MÉDICATION STIMULANTE
sanis, les ioniques prolongés produisent l'inerlio des tissus et des organes. Cela est très-vrai, et il faut savoir exciter les organes d'une façon modérée, si l'on ne veut dépasser le but qu'on se propose d'atteindre.
li° Médication stimulante.
La médication stimulante a pour but de produire des impressions suivies d'une augmentation de l'activité vitale de certains tissus, de certains organes et quelquefois même de l'économie entière. Elle a pour moyens ce qu'on appelle les stimulants, les excitants et les irritants.
Les impressions stimulantes sont extérieures ou intérieures ; générales on localisées, enfin spéciales. Ainsi les frictions, la vésication et le massage sont des impressions stimulantes extérieures, différentes de rimjiression intérieure produite par l'alcool et les boissons aromatiques. L'action de ces dernières ne ressemble en rien à la stimulation spéciale de l'utérus par le seigle ergoté, de la vessie par les cantharides, des nerfs par la strychnine, des reins par le vin blanc et le nitrate de potasse, etc.
Les impressions stimulantes générales, violentes, sont dangereuses et produisent la fièvre. En effet, sous leur influence, la circulation est accélérée, la chaleur accrue, la coloration animée, la sensibiUté plus vive, et il se produit une sorte de mouvement fébrile local et général. Par le fait des impressions stimulantes partielles et spéciales, la réaction physiologique est plus bornée, et il se fait, dans les tissus ou dans l'appareil stimulé, une congestion inflammatoire qui peut aller jusqu'à la phlegmasie et à la gangrène : exemple, la stimulation, des vésicants, des caustiques, etc.
D'après la durée de la réaction produite par les impressions des stimulants, on a distingué ces remèdes en permanents et en diffusibles. L'ammoniaque, l'alcool, les boissons aromatiques, sontdes-stimulants diffusibles, tandis que l'or, le phosphore, l'iode, etc., sont rangés dans la classe des stimulants permanents.
Les stimulants généraux de l'organisme sont tirés de la matière de l'hygiène ou de la pharmacie. Les premiers sont \q calorique, la lumière, V air chaud et sec, le galvanisme, les frictions sèches ou aromatiques, les bains chauds, Valimentation succulente, les vins généreux, le thé, le café, les passions expansives, etc. Dans la matière médicale on trouve, les boissons aromatiques et fermentées, le vin, l'alcool, etc. ; les huiles volatiles tirées de l'orange, du citron, de la vanille, de la cannelle, de la muscade, du raifort, du cresson,' du cochléaria; les balsamiques, tels que la térébenthine, le copahu, le styrax le benjoin, le baume du Pérou, le baume de Tolu, etc. ; le soufre, et ses composés dans les eaux minérales.
Parmi stimulants locaux partiels, qui produisent dans les ti-^sus une impression locale suivie de douleur, de congestion, de tuméfaction et de chaleur de papules, de vésicules et de bulles, je citerai le calorique accumulé dans le marteau chauffé à l'eau bouillante; le chlore, V ammoniaque, h chaux le mtrated argent >,h^ni^ ào.,; V huile de croton en frictions; la moutarde en
/|2fi PATHOLOGIE OÉNÉKALK.
sinnpismcs prolongés, le gnrou, les renoncules, l'ortie piquante, la clématite, les cant/tariflcs en vésicatoires, la processionnaire, elc.
A ces sllmulunts, dont l'action est bornée ii une surface circonscrite, il faut ajouter les stimulants corrosifs, dont l'impression est si profonde, qu'elle pénètre l'épidcrmc et qu'elle atteint la peau pour la désorganiser chimiquement. Ce ne sont plus Ui des irritants, ni des stimulants, ce sont des corrosifs qui détruisent la vie dans un tissu, et la stimulation no commence, k vrai dire, que plus lard, lorsque le travail de réparation s'accomplit pour éliminer les parties corrodées. Ces stimulants indirects ont une puissance très-grande et sont fréquemment employés comme méthode révulsive. Ce sont les causticiucs : !c nitrate d'argent, la jjotasse à l'alcool, la poudre de Vienne, le chlorure de zinc, le chlorure d'antimoine, Vacide sulfurique, Vacide nitrique, le nitrate acide de mercure, le cautère actuel, les moxas, etc.
Parmi les simulants intérieurs, il y en a un certain nombre dont l'impression se traduit par un effet réOexe très-marqué sur les fonctions d'un tissu ou d'un appareil organique. Ce sont les stimulants spéciaux des organes, et dont l'action merveilleuse aide puissamment la thérapeutique.
Stimulants des bronches ou expectorants. — Ce sont le baume de Tolu, du Pérou, la gomme ammoniaque, le goudron, etc.
Stimulants du cerveau.— Le café, le vin, l'alcool, le thé, l'arnica, le haschich, le phosphore, l'ammoniaque, etc., excitent les fonctions de l'encéphale de la manière la plus active.
Stimulants de la moelle épinière.—U noix vomique, la fève de Saint-Ignace, la strychnine, la brucine, etc., exercent sur la moelle une impression toute spéciale, dont l'effet réflexe est caractérisé par les convulsions tétaniques les
plus violentes. , , •
Stimulants sudorifîques.-La grande chaleur, les boissons chaudes, les bains de vapeur, le bain russe, l'ammoniaque, le gaïac, la salsepareille, la sqmne, le sassafras, la douce-amère, le sureau, etc., déterminent souvent une perspiration cutanée abondante.
Stimulants sternutatoires.-U poudre de tabac, d'hellébore, d iris, les fleurs de marjolaine, de lavande, le sucre en poudre, sont employés comme steriiutatoires et rendent quelquefois de réels services à la médecine.
Stimulants siaiagogues.-U cresson de Para, la racine de pyrèlhre, 1 ac.de acétique, le mercure, exercent sur les glandes salivairos une action spéciale incontestable et indépendante de l'action irritante produite par ces médicaments C'est une propriété dont on peut tirer profit en bien des circonstances.
Stimulants du rectum. -V.hhs a une action réflexe toute particulière sur l'extrémité inférieure de l'intestin. Il y fait naître la congestion et la fluxion
hémorrhoïdaires. . ,
Stimulants diurétiques. - Le nitrate et l'acétate do potasse, a scillc les asperges, la pariétaire, la digitale, le vin blanc, les canx minérales acidulés, exercent sur le rein une stimulation spéciale, d'où résulte une sécrétion abondante d'urine, souvent utilisée dans un effet curatif.