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DE LA CLASSIFICATION DES MALADIES

En nosographie, une classification a pour but la distribution méthodique des maladies en un certain nombre de classes, d'ordres, de genres et d'espèces, d'après les caractères généraux et particuliers qu'elles présentent.

Au milieu des faits et des matériaux qui l'encombrent, la médecine a plusieurs iois essayé de secouer cette poussière de détails pour uicltre un peu d'ordre idans les éléments qui la constituent. Elle a compris que le moyen de s'élever

hL\\> PATI-IOLOGIi; CfiNÉUALE.

;ui ranp! des sciences exactes, c'était de coiislniirc une. classilicalioii raisomiéc ([ui mît clia(|iie chose à sa place et permît à (piicoiique le voudrait de l'y trouver lacileuieiU.

Les anciens médecins, préoccupés de leurs idées générales sur les maladies, ne songeaient guère ii les grouper d'après leurs caractères principaux. Ils les décrivaient comme des peintres pour en laisser des images à la postéi ité, et ils s'occupaient davantage des fjuestions de nosogénie et de tliérapenlique. Quelques divisions nosographiques datent de ces temps éloignés; la plus importante est sans contredit celle des maladies aiguës et des maladies chronigues. D'autres tentatives ont été faites, mais sans donner de résultat, et il faut arriver jusqu'au xvi'' siècle pour rencontrer des essais de classification dignes d'être cités malgré leur insuffisance. Ceux de Fernel d'abord, de Félix Plater et de J. Jonston ensuite, ouvrirent la voie que devait parcourir un peu plus lard si glorieusement Boissier de Sauvages (1), un des i)lus grands nosologistes connus.

C'est un spectacle bien curieux que celui d'une science aussi avancée que la médecine par les travaux de ses fondateurs, et qui passe ainsi quinze siècles avant de songer à la coordination complète de ses élémeiits. Mais tout i-'enchaîiic et marche d'un pas égal dans les connaissances humaines : la médecine ne pouvait aller plus vite que les autres sciences naturelles ; elle n'avait connne elles que des classifications incomplètes, et, lorsqu'un homme de génie eut fait une bonne classification de botanique, peu après, sous l'inspiration des mêmes principes, parut une classification de médecine. Telle est l'histoire de la nosographie de Boissier de Sauvages. Il mit trente ans à la former. C'est la mieux faite, sinon la plus exacte, et c'est la plus conforme aux préceptes fondameutaux d'une œuvre de ce genre. Elle est très- rigoureusement déduite du principe (lui lui sert de base. J'y reviendrai plus loin, en parlant des autres classifications nosographiques.

C'est un fait général dans l'histoire des sciences d'observation : leur progrès, en rapport avec In découverte de faits nouveaux dont le nombre va chaque jour croissant, a pour résultat de multiplier les détails à l'infini et de surcharger la mémoire des savants. Il faut alors, pour remédier à cet inconvénient, recourir à des procédés artificiels de méthode destinés à rechercher les ressemblances, les analogies et les différences des objets, afin de les .séparer, de les «rrouper et de les réunir en 1rs coordonnant d'après des caractères essentiels sûrs et faciles à retrouver. C'est ce qu'on appelle faire une classification. La zoologie, la minéralogie et la botanique ont dû recourir à ce procédé pour rassembler'toutes leurs' connaissances, et le succès obtenu laisse peu de chose à désirer. Il est vrai que, dans ces branches de l'histoire naturelle, on n'a sous les yeux que des choses et des individus ayant leur existence particulière distincte, que l'on peut observer, analyser et comparer, dont l'origine et l'ensemble extérieur sont saisissables, et dont les différents caractères établissent nettement

(1) Boissier de Sauvages, Nosologie méthodique, ou Distribulion des maladies m classes, genres, espèces. Paris, 1771.

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les analogies ou les difl'érences. Le minéralogiste, qui tient coniple des formes cristallines, du clivage, des phénomènes de réfraction simple ou double, de la polarisation par réllexion, de l'état élastique, de la dureté, du poids spécilique, (le la composition des corps bruts qu'il veut classer, opère sur des propriétés constantes et d'une appréciation possible. Le zoologiste ne s'occupe que de i'et)seinble de l'organisation des êtres, et les rapproche ou les éloigne d'après les degrés de ressemblance qu'ils ont entre eux, d'après leurs affinités respectives, et, secondairement, d'après le principe de \di subordination des caractères qu'il lui est toujours facile de retrouver. Il en est de même en phytologie, où les caractères essentiels d'une plante isolée se représentent toujours, à peu de chose près, les mêmes, et permettent au botaniste de faire le plus souvent un classement facile et régulier. Tout homme systématise, volontairement ou involontairement, bien ou mal, les diverses parties de ses connaissances. « L'espèce humaine, dit Cabanis, ne peut se passer, pour le rappel et l'emploi facile de ses connaissances, d'un lien qui les unisse, les coordonne et fasse un tou complet de ces parties, insignifiantes tant qu'elles restent éparses. On fin bientôt par se perdre dans la multitude des faits recueillis, si l'esprit philosophique ne vient les ranger dans un ordre convenable. »

La classification des maladies est, en raison de leur nombre, de leurs variétés, des analogies et des différences qu'elles présentent, une chose extrêiîiement diflicile. Tous ceux qui ont essayé savent à quoi s'en tenir, et je ne sais trop, pour mon compte, si, une maladie étant donnée, on ne ferait pas mieux d'en chercher le remède, comme le voulait Pitcairn, que de s'occuper à en déterminer la place dans le cadre nosologique, d'après la recommandation de Pinel.

Une classification en médecine n'a rien de comparable aux classifications des sciences naturelles. L'idée est la même, mais c'est tout : car les choses h classer diffèrent complètement. En effet, les maladies ne sont pas des êtres naturels, ce sont des accidents ou des modalités de l'organisme : ce qu'on appelle une maladie ne constitue pas un être ayant son existence distincte et ses caractères de race, comme l'animal ou la plante, qui ont leurs caractères essentiels fixes, permanents et définis. Or, comparer ces deux choses pour les classer d'après les mêmes principes, c'est tenter l'impossible. Leur classification doit être faite d'une autre manière et par une autre méthode. Une maladie ne forme pas une individualité matérielle,, saisissable autrement que par contagion. Telle que nous l'entendons généralement, c'est une abstraction faite dans notre esprit d'après certains phénomènes morbides matériels ou dynamiques, observés par nous Dans celte manière de voir, les maladies n'ont pas toujours des caractères fixes" ' permanents, qu'on soit toujours sûr de retrouver chez tous les individus atteint! de la même affection; elles ont, au contraire, des caractères transitoires variables du début à la fin des accidents, par guérison ou par la mort II n'y a qu un très.petil nombre de maladies qui présentent ainsi des caractères essen tiels susceptibles de conduire directement à la détermination de l'espèce En outre. Il y a beaucoup de maladies compliquées qui offrent, au même moment ou d une manière successive, des phénomènes appartenant à une affection d" n

B. — PATHOL. GÉH.

^r^Q PATHOLOGIE GÈNÊRALli.

clause cUlKrcUc, ce qui mm toujours i uuc Dounc cl»ilialiou. U malafe, culu, n'ost uas une c;,o« «aiwe/fc, couiparablc aux Cl.os do moudc org.- Xniciuo ; Cos. uuo anomal,... une abo, . aUou de la na.ure c. une

""SlrS"^..!*. c„dw.. pour un "S clas in atiou connue une ceuv.e n.ile e> honorable J ^Tj^^^^^;Z,t faille désespérer de l'avenir et de nmlucuec des class.ncauons sur los |i oy cs d «M e Je pense, au contraire, „ue les tenlalives faircs dans ceUe d,- ?ee irs henren es et ourrontde.enir fécondes ; en umt cas, elles apprennent ™ , ° 1 ê maltode de rassenrblcr les maladies parleurs causes, leur nature,

oeut nrr. al . Si les classlQcations n'ont pas en en ntédeaue tons les a, „•

n àu'ors nteusda,.sles sciences naturelles, c'est peot-étre la faute des inc" t tôt eue celle de la méthode. Si elles oUrent des meonvemeut.,

tr Tt^s ce ni de disperser des affections qui denaient se trouver réumes rirnle classe, ou celui de ne pas comprendre --^^ ^^^

le cadre nosologique adopté, c'est qtt'elles sont msumsantes ou mal Ual.hcs.

bonne classification ne peut avoir que des avantages.

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