‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologieChapitre 121 sur 439 · DES MOYENS HYGIÉNIQUES OU DIÉTÉTIQUES · texte numérisé non relu

DES MOYENS HYGIÉNIQUES OU DIÉTÉTIQUES

ce aui conserve la santé peut la rétablir, et l'observance rigoureuse des pré-

d éloigner ces '"P^^^J^ j ^ constamment malade dans un

PO^^ «er au mi., et sa bronchite

disparaît ; voilà l'effet d'un moyen hygiéiaïque.

De toute antiquité, ces moyens ont été apprec. s a leu l^st^^^^^^ dérés par tous les médecins comme étant de la plus hau ^^^^^'^:'Xn. crate, Galien et leurs successeurs les ont ^-^o- Plaç|^^ - ont le traitement des maladies, et il n'en pouvait être ^^^^^^Tnat^,^,^ v^dicc. jeté les bases de la science et qui ont proclamé le P^^^'P f ^^JJ, iice devaient, par cela même, attendre -^^f ^'Z/;; « Après

active, et placer leurs malades dans les condUiom 1 P "^J Jj,, avoir vu que la plupart des maladies guérissaient pai le «P««' .^^i^ Lins, Jl moyens sont devenus la base de leur ^^^^^'^Z^.,

qu'en présence d'une indication f-^^'^^" ^ ^"J/^^^en s'ench^^^ indication curative et ageiUpharmaceutique, tom e a e U un ordre logique admirable. En effet, connaissant 1^;^^^;^ loi,, d'unemaladie, on nelui opposait que des moyens h g»

qu'on avait a redouter quelque chose, et quand le ''^ ^Zlni^^^^^^ Lin d'assistance, c'est aux ^^^^^Z^^^^^^^^ s'adressait de préférence. Dans ce cas mem "^""'"^^À^^ ind spensable. niques venaient encore prendre place h cote d eux a titie d auxihaiie

I 4e, . „ B,o la .liététiquo de. .nnlndîos nignë^..

I, diélftlquo des maladies chroniques. Les f est indi.,K..^

,„„ica,>les dans cas ne ,c ^-^^^^^^^^Z -'es maladi». A saWc de savoir les vaner suivant la " ° ,';' ■,„<, rf^s «>'"■""»* cette question se ratucho ce qu'o,, =W ° '4» ;„r,.ouvenl les principes m.lmL aiguc,. - C'est encore dans H.ppoctate que

DE r.A DIÉTÉTIQUE DES MALADIES AIRUES. ^|05

les plus coinpleis qui aient jamais été fomnilés sur celte matière, et ce qui nous reste de lui est certainement ce qu'il y a de plus utile à connaître. Il sulïit de lire les pages qu'il a consacrées à ce sujet (1) pour apprécier l'importance qu'il ippocrate accordait h l'hygiène dans le traitement des maladies aiguës. 11 ne voulait pas qu'on fit aucune thérapeutique active au début des maladies, à cause de Vhumeur intempérée dont il ftillait attendre le mouvement, et il n'agissait qu'à certains jours, considérés par lui comme indicaleurs en raison du développement des phénomènes critiques. C'est en cherchant à deviner la crise, qu'il s'appliquait h en diriger l'explosion. Quo natura vergit, eo ducendum. Tout l'esprit de la médecine d'Hippocrate est dans ce précepte.

Après avoir établi en divers endroits que la privation de nourriture est aussi nuisible que son excès, et que la rigueur du médecin ne réussit qu'à compromettre sa réputation et l'avenir des malades, il ajoute : « Si un autre médecin, ou même un homme étranger à la médecine, venant auprès du malade et apprenant ce gui s'est passé, recommande de boire et de manger ce que le médecin ordinaire aura défendu, il paraîtra avoir procuré un soulagement manifeste. Ce sont surtout ces cas qui, dans le public, font honte aux praticiens; car il semble que le nouveau venu, médecin ou étranger à la médecine, a, pour ainsi dire, ressuscité un mort (2). » Comme cela est vrai! Ne dirait-on pas que ces paroles sont écrites d'hier, tant les applications en sont nombreuses? Chaque jour, l'abstinence et une médecine trop active réduisent au marasme des malades qui se raniment et guérissent quelquefois sous l'induence de moyens contraires. C'est là, pour le dire en passant, la raison du succès des homœopathes ou des charlatans, dont le système consiste à simuler l'emploi de drogues mensongères ou à nourrir les malades confiés à leurs soins après avoir été exténués par d'autres médecins.

Voici maintenant quelques aphorismes d'Hippocrate sur ce sujet :

l\. Une diète tenue et stricte est toujours, dangereuse dans les maladies longues et, parmi les maladies aiguës, dans celles qui ne s'en accommodent pas. D'un autre côté, la diète, poussée jusqu'à la dernière limite de l'atténuation, est pénible, car les réparations à l'extrême limite sont pénibles,

5. Dans une diète tenue, les malades commettent des écarts, et ils en souffrent davantage ; car tout écart, quel qu'il soit, est proportionnellement plus grand que dans les diètes un peu plus nourrissantes. Aussi, même en état de santé, les diètes très-tenues, réglées et strictes, sont peu sûres, parce qu'on supporte les écarts ave-c plus de peine. Donc, en général, les diètes tenues et strictes sont moins sûres que les diètes un peu plus nourrissantes.

7. Quand la maladie est très-aiguë, aussitôt elle offre les souffrances extrêmes et aussitôt il est urgent de prescrire l'exlrême diète; s'il n'en est nas ams., mais qu'il soit loisible d'alimenter plus copieusement, on se relâchera de

Ilippocrnle, Du régim. dans les maladies aiguë,, et appendice [Œuvres, Irn.l. (2) llippocratc, OEuvres, trad. I.iUrù, t. Il, p. .SJ.

jr,Q,5 pmior.ooiK OfiNÉlUt-K.

la s6véril^^ du régime, (Vaut.iut plus que la maladie s'éloignera davantage de

l'extrémité. , , , , , .

8. Quand la maladie est dans toute sa force, la diète la plus sévère est alors

de rigueur. , , • •

9 II faut examiner le malade pour estimer s'il supportera le régmie jusqu au plus haut période de la maladie, et laquelle des deux alternatives arrivera, ou ■ <iue le malade s'affaiblisse le premier e^ ne swpporle pas le régime, ou que la maladie cède la première et s'amortisse.

10 Quand donc la maladie arrive tout d'abord h son mum, on prèscrira tout d'abord aussi un régime tenu; quand ce moment tarde davantage, il faut à l'époque du summum, et un peu avant cette époque, retrancher de a nouniture; a.paravaflt, l'aUmeutalion sera plus abondante, afin que le malade

"""iT iTlaut^suspendre les aliments pendant les redoublements, car en donner est nuisible : en général, pendant les accès de toutes les affections qui ont des retours périodiques, il faut suspendre les alimenis.

13 Les vieillards supportent le plusaisément lejeûne, puis les hommes faits, et ensuite les jeunes gens; les enfants le supportent le plus difficilement, surlont ceux aui ont le plus de vivacité.

16 Les régimes l^umides conviennent à tous les fébricitauts, surtout aux enfants et à ceux qui sont habitués à un tel genre d'alimentation.

1 I faut considérer à qui il convient de donner de la -urriture une ou deux fois par jour, en plus grande quantité, en moins grande quantité et pa. peL porUonS : on doit accord- quelque chose à l'habitude, à la saison, au pays et à l'âge.

I Alimentation. - Ce qu'Hippocale donnait ans malades, dans le coni-s des mM d"es Les. c'était une boisson et nne bouillie féculentes dés.gnees sous S dt p"l. et distinctes de ce qu'on désigne aujourd'hu. sous le nom

T npn nrès semblable de tisane. , 'Z^Ze était nne prépantion faite avec de l'otge gouflée ™s eau s^rhée au soleil battue pour en chasser l'écorce et redune en fanne. On en fàbriquairanssi avec lu (rotnent, du riz, des lentilles, tnats le tnotpt.sane.

enns pnithète s'appliquait à la ptisane d'orge.

nouva'it ni Is ou moins épaisse, mais on la faisait prendre dau.ant pl antérieure du malade de faire deux ou '™-7"»' ?'',f '^^ * ^^^^^

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DK LA DIÉTÉTIQUli DES MALADIFS AIGUIîS. ^|07

Tous ces préceptes sont excellents à mettre en pratique aujourd'hui, et, sauf la période la plus grave des maladies aiguës, il est toujours bon de donner aux malades des boissons féculentes, de l'eau panée, des bouillons légers, des gelées de viande, etc. Vient un moment, au commencement de la période de déclin, où ce régime est indispensable, car pour les malades dont le pouls reste fréquent malgré l'amélioration de l'état général et local, c'est le seul moyen de les guérir. En vingt-quatre henrcs, sous l'induence de l'alimentation, le pouls revient quelquefois à son état naturel. Soutenir les forces dans le cours des maladies aiguës et nourrir promptemeut les malades à la convalescence, voilà le principe thérapeutique à l'aide duquel on peut avoir beaucoup de succès et peu de revers.

Les boissons doivent être abondantes, en cas de réaction fébrile intense, pour atténuer la sécheresse de la peau, faciliter la température cutanée et la sécrétion urlnaire. Autrefois on donnait principalement l'hydromel, c'est-à-dire l'eau miellée, de l'oxymel, formé d'eau miellée additionnée de vinaigre, de l'eau d'orge; mais aujourd'hui le nombre des boissons est infmiraent plus considérable. Selon le goût des malades et d'après la nécessité, on fait dissoudre dans l'eau différents principes mucilagineux, gommeux, sucrés, doués de qualités nutritives très-réelles, des principes amers, astringents, aromatiques, calmants, etc. , qui remplissent des indications réelles, infiniment utiles.

Il faut quelquefois donner aux malades du vin étendu d'eau, principalement à ceux qui en ont l'habitude et dans toutes les maladies aiguës adynamiques. J'ai vu bien souvent des pneumonies hypostatiques, c'est-à-dire des congestions pulmonaires, disparaître plus vite sous l'influence du bouillon et du vin qu'elles n'eussent fait par les saignées ou d'autres moyens énergiques. C'est là un fait consacré par l'expérience et sur lequel on trouve, dans Hippocrate, différentes considérations qui ne manquent pas d'intérêt.

« Le vin doux cause moins de pesanteur de tête et porte moins au cerveau que le vin fort, et il dispose un peu plus aux évacuations alvines... Il est moins diurétique que le vin blanc fort, mais il facilite davantage l'expectoration. Le vin blanc fort passe plus facilement dans la vessie; étant diurétique et apéritif, il pourra toujours être utile dans les maladies aiguës... Quant aux vins rouges et paillets, astringents, les maladies aiguës en permettent l'usage dans les circonstances suivantes : s'il n'y a ni pesanteur de tête, ni transport au cerveau, ni arrêt de l'expectoration, ni suppression de l'urine, et que les selles soient trop fluides, trop abondantes et qu'elles contiennent comme des lavures de chair ; c'est dans ce cas et dans les cas analogues qu'il conviendrait surtout d'abandonner le vin blanc pour celui dont il est ici question. Il faut savoir, au reste, que les vins astringents nuiront d'autant moins à tontes les parties supérieures et aux voies urinaircs qu'ils seront plus coupés d'eau, et qu'ils feront d'autant plus de bien à l'intestin qu'ils sont plus purs (1). >.

Quelquespersonnespensentque les boissons agissent surtout par l'eau qu'elles

(1) Hippocrate, Œuvres, trad. Littré, t. II, p. 337,

^Q8 PATTIOLOOIE CftlSfiRALC.

renferment Cela n'est pas exact. L'eau a moins d'action que tous les autres breuva-es, du moment qu'on en use uniquement, et ce serait un mauvais système que d'en faire usage sans lui connnuni(iuer des propriétés nutritives ou

médicamenteuses utiles. , . i . .

La liberté du ventre doit être entretenue avec le plus grand soin dans toute ■ la durée des maladies, et s'il y a de la constipation il faut recourir l'emploi de lavements émollients ou purgatifs.

Dans les maladies chroniques, les boissons sont moins nécessaires que dans les maladies aiguës. Alors, comme l'a déjà signalé Ilippocrate. on n a qu à se louer de l'usage du lait, et surtout du petit-lait.

II Habitation. — Les malades doivent être placés dans un local assez vaste pour iouir d'un air pur suffisamment renouvelé, sans être exposés à une ventilation directe ou indirecte dangereuse. Cependant il vaudrait encore mieux s^bir ce dernier inconvénient que celui d'un séjour dans une chambre trop rétréc.e. L'absence d'air, l'atmosphère viciée par la respiration humaine et par des miasmes, sont les causes les plus certaines de la terminaison fâcheuse des maladies Si la mortalité des hôpitaux et des camps est plus grande que celle des villes si celle de la ville est plus grande que celle des campagnes, cela tient uniquement à l'influence de l'insalubrité de l'air et à son altération par des miasmes qd a utent beaucoup à la fréquence et à la gravité des maladies. Les appart int des malades, comme les salles d'un hôpital, doivent être vastes, perces de nombreuses ouvertures et garnis d'appareils de chauffage ^'^^^^^^^ sants pour y entretenir la température et la pureté convenables En ete, des n e. s d'abri doivent être préparés pour empêcher la chaleur de devenir incon - Todret l'on peut arroser le sol pour répandre de la fraîcheur dans 1 atmos-

^'^'m Coucher - Le lit est une chose importante pour le malade, mais à part de circonstances particulières, notre lit habituel doit suffire. Dans certains cas, non es b "és qu'on ne peut remuer facilement, pour les malades affaiblis qui : dÏ^uatii fréquLs ou des eschares ^r les Pa^Hes sa 'a^^^ es u ^

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îlct de manière h soulever le malade et 'a permettre de passer au-dessous de lui des linges ou les vases nécessaires. ^^.^^^^ IV. Mouvement et exercice. — l^^^ malades auein b

lever «n ' J,;;; 7 ^^"eoraman^^ d'ui.c manière spéciale pour

t^CZZ:tL sur ... co., .an.6, sur i'a.re. Ces, .0 .«yen

(„ V.,. E. B..chu. et Dospr«s. ««,-.»ai™ * " Ia'X 18»'- S'»"

DK r.A niÉTÉTIQUE DKS MALADir.S ATfiUl'S. ^lO'j

(l'éviter les congestions passives. Chez les enfants il n'est aucune maladie qui empêche de les sortir du lit pour les prendre dans les bras et pour les promener dans la chambre, en les tenant bien enveloppés. Dans les maladies chroniques fébriles, on peut permettre la promenade en voiture, en litière ou à pied, selon la mesure des forces. Il est toujours nuisible de condannier ces malades au repos.

V. Sommeil. — Le sommeil des maladies aiguës est une chose tellement rare, et par conséquent si précieuse, qu'il faut le respecter avec scrupule. Il n'y a pas h l'interrompre sous aucun prétexte, pas même pour faire prendre les remèdes opposés à la maladie, à moins que par sa durée il n'offre un caractère inquiétant, ou qu'il ne soit l'indication de recourir l\ des moyens particuliers. Dans ce cas ce n'est plus du sommeil, c'est un état comateux qui doit être interrompu par des moyens stimulants révulsifs.

VI. Propreté. — On s'effraye quelquefois à tort des soins de propreté \\ donner aux malades. Il ne devrait cependant exister aucune crainte à cet égard. La barbe, les cheveux, la bouche, les mains, doivent être entretenus chez un malade comme chez une personne en bonne santé, h moins que l'affaiblissement des forces ne s'y oppose et que les malades s'y refusent. Mais c'est une permission qu'on peut accorder à qui la demande. Il en est de même du linge de corps, qu'il ne faut pas laisser trop longtemps sur les malades, et qu'on peut changer avec précaution en ayant soin de le chauffer et de le pétrir sous les mains pour en faire disparaître la dureté. Un malade affecté de fièvre éruptive et un malade qui transpire peuvent ainsi changer de linge sans inconvénient, lorsqu'on s'y prend de façon à éviter l'impression du froid. Les bains ne doivent pas être défendus, au contraire, chez les personnes qui en ont l'habitude ; ce moyen affaiblit la fièvre et pousse la maladie vers une terminaison favorable. Tous ceux qui ont la force de les supporter s'en trouvent bien.

YIl. Impressions morales. — Les malades doivent enfin être maintenus à l'abri des impressions désagréables ou douloureuses qui agissent profondément sur les sens. Autour d'eux, point de bruit, point de vive lumière, point d'odeurs fortes de nature à agir sympathiquement sur le cerveau. Point de longues conversations, de préoccupations d'affaires ni de travail intellectuel susceptible de fatiguer la pensée; aucune forte émotion de nature à bouleverser la sensibilité, sous peine de voir se produire un redoublement fébrile, l'aggravation des symptômes locaux et peut- être la mort.

• En abordant un malade, le médecin, toujours plein d'affabilité, doit déterminer avec exactitude l'étendue des désordres locaux, sans négliger d'approfondir les troubles de l'état général et moral. La bienveillance et la bonté ne lui sont pas moins nécessaires que la science. Il doit écouter les malades avec attention, afin de pouvoir profiter de tous leurs renseignements, et lors même qu'il y a dans ces commémoratifs des choses évidemment erronées, son devoir est de discuter sérieusement, avec patience et sans raillerie.

Une fois l'examen terminé et le diagnostic établi, le médecin doit annoncer, en termes* mesurés, la nature du mal dont il a reconnu l'exislence, afin de

/l10 PATHOLOGIE GÉNÉRAI-K.

ne pas impressionner le patient d'une manière fâcheuse. Celte précaution est indispensable lorsqu'on a aiïairo à uae de ces maladies graves dont le danger est bien connu des gens du monde, et dont le nom est un effroi pour la société. Le choléra, la fièvre typhoïde, etc. , sont des affections dont le nom ne doit jamais être prononcé devant les malades. On ne doit cette confidence qu'aux plus proches parents, et encore lorsqu'ils sont en état de l'entendre. \ Sans déguiser complètement la vérité sur l'issue probable des maladies, le médecin ne doit jamais attrister un malade par l'expression trop i)eu mesurée d'un pronostic défavorable. — Ceux mêmes qui sollicitent le plus pour savoir 1^1 vérité se trompent souvent eux-mêiTies sur leur force dTime et s'irritent de çc qu'on leur a dit. Ou ils n'y croient pas, et le médecin perd leur confiance, ou ils sont moralement anéantis par ce qu'on leur a fait connaître. Dans l'un et l'autre cas, cet excès de franchise est nuisible. Il y a peu d'hommes capables d'entendre les vérités de cette espèce. Cependant il y a des circonstances dans lesquelles on pe peut se dispenser de répondre : c'est lorsque celui qui interroge veut connaître la gravité de son état pour accompUr des devoirs religieux pu certaines dispositions temporelles. Alovs je n'hésite pas à répondre : « Oui, .) votre état est grave, et bien qu'il n'y ait pas lieu de craindre pour la vie, il faut » fah-e ce qu'un homme sage et un chrétien doivent faire de sang-froid, en par- )) faite santé et sans y être contraint par la maladie; il faut régler sa fortune >, et sa conscience selon ses affections et d'après sa foi. (Je sont des choses qu'on doit faire souvent, dans la crainte d'être surpris par la mort. De cette façon, le médecin forcé de répondre au malade lui laisse entrevoir le danger qu'il y a de retarder ce dont il parle, sans l'accabler d'un aveu anticipé qu'un apôtre du catholicisme a seul mission de faire.

Mais si le médecin doit écarter de ses malades toute impression morale susceptible d'aggraver leur état, c'est 'un Revoir pour lui d'employer celles dont l'influence est salutaire. 11 y a des impressions morales curatives comme il y o des impressions morales morbifiques, et ce qu'on appelle le traitement moral est, à mes yeux, une des plus grandes ressources de la médecine. C'est là qiie brille et réussit le médecin vraiment convaincu de l'utilité de son art, lorsqu'il a foi dans les remèdes qu'il ordonne. Combien de maladies morales ou physiques que des influences moraies ont fait disparaître !- Heureux, mille fois heureux le médecin doué de cette puissance. Un mot de lui, un regard, le moindre attouchement, suffisent quelquefois pour opérer des prodiges. Il sail inspirer la confiance, et pour l'homme qui souffre, il n'est pas de disposition plus favorable. La foi se communique aux malades, et c'est ainsi que des maux réputés incurables guérissent à son ordre, par l'accompHssement de pratiques vénérées ou par le contact de quelque objet surnaturel. - Née d un vif senluncni de confiance inspiré par le médecin, ou par l'exaltation religieuse, la foi, chez les malades, décuple la puissance des moyens thérapeutiques, et il n est pa^ d'effet qu'elle ne puisse produire. Des pilules de gluten ou de mie de pam données comme purgatives ont produit, chez certains malades des évacuations abondantes. -La seule présence du médecin peut calmer dos douleurs lies-

DE LA DIÉTÉTIQUE DES MALADIES AIGUËS. 'lll

vives, comme l'arrivée chez un dentiste fait souvent disparaître l'odontalgie.

La foi, la terreur, la colère, le fanatisme, excités à propos chez les malades par le médecin, ou par des personnes étrangères h la médeçine, disposent l'oroanisrae aux réactions curatives les plus extraordinaires et démontrent bien Toute l'influence que peut avoir le moral sur le physique. Le médecin néglige un peu trop l'étude de ces faits, et, eu ne s'occupant que des phénomènes ma- U'riels, il se prive volontairement de ressources importantes pour les cas difficiles. — Je ne puis citer tous les cas particuliers dans lesquels on doit avoir recours à cette espèce de moyens, car mon but est seulemeiit de démontrer leur puissance. Quelques exemples doivent suffire ; on trouvera les autres dans mes recherches sur la théurgie (1).

J'ai cité, à propos de l'étiologie, le fait d'une enfant devenue sourde, muette ('! paralytique, à la suite d'une tentative de viol, et qu'on amena de province à V Hôtel-Dieu de Paris, seul endroit où l'on devait rencontrer un médecin d'assez grand talent pour la guérir. Le voyage s'accompUt sans difficulté, et elle entra à l'hôpital. Dès le lendemain, elle put parler et marcher ; au bout de trente-six heures, elle était guérie : sa foi l'avait sauvée.

Une femme de soixante-douze ans, paralysée depuis quarante ans du bras droit, eut, devant le docteur Plubing, de Berlin, un si violent accès de colère, qu'elle voulut donner un soufflet à son fils, qui l'insultait, et elle se mit à remuer le bras depuis longtemps immobile. La liberté des mouvements a persisté jusqu'à la mort.

Que de paralytiques ont été guéris par la frayeur d'un incendie développé dans leur voisinage, assez près d'eux pour leur faire craindre la mort, et donner ^ leurs jambes le mouvement nécessaire à une fuite rapide !

Dans une circonstance mémorable, à l'une des ambulances de l'armée de Gripiée, le choléra sévissant sur les troupes, des soldats malades affectés de coliques et de diarrhée, vinrent demander place à l'hôpital. Malgré leur état de soqffrance et d'accablement, le major les rudoie et les brutahse en les traitant de lâches, désertant le danger. Étourdis de l'apostrophe, ils se réveillent, se raniment, leur organisation prend le dessus et ils retournent au camp.

Un médecin anglais donnait des soins à un homme atteint depuis longtemps ç^'une paralysie de la langue, et que nul traitement n'avait pu guérir. Il voulut essayer sur ce malade un traitement de son invention, dont il se promettait un résultat excellent. Avant de procéder à l'opération, il lui introduit dans la t)Quçhe un thermomètre de poche. Le malade s'imagine que c'est là l'instrument sauveur; au bout de quelques minutes il s'écrie, plein de joie, qu'il peut remuer librement la langue (2).

Tout le monde connaît l'histoire de Boerhaave, à l'hôpital de Harlem, qui, pour calmer des attaques d'hystérie développées par imitation sur la population féminine de la salle, lit chaulfer des fers dans un brasier et promit de brûler au

(1) E. Bouchut, Histoire des doctrines médicales. Paris, 1865, 1 vol. iiT-8, p. 82.

(2) T eyich[ersb]en, Hygiène de l'âme. Paris, 1860, p. 33.

fer rouge la première personne qui lomberait sans connaissance. La menace produisit son eiïet, et, sous l'innuence morale de cette terreur salutaire, l'6i)i. demie de convulsions cessa pour ne plus revenir.

Ces exemples et tant d'autres que je pourrais reproduire montrent toute l'innuence que le moral peut avoir sur le physique et le part, qu'un médecin habile peut tirer de cette disposition pour la thérapeutique. Inspirer la confiance dans l'avenir, et soutenir un courage abattu ; ranimer l'espérance prête h s'éteindre, et provoquer le sourire au milieu des larmes, en voila plus qu il n'en faut h un homme de cœur pour le pénétrer de la mission ingrate et char,table qu'il est appelé à remplir auprès de ses semblables ; mais ce n'est pas tout, son rôle s'élève au sublime lorsque par la force de sa volonté et sans le secours d'aucun agent de la nature, il donne par ses conseils, à l'àme abattue d un corps mourant, l'énergie morale dont elle a besoin pour se relever et rammer son

enveloppe corporelle.

Le médecin est la personnification de deux idées appartenant, 1 une a l ordre abstrait et moral, et l'autre à l'ordre matériel. Partout où il se présente, ces deux idées sont en présence, parce que devant lui se trouve la nature corporelle dynamique et morale de l'homme. Gomme philosophe et comme médecin, il les oppose constamment l'une à l'autre dans l'intérêt de l'humanité, et celui qni ne songe qu'aux effets matériels supprime l'àme de son œuvre et ce qu. l'élève au-dessus de toutes les sciences rivales.

§ 3. oc la cUÉtctiquc rtcs malaaies c!ii oni«iues.

Dans les maladies chroniques, l'emploi des moyens généi-aux l'ysiéniques cons uant la diététique ne rend pas moins de services que dans les malades aiau s - Chez eux L nourriture animale, la pulpe de viande crue le lard r

g iisses d'Oie et de porc rôti sur du pain avec du sel, le bon vin le t ^^ rhum sont quelquefois plus utiles que tous les autres remèdes. - Le ^J^"»-^ nl'd'ret le [^uA la campagne, le déplacement ^^^^^ ncrréihle l'alimentation végétale et lactée, le séjour au bord de la mer eues S m4 rp nd, les bains de rivière, l'hydrothérapie, la promenade a

L forces et du sang .égcné.é, Vembonpoint reparaît même ehez les po,.ou,

LTn^M^l'chronu.ues de l'appa-U vocal et respiratoire se ,ro„«,,, pa,*™»: L„ des climats chauds de fAlg^rie de ntal.e et de la • il y a des malades ainsi alTeclés qui ne «vent qu a la condition de

'""LerdÎsirpL et toutes les a.ections Croniques des voies di^tives pendantes de lésions somaliques. cèdent eo.nme par cnchanten.ent, a la v.e

DliS MOYENS CIHRUIIGIGAUX. Al 3

campagne, à un régime frugal ou lacté, et l'appétit et l'embonpoint reviennent avec une rapidité étonnante.

U en est de même des névroses, et particulièrement de l'hystérie et de l'iiypochondric, qui s'améliorent par la satisfaction qu'éprouvent généralement les malades lorsqu'ils sont excités par la distraction des voyages.

La nature guérit les blessures qu'elle fait, et c'est dans son sein qu'il faut chercher les remèdes des maux qu'elle a produits. Cependant, si les influences hygiéniques et morales l'emportent sur la thérapeutique, qui ne vient qu'en seconde ligne, celle-ci manifeste encore sa puissance d'une façon assez ])rillante pour se ftiire estimer après d'incontestables succès.

ARTICLE II

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