DES MOYENS THÉRAPEUTIQUES
L'étude de la nature médicatiHce, en montrant au médecin la part qui lui est faite dans les soins qu'il peut donner à un malade, le laisse, vis-à-vis de la maladie, maître de choisir ses moyens thérapeutiques, selon les indications qui se présentent.— D'après la nature AqV indiquant varie l'indiqué, c'est-à-dire le remède ou les remèdes dont il faut faire usage.
Impression et réaction, ai-je dit en parlant du mode d'action des causes morbifiques, voilà la clef de la pathogénie : c'est également celle de la tliérapeulique. En effet, tous les moyens qu'on emploie n'ont d'autre but que do favoriser la réaction de la nature, soit en écartant ce qui peut nuire, soit en provo- (piant des mipressions curatives. -L'ablation d'une tumeur maligne enlève 1 effet d'une mipression morbifique devenue cause à sou tour, et de la réaction
(1) Kayniorul, Traité da maladies qu'il C6t dangovoux de guérir, Paris, 181G.
B. — PATIIOL. UÉN. '
produite dans les tissus divisés résulte une cicatrisation plus ou moins rapide. -Un appareil de fracture, rapprochant les deux extrémités de l'os, produit sur elles une impression de calme, de repos et d'immobilité, (lui permet à la réaction naturelle de s'accomplir sans obstacle et d'amener la consolidation des fragments osseux. Un emplâtre vésicant produit h la fois une impression locale et une impression générale réllexe qui se transforment en réaction salutaire propre à la disparition des maladies. Chacun sait les elïets de l'iode, du mercure, de la quinine dans l'économie, et leur impression transformée amène des réactions salutaires incontestées. Je citerai enfm, dans les ophthalmies, 1 action des collyres de nitrate d'argent qui substitue les résultats de son impression curative aux effets antérieurs d'une impression morbifique, et qui guérit rapidement un mal menaçant par sa durée et sa gravité peut-être, dans les cas d'ophthalmie purulente. - Tous ces exemples, et bien d'autres, justifient ce que je viens de du e : nue la thérapeutique et ses agents n'ont d'autre but que de détruire les eflets des impressions morbifiques par des impressions curatives, directes ou réflexes,
de nature opposée. . . ,
Les moyens thérapeutiques se composent de tout ce qui peut servir au soula-
sptnent et à la suérison des maladies.
'T o„t très-variés et leur «ombre est très- considérable. Tout, dans le monde, a été, est ou deviendra un moyen thérapeutique. Les mtluences mo- 7Z es influences physiques de toute provenance, ont été m.ses a contnbua il n'est pas de chlse, même abjecte, qui n'ait été conseillée comme
Tr™yens"tmme l'a dit Celse. sont de trois ordres : ky.iéràç.. ou <Uét^ JZ Zu gkau. .tpkannaceu,i,ue. Les premiers se composen de .0»^ 'matière de 'hygiène appliquée cette fois au '^^"^^^^^ ^^^^^^^^^ antres sont constitués par l'intervention de la mmn et des choses manuelles ™eus pharmaceutiques enfu. comprennent tous les objets de la matie e S la manière de les employer, et le, principes qu, do.vent dn-,ger le
difl^rl" ont une action rendue .rés-variab.e par Vimr^smW, orga!^qUet très-variée suivant leur nature et ce qu'on se propose dans leu,
'Ty 'en a dont l'action es, locale. Umitée au point même du corps où ils on. éié aLLués exemples : un sinapisme, une ventouse, no emplâtre snb.é, 1 ur i^aZn et D' u„ au contraire, agissent d'une manière généra e, exerapk . i s ateîis qui diminuent la plasticité du sang. Les uns. essenfcUement don , Z Te minent que des impressions latentes ou agréables, comme ,>eot-et,c
u tTn nur ou du réRitnei les autres, violents, actifs et perturbateurs. * ' J e 1 1 dorureu^e. exemples : les purgati. drastiques, les v.-
,Tt es oTsons etc II en est dont l'impression est toute pbys,que. comme on a r;:; tl'eau froide ou de l'air »™pnmé; chimique, ^ qn. ^ démon ré par faction des cautères, des alcalis à l'unéneur ««^^ j "^^^^^^^^ cZ lorsque. =W»'''""=' " """"
OES MOVliNS 1 UÉllAPliUTlQUliS. hO'i
ciables, exemples : les convulsions produites par la strychnine, la paralysie occasionnée par le chloroforme, etc. Le plus grand nombre laisse le corps dans son état d'intégrité, mais quelques-uns eu allèrent la structure ou en détruisent une partie; c'est la conséquence ordinaire des moyens chirurgicaux.
Leur action physique et chimique est assez constante; il n'en est pas de môme de leur action dynamique, curadve, et des phénomènes réflexes qu'ils produisent. Tel moyen ordinairement employé chez l'adulte, à une dose moyenne etsuflisante pour produire l'anesthésie, le délire, la rétention d'urine, le vomissement ou l'expurgation, ne produit rien de semblable chez un autre. Ou ce? moyens ne produisent aucun ellet^ ou bien, ce qui est plus terrible, ils dépassent le but et amènent des accidents formidables. Ainsi, on a vu le chloroforme produire instantanément la mort à une dose si minime, qu'elle n'eût rien produit chez une autre personne. — J'ai observé une femme que 5 centigrammes d'extrait de belladone ont rendue folle pendant vingt-quatre heures; et, par opposition, je puis citer l'exemple d'une jeune fille, affectée d'incontinence nocturne des urines, qui par degrés arriva à en prendre 1 gramme 50 centigrammes tous les jours, sans éprouver aucun autre phénomène que la dilatation des pupilles et la sécheresse de la gorge. — Les cantharides amènent sur l'un une rétention d'urine qu'elles ne produisent pas chez un autre. — Le tartre stibié, qu'on peut prendre à des doses considérables, quelquefois sans danger ni évacuation, provoque chez quelques personnes des déjections si abondantes, que la mort eu est la conséquence. Tout cela dépend de la susceptibilité des individus, de leur idiosyncrasie et de leur impressibilité. Chacun ressent à sa manière l'action des médicaments, et qui oublie ce principe s'expose aux plus graves dangers. On doit toujours débuter dans l'emploi des remèdes par des doses inférieures à la moyenne de la tolérance organique, pour s'élever graduellement à la quantité qu'on veut faire prendre aux malades.
Quant à l'action des moyens thérapeutiques d'après leur nature propre, traduite par un effet physiologique ou curatif, c'est là l'étude la plus intéressante et la plus utile aux progrès de la médecine pratique. Elle permet de classer d'une manière générale tous les agents de la nature employés par le médecin, et chacun, selon ses besoins, trouve aussitôt dans cette classification ce qui est nécessaire à l'accomplissement des indications fournies par le malade. Elle conduit tout naturellement à ce qu'on appelle une médication.
Chacun le sait, l'emploi des moyens thérapeutiques ne se fait pas au hasard ; c'est l'indication qui ordonne d'y recourir. On veut remplir un but qui sera,' par exemple, de corroborer ou de spoUer le sang, de purger ou de resserrer l'intestin, etc., et l'on donne en conséquence des remèdes doués d'une propriété tonique, antiphlogislique, purgative, astringente, etc. Obéir ainsi à une indication formelle, par la mise en oeuvre d'un ou de plusieurs moyens thérapeutiques, c'est instituer une médication.
Autant d'effets physiologiques ou curatifs principaux produits par les a-enis hygiéniques ou pharmaceutiques, autant de médications spéciales importantes à connaître. Elles sont plus ou moins nombreuses, selon les différents auleuiv
^^^j PATHOLOGIE GÉNÉRALE.
selon les systèmes el les théories du moment; mais à part quelques couteslaons il en est un grand nombre sur l'existence des(iuelles on est parfaitement d'^rd'^'ienarai avec détails à l'occasion des agents pharmaceutiques.
ARTICLE PREMIER