiment h science des indications, pour s'abstenir ou intervenir et provoquer des réactions salutaires au moyen d'impressions curatives.

C'est qu'en effet, la nature est le principe de toute guérison, et notre art ne consiste qu'à favoriser, à imiter ou à provoquer les opérations curatives naturelles.

Il ne faut cependant rien exagérer : ce serait une erreur de croire que cette action providentielle et réparatrice des désordres survenus dans le corps humain i soitd' une puissance A contre-balancer l'effet des impressions morbifiques etàréta- I blir l'ordre dans les fonctions troublées. Il n'en est pas ainsi. Trop confiants dans la force du principe et de la puissance médicalrice, ceux qui exagèrent son in- I fluence commettent une faute aussi grave que les sceptiques qui en rejettent ' l'existence. Ils en arrivent, comme Stahl, à rester dans une inaction dangereuse ou funeste, lorsque la gravité du mal et l'insuffisance des efforts médicamenteux I nécessitent une intervention immédiate et active. Si l'admission de cette doctrine devait conduire à ce résultat, ce ne serait, comme l'a dit Asclépiade. qu'une méditation sur la mort. Mais ce n'est pas ainsi qu'il faut entendre l'action de la

puissance niédicalrice ; la conception de cette idée n'implique pas le moins du mondç celle de la guérison spontanée de toutes les maladies sans Tmiervention de l'art. De ce que rien ne guérit sans l'inlluence bienfaisante de la nature, il ne s'ensuit pas qu'elle ait pour mission de rétablir toujours et partout l'ordre troublé par une maladie, ni qu'elle ait la force de se suffire à elle-même pour , arriver à ce résultat. Non, c'est là une exagération condamnable de la doctrine. Assez puissante dans un grand nombre de cas pour amener, seule, la transition de la maladie à la santé, la nature a souvent besoin d'aide et de direction dans efforts, et c'est à les découvrir que doit s'appliquer tout l'art du médecin. Qaonaluravergit, eo dmendum. Ailleurs, enfin, son travail commence, les nécropsies permettent toujours de le constater ; mais il a été insuffisant et trop faible pour lutter contre les effets de la cause morbifique. Jusque dans l'insucces eclaie sa puissance. La mort l'annonce aux vivants, et il est aussi impossible d en méconnaître l'action que denier la puissance qui modèle les contours de 1 homme dans le sein maternel, les maintient pendant l'accroissement et dans le cours de la vie, malgré la rénovation continuelle de la matière, malgré les difformités congénitales et les déformations acquises sous l'influence des forces supérieures.

Rien n'est mieux établi, à mon sens, que l'action providentielle ordinairement heureuse de la nature médicatrice, et ce que je viens de dire sur ses msucr

ces ne détruit point le fait principal. „f„..,^,nf Les parties divisées ou coupées se réunissent ou se reproduisent en i efoi man des tissus normaux ou des organes complets. -L'homme peut reprodmi^ 1b cristallin enlevé sans la capsule (Textor, Leroy), tous les os ongs en evés^ « leur périoste (Flourens (1), Blandin, Bert (2), SédiUot (3), OH^er)^-!! r fa t la peau divisée, ainsi que les canaux excréteurs de Wharton, de Sténon; i I ref ^ sescordohs nerveux (Schwannjulpian, etc.). Mais c'est surtout chez les mmaut inférieurs où l'on voit les plus merveilleuses régénérations des tissus et d s organes. A. Bonnet a montré que les naïde. coupées en vingt ou vingt-six moiceaux engendraient vingt ou vingt-six nouvelles naïdes, et qu'on pouvait voir dou e fois leur tète se reproduire après la section. La Planaire coupée en deux se c plète, et la tête se refait un estomac, tandis que la partie inférieure compmiaat l'estomac se refait une tête.- Les crustacés régénèrent leurs pattes arrachées. La salamandre, dont on coupe le bras, refait son bras avec les muscles, les nerfs, les vaisseaux et les vingt os qui le constituent, etc. , etc. , etc.

Ailleurs, ce sont les forces générales de la vie qui luttent contre ^^^J'^^^^ mort. Ainsi s'expliquent le réveil des hibernants par un froid ^^^ ^'l^^^ tance des poumons à l'absorption de l'oxygène au delà des proportions corne nablcs, la guérison des maladies héréditaires, etc. , etc. .„,„,.^i,,.s «ui

La plupart des maladies guérissent seules, vertu des lois pn m di^e qu ramènent la substance corporelle et les forces qui l'animent dans leur état dé

(1) Flourens, Théorie expérimentale de la formation des os. Paris, 1847.

(2) Bert, De la greffe animale. Paris, 1863.

(3) SédiUot, De l'évidement sous-périosté des os, 2'^ édition. Pans, 1867.

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