MÉTHODE SYMPTOMATIQUE
Ce sont : 1» les calonnhses et les sous-divisions en surcalorinhe^ et en </<îsf«lorinhses • 2" les oxygénhes, sons-divisécs en suroxygénhses et en dcsoxygénèses; S^'lcs hydrogénkes; W les «zo^e-/?àsfs ; 5° les phosp/iorénèses, sousdivisées en surphosp/iorénèses et desp/iosphorénèses, selon que la substance phosphatée manque ou prédomine dans les corps vivants.
Mais comme toutes les maladies ne pouvaient pas renlrer dans cette classincation, Baumes, voulant être complet, imagina de faire un appendice ou classe supplémentaire pour placer les dilTércnts états morbides o qui n'avaient pu entrer dans les cinq classes fondamentales de sa nosologie. » On le voit, il est impossible de mieux s'arranger avec les difficultés inhérentes aux classificaiions médicales. Au reste, il serait peu généreux de critiquer vivement un système mort-né, dont on ne parle plus aujourd'hui qu'en souriant; et la chimie, sur laquelle il s'appuie, n'oserait certainement pas de nos jours, malgré ses progrès, autoriser une tentative semblable à celle de Baumes.
§ 4. — Métbortc syu»i»tonintl«|UO.
La méthode symptomatique, essayée au seizième siècle par Félix Plater, professeur à Baie, plus tard dignement inaugurée par Sauvages et Linné, s'appuie sur ce fait que, les maladies se traduisant au dehors par un certain nombre de symptômes, on doit pouvoir remonter de ces symptômes au nom des maladies. C'est là une idée clinique très-exacte; mais, si juste que soit le principe, dans l'application il a conduit Boissier de Sauvages (1) à une nosographie impossible.
En effet, il n'est pas suffisant de considérer un symptôme important, et de l'isoler en le dégageant de toute autre considération de cause et de nature, pour caractériser nettement une classe de maladies. La plupart des symptômes que Sauvages a pris pour base de ses divisions sont connnuns à des affections de nature très-différente, ce qui entraîne des rapprochements malheureux que repousse une bonne observation. Cette nosologie est composée de dix classes renfermant quarante-quatre ordres, trois cent quinze genres et plus de deux mille espèces. Les dix classes sont : 1° les vices ou affections superficielles ; 2° les fièvres; 3° lea p/degmasies ; k° les spasmes; 5° les essoufflements ; 6" les débilités; 1° les douleurs; 8° les folies; Q° les fux ; 10° les cachexies. On trouve dans la classe des vices \e leucoma près de l'ecchymose et de l'acné; l'érysipèle auprès du squirrhe, de la parotide, du cancer et du charbon ; les anévrysmes à côté des loupes et du staphylôme de la cornée; la chute de la luette à côté des luxations, etc. Je n'étendrai pas plus loin celte critique, qui, sauf les classes des fièvres, des phlegmasies et des spasmes, très-bien établies, pourrait s'appliquer à chacune des classes créées par Sauvages en raison de l'existence d'un seul symptôme comme caractère nosologique.
(1) Boissier de Sauvages, Nosologie méthodique, trad. par Nicolas. Paris, 1771, 3 volumes ln-8.
/ifiO PATITOLOr.IE GÉNÉRALE.
Vingt-cinq ans plus tard, Linné (1) donnait à Upsal une classification nosologiquc à peu pi-(;s semblable à celle de Sauvages : elle se compose de onze classes comprenant trente-sept ordres et trois cent vingt-cinq genres, l-es classes établies par Linné sont : 1" les maladies exanthéinatùjut's; 2" les maladies critiques', 3° les maladies phlogi s ligues; les maladies douloureuses; 5° les maladies mentales; 6° les maladies quiétales; 1" les maladies motoires; S" les vialadies suppressoires ; 9° les maladies évacuatoires; 10» les difformes, et 11" les vices.
La classificalion uosologique de II. A. Vogel (2), professeur de Gœtlingue, promulguée en 1766, a la môme base que la précédente. Elle est composée de onze classes renfermant cinq cent soixante genres. Ces classes sont : 1» les fièvres; 2" les flux; 3" les épichèses; L\° les doidcurs; 5° les spasmes; 6" les adynamies; 7" les hyper esthésies; 8° les cachexies; 9° les paronoïes ou aberrations de l'esprit; 10" les vices, et 11° les difformités.
Sagar (3), médecin à Iglav^^, en Moravie, dont le nom est assez peu connu aujourd'hui, a voulu rectifier le travail de Sauvages, et, sans changer de méthode, il a réuni dans une classification nouvelle toutes les maladies de l'homme sous treize classes, qui ne sont autres que celles déjà indiquées par Sauvages, plus les deux suivantes : les plaies et les suppressions. Ces treize classes sont : 1° les vices; 2" les cachexies; 3° les douleurs; U° les flux; 5» les spasmes; 6» les essoufflements; 7» les débilités; S" les exanthèmes; 9" \esphlegmasies; 10" les fièvres; 11" les folies; 12" les plaies, et 13° les suppressions.
Cullen (4), en 1775, fut plus heureux que Vogel dans les modifications qu'il fit subir à la classification de Sauvages. Sans dénatûrer son principe philosophique, il opéra une réduction considérable dans le nombre des classes, et les réduisit à quatre seulement : 1" les pijrexics; 2" les névroses; 3° les cachexies, et k" les maladies locales. Ces quatre classes contiennent dix-neuf ordres et cent trente-trois genres.
Vilet, en 1770 (5), s'est appuyé sur le même principe que les précédents auteurs pour établir sa classificalion nosographique. Les maladies s'y trouvent divisées en neuf classes : 1° les fièvres; 2" les inflammations; 3" les douleurs; h" les convulsions; 5" les maladies de l'esprit; 6° les débilités; 1° les évacuations]; 8° les maladies par déplacement des parties organiques; 9° les maladies par rétention des matières fluides ou solides.
On peut adresser à tous ces essais de classification nosologique, reposant sur le principe de la considération d'un seul ordre de caractères choisi parmi les symptômes importants, le même reproche que j'ai adressé à la nosographie de Sauvages. C'est une manière systématique, artificielle et tout à fait erronée de
(t) Linné, Gênera morborum. Upsal, 1763.
(2) Vogel, Definiliones generum morborum. Gottingre, lldà.
(3) J. B. Sagar, Syslema morborum symplomaticum. Edilio allera. Yiciin.r, 1783. (Il) Cullen, Synopsis nosologiœ methodicœ. Edinburgh, 1772.
(5) Vitet, Tableau des classes, des genres el des espècec de maladies, 1770. — Mniière médicale réformve. Lyon, 1770, in-8.