MÉTHODE MIXTE OU SYNCRÊTIQUE. Ù
30 Nosographie symptomatique, comprenant les maladies caractérisées par un symptôme important, et ne pouvant ôtre comprises dans les catégories précédentes.
4° AlJections superficielles, où la chirurgie n'a rien à voir, et qui n'ont affaire qu'à la pathologie médicale proprement dite.
La nosographie organique est divisée en 13 chapitres : IMes vices de proportion du sang; 2° les hypérémies ; 3° les liémorrhagies ; k° les inflammations ; 5° les hypertrophies; 6" les atrophies; 7° les gangrènes; 8° les tuberculisations ; 9° les cancers; 10° les hydropisies; 11° les flux; 12" les pneumatoses ; 13° les vices organiques divers (qui sonr la cause de véritables maladies dans toute la rigueur de ce dernier mot, et Jie rentrent dans aucune des douze catégories précédentes).
La nosographie éliologique comprend 11 chapitres : 1° les empoisonnements proprement dits; 2° les maladies calculeuses; 3° les maladies cutanées par présence d'êtres parasites; h" les maladies verminenses ; 5° les anéantissements de la vie par causes négatives; 6° les maladies par inoculation d'un venin; 7" les maladies d'intoxication paludéenne ; 8° les maladies virulentes ; 9° les maladies puerpérales; 10° les endémies singulières; 11° les épidémies particulièrement mémorables,
La nosographie symptomatique comprend : la fièvre inflammaloire, l'embarras gastrique, l'hystérie, l'hypochondrie, la manie, etc.
Les affections superficielles comprennent : les taches de rousseur, les verrues, l'alopécie, la canitie, etc.
La même pensée de fusion entre les principes des méthodes anciennes de nosographie a inspiré M. Grisolle dans le choix qu'il avait à faire (1). « Pour ne pas tronquer la science et l'aventurer dans les hypothèses les plus aventureuses », il a pris les principes de la méthode mixte ou syncrétique, et il a divisé les maladies en 10 classes. Ce sont : 1° les fièvres; 2°, les vices de proportion du sang ; 3°, les inflammations; lx\ les hémorrhagies; 5°, les sécrétions morbides; 6", \gs empoisonnements ; 7», les lésions de nutrition; 8°, les transformations organiques et les produits accidentels ; ^\ les ne woses; 10", les maladies propres à certains organes ou à certains tissus.
C'est la méthode mixte qui est aussi la base de la classification nosographique adoptée par M. Ambr. Tardieu (2). Les maladies, rapprochées d'après leurs caractères les plus apparents, c'est-à-dire d'après l'ensemble de leurs phénomènes communs, d'après leurs causes, leur marche, le siège qu'elles occupent et les altérations qui les accompagnent, y sont divisées en dix classes séparées en divers ordres plus ou moins nombreux, comprenant les genres et les espèces. Ce sont :
1" Les FIÈVRES, maladies caractérisées essentiellement par un mouvement fébrile qui commence cl cesse avec la maladie, et accompagnées, pour la plupart, de lésions ana-
(1) Grisolle, Traité de pathologie interne, V édition. Paris, 1865.
(2) Ambroise Tardieu, Manuel de pathologie et de clinique médicales, 3« édition. Paris, 186G, p. 18.
'•70 PATIlOr.OGIE (ÎÉNÉRALE.
loniiques spéciales qui, lors môme qu'elles sont constantes, n'ont qu'une importance secondaire, ou 6gard ù la marche et aux caractères généraux de la maladie.
2" Les MALADIES l'ESTiLENTiELLUS, maladies en général propres à certains climats, le plus souvent épidémiques, caractérisées par un ensemble liti symptômes généraux trèsgraves, sans lésions anatomiques constantes, et qui, par leur terminaison, ordinairement funeste, sont les fléaux des populations.
3° Les piiLEGMAsiES, maladies ordinairement fébriles, aiguës ou chroniques, qne caractérise, comme lésion, l'inflammation d'un organe ou d'un tissu, et dans lesquelles les symptômes dominants ont pour siège l'organe ou le tissu lésé.
4° Les HÉMORRUAGIES, essentiellement caractérisées par l'écoulement du sang hors des vaisseaux qui le contiennent.
5" Les FLDX, caractérisés par l'accroissement morbide et l'écoulement immodéré des liquides produits par l'une des sécrétions naturelles, sans lésion apparente dè l'organe sécréteur, ni altération notable du liquide sécrété.
6° Les HYDROPisiES, caractérisées par l'exhalation morbide et l'accumulation d'un liquide d'apparence aqueuse, épanché dans une ou plusieurs des cavités séreuses naturelles, ou infiltré dans le tissu cellulaire en l'absence de tout travail inflammatoire.
7" Les NÉVROSES, maladies apyrétiques ordinairement intermittentes, ayant leur siège dans quelque point du système nerveux, et s'étendant facilement, à la fois ou successivement, à plusieurs de ses parties; caractérisées essentiellement par le trouble de l'une ou de plusieurs des fonctions de ce système, et pouvant exister sans lésion appréciable des solides ou des liquides.
8" Les MALADIES CONSTITUTIONNELLES, affections presque toujours de longue durée et non essentiellement fébriles, liées à un état particulier souvent originel ou héréditaire de l'organisme, et caractérisées le plus ordinairement par des troubles complexes des principales fonctions de la vie organique et des lésions multiples, soit des solides, soit des liquides de l'économie.
9" Les MALADIES ORGANIQUES, affections de siège et de nature très-divers, qui sont essentiellement constituées par une lésion dans la forme, le volume, les dimensions ou la consistance d'un organe isolé et dont les caractères symptomatiques sont subordonnés aux effets locaux de la lésion organique particulière et au trouble des fonctions de la partie lésée.
10° Les MALADIES ACCIDENTELLES, affections accidentellement produites par l'inlluence directe de certains agents extérieurs, dont le mode d'action invariable est, sauf quelques exceptions, complètement indépendant de l'état de l'organisme.
Toutes ces classifications ont le défaut d'être exclusivement médicales, et, à part quelques objections de fond qu'on pourrait leur adresser, et dont les auteurs eux-mêmes ne dissimulent pas l'importance, elles ont le tort, à mes yciix, de ne pas comprendre dans leur ensemble ce qu'on appelle les affections chirurgicales. Pourquoi cette exclusion? Est-ce qu'une bonne philosophie médicale consacre la séparation de la médecine et do la chirurgie introduite par la pratique? Est-ce que la nosologie peut être divisée en deux fraguionts par le fait de l'intervention d'un coup de scalpel dans la thérapeutique ? Assurément non, et je crois qu'il serait avantageux, ne fût-ce que pour rendre honnnagc aux principes et faire honneur à notre philosophie, de ne jamais faire que des clas-
MÉTHODE MIXTE OU SYNORÉTIQCE. Ù7l
sifications complètes, où les médecins et les chirurgiens puissent trouver la place et la dénomination de toutes les maladies.
Sous ce rapport, la classification de M. BouiUaud (1) mérite d'Ctrc indiquée. Entièrement laite d'après les principes de la méthode mixte ou syncrétique elle comprend toutes les alîections dites médicales et chirurgicales, divisées en 12 classes :
1» l^ièvres et innammations, ou pyrcxies.
2» Affections consistant en un défaut d'excitation, d'action vitale.
3° Ataxies des centres nerveux.
à" Maladies miasmatiques et virulentes.
5" Hétérotrophies, hétérocrinies et hctérogénies d'origine non innammatoire.
6» Épanchements en général et épancliements de sang ou hémorrhagies en particulier.
7" Solutions de continuité et communications anomales.
8» Changements de position et de direction, ou déplacements et déviations.
9" Adhésions, connexions et infections anomales. 10» Changements d'étendue, de volume et de capacité. Il" Corps étrangers être tenta.
12° Changements relatifs cà la configuration, au nombre et à l'existence même des organes et de leurs parties constituantes.
La classiflcationquime sert dans mes cours de l'école pratique, pour l'enseignement de la pathologie interne est construite sur cette base. Les maladies s'y trouvent rangées par ce qui les rapproche le plus dans leurs causes, dans leur nature et dans les altérations qu'elles amènent à leur suite. En voici l'énoncé :
1° Les fièvres,
2» Les fluxions ou congestions.
3" Les phlegmasies.
à° Les hétérotrophies.
Hypertrophies.
Atrophies.
5° Les gangrènes.
6" Les flux.
7° Les pneumatoses.
8° Les nosohémies ou maladies du sang.
9° Les hydropisies.
10" Les hémorrhagies.
scrofuleuse ou tuberculeuse, cancéreuse, épithéliale.
11° Les nosorganies ) Abro-plastique.
ou < chondroïde.
maladies organiques:] adipeuse.
vasculaire. mélanique.
osseuse.
12° Les lithiasics.
(1) Bouillaud, Traité de nosographie médicale. Paris, 1846.
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( végétal.
13° Le parasitisme J ^^^.^^^^^^
■lû" Les névroses.
15» Les loxémies.
1C° Les ectopies.
17" Les traumaties. '
Dans cette classification, qui représente la pathologie entière, les différentes classes comprennent tous les produits morbides et tous les phénomènes dynamiques nés sous l'inOuence des différentes impressions morbifiques. Instituées d'après la connaissance des causes, exemple : les toxémies, les traumaties ; de leur nature : les névroses ou les phlegmasies ; de leur siège : les nosohémies ; de leur produit analomique : les hétérotrophies, les pneumatosps, les flux, les nosorganies, etc. , elles sont conformément établies d'après les principes de la méthode que j'ai adoptée. C'est, quant à présent, la seule manière raisonnable d'envisager les objets de la science médicale.
En résumé, la multiplicité des faits et des détails entraîne, pour la médecine, la nécessité d'une distribution régulière, systématique, d'après l'identité de leur nature, d'après la ressemblance et l'analogie de leurs principaux caractères.
Ce rapprochement d'objets à peu près semblables, leur coordination réfléchie, leur arrangement méthodique d'après une base solide, telle que la présence d'un ou de plusieurs phénomènes constants, forment une classification.
Les classifications de nosographie datent du xvi' siècle et sont nombreuses. Presque toutes ont encore aujourd'hui des partisans et des défenseurs, mais elles laissent beaucoup à désirer.
Les méthodes principales sont : la méthode alphabétique, la méthode synoptique la méthode étiologique, la méthode symptomatique, la méthode anatomotopo-raphique, la méthode anatomo-physiologique, la méthode organique et la méthode mixte ou syncrétique. Ces mots indiquent les principes qui leur servent
Parmi" ces méthodes, l'étiologiciue etl 'organique sont celles qui, théoriquement parlant, offrent le plus d'attrait, et deviendront, avec le temps peut-être et quelques nouveaux progrès de la science, les méthodes exclusives de noso-
^'mns l'état actuel de nos connaissances en médecine, il semble difficile de distribuer to-ites les maladies en classes distinctes et bien assises, d après les principes exclusifs de la méthode étiologique, symptomatique, anatom.qne et
°T méthode mixte ou syncrétique de nosographie me paraît en ce moment préférable à toutes les autres, car elle permet de prendre plusieurs ordr J de caractères essentiels, au lieu d'un seul, pour établir dune manière heureuse la division de la plupart des maladies en classes bien définies et assez naturelles.
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