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MÉI)1GA.TI0N STIMULANTE

Stimulants cmmônagogues et utérins.— La sabinc, la rue odorante, le safran, l'armoise, l'absinthe, le fer, le sulfure de carbone et le seigle ergoté sont des stimulants spéciaux dont l'elTct s'adresse particulièrement h l'utérus, et qu'on utilise dans l'aménorrhée, dans l'hémorrhagic utérine et dans l'accouchement.

Stinndants aphrodisiaques. — La valiillo, le phosphore, les cantharides, se trouvent dans cette catégorie.

Comme on a pu le voir par ce tableau général des différentes espèces de stimulants, la médication stimulante générale oU localisée est une de colles qui offrent le plus de ressources à la thérapeutique. La spécialité d'action des substances qu'elle met en œuvre la rend extrêmement précieuse, car elle fournit un assez grand- nombre de moyens spécifiques, les plus utiles de tous les médicaments.

Cette médication doit être employée : 1° Dans toutes les maladies où, les forces étant déprimées ou diminuées, il y a lieu de produire une impression intérieure suivie d'une réaction du mouvement vital de tous les appareils organiques. Exemple : les phlegmasies et les fièvres de forme adynamique, le choléra, les maladies gangréneuses, scorbutiques, et certaines maladies chroniques, [)rodûisant l'anémie et le relâchement des tissus ; alors ce sont les stimulants intérieurs qui sont mis en usage. 2° Dans les maladies aiguës et chroniques des appareils fonctionnels, lorsqu'on veut les guérir au moyen d'une révulsion stu' une partie éloignée de l'économie; mais, dans ce cas, c'est aux stimulants locaux qu'il faut avoir recours. Exemple : les sinapismes et les vésicatoircs aux jambes dans la congestion cérébrale; le cautère au cou dans les maladies de l'œil et du cerveau ; le cautère actuel et les moxas dans les maladies de la colonne vertébrale, etc. 3" Dans les maladies atoniques d'un organe ou d'un appareil, lorsqu'on peut en relever les forces au moyen d'impressions produites par un stimulant spécial. Exemple : les cantharides dans certaines incontinences nocturnes de l'urine ; l'aloès dans la constipation par atonie du gros intestin; la strychnine dans la paralysie, etc.

I\lais il ne faudrait pas croire qu'on puisse employer indéfiniment les stimulants réflexes chez l'homme : la capacité des organes pour la stimulation a un terme qu'on ne peut dépasser sans produire un effet différent et opposé. A l'action vitale exagérée qui résulte des impressions stimulantes intérieures succède une débilité d'autant plus grande que la stimulation a été plus vive. Ainsi les boissons aromatiques et alcooliques, qui produisent une assez grande excitation du système nerveux, finissent par en amener la sédation et quelquefois la paralysie. A la stimulation prolongée du calorique succède un affaiblissement considérable; la strychnine, qui excite si facilement la moelle épinière, eu épuise rapidement l'action, et, donnée à haute dose, peut faire périr par suite de l'épuisement nerveux, etc.

Dans son action réflexe, la médication stimulante intérieure substitue à un étal adynamique général ou local un autre état momentanément différent qu/ forme une réaction curative. On n'en saisit pas plus le mécanisme qu'on ne sait pourquoi la substitution d'une phlcgmasie oculaire causée par le collyre au

Z|28 PATHOLOGIE GÉNÉIIALE.

nitrate d'argent fait disparaître une plilegmasie antérieure de nature différente. Mais tel est le fait en lui-mCnie, comme il se montre à l'observation clinique. C'est encore d'une façon analogue, sinon semblable, qu'une stimulation corrosive extérieure substitue quelquefois, au point où on la fait naître, une maladie de nature connue à une maladie éloignée de nature diiïércnle, ou ayant pour siège un organe important. Ainsi fait-on à volonté, ou selon l'indication curalive, par la médication stimulante, une révulsion et une substitution thérapeutiques. Ce sont deux opérations importantes h connaître dans leur mécanisme et dans la manière de les utiliser.

5° Médication contro-stimulante.

On a donné le nom de médication contro-stimulante à une méthode dans laquelle on produit, à l'aide de médicaments particuliers, des impressions de nature à combattre les progrès d'une plilegmasie aiguë. C'est le reste de la doctrine abandonnée du stimuUsme, qui ne mérite pas d'être conservée. En effet, la médication contro-stimulante n'a plus sa' raison d'être, du moment qu'on abandonne les principes de Rasori sur le stimulus et le contre-stimulus, puissances dont l'équilibre constitue la santé, et dont les dérangements, excès ou défauts, amènent la maladie. Ce qu'on appelle encore par hypothèse des contro-stimulants, pourrait bien être considéré comme appartenant à la médication antiphlogistique, purgative ou diurétique, révulsive ou substitutive. Le premier de tous les prétendus contro-stimulants est au contraire un irritant très-énergique, qui agit par purgation révulsive ou par irritation substitutive, et il en est de même de tous les autres.

A moins de revenir aux hypothèses de Rasori, de Tommasini et aux idées plus séduisantes qu'exactes de Giacomini sur les hyposthénisants, il n'y a pas de contro-stimulants ni de médication contro-stimulante. Ce que je vais dire est donc moins une étude rétrospective qu'un jugement critique.

Dans les maladies jcausées par un excès du stimulus, et parlicuUèrement dans le« affections aiguës et chroniques, Rasori employait des irritants de nature très-différente, destinés, pensait-il, à exalter le stimulus et à l'épuiser pour devenir indirectement cause de faiblesse générale. C'étaient là des contro-stimulants. La digitale, le bismuth, l'acide cyanhydrique, l'acide carbonique, les cantharides, la moutarde, l'iode, le colchique, la vératrine, le tartre stibié, l'oxyde blanc d'antimoine, etc., ont été compris dans cette classe. Tous ces médicaments ont une action locale, physique ou chimique, irritante, quekiucfois très-grave, et une action dynamique qui serait i'action contro-stimulaïUe. On en pourrait dire autant de la saignée et des antiplilogistiques, des aslrin-'ents cl de tous les stimulants, des narcotiques, etc. Si toute la thérapeutique est faite à ce point de vue, rien de mieux; mais si le système est abandininé et qu'on veuille maintenir cette catégorie de contro-stimulanLs au milieu d'une cla.ssificaiion nouvelle ([ui les comprend déjà tous dans ses autres parties, alors ce n'est (|u'uii molif IVicheux de confusion.

MÉDICATION STUPÉFIANTE. /l29

'l'oiis ios prélendus contro-stimulanls doivent être placés dans la classe des antiphlogistiqucs.'des astringents, des narcotiques ou des stimulants; quelquesuns appartiennent aux spécifiques.

Leur efficacité est réelle et l'explication seule de leur ellet est en défaut. Que le bismuth guérisse certaines entérites, et le tartre stibié la pneumonie aiguë, rien n'est plus exact: mais il ne s'ensuit pas que le tartre stibié et le bismuth soient des contro -stimulants ; cardans beaucoup de cas où le stimulus est en excès, CCS remèdes ne servent plus à rien, leur action est à la fois irritante et spécifique : irritante par les évacuations qu'ils produisent, et spécifique parce que s'ils sont utiles, l'un dans la pneumonie, l'autre dans l'entérite, ils ne le sont point dans une foule de maladies différentes, telles que phlegmasie, pleurésie, péritonite, etc., où il y a augmentation de stimulus.

Rasori a voulu établir sa doctrine en disant que les contro-slimulants n'agissaient point par révulsion vomitive ou purgative, mais d'une manière spéciale, parce que dans beaucoup de cas, ils ne produisent aucune évacuation sensible. C'est ce qu'il désigne sous le nom de tolérance. A cette occasion, il rappelle que le plus puissant des contro-stimulants, le tartre stibié^ à haute dose, ne provoque pas toujours d'évacuations et qu'il arrête rapidementles phlegmasies. Cela peut être, mais c'est une exception, car la tolérance absolue est rare : dans la moitié des cas, il y a intolérance et des évacuations signalent les effets du tartre stibié; chez un certain nombre de malades, enfin, il y a tolérance incomplète et alternatives d'évacuations et de repos. Ou ne peut donc citer les faits de tolérance incomplète ou d'intolérance du tartre stibié comme'des preuves de son action contro-stimulante, car on pourrait à plus juste titre les considérer comme des preuves en faveur de la médication révulsive. Restent donc les faits de tolérance, absolue qui ne prouvent pas davantage; car sans produire d'évacuations, le tartre stibié n'agit point comme stimulant de la muqueuse digestive, ainsi qu'on peut en juger par ses effets sur les follicules du pharynx.

Rien ne prouve donc l'action contro-stimulante spéciale des remèdes que je viens d'indiquer. Ils guérissent, cela est vrai, mais au moyen d'une substitution et d'une révulsion thérapeutiques. S'ils ont un caractère particulier, c'est un caractère spécifique qui les rend de préférence appUcables à une maladie plutôt qu'à l'autre.

6° Médication stupéfiante.

La médication calmante, narcotique, sédative ou stupéfiante, a pour but de produire le calme, le bien-être, le repos, là où existent l'agitation, la douleur le spasme et la convulsion. EUe comprend tout ce qui rattache à Vkyposthénù musculaire, au narcotime, à Yanesthésie et à Vhypnotismp

■■ I^es moyens qu'elle utilise dans ce but sont très-nombreux et tirés du ix-ue minerai, végétal ou animal. Je les indiquerai tout à l'heure. Leur mode d'action es inconnu ; ce sont pour la plupart des agents qui ont, sur les tissus ou sur les organes, une action particulière, spéciale et spécifique, dctermhiéc par

^,30 PATIIOLOGIli GÉNÉRALE.

rexpérieuco. T.cs uns s'adressent, à la douleur, qu'ils apaisent; d'autres agisseiii sur le mouvement, ([u'ils modèrent ou qu'ils suspendent ; il en est qui détruisent à la fois le mouvement et la sensibilité, qui exercent leur empire sur certains organes dont ils troublent l(;s fonctions avant de les abmire ; ce sont autant de particularités curieuses et importantes à connaître.

Il y 3 des calmants narcotiques, dont l'effet est le narcocisme; des calmants , vireiixqm produisent l'apathie délirante, et des calmants anesthésiques, dont raciion récemment découverte porte à la fois sur la sensibilité et sur le mouve-

'^'''umédicalion calmanle narcotique produit l'assoupissement, le bien-être, le sonnncil avec eu sans cauchemar, la stupeur, l'ivresse, la courbature, la contraction des pupilles, la sueur, la sécheresse de la bouche, les nausées,^ les vomissements, la constipation. Quelquefois, au lieu de calmer, elle excite a un très-haut degré et empêche tput sommeil. C'est un fait qu'on observe encore assez souvent. L'opium et ses préparations, le laudanum de Sydenham, le laudanum de Rousseau, la morphine, la codéine, le cyanogène et ses composes, le lactucarium, etc. , sont les principaux agents qu'elle met eu usage et qu elle fait pénétrer dans l'économie par la peau ou par les voies digestives.

La médication calmante vireuse détermine l'abattement, la stupeur, I etonnement intellectuel, quelquefois du délire et des hallucinations, la dilatation des pupilles et la cécité, la sécheresse de la bouche, la sueur, les vomissements, la diarrhée, la somnolence et le coma. Elle emploie, à l'intérieur des voies diges, lives et sur la peau, la plupart des solanées vireuses : la belladone, la jusqu.amc, ia ciguë, le datura stramonium, l'aconit, l'atropine, etc. ' La médication calmante anesthésique, constiluée par le chloroforme, 1 ether sulfurique, l'éther chlorhydrique chloré, etc., a un tout autre effet que les mehcatio s précédentes. Ses agents, dits anesthésiques, pénètrent dans 1 orgamsm. " ne autre voie. Sous la forme de liquides volatils, ils ne prodmsent leur eff^ ae par pénétration et dans les voies aériennes et par absorption a la surface de m queuse pulmonaire. Ils suspendent momentanément l'action des sens lu mouvemen volontaire, de sorte que la chirurgie a pu s'emparer d eux po r JairHes opérations sans douleur, à la grande satisfaction de l'humamte Quel- 0 on le applique directement sur la peau, et l'on réussit à calmer des dou^ leuÏpour lesquelles il est inutile de recourir à l'ancsthésie générale.

Comme on le voit, les effets des médicaments calmants ne sont pas toujours , V côté de ceux qui produisent ordinairement le repos et le som-

^^i^ n 1^^:^-^ et le délire, ou qui ^^^uisent l..u.e

Tun état d'inseusibiUté tel qu'on peut le tailler en morceaux sans qudsen

^Tes' maladies l'habitude et l'idiosyncrasie modifient beaucoup l'action des l endenl très-différente d'elle-même. A dose égale, certaii. „ bien portantes n'éprouvent rien de la belladone, tandis que d autres n m Ulent Le. Dans les maladies aiguës, l'opmm peut e^rc doi d es normes sans produire de narco.isme, et u«e persomie cjui fait habituelle

mCdication évacuant h. Ul

iTiciU usage de ccUc subslance arrive facilement ù prendre, sans danger pour elle, des doses dont la simple fraction produirait ailleurs un empoisonnenient.

La médication narcotique est une des plus utiles; sans elle la médecine perdrait une bonne partie de sa puissance, car, dans les cas où l'on ne peut guérir (les maladii's incurables et douloureuses, en attendant la guérison de maladies qiguës accompagnées de vives douleurs, le pouvoir d'enlever l'homme le Spntimentde la souffrance est le pluséminent des services à lui rendre, celui qui satisfait le plus au besoin de son être. Or, c'est là l'effet de la médication stupéfljinte. Elle endort celui qu'on ne peut guérir ou qu'on va mutiler; elle fait prendre patience à celui que des efforts de la nature vont prochainement sauyer, P,aus les cancers, dans les maladies des os, dans le tétanos, dans le delirimn tfejnens, dans le rhumatisme aigu, dans les névralgies et dans toutes les affections douloureuses, son emploi est commandé et varié d'après les indications à femplir. Elle peut encore être employée avec infiniment d'avantage dans les décrétions abondantes qui tiennent à une maladie accompagnée d'éréthisme des qfganes sécréteurs. C'est ce qui a lieu dpns la diarrhéie, dans la dysenterie, dans la polyurie, etc.

7° Médication évacuante.

La médication évacuante est née de l'indication de débarrasser l'estomac ou les intestins des matières iiuisibles qui s'y trouvent quelquefois. Vantée avec exagération par les partisans de l'humorisme, et dédaignée par les solidisles, elle i\end de grands services aux malades. Son but est l'expulsion des matières muqjieuîcs, organiques, bilieuses, salines ou toxiques renfermées dans les \oies djgcstives.

Sous l'influence des impressions qu'elle fait naître, les sécrétions et les contractions gastro-intestinales sont fort augmentées, et, suivant la spécificité d'action du remède, la sécrétion des matières est muqueuse, stercorale, bilieusp jajine, verte ou noire, et l'expulsion a lieu par la bouche ou par l'anus, en vomissement ou en diarrhée, entraînant avpp elle tout ce qui se trouve dans l'intestin, calculs biliaires, pierres stercorales, entozoaires, etc. ^ Celte médication est une des plus importâmes, et constitue, avec les antiphlogistiques et les stupéfiants et les spécifiques, la base de toute bonne thérapeutique. En effet, les voies digestives sont toujours primitivement ou secondairement, comme cause ou comme effet, quelque chose de sérieux dans U production des maladies. C'est par elles que pénètrent dans l'organisme une foule d'agents dont l'impression directe est si fâcheuse, dont l'action sur le cerveau, s/ir le foie, sur les reins, est si redoutable, et c'est aussi sur elles que retombent sympathiqqement les impressions morbifiques de la peau, de l'encéphale et des or-^anes voisins. . °

L'indigestion, l'e.nbarras gastrique, le catarrhe chronique intestinal, les matières stercorales épaissies, les corps étrangers de l'intestin, l'acidité des sécrétions, leur dimmulion, etc., sont autant de causes nombreuses de malaises e^

/,32 PATHOLOGIE GÉNÉBALL'.

de maladies dangereuses qu'une évacuation faite à propos emporte souvent pour toujours.

Cette médication a donc, non-seulement un effet mécanique, qui est l'expulsion de ce (pii se trouve dans les voies digestives, mais encore une action dynamique réilcxc, due à l'hypersécrétion intestinale et biliaire, qui dépouille le sang des matières muqueuses, bilieuses ou putrides prêles à s'y introduire, et ' qui débarrasse l'économie de substances nuisibles lors(|u'elles se produisent en excès. Si la médication évacuante appartient par un côté à la médication stimulante, elle appartient par l'autre aux antiphlogistiques, puisqu'elle dépouille quelquefois le sang d'une grande quantité de sérum. Elle relève de l'une et de l'autre sans pouvoir être confondue avec elles. Son caractère spécial l'en distingue pbysiologiquement, et sous ce rapport elle mérite bien l'honneur d'une désignation spéciale.

La médication évacuante provoque, selon la nécessité et au gré de celui qui l'emploie, des évacuations gastriques, c'est-à dire des vomissements, ou de la diarrhée, ce qui constitue hpurgation. De là deux médications secondaires d'un égal intérêt, la médication vomitive et la médication purgative. " iMédicotion vomitive. — Nul organe, plus que l'estomac, ne montre des affinités plus intimes ou une sympathie plus importante avec le principe de la vie Les impressions morales, l'incitation, le vertige, les lésions du cerveau, du poumon, de l'utérus, du péritoine, etc., ont une telle action réfiexe sur ce viscère, que sous leur iniluence, des vomissements se produisent avec une orande' facilité. A-t-on besoin de faire vomir, rien n'est plus facile : le chatouil- Tement de la luette détermine aussitôt des contractions réflexes vomitives, ou bien on fait prendre une substance spéciale, comme l'ipécacuanha et le tartre stibié qui ont, entre autres propriétés, celles de produire l'impression qui sollicite des efforts de vomissement. L'action des vomitifs est assurément l'une des plus curieuses, quant à la spécialité d'action du remède, et au semitisme qu'elle met en jeu. En effet, le vomissement ne vient pas de l'estomac qui l'exécute il vient du cerveau qui l'ordonne, et, à ce titre, je ferai remarquer que l'action d'un vomitif n'est pas exclusivement locale, et qu'il faut absolument tenir compte de l'impression produite par lui sur les centres nerveux. Le vomissement n'est pas une simple évacuation mécanique de l'estomac, c est un acte plus complexe, dans lequel il y a, an-dessus de ce qu'on voit, des effets^ d'une haute importance, qui méritent d'être appréciés, et qui constituent Ia

médication vomitive. i x • j;„„„nt

Des malaises, du frisson, de l'anxiété épigastrique et des nausées indiquen le commencement de l'action; la sécrétion gastrique s'effectue, puis arrivent les contractions du diaphragme et du ventre, qui expulsent les matières i^n e mées dans l'estomac. A ce vomissement succède presque toujours un petit mouvement de sueur et un sentiment de bien-être fort agréable.

La médication vomitive est indiquée dans un but mécanique contre le.s e mpoisonnemcn.s et les indigestions, pour chasser de l'estomac les mafeics toxiques et nuisibles qui s'y trouvent.

MÉDICATION ÉVACUANTL". /l33

Dans les cmbaiTns gaslriqiios, au di-biu des liiivrcs lyplioïdes, elle arrête (rès-soiivciit une maladie ibi'L grave. On doit l'employer dans les fièvres intermiilenles, dans les angines lonsillaires, dans In co([uekiclie, dans le croup, dans les maladies aiguës ou chroniques des bronches, et dans toute maladie où il existe ce qu'on appelle ï'éta( saburrnl.

Les moyens que la médicalion vomitive met en usage sont la titillation de la luette; l'émélique ou tartratc de potasse et d'antimoine: le kermès, l'ipécacuanha, le sulfate de cuivre, le sulfate de zinc, l'ellébore noir et blanc, le thé de camomille, etc.

La plupart de ces moyens s'administrent à l'intérieur, dans l'estomac; mais la preuve que le vomissement est dii moins à leur action irritante sur la mu- ([ueiise gastrique qu'à leur impression sur les centres nerveux, c'est que plusieurs d'entre eux, mis sur la peau dépouillée d'épiderme, ou injectés dans les veines, produisent le vomissement. C'est une expérience qu'il est facile de faire sur les animaux avec une injection de tartre stibié dans les veines.

Contre-indications. — La médication vomitive ne convient pas dans les maladies du cerveau, ni dans les maladies organiques de l'intestin, et lorsqu'il existe une hernie que les efforts de vomissements pourraient faire étrangler, un anévrysme qu'ils pourraient faire rompre, ou une grossesse qui pourrait se détruire.

Médication purgative. — Les évacuants dont la propriété est de provoquer l'expulsion des matières intestinales, sont des purgatifs. La médicalion dans laquelle on les emploie est des plus utiles, et son action réflexe se traduit par des effets mécaniques secondaires de la plus haute importance.. Elle stimule plus ou moins énergiquement l'irritabilité de la muqueuse, augmente la rapidité des contractions péristaitiques et active la sécrétion des glandes de Peycr etdeBrunner, de manière à enlever une quantité plus ou moins considérable de sérum à la masse du sang. A ce titre, elle agit comme révulsive et conune antiphlogislique, Sil'on joint à cela l'immense avantage qu'elle a d'entraîner des fragments alimentaires nuisibles, des calculs biliaires, des matières muqueuses épaisses, des concrétions slercorales ou des entozoaires qui troublent les fonctions de l'inleslin, on verra que l'évacuation purgative rend d'incontestables services.

La médication purgative provoque un peu de malaise, de la faiblesse, du refroidissement, la petitesse et l'irrégularité du pouls, ([uclquelbis des vomissements, des coliques, des borborygmes, et enfin une diarrhée dont l'abondance et les caractères physiques sont en rapport avec la nature du purgatif, sa dose et la nature de la maladie.

Les purgatifs sont rangés, d'après leurs ellèts, en trois classes : 1° ceux qui |)nrgent doucement, de manière à évacuer les matières stercorales : ce sont les laxalifs; T ceux qui purgent plus fortement et font en outre rendre des maucres b> leuses : on les désigne sous le nom de minoratifs ou catharti(M,es • et

^nfm drastiques, ceux dont l'action est très-énergique et rend tres-malade, qui agissent surtout sur le gros intestin, et font rend.e î, la ibis de la bile du mucus, des glaires, et tout ce qui se trouve dans Tintestin grêle.

B. — PATIIOL. CliN.

PATHOLOGIE GÉNÊUALr..

Les purgatifs ordinaires sont la uiannc, le uiicl, les huiles d'olive, d'amandes douces, de ricin, la casse, le tamarin, eic. ., v i

Parmi les cathartiqucs, se trouvent les purgatifs salins, le tartre sUl)i6 en lavage (5 centigraum^es pour un litre d'eau), le sulfate de soude lu crème de tartre le sulfate de magnésie, les eaux minérales purgatives de bedhtz, de l>ullna, de Gransac, etc., la magnésie calciné., le calomcl, la rhubarbe, le séne, e c.

Les drastiques comprennent le nerprun ; l'aloès, cpù ag.t surtout sur le gros intestin, et qui forme la base de toutes les pilules purgatives dont la lonnu e est tenue secrète; le jalap, la gomme-gutte, la scammonée, la coloqumte, le colchique, l'huile de crotontiglium, l'huile d'épurgc, etc.

TOUS c^s agents de la médication évacuante s'administrent generalemen par la bouche ; mais dans quelques circonstances, lorsqu'une purgal.on rend irc^^ L ade 0 peut essayer de la remplacer par des lavements purgatifs av c le sel "i le séné etc. Ce moyen no remplace l'autre que pour évacuer l'mtesi.n, car U es't év de. t qu'il ne saurait avoir sur l'économie l'action d'une énergique pur-

gation.

La médication nurgativo est très-usitée, t,o|> peut-èire, car on 1 emploie sans c«s«n"eme e, sLv^nt sans aucune nécessité. Elle ne doit ên-e consed e« „ aX ê ndication ptécise, dans la constipation, dans les embarras gastruptes t i, sïinaux dans les obstacles au coors des matières, dans le, e s l eutoau": dl .; névre t,pl,oîde, dans les hydropisies , titre de revulstf, dans les maladies de la peau, dans certaines phlegnms.es chron.ques, etc.

8° Médication astringente.

u„t rie l'Pscpri'pr et de raffermir les tissus La médication astringente a pour but de lesserier

relâchés ou affaiblis de certains organes n^édication tonique par

La médication astringente se rapproche un peu de la ^'^

appréciable et caractensee j„ libre vivante. On ne peut

minution des sécrétions et la dureté plus gianat

rien déterminer de semblable dans l'-''"" ''j^rEinae par les acides e. le Beaucoup d'astringents ^^^^"^1^^: L i^.

crispation et la destruction des tissus. écoulements mu-

Certains flux de la peau ou de la et à la

queux, quelques ''f «-'^«S'-:;,^;;^^;^,^^^ ^nts administrés à loxtémoUossc on laxilé des tissus. (. est alo's je Us st , ^^.^^^^^^^ rieur ou à l'intérieur, concurremment avec les toniques, au soulagement et à la guérison des .naïades ^^^.^^ ^^^^^

Les astringents le plus c.i usage son . l eau . o. le et b et ceux (lui contiennent du tannin, tels que c.trons, giosuUes, g

MÉDICATION A^TISPASMODIQUE. /)35

nèfles, etc. ; les acides minéi aux étendus, l'eau do Rahcl, la limonade Iiydrocliloriquc, citrique, etc.; l'alun, le sulfate de fer, le sulfate de cuivre et le sulfate do zinc; l'acélate de plomb; le horax, l'eau de chaux, le tannin, le ca chou, la monésia, le ralanhia, le sang-dragon, l'écorce de cliGiie, l'écorce de grenade, les roses rouges, la bistortc, la tormentille, la consoude, la noix de galle, l'eau distillée de pin gemmé, etc.

De la médication astringente relève la médication hémostatique, destinée à conibatiro les liémorrhagies actives et passives par d'autres moyens que ceux qui dépendent de la chirurgie. Elle emploie les résines pulvérisées, la |)oudre d'alun, le nitrate d'argent, les acides concentrés, mais surtout le perchlorure de fer médicinal ii l'extérieur ou à l'intérieur.

9° Médication antispasmodique.

A côté de la médication hypnotique et sédative, troublant les fonctions du système nerveux de manière à apaiser la douleur, à paralyser les muscles ou à détruire la raison, il y a une médication destinée à guérir l'état nerveux ou spasme qui accompagne un grand nombre de maladies, c'est la médication antispasmodique. Elle a pour objet de produire, au moyen des remèdes, une impression susceptible de contre-balancer l'éréthismc, l'agitation, le spasme et les diflerents troubles fonctionnels du système nerveux.

Les moyens qu'elle emploie ne produisent point le sommeil et calment rarement la douleur, car ils n'ont pas de vertu narcotique ni d'effet bien constant chez tous les individus. Leur impression sur le système nerveux est cependant • incontestable, car ils en apaisent souvent les désordres. Rapide et passagère cette action est variable, d'autant plus énergique que les personnes sont plus irritables et plus faibles à la fois. On a besoin de chercher pour savoir l'antispasmodique dont il faut se servir, et à quelle dose il convient de l'administrer Ainsi 1 éther et la valériane, qui impressionnent très-agrëablem.nt une personne produisent ailleurs une vive excitation et des vomissements. Il en est de même des autres antispasmodiques, et c'est à ce point que leur vertu sédative a été souvent contestée, non sans une apparence de raison

La. médication antispasmodique doit être mise en usage dans la plupart des né roses et des névralgies. Elle produit d'excellents e(?ets dans l' lys é 4

le n 1 -L- r m 7''\ ' ^'^"^ ''^^yi--'-ndrie,

e nenosisme (i , dans la migrame, dans les convulsions idiopathiques dans lepilepsie, dans la chorée, dans les spasmes, tels que le hoqu t la toux n veuse l'œsop agisme, etc. Quelquelois certaines niLdies aig^fe 'g^^

• , '■'"ii-iiiLiii, ei, dans cette circonstance encore J-i m^riin-.

^lUQ PATHOLOGIE GÈNÈRALli.

' Les principaux .nôcUcamcnis anlispasnuKliciues so.U : les (leurs de lill.ul los neurs Cl les feuilles cVorangor, Ic-lher sulluriquo, nilri.p.c ou acel.que. le chloroforme l'oxyde de zinc, le cyauale et le valériauale de ..uc, e ca.nph el 'ersMalive la valériaue, le .nusc, le casU,r6un., l'an^bre gns, le sucan asa iX la gonnne anunoniaque, le galbanum, sagapAnum et opopanax, l hu.le 'flo niiMint et l'huile animale de Dippel. . Ô p 1 . «sa*,- te a„cs,l,&i,uc. comme ap„.u.c„a,>l h ccuc ,nM,oU.,„. et ™ cffc à pcto dose, ils »oul vwm a„li»pas,uodi.,L.es ,,ue narcoluiuc, ma » lie Je„,plo,ant à dose plus cle.de, ils prodoiseo. u„ p,-oto„d somme.l, j'ai dù les considém- comme appartenant i> la classe des hypaotiques.

10° Médication révulsive.

Dès les premicts temps de la médecine on a constaté, dans l'évolotion des malat ies e de leurs colnpUca.ions, des pl,é„on>ines singuliers tonnant en re I^M-onismes pliïsiologiclues on morbides, et produits par l'aug.nenta- Sntale dite .«'tie au détriment de celle d'une région plus on m n é o gnée C'est l'observation de ce fait important c,u, a permis a 1 nmno.tel Z^^'^ ^'^'•^os^''- à Hippocrate enftn, de dire dans un aplionsme

r„- e obscm-cit l'autre ., c'est-à-dire lorsque deux opérations mo b.tcs ^•a^c m dis ill«--; sur des parties éloignées, la plus considérai e t™ Pour Hippocrate, ce travail est M ' ""^jj,,

; 1 . ,t„o oirlies éloiguccs du corps, et immlif. ^«;«it,»^.!, au cou

L lu'il e F^^^^^ 'la- rtgion «oisine du siège du premier mal. traire lo s.|U I e pioa ^^^^^ ^^^^ ^^^^ ^^^^^ ^U^^„„„, j„

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'"r"t!l't",f ropt la doctrine de la révulsion d'Mlppocratc vivifiée pat : Soie t g2". et venue ius<,u'a nous, malgré les modiûcations dont

elle a été l'»*'. n^portance du fait, mais il est im^ssible d'en nier

0„ I»"" a''^"^» ,^ ^.,.i,,,i„„ viennent d'Hippocrate, et repré- Pexistence ^= * j '^^^^ l'énoncé pour être compris de ceu. a

sentent des choses <!«",' ^^,^1 ,^ ,,„e,,ine, telle qu'elle est

^^s:^rur;:rr;:d^:!s

Hippocrate, .p-r.».», -ai.., «6(0..»», 6.iU„, Li.tré. P.rU, .8». 'XLl..T.C. „™,»..(,0.. ci.., Paris, d«6, t. V, „. «7,.

a Galion, OA-um., Lad. Darembcrg. Pans, 180^-57. I5J Cibas;, Oi.-«..rc., Irad. Bussc.nake. cl Darcmbcvs. Pans, I80I o2, l.

MÉDICATION RÉVULSIVE. Û37

synonymes. En ciïet, on n'établit pas de différence entre les agents révulsifs et les agents dérivatifs. De plus, reww/ser une maladie ou la dériver, c'est toujours la môme chose relativement à l'organe engagé que l'on veut guérir, et il n'y a pas lieu de faire une dilérence entre ces mots, à moins d'en revenir aux idées d'Hippocrate.

Ce qui établit d'une manière pérernptoire la po.ssibilité d'une révulsion curallve provoquée par le médecin, c'est l'observation journalière de la révulsion spontanée. — L'existence de l'une est une première preuve de la réalité de l'antre. — Les phénomènes sympatliiqucs des organes entre eux, les crises des maladies, les antagonismes morbides, sont autant de motifs qui plaident en faveur de l'idée du déplacement des maladies d'un organe important sur un organe qui l'est moins. Quand on voit l'acte physiologique de la grossesse et l'afflux de sang qu'il amène dans l'utérus suspendre momentanément la niarclie de la plithisie imlmonaire, qui reprend son cours après la délivrance, on doit croire aux effets de la révulsion. Si le fait n'est pas constant, il est du moins assez commun pour que tous les médecins l'aient observé plusieurs fois. J'en ai vu quelques exemples, et cela suffit comme preuve de ce que j'avance. J'ai vu aussi deux fois la grossesse faire disparaître momentanément Vacne rosacea, aussi appelée couperose, qui reparaissait après l'accouchement. La lactation, chez les nourrices, suspend et retarde le travail des ovaires relatif à l'ovulation, et empêche les règles de se produire. — Une maladie aiguë, développée chez un individu qui porte une suppuration d'ulcère ou de vésicatoire, arrête momentanément la suppuration, qui revient dès que la phlegmasie tend à disparaître. Un grand écoulement d'urine a quelquefois guéri Vascite. Il en est de même de la diarrhée, et cela est si vrai, qu'on peut, ainsi que je l'ai fait plusieurs fois à l'aide d'une forte dose d'eau-de-vie allemande (60 gram. environ), guérir pour plusieurs mois et pour plusieurs années une anasarque très-considérable dépendante d'une maladie organique du cœur très-avancée. Un érysipèle fait souvent disparaître une bronchite, etc.

Chez les animaux le fait de la révulsion est plus facile à démontrer, car on peut multiplier les expériences d'une façon qu'il serait impossible d'imiter chez l'homme. — Des sétons de 50 centimètres, appliqués à des chevaux, peuvent donner, d'après M. Henri Bouley (1), h% grammes de pus en vingt-quatre heures. On en met, suivant les cas, cinq ou six à la fois pendant six jours, ce qui fait • une spoliation de près de 2000 grammes de liquide en un assez court espace de temps. — De pareils moyens ne peuvent être sans énergie, et en réalité leur puissance curalive est très-grande.

La révulsion a été, de la part des médecins modernes, l'objet de recherches sérieuses. Baglivi, Fouquet, Barthez, Goupil, Ilufeland, Sabatier, Cazenave Gmtrac, Bouvier (2), se sont particulièrement distingués sous ce rapport et

(1) Houley, Bulklin de l'Académie de médecine. ?ms, 1855-56 t XXI n 146

(2) lîouv.cr, I!ull. de l'Académie de médecine. Paris. 185G-56,'l. XSl/p.'52 et-suiv.

/l38 PATIIOr.OGlE r.ÉNÉRALE.

parmi oiix je signalerai surtout les coiisidéralions 61cvées de M. Élle Cinlrac (de Bordeaux) (i).

Les agents révulsifs sont des moyens susceptibles de détourner le cours du sang d'un organe cnnanuiié, de développer sur une partie saine une activité fonctionnelle plus grande ou une lliixion sanguine et humorale très-considé- , rables. — Ces agents sont hygiénicpies, chirurgicaux et pharmaceutiques.

Le calorique extérieur, les frictions de toute nature, les bains chauds et froids, l'hydrothérapie, de petites saignées du pied et du bras, suivant la circonstance, les' sangsues en petit nombre, les ventouses sèches et scarifiées, le séton, le cautère actuel, le moxa, les irritants de la peau, tels que les sinapismes, les vésicants, les cautères, etc. ; les sudorifiques, les stimulants de la muqueuse gastro-intestinale et les stimulants spéciaux de quelques organes, tels que les vomitifs, les purgatifs, les diurétiques, les sialagogues, etc., sont des agents de révulsion très-communément employés.

Les uns attirent, détournent ou enlèvent une certaine quantité de sang; les autres opèrent des congestions plus ou moins étendues, des phlegmasies cutanées plus ou moins profondes, depuis l'érythème jusqu'à la vésication; des corrosions du derme, suivies de suppuration ; des hypersécrétions cutanées, rénales ou -astriques. Mais ces procédés divers, envisagés dans la mesure de leur activité propre et de leur dose, stimulent les tissus de manière à y déterminer une réaction vitale, vasculaire ou nerveuse, plus ou moins intense, et c'est cette réaction qui doit produire l'eiïet révulsif. -Malheureusement cela ne réussit pas toujours, la médication n'a point d'effets constants ; mais d suffit de les avoir observés plusieurs fois pour être autorisé à les considérer comme vrais.

Leur action est immédiate ou lente. Le sinapisme, le vésicatoire ammoniacal, le vésicatoire aux cantharides, agissent rapidement, et quelques heures ou un jour suffisent pour qu'on puisse en apprécier l'effet. Il est d'autaut p us unportant de le connaître, que l'on aggrave ordinairement l'état du malade si Ion insiste sur les révulsifs douloureux, alors qu'au bout de douze ou vingt-quatre heures ils n'ont amené aucun bon résultat : dans ce cas ils excitent au heu de minsposer. La révulsion lente, faite au moyen des cautères et de la sti latic^i Vemiie de préférence dans les maladies chroniques, et principalement dans les maladies qui sont l'expression d'une diathèse, comme '^^''^ ?

Leurs effets consistent : !<> dans une impression locale delo.ganesui lequel on les applique, et qui consiste dans une suractivité v-culaire et nei^sc^contestable, ayant un retentissement plus ou moins marqué su les P^'l' Z^dJs un effet général, in^..a, qui peut ^tro. ainsi que Bagl a

nalé, une action sympathique ayant pour effet ^^^^f^^ l^^^^J^^ gLlrer des spasmes ou bien une action sédative générale e locale, a l^^^^^^^^^^^^ ^lotaire de l'état morbide antérieur. -Les agents pas infailliblement la révulsion, et ils ont une action ^''«T^'-^^^' [avorable. d'après un certain nombre de circonstances que M. G.ntiac,

(1) ÉlieGlntrac, Cours théorique ci pra/ig«e do pathologie interne. Paris, 1853-59.

MÉDICATION RÉVULSIVE. Û3&

decin expérimenté, rapporte à l'organe malade, à l'état général de l'organisme, au révulsif employé et au lieu d'application du révulsif. Los propositions qui suivent sont empruntées ;i cet auteur.

i° Conditions relatives à l'organe malade. — « Quand un organe est irèsvivement irrité, les révulsifs employés seuls risquent d'agir sympatliiqucment et d'augmenter la maladie. » C'est ce que M. Guérin, de Mamcrs, a formulé en disant : (• Toute révulsion dont se ressent l'organe malade est mauvaise. »

« Une irritation connîiençunte, ou encore faible, peut être arrêtée ou détruite par les révulsifs.

» Quand une affection a perdu de sou intensité, mais paraît résister encore ou est devenue chronique, les révulsifs sont d'une grande utilité. »

T Conditions relatives à T état général de l'organisme. — «Un état général de vive excitation dénoté par la force, la dureté, la fréquence du pouls, une haute température et une coloration animée de la peau, exclut l'emploi des révulsifs énergiques.

" Plus les forces paraissent amoindries dans l'ensemble de l'économie, plus la révulsion d&it être active.

» Une vive sensibilité, une grande irritabilité organique, réclament des ménagements dans l'emploi des révulsifs. »

3° Conditions relatives aux agents révulsifs eux-mêmes. — « Il faut préférer l'agent révulsif dont l'effet immédiat a le plus de rapport avec le mode pathologique qu'il s'agit de combattre. La congestion sera traitée par les révulsifs qui soustraient ce sang, et un flux par l'augmentation des sécrétions antagonistes.

» Il faut proportionner l'activité des révulsifs à l'intensité de la maladie. \ » Si l'action du révulsif doit être assez énergique pour dominer l'irritation qu'il s'agit de détruire, il ne faut pas cependant qu'elle soit assez forte pour provoquer dans l'économie une réaction nuisible ou de dangereuses sympathies.

» Un révulsif n'a pas toujours besoin de faire, sur la partie qui en reçoit le contact, une altération aussi grande que celle à laquelle on l'oppose.

» La persistance de l'action des révulsifs est une condition de leur efficacité.

» Les révulsifs destinés à produire une hypersécrétion ou une sécrétion anomale doivent, pour être efficaces, donner des produits suffisants et de qualité convenable. ;>

h° Conditions relatives aux surfaces sur lesquelles on applique les révulsifs. « Il faut que la partie qui reçoit l'application d'un révulsif jouisse d'une vitalité suffisante.

» Les révulsifs nedoivent être appliqués que sur des parties saines et exemples d'irritation antérieure.

» Quand on a le choix des parties sur lesquelles doivent être appliqués les révulsifs, on doit en général préférer celles qui remplissent les fonctions les moins importantes.

» Plus la vitalité d'une partie est élevée, plus la révulsion que son oxcitement détcr/nine est puissante.

» Quand on veut rappeler une maladie extérieure dont la suppression donne

/i/lO PATHOLOGlli GÉNÉRALE.

litîii à des accidents graves, c'est sur le siège primitif de l'affeclioii cjue le révulsif doit ôlre appliqué.

« Quand une alVeclion est récente, très-intense, ét(;ndue et disposée à se propager, à provoquer des réactions ou à se reproduire, les révulsifs doivent être appliqués à une grande distance du lieu malade. » C'est aussi l'opinion de J$aglivi, et de Barthez dans son Traité des fluxions.

« Lorsqu'une allection est légère, circonscrite, sans réaction générale, ou qu'elle est chronique, opiniâtre, fixe ; ([u'elle menace de désorganiser les tissus et qu'elle a résisté aux révulsifs éloignés, c'est près du siège même de l'alfection locale qu'il faut agir. »

Toutes ces propositions expriment des vérités cliniques générales, basées sur l'observation des faits ordinaires, et elles constituent, si l'on peut ainsi dire, les lois de la révulsion. — Depuis Barthez, Sabatier et Guérin, ou ne les avait jamais formulées d'une manière aussi complètement satisfaisante pour ceux qui ont la connaissance des malades. Il reste encore beaucoup à faire sur ce point, et il serait très-utile de reprendre la question et les différents problèmes qu'elle soulève au point de vue de la science moderne, alin de déterminer les cas où la révulsion est applicable et ceux où il ne faut pas l'employer, pour que le médecin sache ce qu'il fait, pourquoi il le fait et comment il doit le fan-e. Malheureusement le problème des impressions révulsives, dans leur rapport avec l'acte curaiif, est aussi obscur que tous les autres problèmes thérapeutiques relatifs aux impressions curatives. Entre les moyens et l'effet, bou ou mauvais, qu'ils déterminent, il y a pour intermédiaire l'économie vivante, c'està-dire la vie, qui engendre des effets individuels différents pour chaque personne, ce qui'reud impossible leur comparaison absolue dans le rapprochement

qu'on veut en faire. • i i „

En pareil sujet, quelques faits concluants bien observés peuvent servu- de base à un principe, malgré les exceptions réelles tirées de faits contrau-es.

La révulsion opérée spontanément ou provoquée par l'art sur une partie saine, a c^uéri ou modifié une maladie antérieure, c'est là une chose incontestable pour tous les cliniciens ; mais chacun le déclare, ce fait n'a rien de constant, et i peut ne pas se produire. C'est ce qui arrive dans l'emploi de tous les moyens

Nrïa'?évulsion parce que des agents dits révulsifs ne révulsent pas toujours la maladie qu'on veut détourner, n'est pas une chose rigoureuse Autant vauch-a.t nier les propriétés sédatives de l'opium et les propriétés stimulantes de l alco . parce qu'il arrive souvent au premier d'exciter et au secoml d endormin Ce ne sont là iue des objections de fantaisie. La révulsion est ^^^^^^'"^ ces contestations, et c'est parce qu'il relève de la force individueil s d IT déterminer, qu'il ollre tant de différences dans ses manifestations et tai t d . c titude dans ses lois. Un jour peut-être serons-nous plus heureux, et sau on nous pourquoi la révulsion s'opère, et dans quelles circonstances précises il faut

''T^n'osï pas tout. La révulsion s'opère non-seulement sur des points éloigné.

MlilMCATfON RÉVULSIVE.

011 dans le voisinage d'une partie malade, niais on peut la produire encore sur i'orsane soiillrant on y faisant naître une irritation de bonne nature qui prend la place de l'état morbide antérieur de manière à en faciliter la guérison. C'est une révulsion sur place. Ainsi guérissent beaucoup de phlcgmasies locales scrofuleuses atoniques, lorsqu'on les soumet à l'application des irritants locaux produisant une inllammation nouvelle qui se substitue à l'irritation primitive. Phlegmasies cutanées et phlcgmasies muqueuses, toutes cèdent facilement à une plilegmasic nouvelle provoquée par l'impression d'un stimulant spécial.

Le nitrate d'argent dans les ophthalmies, sur les ulcérations chroniques de la peau, dans la dysenterie chronique, dans l'angine couenncuse, etc. ; les pommades antiophthalmiques ; les vomitifs dans la gaslrorrhée, les purgatifs dans certaines entérites, le vcsicatoire sur l'érysipôle et sur les articulations enllammées ; les bains très-chauds, les bains alcalins et les bains sulfureux dans quelques maladies de la peau; les lotions d'eau vinaigrée contre la cuisson du prurigo ; les cautérisations d'acide chlorhydrique dans l'angine gangréneuse et dans la diphthérile buccale, etc. , sont des moyens desubstituer à d s maladies anciennes un étal aigu spécial qui change la vitalité des tissus et les dispose à une guérison rapide. Les faits de ce genre sont aujourd'hui si nombreux, qu'ils sont reconnus de tout le monde, bien qu'on ne puisse constamment réussir à les provoquer. Malgré les exceptions, le fait général n'en subsiste pas moins et ne saurait être mis en doute.

La substitution thérapeutique est la conséquence de la mise en œuvre de la sensibilité des tissus malades, et son action est en quelque sorte locale; l'impression produite par le stinmiant provoque une réaction qui est moins la conséquence d'une absorption des stimulants que de leur action réflexe sur la sensibilité. Cette action ne doit jamais dépasser certaines limites appréciées d'avance par le médecin. En effet, il faut que la maladie substituée ne soit pas plus grave que celle qu'on a voulu remplacer. C'est là une affaire d'expérience. La marche, la nature et la gravité de la maladie à guérir doivent être déterminées avec soin, afin de pouvoir choisir un moyen substitutif dont l'action ne reste pas en deçà ni au delà de l'effet curatif. Ou n'emploiera pas, sur un œil atteint de kératite ulcéreuse simple, le nitrate d'argent à la môme dose et de la même manière que dans une ophthalmie purulente des nouveau-nés. On ne cautérisera pas une pustule variolique aussi vigoureusement qu'on ferait pour une pustule maligne, etc. Les agents stimulants qu'on emploie dans la médication substitutive, doivent donc être proportionnés, dans la nature de leurs effets, à la nature et ;i la gravité du mal à faire disparaître.

Un second précepte de la médication substitutive est d'entretenir la stimulation autant qu'il est nécessaire pour modifier la vitalité des tissus. C'est ainsi qu'on met plusieurs fois par jour une goutte de collyre au nitrate d'argent dans l'œil attemtd'opluhalmic. Dans quelques cas, il faut prolonger l'actir.n substitutive jusqu'au moment de la guérison, de manière à faire perdre au ti.ssu malade 1 habitude de l'inllammation première, et c'est à celte condition qu'on peut

[xU2 PATHOLOGIE GÉNÉRALE.

espérer un succès de quelque durée. Il faut quelquefois coiilinuer le slimulani pendant plusieurs semaines.

11" Médication spécifique.

La médication spécifique est ainsi nonuTiée parce qu'elle met en œuvre des médicainenls doués de la faculté de guérir spécialement une maladie. La raison n'est pas son guide, et elle ne relève que de l'empirisme. On apprend qu'une substance possède des qualités occultes neutralisantes de tel ou tel état morbide, et on la met en usage en suivant des règles que l'expérience a consacrées. C'est ce qu'on appelait autrefois des antidotes, mot aujourd'hui synonyme de contre-poison. De même que la spécilicitô morbide représente la nature propre et les qualités occultes des maladies, de même aussi la spécificité d'un médicament indique ses vertus spéciales. C'est un effet direct et mystérieux qu'il nous faut admirer sans pouvoir le comprendre.

Il y a comme je l'ai dit dans le chapitre consacré à la spécificité en général, des spécifiques d'organes qui montrent par leurs effets la possibilité des spéafigues curatifs. L'action de l'alcool sur le cerveau, du mercure surles gencives et sur les glandes salivaires, du plomb sur les muscles extenseurs des doigts, du phosphore sur les os maxillaires, de l'iode sur les glandes et sur la muqueuse pituitaire, de l'aloès sur le rectum, de la belladone sur la pupille, de la strychnine sur les mouvements volontaires, de la digitale sur le cœur, du seigle ergote sur l'utérus etc., sert de preuves h l'existence d'une spécificité d'action des remèdes sur un organe de préférence à un autre. Mais si un médicament peut exalter ou abolir, en totalité ou en partie, les fonctions d'un organe, comment lui refuser une vertu spécifique contre certaines de ses altérations morbides? Cela est impossible. De la spécificité organique à la spécificité curative il n'y a qu'un pas, et bien que l'une ne conduise pas inévitablement l'autre, elles sont difficiles a séparer et s'éclairent réciproquement.

La médication spécifique a donc pour but d'appliquer à une maladie le remède occulte que l'expérience a démontré prévaloir sur elle. Ses moyens sont les snécifioues tirés de tous les règnes de la nature. Elle oppose le qumquma et S ;^parations . la fièvre intermittente et pernicieuse, aux Hèvres i.mmemes effluviques et aux fièvres larvées, aux névralgies périodiques et a toute, les mal ^s dont le principal caractère est V intermittence. Elle adresse l'ammoniaque à l'ivresse, c'est-à-dire à l'alcoolisme aigu; la belladone aux impressions moibificues émanées d'un foyer de scarlatine épidémique, afin de préserver ceux q i'n' n pas encore été atteints; le soufre comme prophylactique de la ro lole etc. Elle utilise la vératrine et le sulfate de quinine à haute dose dans le tusme articulaire aigu, qui guérit très-rapidement -us leur nifUie.^^^^ C'est enfin à elle qu'il faut rapporter l'emploi, à titre de ^Z'^"/^?"^^'.^^ / l^;^ dans la scrofule et les scrofulides, du mercure et de l'iodure de d^ le syphilisme et ses manifestations, du fer dans la chlorose du tait a d a . .noine et de potasse dans la pneun.onic aiguë, de l'ergot de -S ^^-^ morrhagies de l'utérus, du vaccin contre la prédisposition a la variole, du semon

DE LA NOMENCLATURE. fif\^

contra contre les ascarides; de l'écorcc de grenadier, de la fougère mâle et du cousso contre le ténia, etc.

Je voudrais pouvoir dire que chaque maladie a son spécilique ; malheureusement il n'en est pas ainsi, et le jour de la réalisation de mes désirs est encore bien éloigné. Cependant ce que la science a su conquérir jusqu'ici permet do (lensor qu'elle pourra dérober de nouveaux secrets à la nature.

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