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MÉDICATION TONIQUE. Û

qu'un peu plus lard, lorsque l'organisme, privé de l'excès de forces qui le surcliargoail, peut réagir, que la guérison s'accompiil.

Les impressions de la médication émollicnte, anti|iliiogislique ou débilitante, sont utiles à provoquer dans l'hypcrslliénie franche, dans le cas d'oppression des forces et dans la pléthore. Elles conviennent dans les phlcgmasies aiguës franches et dans le rhumatisme, au début de quelques pyrexies, dalls les hémorrhagies actives, dans l'anasarque pl'odnite par un obstacle à la circulation, dans toutes les inflammations locales, et enfin toutes les fois que la maladie est accompagnée d'une altération du sang, caractérisée par son abondance ou par l'augmentation de la fibrine et des globules.

Contre-indications. — Cette médication est contre-indiquée dans les maladies adynamiqucs, asthéniques, dans les iîialadies chroniques en géiléral, à moins de complications plilegmasiques dangereuses. — Il faut bien peser ce qu'on fait avant d'y soumettre les enfants, les femmes, et tous les sujets lymphatiques ou atteints de maladies diathésiques. Les impressions débilitantes produites par elle sont alors plus dangereuses qu'utiles.

3° Médication tonique.

Il y a quelque chose dans l'organisation qu'il est impossible de définir, c'est le ton que présentent les tissus, les organes et l'ensemble de l'homme vivant, c'est-à-dire la fermeté des chairs, l'activité du mouvement de nulrition moléculaire nécessaire à la rénovation des tissus, la résistance des individus aux influences morbifiqucs, choses essentiellement variables selon l'âge, le tempérament ou les dialhèses de chacun et dont l'opposé est la mollesse ou Vutonie. Ce quelque chose d'indéfinissable, mais qu'il est facile, de comprendre, joue un très-grand rôle en pathologie et en thérapeutique. C'est ici l'explication de la •mollesse permanente des tempéraments lymphatiques ou de la constitution scrofuleuse, là l'effet accidentel et passager des maladies adynamiques fébriles ou autres, et ailleurs l'indication de recourir à des médicaments spéciaux réputés stimulants et toniques.

La médication tonique a pour but de produire, au sgn du corps vivant, des impressions de nîlture à provoquer dans les tissus et dans l'ensemble de la constitution une force plus grande, permanente et durable. On la désigne aussi sous le nom de médication corroborante.

il est aussi impossible d'expliquer le pourquoi de cette réaction curatîve que de rendre compte de tous les effets physiologiques obtenus par les médicaments.

L'action réflexe du fer et du quinquina, comme celle de l'opium et de la noix vomique, sont des faits d'observation qu'il est possible d'utiliser dans des circonstances spéciales, mais dont le mécanisme nous échappe entièrement. — Le résultat de l'impression des toniques est d'augmenter la somme de forces qui préside à la nulrition des tissus, de manière à leur communiquer une vigueur, une tension, une fermeté, une contractilité organique plus grandes. — Chez un individu sain, ces inq)rcssions répétées conduisent à la pléthore ; cnez

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un convalcsceiil, ou chez un sujet lynipliatique. au contraire, leur effet curatif est de rétablir la santé et de guérir le lympliaiisme.

Les agents de la médication ionique sont très-variés, de nature très-différente, et ils convergent tous au même but par divers moyens. — Chacun, dans son action matérielle, produit un ellct particulier, et tous rendent l'ellet spécial. — Les impressions du fer, du quinquina, du vin .et de la viande grillée, ne sont pas les mêmes; mais, lentement transformées par les forces de la vie, elles produisent un effet semblable, qui est la lonicité. — Ces agents ont une double origine, et on les prend dans la matière de l'hygiène ou dans la matière médicale. Lo. vin, \ alimentation abondante succulente, V insolation, V air pur, V exercice, les fractions, la gymnastique, le massage, les bains d'air et de rivière, les bains de mer, etc. , sont fournis par l'hygiène. — De la matière médicale viennent le fer et tous ses composés, les eaux ferrugineuses de Spa, de Forges, de Passy, de Contrexéville, de Pyrwont, etc. ; le manganèse, le quinquina et ses dérivés, la gentiane, le colombe, le quassia amara, le houblon, la patience, la pensée sauvage, le pissenlit, V année, la petite centaurée, etc.

Les agents toniques n'ont généralement pas d'action immédiate apparente ; ils agissent lentement, graduellement, à la suite d'un usage quotidien régulier, et leur emploi peut être prolongé sans inconvénient.

On lesemploie, non pas indistinctement, mais les uns de préférence aux autres, d'après des règles que la clinique a établies, dans la convalescence des maladies aiguës, dans l'anémie hémorrhagique et dans la chlorose, dans les cachexies, dans les Hux atoniques, tels que la diarrhée, la leucorrhée, etc. ; dans les dyspepsies nerveuses et dans les névralgies, dans le lymphatisme et dans le scrofulisme; généralement enfin dans tous les cas où il y a pâleur et mollesse des tissus, atonie des fonctions et diminution de l'élément globulaire du sang.

Une chose qu'il faut connaître, et sur laquelle j'aurai occasion de revenir, c'est que les toniques, à part leur effet matériel,. immédiat, n'ont pas nécessau-ement l'action tonique qu'on leur suppose. En effet, les propriétés des médicaments ne sont pas dans les médicaments ce que nous croyons les voir ; elles sont la mise en œuvre de leurs propriétés spéciales aux prises avec la nature vivante de chaque individu. Or, bien que cette nature soit semblable au général, elle diffère au particulier ; d'où il suit qu'un médicament, toujours un dans la nature, se rencontre fréquemment avec des organismes de réaction différente, et fournit une réaction curative différente; d'où il suit encore que les médicaments n'ont pas toujours les mêmes effets, et ce qui est tonique chez un individu peut bien ne pas être tonique chez un autre.

D'une autre part, un remède que nous considérons comme doué de propriétés toniques, parce qu'il relève la force et le ton d'organes affaibUs. peut cesser d'être tonique en trè.s-peu de temps, et devenir au contraii e un débilitant, par suite de l'excès d'action imprimé à l'activité vitale. - Après un déploiement de force exagéré survient une fatigue réelle qui peut faire comprendre ce qui ar- • rive après l'emploi trop prolongé des toniques. Après l'ivresse et sa force, 1 abattement. Comme l'a dit Giacomini, qui range le quinquina dans les hypostliéni-

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