DES INDICATIONS CURATIVES OU THÉRAPEUTIQUES
Lorsuue la maladie est déclarée, sa nature et ses phénomènes Pn"<^;P»"^' réta du malade et les circonstances qui l'entourent, inspirent tout na u 1 - Inentau médecin la conduite qu'il doit suivre. Ce sont pour lui autant de sources d'indications thérapeutiques. .
10 La maladie, 2" le malade, 3» les objets ou agents extér.eui-s au m.Ueu
DliS INDICA IIONS TriÈHAPliUTlQl ES. 38')
desquels il se iroiive, voilii l'ortlic dans lequel il laul étudier les indications thérapeutiques.
Il y a des indications rationnelles fournies par la raison, et que l'on remplit dans la plupart des lésions physiques et chimiques, lorsque le raisonnement précède l'expérience. — Extraire un corps étranger iriitant pour les' tissus, remettre un os luxé à sa place, sont des indications ratioimelles. — Au contraire, Yindicalion est empirique lorsque, uniquement conseillés par l'expérience, les médecins emploient la saignée, les vomitifs, et surtout les spécifiques, tels que l'iode, le mercure, la quinine, etc. La meilleure manière de classer les indications en particulier, c'est de les ranger selon leur importance et d'après la nature des moyens qu'elles mettent en œuvre. Ainsi, selon qu'on s'attaque à la nature et à la cause prochaine du mal, aux phénomènes morbides secondaires ou aux symptômes, on obéit à une indication rationnelle, accessoire ou symptomatique.
f. Indication. — Vindicotion rationnelle, principale, essentielle, est remplie (|uand on a dirigé ses moyens thérapeutiques contre la nature ou la cause prochaine du mal. Exemple : la saignée du pied ou les sangsues aux cuisses chez une femme dont les règles viennent d'être brusquement supprimées et qui se plaint d'étouiïements, de palpitations, d'étourdissements, de spasmes, etc. L'extraction d'un corps éti'anger qui entrave les fonctions d'un organe; un vomitif chez un sujet qui souffre d'une indigestion; le quinquina, le mercure, chez des individus affectés de fièvre intermittente ou de syphilis, etc., remplissent des indications fondamentales ou rationnelles.
IL Indication accessoire. — On obéit à une indication accessoire en calmant la céphalalgie d'une fièvre typhoïde par des 'compresses d'eau glacée, les crampes du choléra par des armatures métalliques, ou en donnant de l'éther contre les spasmes de l'hystérie. Le uombre de ces indications est considérable.
IIL Indication symptomalicjue. — Il est une foule de maladies chroniques incurables dans lesquelles existent des symptômes incommodes plus douloureux que le mal. Les névralgies du cancer, la toux et la diarrhée des phthiçiques, les sueurs des cachectiques, la pneumalose des hystériques ou des hypochondriaques, etc. , sont des accidents que l'on cherche à faire disparaître par les sédatifs et par les toniques, avant de prétendre h la guérison de l'étal général qui les produit. On remplit alors une indication symptomatique. C'est de la thérapeutique fonctionnelle.
— Indication*!! fournies par la maladie.
L'idée qu'on se fait de la nature d'une maladie entraîne toujours après elle l'application d'une méthode thérapeutique particulière. ïhémison, qui séparait toutes les maladies en trois classes, produites, les unes parle resseri-ement des tissus, strictmn, les autres par leur relâchement, laxum, et les dernières mixtes, par le mélange du strictum et du laxum, n'avait que trois indications h remplir, à l'aide de moyens relâchants ou émollients, par des topiques, des
B. — PATHOL. GÉN.
3^6 l'ATItOÏ.OOIi; GÈNfinAl.l:.
réfrigérants et des substances astringentes. Tous ceux qui, à son exemple, depuis Sylvius cl Paracelse, jusqu'h Brown, Rasori cl broussais, ont élevé des systèmes nosologiques reposant sur une dichotonno chimique, lu.niorale ou nerveuse ont fait connue lui et ont singulièrement sinipliné la médeane, en la ramenant l deux indications opposées, que le moins habile pouvait aisé.nent ren.phr. Mais toutes ces doctrines exclusives se sont évanouies devant I obsorvat.on atientive des faits. Les maladies, si complexes par leurs causes, par leur nature cl par leurs principaux pbénon.ènes, présentent un grand nombre d >nd^cnt.ovs j^da- ^nentales ÀHo^mdlcs qu'il est in.possible de restreindre systemat.quen.enl a une dichotomie quelconque. H faut les chercher dans la nature des elen.en s qn, la composent ; dahs le siège, dans les symptômes, dans la période du n.al, etc.
l Nature de la maladie. - La nature scrofuleuse, syphiblique, charbonneuse, rhumatismale, goutteuse, paludéenne, morveuse, inllammatone ou canreu e des maladies ; la présence de corps étrangers dans les tissus ou dans les vités naturelles, tels que les tumeurs hydatidos, calculs b.l.anes ou vés.- • eaux • les projectiles isolés dans les chairs; le dépôt de venu) dans une pla.e; les naras'ites animaux ou végétaux, extérieurs ou intérieurs, etc lo. ment, quant a des indications ihérapeutiques fondamentales dont le medeau e saurait se passer,- s'il veut favoriser le travail de la guér.son. Il n est pas une d e circon tances de la maladie qui n'impUque un traitement spécial; ici le lercui" là de l'iode, ailleurs du quinquina, de la vératnne, une opération ou rrnsèment particuliers. L'indication fournie par la nature des malad.es est rr in^xinLe de toutes, car elle permet de négliger une oule de crc.ntances locales accessoires, le remède choisi devant suffire a tout.
n EUmenis de la maladie. - Les éUhnents d'une maladie, tels que a inl mmal^ e, qui commande les émissions sanguines et les émolhenis ; 1 état Crx ou bilieux, auquel on oppose généralement des vomitifs et des pu - 3s "état catarrhal, qui guérit aisément par les révulsifs cutanés et p r la ! sication- l'état adynamique, qui exige l'usage des toniques et du vin; étal vésicat on i e j ^^tant d'indications principales qu, modifient plus
; f Xè'la thérapeutique des maladies, en obligeant le médecin a Iv r des remèdes appropriés à l'une ou à l'autre des maniiestations que je
Inamique Ici, la diète, la saignée, les bains; là, au contraire, une al.n.e .al Sturée etdes boissons aromatiques et vineuses. Une névralgie intei-
t et 0 ' ég letent ntermittente. mais sans périodicité régulière ne sera pas S'e'par ce remède, et guérira, . au contraire, par l'usage du fer et des
inrli. .ubite singulière, qui se passe au bout de quelques heures, et
'^''''fVZ^T^l^n.eon au quatrième accès, si, d'après son type,
de .isser^ tom traitement symptomatique pour
DliS INDICATJONS THÉIlAl'EUTKjUliS. 387
recourir aussitôt à remploi du sulfate de quinine. Chacun doit reconnaître là une lièvre pernicieuse.
Des convulsions provoquées par un taenia ne guérissent pas pac les mêmes ; remèdes qu'on administre dans les convulsions liyslci iqiies, ou dans les convuli siens symptomatiques d'une mnladie du cerveau. Il en est de mr-me de toutes les maladies dont l'élément pi incipai a été déterminé par le médecin. Chacune d'elles a son traitement particulier, qui diffère du traitement de la même maladie, entreteime par une autre cause ou associée à un élément morbide de nature dilVérenle.
m. Causes de la maladie. — Les causes occasionnelles fournissent souvent des indications fondamentales à la thérapeutique. Un homme vient d'être mordu par une vipère ou par un chien enragé; sa blessure réclame un traitement spécial, imposé en quelque sorte par la nature de la cause morbirn^ue. Dans le premier cas, la ligature du membre au-dessus de la blessure et la cautérisation i avec l'ammoniaque pourront suffire ; dans le second, ce ne sera pas trop que J de recourir aussitôt à la cautérisation par le fer rouge. Un garçon boucher se I présente avec un petit engorgement rougeàtre de la peau, surmonté d^une phlyctène brune, et le mal paraît sans gravité : si on ne le cautérise vigoureusement, il fera périr l'individu, car c'est le commencement d'une maladie charbonneuse par la pustule maligne.
L'asphyxie par défaut d'air, par les divers etnpoisonnements et par les corps étrangers des tissus ou des cavités naturelles, etc. , exigent des soins particuliers exclusivement eu rapport avec la nature delà cause morbilique. De la connaissance exacte et précise des causes résulte donc l'indication d'agir d'une certaine manière de préférence à toute autre.
IV. Siège des maladies. — Du siège des maladies découlent plusieurs indiciitions thérapeutiques trè.s-imporiantes. Ainsi le silence absolu dans les maladies du larynx, le repos des membres affectés de blessures ou de plaies, le régime le plus sévère dans les maladies de l'intestin, l'absence de travail dans les maladies du cerveau, sont des nécessités thérapeutiques indispensables. Dans la pleurésie, la douleur de côté appelle des émissions sanguines locales sur le point douloureux. Dans les hémorrhagies, la thérapeutique varie, selon leur siège extérieur ou intérieur, et d'après leur situation dans un parenchyme, plutôt que surface muqueuse ou cutanée. La bronchite des grosses bronches se traite d'une manière toute différente que la bronchite capillaire. On guérit de l'œdème susgiottique, par le moyen d'une déchirure habilement faite des replis aryténo- épiglotliques infiltrés, tandis que l'œdème sou.s-glottique est inévitablement mortel, si l'on ne pratique pas la trachéotomie. La pustule variolique des paupières doit être cautérisée, pour arrêter une ophthalnne susceptible d'amener la perte d'un œil, tandis que les pustules du visage peuvent être abandonnées à leur marche naturelle. L'entérite de la partie moyenne de l'intestin se guérit par les astringents administrés par la bouche, tandis que c'est par le rectum qu'il faut con.battre la colite et renléro- colite. L'e.nphysôme du poumon entraîne d autres mdications que l'emphysème du tissu cellulaire, et ainsi de suite pour
ogg PATIIOLOOIL; GÊNÈRALt:.
Lies les allénmons orpunques semblables ,ui peuvcnl se développer sur de,
'"f :s!;~-'--V.m.lOmes „eso„.,n'.nem,,,iresMien ^ mabdies « ee«,KbM, el,e. ..«elques malades, ils exigent, de la |>ar d„ ,,-Éded 'a em on uès-sérieuse, soi. à cause de leur in.ensdd, so.ra cause des ^^r» S I rticuliers dont ils ,>et„eut 6,re l'expression. U dyspnde, I aspbyx,. eâus e ar rcnsouement des ,»un,ons dans la pneumonie; la do.dem- des c cbëÏi" cér™»eets,pl,ili.n|ne, dont la vivaci.6 unit an repos; la ton ner-
l,,sté,.i,p,os-'les snenrs « la diarrl.ée IWixis dans la lièvre typlioïde ; les palpitations dans les malad es au cœur ,T si à ottstipatitm, etc., sont des phénomènes qn, excgetrl souvent
r„ ncipate Ainsi les douleurs ostéocopes nocturnes, .luel.inefots s, v.ves de r^Mis doitnt eue calmées pat- l'opiam, sans attendre l'acuon cura t ve uUérie de Hode ou du nrercure. Arrêter la diarrhée chez un homnte ph h. froù «teint de cachexie cancéreuse, est tonjonrs une chose „,de, car ces, le moveo de orolonger mie existence impossible à conserver. y?7n, Z é iha n-Mie. - L'intensité de la maladie, sa v.olence, obi,-
■ n V plus d'e dans l'esprit du médecin. C'est le montent d a-
'Zi^^^-^'^'^-'^'"^ plastiques, acidulés ou spéciftques; les
K,i;«rntm-liales nar les vomitifs ou les purgatifs, etc. '" Plus taTr^^^U^^ 1» l'éHode de décroissance, tle nouvelles mdications se
f,t so t Lr interrompre la médication mise en pratique, soit pour e '^ei 1 ce S a lure vers une bonne crise, soit pour récorporer
'Tiîr ConmUscencc. - La convalescence a ses indicaiions, tant pour écarter
ni'S INDICATIONS TIlÊn APEUTIQUnS. ^89 les causes de rechutes par les émotions n>.orales, la préoccupation intellectuelle , ou lu iatigue physique, que pour l'institution d'un régime al.menta.re vane, , aidé dans son action par les toniques, alin de faire disparaître 1 anémie qu, résulte , louiours des maladies aiguës et chroniques, et dont la présence donne si sou- . vent lieu à des névroses paralysiques, convulsives, névralgiques ou autres.
§ s. — inclicalioiiN loHrnic>4 par le malatlo.
La seconde source des indications thérapeutiques, non moins féconde que la I première pour les inspirations quelle donne au médecin, vient de l'étude du ! malade, de son âge et de son sexe, de sa constitution et de son tempérament, de sa généalogie morbide, de sa santé antérieure, et enfin de Vétal des forces dans le moment présent. L'étude de la maladie est complètement stérile si elle ne marche de pair avec la juste appréciation de l'état du malade. Iln'y a pas de pleurésie, a dit Récamier, il ny a que des pleurétiques, mot profondément vrai et qui peut être appliqué k toutes nos espèces morbides. Aussi quelle pitié I n'est-ce pas de voir la statistique s'emparer des maladies soumises à un iraite- I ment quelconque, pour en déduire d'une manière absolue l'efficacité du remède, et dire : sur tant de fièvres typhoïdes, tant de pneumonies, tant de pleuré- I sies, eic, traitées de celle manière, nous avons réussi dans la proportion des I deux tiers ou des trois quarts; donc cette médication est la meilleure.
Celte conclusion est fausse, car dans ces relevés il n'y a pas deux individus semblables par leur âge, par le tempérament, le sang et la constitution, par l'hérédité, par les maladies antérieures, par l'étendue du mal et par son siège, par la nature intime des produits morbides, par la réaction dynamique, etc. On a donc compté des maladies difl'érentes, comme des unités de même nature, ce qui est une faute de raison et d'arithmétique à la fois. Jamais un médecin ne rencontre deux maladies semblables, parfaitement identiques, pour dire une pleurésie et une pleurésie font deux pleurésies. S'il veut être sincère, il n'y verra que des choses dissemblables impossibles à additionner.
Sauf un très-petit nombre de cas, relatifs à l'application de remèdes spécifiques, la sialistique thérapeutique est fausse, mensongère et dangereuse, car elle substitue, au moyen de l'autorité des chiffres, une formule thérapeutique brute à la détermination raisonnée, essentiellement variable du médecin, dirigée par des indications variables et mobiles. La statistique appliquée à la médecine est une excellente chose, mais il ne faut s'en servir que pour la détermination hiérarchique des symptômes et la constitution du diagnostic. Alors elle peut rendre de véritables services.
Il faut donc, vis-à-vis d'une maladie quelconque, s'occuper de ce qu'on appelait jadis le support, c'est-à-dire \emalade. Si le support est vermoulu, ce qui repose sur lui riH([ue fort de se briser. Quand la constitution ne vaut rien pour un motif ou pour un autre, il n'y a pas de résistance vitale ; les maladies ont une gravité toute particulière, et il y a, vis-à-vis d'elles, des indications à remplir qu'on ne saurait impunément négliger. Ainsi, quand une pneumonie
^ÇiO PA'IHOI.OGIE GÊNftRALE.
arrive après la rougeole, fièvre que laisse après elle une disposilion à la gangrène de la vulve et des parties g^'nilales, on a la liiberculose des poumons, le danger est plus grand que dans une pneumonie sim|)k'. De même dans une gangrène spontanée chez un vieillard, elle est moins grave que si elle se produit chez un sujet dont la constitution est détériorée par le diabète,
I. Age. — L'âge des malades, principalement le premier âge el la vieillesse, commandent une réserve très-grande dans la thérapeutique, lorsqu'il existe une maladie aiguë contre laquelle il faut recourir à des moyens énergiques. Dans les maladies aiguës inflammatoires des jeunes enfants, la saignée est impraticable el les émissions sanguines par les sangsues sont quelquefois dangereuses, à cause de l'épuisement et de l'anémie qu'elle amène trop souvent à leur suite. Il ne faut les employer qu'avec circonspection dans les cas graves, afin de ne pas courir les chances d'accidents plus sérieux que ceux de l'état morbide à détruire.
Dans la pneumonie et dans la bronchite principalement, après la rougeole, les vomitifs répétés remplissent une indication qui n'existe pas chez l'adulte, celle de faciliter l'expulsion des mucosités bronchiques, et d'évacuer la desquamation épithéliale des bronches qui, selon moi, en sa qualité de corps étranger, sert de point de départ aux tubercules pulmonaires.
A cet âge encore il importe de nourrir légèrement les enfants dans leurs maladies, et d'augmenter l'alimentation le plus tôt possible dans la convalescence, car l'organisme, envoie d'accroissement, supporte moins bien la diète que l'organisme d'un être adulte.
Chez les vieillards, dont les maladies aiguës prennent très-rapidement le caractère advnamique, il faut de même être très- réservé dans l'emploi des « médications antiphlogistique ou débilitante, et ne pas prescrire une dièle trop rigoureuse. Le bouillon coupé, l'eau rougie et les toniques, trouvent chez eux leur application rationnelle el motivée par une indication fondamentale.
IL Sexe. — Le sexe n'est pas, d'une manière absolue, la source d'indications H thérapeutiques particulières; cependant l'homme, en raison de sa force généralement plus grande, peut être soumis à une médication plus énergique que la . femme. Chez celle-ci, au contraire, il faut toujours compter avec l'utérus et ses ^ fonctions, avec la susceptibilité nerveuse, avec la faiblesse, la chloro-anémie, etc. Ainsi les femmes présentent moins souvent que l'homme l'indication de la saignée en raison de la fausse pléthore, qui leur est si commune. La saignée est . même conirc-indiquée-chez plusieurs d'entre elles, à cause des accidents ner- ■ veux momentanés qu'elle entraîne à sa suite. Je citerai à cette occasion ' l'exemple d'une dame qui ne pouvait être saignée sans tomber en faiblesse, et sans offrir, pendant plus ou moins longtemps, une toux nerveuse hysttrique qui ne cédait qu'aux petits vésicatoires morphinés. •
La plus importante de toutes les questions que soulève la participation mi sexe aux indications thérapeutiques est celle-ci : une femme qui a '''^S'^ ' qui tombe malade doit-elle être soumise à un ti ailement semblable à celui rt u autre femme de môme force et de même consiitution, affectée d'une maïaa semblables? L'indication est-elle d'agir, ou au contraire d'attencke la cessation