DES INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES
dû flm menslruel pour commencer le iraitemeiit? L'expérience de tous a prononcé Dans les cas ordinaires, et lorsque la maladie, quelle que soit sa nature, est peu intense, s'il n'y a pas indication formelle d'agir, il faut attendre, en prescrivant l'usage de moyens peu actifs, que la (in des règles soit arrivée. Souvent; lorsque la maladie aiguë est modérée, ce Ilux de sang suffit pour la fau-e d.s^ paraître ou pour donner le temps h la nature de l'enlever avant l'intervention de l'art. Quand, au contraire, il s'agit d'une phlegmasie aiguë grave, intense comme une pneumonie, un rhumatisme, ou d'une fièvre continue, typhoïde ou autre, il n.î faut pas se préoccuper de la fonction menstruelle, et rester inactif, si l'on croit devoir employer la saignée, l'émétique ou tout autre remède un peu énergique. Ce n'est pas quand la maison brûle qu'il faut élever des questions de pré^ séance, pour savoir dans quel ordre Qn en doit sortir. Que le plus rapproché de la porte s'échappe le premier. Il doit en être de même en médecine, loi'sque la vie est compromise par une maladie survenant avec l'apparition des règles. Si l'indication formelle est de saigner, il faut la remplir en courant le risque d'une suppression menstruelle. Le médecin doit courir au plus pressé et ne prendre conseil que de la nécessité présente.
J'en dirai autant de l'élat de grossesse, qui doit être l'indication de différer l'usage de moyens énergiques dans les cas ordinaires et sans gravité, mais qui ne doit pas arrêter ladélermination du médecin lorsque le mal, de sa nature et dans son expression, est assez violent pour compromettre la vie.
m. Constitution. — La constitution forte ou faible du malade est, pour le médecin, une indication d'être résolu ou réservé dans l'emploi des remèdes thé--' rapeutiques, de manière à proportionner son intervention à la force des sujets. Il en est de même du tempérament. Cependant ici on trouve des indications plu^ particulières à remplir. Chez les personnes d'un tempérament sanguin prononcé, qui donne toujours à leurs maladies une forme inflammatoire évidente, l'indication est de recourir, soit à la saignée, soit à des émissions sanguines locales. Au contraire, chez des sujets nerveux ou bilieux qui offrent, à l'occasion de toutes leurs incommodités ou maladies, un état d'éréthisme spécial, ou un embarras gastrique plus ou inoins prononcé, l'indication est de les calmer par d,es bains, des sédatifs, des antispasmodiques ou par des vomitifs et des purgatifs.
IV. Hérédité. — L'influence morbide héréditaire est assez peu en honneur au temps oii nous sommes. On mêle son sang à un autre, aussi facilement qu'on donne une poignée de main, par intérêt ou par amitié. Qu'en résulte-t-il? Une génération nouvelle, ayant en fait le sang paternel ou maternel, et, avec lui, en puissance dans le nouvel être, les maladies de ses procréateurs. Il en résulte, pour le médecin, la nécessité rigoureuse de connaître la filiation de ceux auxquels il donne des soins; car, dans cette recherche, il trouve des indications importantes pour ses déterminations ultérieures.
L'étude généalogique du sang, c'est-à-dire de l'influence morbide héréditaire, est impossible dans les hôpitaux, et l'analyse par la balance ou par le creuset ne peut rien j)our la faire comiaître. Les renseignements qu'on y ramasse sont trop indirects et viennent d'intelligences trop peu éclairées pour avoir une impor-
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lanco réelle. Jamais on n'y fera un travail sérieux sur les maladies héréditaires. C'est dans la ville, et lorsqu'on est depuis longtemps l'ami et le médecin d'une famille, que, sans enquête officielle et par la fréquentation quotidienne, dans les confidences spontanées, par l'observation des maladies ou des infirmités de ceux qui meurent et de ceux qui naissent, que l'on arrive à découvrir par soi-même, sous le voile dont chacun couvre sa pauvre nature, les vices transmis parle sang et les misères physiques ou morales qui s'y rattachent. Alors on trouve dans le passé des familles une lumière pour le présent et pour l'avenir. Dès le début d'une maladie dont chacun ignore la nature, on sait à quoi s'en tenir sur ce point, et il n'y a plus qu'à remplir l'indication qui en résulte. — L'existence de la syphilis chez le père ou chez la mère est une indication pour administrer aux enfants atteints de maladies cutanées douteuses une préparation mercurielle ou iodurée. Le scrofulisme des parents est une indication de combattre avec plus de soin, par les moyens locaux ou généraux, les alîections aiguës des bronches ou de l'intestin, afin d'y éviter la formation des tubercules. Le rhumatisme, le podagrisme et toutes les maladies héréditaires, sont autant d'indications thérapeutiques importantes pour éclairer la nature d'une maladie chez les descendants, et pour fixer l'emploi de la thérapeutique.
Non-seulement la généalogie morbide est utile pour conduire à l'indication thérapeutique, mais elle a encore l'avantage de faire connaître ce qu'on peut attendre de l'efficacité des remèdes qu'on emploie. Si l'on doit espérer un résultat favorable des moyens généraux toniques ou spécifiques contre une maladie dont le germe n'existe qu'à un faible degré chez les parents, que sera-ce si ce germe existe, au contraire, chez les deux ascendants directs et dans les générations précédentes? Ainsi je donne des soins à un monsieur, affecté d'eczéma et de blépharitc ciliaire chronique très-intense, dont le fils a les yeux rouges par suite d'une blépharite ciliaire, et dont le père et le grand-père ont eu la même affection sur la peau et au bord des paupières. Que peut la médecine contre de pareilles infirmités, datant de quatre générations connues, et probablement aussi des générations antérieures? Évidemment rien autre cho.se que d'adoucir le sort des malades, car toute guérison radicale est impossible. Les croisements successifs avec une race différente pourraient seuls enlever ce que des unions fâcheuses ont fuit venir.
V. Maladies antérieures. — Les maladies antérieures du malade constituent souvent des indications esseniielles à la thérapeutique; elles peuvent avoir un rapport direct avec la maladie actuelle, soit comme répétition du même acte morbide, soit comme transformation et métamorphose du mal, soit enfin comme indice de la santé générale de l'individu.
Il faut donc étudier avec soin le passé des personnes auxquelles on est appelé à donner des soins. De cette connaissance résultent des indications très-importantes.
La régularité, l'abondance ou la suppression des règles chez une femme malade, indiquent au médecin soit la saignée, soit les toniques et les préparations ferrugineuse.'^; la saignée si, par suite d'une brusque cessation, il y a congestion