‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologieChapitre 137 sur 439 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

Lorsque, sous riiiflucnce des difTérentes impressions morbifiqiies, un trouble fonctionnel ou matériel se produit, il en résulte des maladies aussi variées dans leur sié.se que parleurs symptômes, mais qu'on peut réunir, d'après leur nature probable ou leur caractère principal, en un certain nombre de classes distinctes. Chacune de ces classes renferme un très-grand nombre de groupes secondaires formant des ordres, des genres ou des espèces. C'est une division des maladies en familles naturelles, dont les parties diverses, par suite des circonstances spéciales, peuvent être réunies par un lien conmmn, très-général, supérieur aux phénomènes de détail, qui en établit la consanguinité.

Ainsi, à part le siège et la forme anatomique du mal sur la peau et dans l'intestin, dans le typhus, la variole, la scarlatine, la fièvre typhoïde, la rougeole, la peste, etc., qui sont des maladies en apparence bien distinctes, il y a un fait supérieur qui les rapproche, c'est la fièvre continue et la putridité du sang, la diflluence de la fibrine et sa tendance à la diminution quantitative : on en a lait avec raison une famille morbide ualurelle désignée sous le nom de fièvres ou de pi/rexics.

D'autres maladies, caractérisées par des symptômes très -différents, selon l'organe affecté, offrent cependant, comme fait supérieur, général, une grande chaleur, une exsudalion locale de fibrine dans les tissus malades, et une augmenlalion de fibrine dans le sang : ce sont les inflammations ou phlegmasies.

Ailleurs, le fait principal est une mortification des tissus ou gangrène, une liémorrhagie extérieure ou profonde, qui, selon son abondance et la structure des tissus affectés, présente des phénomènes différents : ce sont les hémorrliagies.

Chez d'autres, sous l'induence des causes les plus opposées, la sérosité du sang s'échappe des capillaires et infiltre le tissu cellulaire, ou se rassemble dans les cavités séreuses, de manière à former des hj/dropisies.

Ou bien le sang tout entier s'altère dans sa composition par le changement des proportions et de la nature de ses éléments : ce sont les nosohémies.

La sécrétion anomale des gaz, quels qu'en soient la cause et le siège, constitue des maladies formant une famille particulière, celle des pmumatoses.

Souvent des sécrétions sîreuses excessives se font à la surface de la peau et du tissu muqueux, et la sérosité s'écoule en assez grande abondance : ce sont les flux.

Des altérations chroniques, plus ou moins profondes et permanentes, se font dans les tissus, entravent l'exercice des fonctions et produisent des accidents de forme différente et variée, suivant l'importance des parties malades • c'est ce

il 74 PATIlOLOr.TE OftlSftRALE.

que l'on appelle des maladies^ organiques ou des nosorganics. Les unes sont caractérisées par un simple trouble de la nutrition laissant la texture organique élémentaire intacte, semblable à ce <iu'elle est dans l'état normal : exemples, l'atropliie, l'hypertrophie, l'épithélioma, etc. Les autres, au contraire, déterminent la formation de productions accidenlelles ou éléments organiques de forme nouvelle, s'ajoutant aux éléments normaux des tissus, de manière à les transformer en un tissu presque nouveau : ce sont les tubercules, le cancer, la mélanose, etc. On connaît aussi des Uthiasies ou formation de pierres, de calculs etd'ostéophytes;des zoogénies, dans lesquelles il y a production d'eniozoairesou d'épizoaires ; Ac^ phylorganies, caractérisées par la génération d'épiphytes; des (oxémies ou empoisonnements; Aas ectopics ou difformités, et des tmumaties ou maladies traumatiques. Il y a enfin des maladies de forme et de cause très-différentes, caractérisées essentiellement par des troubles dynamiques du système nerveux, sans altération matérielle appréciable, troubles de sensd)ilité, d'intelligence et de mouvement, qui constituent la famille des névrones.

La division des maladies en familles ou classes distinctes a pour la nosographie l'immense avantage de permettre au médecin d'indiquer d'une manière générale les principaux caractères de chaque espèce morbide, indépendamment des phénomènes secondaires produits par le siège anatomicpe du mal, par l'iniluence des âges, du climat, des idiosyncrasies, etc. C'est la seule manière de commencer les études médicales d'une manière fructueuse, et la pathologie générale serait incomplète si elle ne renfermait pas l'exposé général des connaissances les plus importantes sur ces différentes classes de maladies.

Celles dont je vais m'occuper d'une manière générale sont : 1° la fièvre et les fièvres; 2" les inflcamnations ; 3° les gangrènes; k" les hémorrhagœs; 5« les hydropisics; les flux; V les pneumatoses; 8° les nosorganies; 9° les Uthiasies; 10» le parasitisme; 11" les névroses, auxque s il faudrait joindre les vices de conformation et les difformités, les maladies traumatiques, telles que plaies, fractures, luxations, etc., ce que je puis faire dans un livre essentiellement médical.

Page 1