CHAPITRE VIII
DES PNEUMATOSES.
On a signalé dans les temps anciens de la médecine ce que nous appelons aujourd'hui des pneumatoses. Mais on ne s'est pas arrêté à les décrire. Hippocrate indique çà et là des accidents qui résultent des gaz développés par les aliments : il parle du météorisme, de l'emphysème ; mais de ces vagues notions à la théorie et à la connaissance des maladies occasionnées par le développement et la rétention des gaz, la distance est immense. Quelques indications, tout aussi insuflisantes, se trouvent dans Galien, dans Paul d'Égine.
Il faut arriver jusqu'à une époque voisine de la nôtre, à la moitié du xvii= siècle, pour rencontrer des recherches plus approfondies sur la production des gaz dans l'économie. En 1678, Faber, et plus tard Liitre, Combalusier (1), essayèrent de démontrer la part que prend le développement des gaz à la production de certains phénomènes morbides. Combalusier est le premier qui ait ^crit spécialement sur la matière; il divise les flatulences en celles qui font 'Tuption au dehors et celles qui sont retenues. Il décrit le météorisme avec
(1) Combalusier, Pneumalo-palhologie, 1747.
soin, et, sauf les théories hasardées de l'auteur, son livre peut être très-utile n à consulter.
Depuis lors, J. P. Frank, Hallé, Nysten, Portai, Piorry, Baumès, Andral, Monneret et Fleury, Demarquay (1), ont ajouté h ce qu'on savait; mais personne n'a encore pu fournir à la science ce qui lui manque et ce qu'il serait si ^ important de savoir sur la composition des gaz retenus dans le corps, et sur r leurs conditions pathologiques d'origine et de développement.
Les pneumatoses sont des productions anomales ou des rétentions de gaz daps s les différentes parties du corps.
Quelques-unes d'entre elles ont été appelées flatulences, flatuosités; onen« parle sous le nom de maladies venteuses, mais la dénomination de pneumatoses, plus générale et plus scientifique, est aujourd'hui acceptée.
Ce qui se passe à la peau et sur les muqueuses dans l'état physiologique, ; sous le rapport de l'exhalation des gaz, montre qu'il y a une perspiration gazeuse normale, dont l'exercice est indispensable au maintien de la vie.
La peau et les muqueuses exhalent des gaz de différentes natures, en quantité i variable et inconnue. Il en sort, d'après MM. Gaspard, Jurine, CoUard de Mar- tigny. Cl. Bernard (2), de l'azote et de l'acide carbonique, dont les proportions! varient avec la température et l'alimentation : c'est une fonction dont le trouble* peut amener la maladie. Dans ses expériences, CoUard de Martigny a démontré» qu'il sortait plus d'acide carbonique de la peau dans les températures élevées et-t plus d'azote sous l'ianuence d'une alimeniation animale abondante, en même» temps qu'il s'échappait moins d'acide carbonique. Au contraire, avec une nour-riture moins animale et peu abondante, il s'exhale moins d'azote et plus dacide carbonique.
La muqueuse aérienne est également le siège d'une exhalation de gaz azote et d'acide carbonique, variable selon la température, l'alimentation, l'âge, le sexe, la maladie, etc. Les expériences de M. Edwards, les analyses de MM. Regnault et J.Reiset (3), celles de MM. Coindet (de Genève), de M. Andral, soni très-explicites et fournissent sur quelques points des notions très-mtéressantes
M. Andral a établi que la quantité d'acide carbonique exhalée des >ou~ respiratoires, dans un temps donné, variait suivant l'âge, le sexe, la consiitu-
tion, etc. ,
La quantité d'acide carbonique expiré va croissant de 1 enfance^ a tien ans, et en décroissant de cette époque à la fui de la vie ; de sorte qu a quatre
(1) Demarquay, Essai de pnemiatologie médicale. Paris, 1866.
(2) Cl. Bernard, Leçons sur les liquides de l'organisme, t. I, p. 33/.
(3) Regnault et J. Reiset, Annales de chimie et de physique, 3' série, l.XXV .
1 DES PNEUMATOSES. f>0'
! vingts ans, un vieillard n'exhale guère plus d'acide carbonique qu'un enfant de dix ans.
L'homme exhale un peu plus d'acide carbonique que la femme, surtout pendant sa vie menstruelle. Mais, après la ménopause chez la femme, la quantité d'acide carbonique exhalée augmente d'une manière très-notable.
Les hommes de forte constitution exhalent plus d'acide carbonique que les sujets faibles et débiles. Cette quantité augmente aussi dans une proportion notable à la suite de la nourriture très-animalisée, à la suite de l'exercice musculaire, dans l'état de veille comparé au sommeil. Elle est plus forte dans la fièvre, I et elle diminue au contraire dans la glycosurie, dans le choléra et dans les maladies de l'appareil respiratoire, etc.
Dans les voies digestives, la quantité des gaz qui s'y trouvent est énorme 5 l'analyse y découvre de l'air, de l'azote, de l'acide carbonique, de l'hydrogène, ! et de l'hydrogène sulfuré, qui viennent du dehors ou se dégagent des aliments, j ou enûn sortent des parois de la muqueuse. — Tout le monde connaît la belle expérience de Girardin (1), dans laquelle une anse intestinale, sortie du ventre, comprimée, liée à quelques centimètres de distance et remise dans l'abdomen, fut bientôt après trouvée distendue par les gaz. C'était le meilleur moyen de démontrer l'existence de la perspiration des gaz par les muqueuses.
Le sang lui-même est rempli de gaz eii dissolution, et les recherches de Magnus ont démontré qu'il y existe normalement de l'oxygène, de l'azote et de l'acide carbonique, qu'on peut séparer au moyen de procédés particuliers. Ce ; fait est de la plus haute importance, car il fait pressentir l'origine de certaines i pneumatoses, dont on ne peut se rendre compte que par la mise en liberté de ces gaz dans les vaisseaux ou par leur perspiration dans une cavité intérieure sous l'influence de causes inconnues. Morgagni, Nysten, Ollivier, Piedagnel, Durand- Fardel, ont publié des faits de pneumatose vasculaire ou pneumocardie qui n'ont pas d'autre origine, et il en est de même des pneumatoses intestinales : de l'hystérie.
Puisque, dans l'état de santé, des gaz dissous dans le sang circulent enfermés dans les vaisseaux et s'échappent, d'après certaines lois physiologiques, par les différentes surfaces muqueuses ou cutanées, on comprend que ce travail puisse * être modifié par les impressions morbifiques. La perspiration normale des gaz explique leur perspiration anomale, et la connaissance de l'une sert de base à l'histoire de l'autre.
La pénétration, l'accumulation et la rétention des gaz dans le corps sont tantôt le résultat d'une altération de texture des tissus où se trouve le gaz, et tantôt le résultat d'une sorte de fermentation gazeuse de substances solides ou liquides, ' alimentaires ou autres, introduites dans le corps. Dans quelques circonstances, aucune matière étrangère, aucune altération de texture n'existe, et la perspira-
(1) Girardin, Recherchas physiologiques sur les gaz intestinaux, 1814.
tioli (les gaz est le résultat d'un simple trouble fonctionnel ; elle s'accomplit i sous l'influence de l'action nerveuse, car c'est principalement chez les hysté- • riques, les hypochondriaques, qu'on rencontre ces pneumatoses.
Il y a des pneumatoses essentielles, qui résultent d'un simple trouble fonctionnel des tissus d'où s'échappent les gaz. Exemples : ',1a pneumatose stomacale, la pneumatose de l'intestin, la pneumatose utérine, la pneumatose du i sang, etc. Et il y a des pneumatoses symptomatiques déterminées par une cause matérielle, appréciable, étrangère ou inhérente à l'organisme. Ces dernières, distinguées d'après la nature de leur cause productrice, sont traihviatiques et mécaniques, inflammatoires, scpticémiques et zymotiques.
Les pneumatoses traumatiques sont formées par la pénétration de l'air extérieur dans les tissus, au moyen de plaies ou de rupture d'organes remplis de gaz. Exemples : l'emphysème du tissu cellulaire, par blessure de la peau ; le pneumothorax, à la suite d'une plaie pénétrante du poumon ; la tympanite péritonéale, par rupture de l'intestin, etc.
Les pneumatoses inflammatoires sont déterminées par la phlegmasie des parois de certains organes, sans rupture ni perforation des tissus. Exemple : le météorisme de l'inflammation du péritoine, de l'entérite, de la dysenterie, etc.
Les pneumatoses septicémiques sont dues à une altération toxique, miasmatique ou virulente du sang., Exemples : \e météorisme des fièvres sans ulcération de l'intestin; l'emphysème de quelques typhus et de quelques maladies pestilentielles ou charbonneuses, l'emphysème de la piqûre des insectes et des reptiles venimeux, etc.
Il y a des pneumatoses mécaniques déterminées par obstacle à la circulation ou à la sortie des gaz normalement formés dans le corps. Exemples : V emphysème du tissu cellulaire des nouvelles accouchées ; l'emphysème des jeunes enfants, à la suite de la coqueluche, ce que j'ai démontré par de nombreuses observations (l);la tympanite ^^x invagination intestinale; V emphysème pulmonaire, principalement chez les enfants atteints de bronchite capillaire, de
pneumonie aiguë, etc.
Il y a enfm des jmeimatoses zymotiques causées par la fermentation de certains aliments usuels ou de matières animales en décomposition. Exemples: la pneumatose produite par les haricots, les carottes, l'herbe mouillée chez les ruminants, etc. ; la physométrie produite par des caillots ou des débris d'un fœtus enfermés dans la cavité utérine, etc.
Les causes de la production et de l'accumulation des gaz sont dynamiques ou mécaniques, et souvent il y a dans une pneumatose alliance des unes et oei. autres.
(1) E. Bouchut, Traité des maladies des 7iouveau-nés el de la seconde enfance, 5» édition. Paris, 1»67.
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Lorsque chez les maniaques, les hystériques, les hypochondriaques et dans les fièvres graves, il se fait une pneumatose intestinale ou un emphysème du tissu cellulaire, ce n'est pas le tissu où se trouvent les gaz qui est malade, c'est le système nerveux modifié qui les met on liberté en les faisant sortir du sang où ils sont dissous.
Une hystérique au milieu d'un attaque convulsive est prise de pneumatose intestinale ; son ventre se météorise dans des proportions considérables, et en un ^ instant tout disparaît sans sortie des gaz au dehors. Qu'y a-t-il de plus essentiellement dynamique que ce phénomène? 11 faut reconnaître au système nerveux une immense influence sur la direction et la régularité des phénomènes chimiques de la nutrition interstitielle, et là où, sans altération apparente, il est troublé, les fonctions s'altèrent plus ou moins rapidement. Il est difficile de ne pas voir un effet de son intervention dans cette production instantanée de gaz intérieurs qui disparaissent brusquement, peu après, par absorption. C'est là un effet dynamique incontestable.
Il en est de même des cas où la pneumatose est le résultat d'une altération du sang ou de la présence d'aliments flatulents, car le rapport de ces conditions différentes à la perspiration gazeuse n'a pas encore été déterminé. Le développement d'emphysème par altération du sang est une lésion vitale profonde liée à un trouble dynamique analogue à celui qui fait subitement descendre le chiffre des globules, ou amène le ramollissement graduel de la fibrine. C'est le résultat d'une disposition morbide générale ; et la preuve, c'est qu'elle règne à l'état d'épidémie. En 1772 et 1789, on a vu, en Italie et en Allemagne, des fièvres épidémiques très-fréquemment accompagnées d'emphysème du tissu cellulaire. Marston et Jeffrey en ont observé un certain nombre d'exemples dans le cours du typhus. L'accident s'était produit peu d'heures avant la mort, et à l'autopsie on trouva le système veineux, y compris le cœur, distendu par une énorme quantité de gaz (1). Au dire de J. Frank, pareil accident se montre dans la dysenterie épidémique des bœufs. Il accompagne souvent la morsure des animaux venimeux, et particulièrement celle du serpent à sonnettes.
La pneumatose du sang, c'est-à-dire la production de gaz dans les vaisseaux, se rattache évidemment h la même influence générale ; mais, dans quelques cas c'est le résultat d'une cause subite et inconnue dans sa nature. M. Rérolle(2) a indiqué plusieurs cas de pneumatose du système veineux à la suite de grandes hémorrhagies. M. Durand-Fardel a vu, dans un cas de mort subite chez une dame, la saignée du bras donner passage à du sang mêlé de bulles d'air. Le même phénomène a enfin été observé à l'Hôtel-Dieu par M. Picdagnel, chez un homme qu'on saignait pour une hémoptysie, et dont la veine laissa échapper un grand nombre de bulles d'air.
Observation. — Hémoptysie; passage de Vair dans le système sanguin; sorliè deVairpar une saignée. — M. X..., âgé de quaranle-deux ans, d'une petite
(1) Marston et Jeffrey, Times, 1857, et Annuaire étranger, 2« année.
(2) RéroUe, thèse de Paris, 1832, n» 129.
slalure, d'une vigoureuse constitution, système musculaire très-développé, poitrine fortement musclée, a été affecté, il y a quatre ans, d'une maladie de la moelle épinière, qui, en outre de la douleur locale, avait déterminé de la faiblesse dans les muscles des membres inférieurs, sans que ces organes eussent sensiblement diminué de volume. Le traitement mis en usage a fait disparaître cette affection.
11 y a deux mois que M. X... est affecté de grippe, tousse beaucoup, et parfois ; fait des efforts inouïs pour expectorer un peu de liquide visqueux.
Le 18 février 1858, il eut à s'occuper d'affaires chez son notaire, revint chez lui, déjeuna, puis fut pris d'une toux très-forte, presque continuelle. Vers deux heures, dans un accès de toux, il tomba sans connaissance, et rendit par la bouche environ deux palettes de sang ; l'hémorrhagie s'arrêta, mais la connaissance ne revint pas. On le coucha, et à trois heures, quand je le vis, il était dans l'étal
suivant : , ■ , a ■ ■
Décubitus dorsal, perte complète de connaissance; face pâle; point ûe vision, yeux immobiles, un peu secs; aucun mouvement des pupilles, qui sont larges; point d'ouïe; aucun phénomène qui puisse faire supposer qu'il perçoit les excitants dont on l'entoure. Résolution des membres, et cependant, quand on les déplace, ils sont moins flasques que lorsqu'il existe une apoplexie cérébrale; point de mouvement, point de sentiment.
La peau est généralement pâle et ne semble pas être sensible aux excitants, elle ne rougit pas sous l'influence des sinapismes.
Les lèvres sont violettes et froides. , La respiration est remarquable : elle est bruyante et ne ressemble pas a celle l qui a lieu lors d'une forte congestion cérébrale ; elle est active dans 1 inspiration, . et à la fin de l'expiration, comme chez les enfants très-faibles. Le thorax se dilate i régulièrement des deux côtés. . », . x r , . »
L'auscultation fait reconnaître un léger râle à droite, mais un râle très-fort et t très-humide à gauche. Par la percussion, il y a moins de sonorité a gauche, mais ' point de matité ni en avant ni en arrière. ' La région du cœur, percutée, ne donne qu'une matité douteuse ; a 1 auscultation, on entend profondément un bruit tumultueux des baltemenis du coeur. On ne sent nullement les artères radiales, toutes les veines sous-cutanees sont i
"'^Le diagnostic me parut très-dirQcile. Je ne pouvais m'arrêter à l''dée d'une apoplexie. Je croyais bien qu'il y avait eu une déchirure du poumon ga^cbe pendanlles efforts de la toux, ce qui avait donné heu a l'hémoptysie; nias cefau seul n'expliquait pas l'état de M. X... Il n'y avait pas d epanchement dans thorax; je pensai à une déchirure du cœur. Uoiinns Hps
En tout cas. le grand air, de l'eau froide, des frictions, des A^geM'^^^^^^^^^ ^ sinapismes, des excitations par le vinaigre, l'éther, l ammoniaque, furent mis en usage avec force et rapidité. Au bout d'une demi-heure environ m^^^^^^^^^^ entendre un léger bruit au larynx, les sinapismes placés '^«^ J ,
légèrement rougir la peau, les lèvres se décolorèrent un peu en se^^^^^^^^ malade, on crut s'apercevoir qu'il entendait les paroles qu on Im d^^f ^^^'^^^^ par quelques légers mouvements des muscles de la face ; on «"^"f /^^^^^^ les bruits du cœur, ils n'étaient plus tumultueux, ils éta.en Pl^^^^P^^^^^^^^ veines du bras semblèrent se colorer un peu. Une saignée fut proposée no confrère M. Vivier; elle fut faite à la veine médiane basilique, ^n Pe"/j/,.o„! s'écoula en bavant; et quelle ne fut pas notre surpnse en voyant 60H^ verlure de la veine, dos bulles d'air du volume d un petit poiS : d a^or^ . ^ J plusieurs; elles sortaient à la suite les unes des autres, «\f'^'''^^^;''"''."fL!ure de ^ chapelet sur. la peau, entre l'ouverture de la veine et la partie inteneur
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l'avant-bras. Puis le sang et l'air cessèrent de couler; mais de légères frictions sur le trajet de la veine déterminèrent la sortie de nouvelles bulles ; deux, quatre,
,, huit,sorlirent successivement, puis l'écoulement s'arrêtait. Nous avons répété ces frictions à plusieurs reprises, et en entourant la veine de toutes les précautions voulues, pour éviter une erreur, et nous avons toujours obtenu le môme résultat.
Cependant le sang et l'air cessèrent de couler. M. X... n'était pas mieux. Les légers signes de vie qu'il avait donnés disparurent, et il mourut peu de temps après. Nous ne pûmes faire l'ouverture du corps; mais nous sommes resté con-
, vaincu qu'il y avait eu déchirure du poumon, passage de l'air dans le système
i sanguin, de là tous les symptômes exposés ci-dessus.
Si l'on rapproche ce fait de ceux qui lui ressemblent et qui existent dans la science, on verra qu'il n'est pas impossible que des gaz développés dans le
i sang ou introduits dans ce liquide et courant dans les capillaires, ne puissent
. produire ce que Michel (i) et Fellz (2) appellent des embolies gazeuses. C'est une cause de mort subite, absolument comme l'embolie fibrineuse due à la migration d'un caillot détaché d'un point du système circulatoire. Les flatulences causées par les aliments ne sont pas de simples phénomènes
' chimiques, car elles ne se produisent pas constamment et chez tous les individus; elles n'ont lieu que chez certaines personnes et dans certains cas de phlegmasie iiitestinale chronique, de sorte que si la nature de l'aliment est pour quelque chose dans le développement des gaz, il y a lieu de croire qu'il est aidé par une influence dynamique. Les choux, les haricots, les pois, certains légumes
i verts tels que les radis, la salade, produisent souvent la pneumatose intestinale. Le fourrage vert, humide, a le même efl'et chez les ruminants, et ce phénomène est quelquefois si prononcé, qu'il amènerait la rupture de l'intestin, si l'on ne donnait issue à l'air par la ponction. Cette opération est souvent pratiquée par
» les vétérinaires.
Beaucoup plus souvent les causes de la pneumatose sont d'un ordre différent, et dépendent d'une action qui est presque entièrement mécanique.
Certaines altérations de texture de la peau par une fracture comminutive, ' par des plaies, font pénétrer l'air dans le tissu cellulaire ; car, la contraction I musculaire aidant et faisant office de pompe aspirante, l'air atmosphérique s'étend à une plus ou moins grande étendue de la surface du corps. Les plaies du voisinage de l'aisselle présentent souvent cette complication, à cause du mouvement des muscles pectoral et trapèze.
! Les ulcérations du larynx, de la trachée et du poumon, en communication avec les parois thoraciques, celles de l'intestin et des cavités naturellement lemphes de gaz, déterminent souvent le passage de l'air inclus dans le tissu celulaue voism. J'ai vu l'emphysème de la poitrine produit par une caverne ou-
(1) Michel, Du microscope, de ses applications à Vanatomio pathologique, au diap.' 241) ''■«•'«'"ent des maladies {Mém. de VAcad. de wicd., Paris, 1857, t. XXI,
(2) . Feltz, Des embolies capillaires. Strasbourg, 1867.
verte sous la peau de la poitrine. On cite des emphysèmes du cou produits par 'i l'ulcéraiion du larynx. La rupture de la plèvre est l'origine du pneumothorax, .i comme celle de l'intestin cause la tympanite péritonéale, etc.
De violents efforts de toux chez des petits enfants (1), chez des personnes atteintes de coqueluche, l'effort provoqué par une constipation opiniâtre, parle travail de l'accouchement, etc. , déterminent la rupture du poumon dans le » voisinage des grosses bronches, l'emphysème du tissu cellulaire qui les entoure, . et de là l'air s'élance au dehors dans une étendue variable de la surface du i corps Des obstacles dans les voies digestives, un corps étranger, une invagina- • lion, la hernie, peuvent produire le météorisme et la rupture des tuniques intestinales. L'inflammation du péritoine paralyse les fibres musculaires de l'intestin et les jette dans un état d'inertie qui les met hors d'état de chasser les gaz i inclus ; de sorte que le viscère se distend moins par augmentation de sa perspi- ration gazeuse que par son atonie.
Certains mouvements chez les femmes qui ont eu des enfants font entrer de e l'air dans le vagin, et il s'en échappe avec bruit lorsque la personne prend une r" position différente. C'est ce qu'on appelle le rot vaginal, phénomène essenudlement mécanique. ,
Des matières animales, des débris de placenta ou de fœtus enfermes dans S l'utérus, du sang dans l'intestin, du pus dans la plèvre ou dans un foyer pro- " fond peuvent être le siège d'une fermentation putride, dont les produits gazeui i accumulés dans les cavités du corps donnent lieu aux symptômes de la pneuma- tose. Il faut pour cela que, par une voie ouverte ou cachée.l'air, en ^^Pe^ite qua^ tité que ce soit, ait pu arriver dans le foyer et servir de point de départ a ta décomposition des matières ou du liquide qui s'y trouvait. Ainsi se deve oppent certaines physométries, quelques tympanites ou pneumothorax, dont la causée toute naturelle est quelquefois bien difficile à découvrir.
Vï
Sous l'influence de ces causes, des gaz pénètrent, développent et s'acca^ mulent dans les cavités séreuses ou muqueuses, et dans e tissu ulaire^ I ^ lïlulte selon le siège du mal, des pneumatoses toutes différentes. les unes des autres tant par leurs caractères physiques que par leurs symptômes "ScumuLon des gaz dans les voies digestives forme lap-«^^^ intestinale, également connue sous le -^^^
y a aussi la pneumatose de l'estomac, caractérisée par le S«f .^"^^'^ J J^^ . l les éructations;la pneumatose utérine, ou tympanUe -^^'^-^^^l^^^, trieutérrne;Upneumatosevaoinale,^n'ina^^ue^^^
péritonéale, justement contestée par la plupart des auteui. ^^PT^^^lJ. ^ ou pneumatose de laplèvre; h pneumatose du péricarde ct\ a, ac/mo.de,
(1) voyez E.Bouchut, Traité dos maladies de Venfance, 5^ ddition. Paris. 1867.:» p. 395 : De l'emphysème.
DES PiNEUMATOSES. 593
dies excessiveiuent rares; la pneumatose du poumon, plus connue sous le nom d'empài/sème vésiculaire el intervésicuiairc; la pneumatose du tissu cellulaire sous-cutaiié, qui est la plus anciennement décrite et qu'on désigne simplement sous le nom à'emphysème; la pneumatose de l'appareil circulatoire, ou pneumocardie, lorsque l'air entre dans le cœur par les veines dans les opérations, ou se développe spontanément dans les vaisseaux; la pneumatose du scrotum ou pneumatocèle, etc.
Ces maladies sont tellement différentes par leur siège et par les troubles qu'elles font naître dans l'organisme, d'après l'importance de la fonction lésée, qu'il est impossible d'en faire une description générale. Cependant je vais indiquer leurs phénomènes communs, en signalant quelques particularités relatives à chacune d'elles.
Les phénomènes communs à toutes les pneumatoses sont locaux el dépendent des modifications apportées aux organes et aux tissus par la présence des gaz. ^
S'ils sont accumulés dans des cavités closes, les tissus et les cavités distendues sont gonflés et tuméfiés, dans des proportions variables : exemple le ventre météorisé peut acquérir le volume de la plus forte hydropisie; l'utirus rempli dair simule a grossesse; le poumon emphysémateux sort de la poitrine audessus des clavicules; l'emphysème du tissu cellulaire ressemble à une anasai-que, etc. Tantôt le gonflement est uniforme, et tantôt, au contraire il se présente sous forme de tumeurs rénitentes, sonores à la percussion comme u,i tambour, d ou le nom de tympanite qui leur a été donné. La tumeur n'existe : guère que dans l'utérus, l'intestin et le tissu cellulaire
• M. Ozanam a signalé le cas fort curieux d'un jeune enfant atteint d'emphvème pulmonaire, et chez lequel la rupture d'une cellule du poumon a permis I au. de se glisser dans la gaine celluleuse des bronches et de'remonteî de I trachée jusqu au cou derrière le larynx, le pharvnx et dans les cavités u^axillo-zygomaliques, pour former sur chaque joue une tumeur lisse, rond ' transparente, pouvant s'affaisser et reparaître alternativement
I y a souvent de la douleur. Les gaz renfermés dans l'intestin occasion.ient des coliques tres-v,olentes. et la pression les augmente beaucoup. Il e ^s 1 même dans la physométrie, dans l'emphysème du tissu cellulaire, etc La palpation et la percussion fournissent les signes les nlus imnnrf.n» .«gnostic des p„e„™,„,e.. Le premier de ce, .Jyens Z «
emphysème du ,1.™ cellulaire s„„s.cu,a„é. la source d'uu pl.éu ml e 'a t «muquc qui „e trompe jamais. Il produit uue crépitation n„e Z ou «Inpliée, duc au déplacemeutdc l'air sous la peau comp e " la Lautre, pour des cas dilTéreuts. fouruit des sigues uou tnoiuséviS ,t ™ ■ noutscertatus. Qu'il , ait tumeur, gonnetuent <les parties ou ol 1 ,°" « <lesga.se fasse daus uue cavité presque iue.tcnsible Ituto T™"'r
59Zi PATHOLOGIE GÉNÉRALE.
OU sans addition de bruit argentin ou de bruit de pot fêlé. S'il y a des liciuides mélangés au gaz, la percussion produit un son dilîérenl, désigné par M. Piorcy sous le nom de bruit humorique, et dans ces cas la palpaiion et la succussion déterminent le gargouillement et le clapotement, phénomènes qu'on observe dans l'hydro-pneumolhorax et dans la pneumatose gastro-intestinale.
Si les gaz sont formés et accumulés dans des cavités communiquant à l'extérieur il se joint aux phénomènes précédents un signe particulier, qui est l'expulsion spontanée ou provoquée plus ou moins bruyante des gaz. Un foyer purulent rempli d'air donne passage à du pus mêlé de bulles d'air qui éclatent à l'orifice cutané. L'hydrothorax ouvert à l'extérieur en fait autant Les gaz de l'intestin et de l'estomac s'échappent bruyamment par la bouche et par l'anus, ceux du vagin et de l'utérus par la vulve, etc.
YIII
L'effet des pneumatoses est de distendre les tissus et les organes affectés an point de les troubler dans leurs fonctions, et d'amener leur rupture ou de nuire ! aux fonctions des organes voisins. La pneumatose gastro-intestinale distend l'in- ■ tesliu outre mesure et le fait rompre. Elle refoule le diaphragme jusque sous la quatrième côte et occasionne l'asphyxie, fait assez commun dans les fièvres typhoïdes adynamiques. La pneumothorax comprime le poumon ; la pneumocardie détermine dans le cœur un étal de dilatation tel, que le sang n'y peut arriver, . ou s'il y entre, c'est pour se mêler au gaz, faire de l'écume, et arrêter la cnxalation et la vie. Ce sont là des effets mécaniques qui deviennent causes a leur : tour et déterminent les plus graves accidents. •
L'influence de la pneumatose gastro-intestinale sur la rupture des parois de > l'intestin est si commune et si connue, que chez les animaux U est d'usage-f de prévenir l'accident par une ponction de Tabdomen.
Les phénomènes généraux des pneumatoses ne sont pas très-marqués et n'offrent rien qui soit susceptible de généralisation, car ils dépendent du fau particulier de la cause du mal et de son siège anatomique. La réaction de I o - \ ganisme contre ce désordre est essentiellement variable; elle appartient plus a la ■ maladie principale qu'à l'accumulation gazeuse. Ainsi la fièvre n accompagm les pneumatoses que dans les cas où elles résultent de malad.es organ qu >. pestilentielles, charbonneuses ou épidémiques ; mais, dans les P"eun a o- [raumatiques, simples, il n'y a pas d'état fébrile. Il y a souvent des n ^ ^^^^^ de la douleur, mais qui dépendent de l'état local plus que du retentissement i> la pneumalose sur l'état général de l'organisme. Il en est de même des faillances et des syncopes de la pneumocardie, de l'adynam.e et de 1 aiax ^ ^ qui accompagnent les pneumatoses septicémiques des fièvres, de la peste, charbon, etc.
DES PNEUMATOSliS.
Rien n'est variable comme la composition chimique des gaz des pneumatoses. Dans beaucoup de cas il n'y a que de l'air atmosphérique : exemple, ia pneumatose vaginale; l'emphysème du tissu cellulaire produit par la rupture du poumon dans l'efibrt; l'emphysème trauraatique des plaies.
Ces gaz offrent souvent quelque chose de particulier. Tantôt inodores, tantôt fétides, ils brûlent quelquefois à l'approche d'une bougie allumée. Formés d'hydrogène, d'azote, d'oxygène et d'acide carbonique en quantité variable, ils renferment quelquefois de l'hydrogène carbojié inflammable, de l'hydrogène sulfuré facile à distinguer par l'odeur, ou d'autres gaz indéterminés dont l'origine est cependant impossible à méconnaître. Chacun sait que lorsqu'on a respiré assez longtemps le mauvais air des salles de dissection, les gaz qui s'échappent de l'intestin ont une odeur cadavérique d'une fétidité particulière.
La composition de ces gaz varie très-évidemment dans chaque espèce de pueumatose, et, pour une pneumatose en particulier, elle diffère encore selon les individus et selon la nature du mal. L'emphysème du tissu cellulaire et les pneumotases gastro-intestinales sont les seules dans lesquelles on ait fait quelques recherches particulières précises sur la composition des gaz accumulés. C'est à MM. Chevreul et Quevenne qu'on doit ces analyses. Dans la pneumatose gastrointestinale, d'après M. Chevreul, l'estomac renferme de l'oxygène, de Tacide carbonique, de l'hydrogène et de l'azote. L'intestin grêle et le gros intestin ne renferment yrtmazs d'oxygène, et ils ne contiennent que de l'azote, de l'hydrogène et de l'acide carbonique en proportion variable. On trouve avec eux, dans le gros intestin, une petite quantité d'hydrogène carboné et d'hydrogène sulfuré.
Dans un cas d'emphysème du tissu cellulaire, provoqué par une maladie charbonneuse, mi. Quevenne et Gubler (1) ont isolé de l'acide carbonique et de l'hydrogène carboné facilement inflammable. Cette analyse est la seule que je connaisse; mais il est probable que, dans les cas analogues, lorsque le gaz accumulé a pu être allumé à la flamme d'une bougie, sa composition était identique. Toute cette question est à reprendre, et je souhaite qu'elle rencontre un observateur instruit, capable de donner à la science ce qui lui manque sur ce point.
Le développement des pneumatoses n'a rien de régulier : tantôt rapide et accompagné de phénomènes graves, tantôt, au contraire, lent à parcourir ses périodes, il varie un peu suivant la cause et le siège de l'accumulation des gaz
y a des pneumatoses mortelles, foudroyantes : ainsi j'ai vu un homme se
(1) Quevenne et Gubler, Dei gaz développés dans le lissu cllulaire dam un cas d'af mm charbonneuse cites l'hommo Mémoires de la Société de biologie, 1855).
596 PATHOLOGIL GÉNÉRALE.
suicider d'un coup de couteau donné au hasard dans le golfe 'de la veine jugulaire, parce que l'air s'était introduit dans les veines et avait développé une pncumocardie. Ces faits s'observent assez souvent dans le cours des opérations pratiquées au cou, lorsque le chirurgien a le malheur de blesser une des grosses veines de cette région. Ils se produisent même tout naturellement, car on a vu des cas de mort subite par suite de pncumocardie spontanée, dont la cause est inconnue. Pœchlin, Ruysch, Morgagni, Nysten et Ollivicr, d'Angers, en ont rapporté des exemples, qui heureusement sont excessivement rares.
D'autres pneumatoses, moins graves, se développent subitement et disparaissent de même : exemple, la tympanite de l'hystérie, qui dure à peme le temps de l'attaque convulsive ; la tympanite des hypochondriaques, celle des animaux ruminants qui ont mangé des fourrages mouillés. Quelques-unes se développent très-vite, mais se prolongent au lieu de disparaître : témom l'emphysème des morsures de serpent ou des reptiles venimeux, l'emphysème du tissu cellulaire qui succède à une rupture du poumon, etc.
Ailleurs les pneumatoses se font d'une manière lente et successive. C'est par degrés que s'effectue l'accumulation des gaz de l'intestin, après un obstacle aa cours des matières, ou pendant une fièvre typhoïde adynamique, et c'est par • degrés aussi que s'établit la physométrie. Au reste, les rétentions gazeuses ont ■ cela de particulier, quand elles se prolongent, quelles offrent de fréquentes alternatives d'augmentation ou de diminution dans leur volume. Souvent même ; elles offrent une rémittence très-marquée. ,
Les pneumatoses durent plus ou moins longtemps, suivant la cause qui les i entretient. Les unes, presque instantanées, ont une marche aiguë et disparais- • sent promptement. soit qu'elles déterminent la mort, soit, au contraire, qu elles . guérissent en se terminant par l'évacuation ou l'absorption des gaz exha e. Les autres ont une durée plus longue et une marche chronique ; elles se terminent également par la mort, si elles compriment des organes importants ou si i ïs provoquent leur rupture ; mais ordinairement les gaz accumules fini sem t.r Z,Jire, absorbés à l'intérieur ou évacués au dehors par des ouvertures . naturelles et accidenlellcs.
0„ i-econnat. aisément les accnmnla.ions de gaz dans 1= '1^»" «""''i^' « rt™, le, cavités séreuses. A l'exception de la pnenmatose du cœnr et des >ais ; a utres signes que een. de la tnort subite les P--"" peren?«lre méconnues. La percussion, la palpation et la ™ccuss,on l h Reconnaître partout où elles existent. La ripi""'"" < P»"' » , ""^t . . ;^,™.>e d'une partie, le cla„o,anen, dans la P'f î^^";;; .
des sisnes certains et infaillibles des pneumatoses, ,\ quelque '«8'»" «l"' lu orsqu-elles sont simples on associées à une sulîusion sérense ata,dan.^ " ta seule difficulté que , résente le diagnostic des 7"™>°- » , , ^^^^ , , sanoe des causes qui peuvent leur donner naissance. J"; f,, , , mnlalion gazeuse est le résultat de la présence d'ainneuts llatulents.
DES PNEUMATOSES.
mentation de substances putrides, de la pénétration de l'air extérieur au dedan , plutôt que la conséquence d'un trouble vital de la perspiration gazeuse des membranes, voilà le point embarrassant du diagnostic; si, dans quelques circon stances, cela est possible pour l'emphysème qui se développe dans le charbon, après la morsure d'un serpent, dans la tympanite d'un accès de névrose convulsive, il n'en est pas de même pour la tympanite des fièvres typhoïdes, pour quelques emphysèmes de la peau dont la nature reste inconnue, pour la physométrie non puerpérale, etc. Dans ces cas la cause première du phénomène échappe, et il est impossible, sans recourir à des hypothèses dangereuses, de remonter au delà de la lésion matérielle.
Malgré ces difficultés, on ne saurait apporter trop de soin dans la découverte des causes physiques qui peuvent occasionner les pneumatoses. Enlever un obstacle au cours des matières slercorales, faire disparaître des saburres gastriques ou un débris de fœtus, tels sont les résultats d'un diagnostic exact, et il suffit de mentionner ces faits pour en faire comprendre l'importance.
XIÏI
Le traitement des pneumatoses repose sur la double considération de la nature du mal et.de ses effets. Il faut essayer d'obtenir l'absorption des gaz infiltrés ou accumulés par des applications froides, des toniques, et la compression, quand il est possible de la mettre en usage; mais dans la plupart des cas ces moyens sont insuffisants et ne remédient à rien. L'intervention du médecin doit être plus active, et il doit avoir pour but de favoriser l'évacuation des gaz accumulés par des canules mises par les ouvertures naturelles ou par des ponctions pi-atiquées selon les règles de l'art. Cela n'est pas toujours possible. Les pneumatoses spontanées du tissu cellulaire, dues à une altération seplique du sang, sont généralement inguérissables, car la cause est, dans la plupart des cas, impossible à neutraliser; 'mais, dans les accumulations de gaz engendrées par une cause mécanique ou traumalique, l'emphysème du tissu cellulaire, par exemple, des mouchetures faites à la peau et suivies de la succion par la bouche, ou d'une application de ventouses, guérissent quelquefois les malades. De jeunes enfants, atteints d'emphysème général consécutif à la rupture d'un emphysème pulmonaire, ont été guéris de celte manière. Il en est de même des rétentions gazeuses de la plèvre qui compriment le poumon, et que peut guérir la ihoracocentèse.
Dans les tympanites produites par des aliments flatulents, par des matières saburrales ou par des obstacles, tels qu'un amas de matières ou un élranglefnent, les vomitifs et les purgatifs, l'opération nécessitée par l'obstacle qui étrangle l'intestin, sont les conditions indispensables de la guérison. Celles qui résultent, au contraire, d'une atonie de l'intestin peuvent, en cas de danger, ôlre traitées d'une manière différente, et l'introduction dans le côlon d'une grosse sonde flexible de 50 à fiO ccnlimèlres favorise souvent l'évacuation des gaz mtestinaux qui forment le méiéorisnie el disposent à l'asphyxie. En cas d'in-
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succès, si la mort paraît inmiinonle, il n'y a pas ii hésiter, il faut faire la ponction de l'abdomen, avec un trocart étroit, plongé dans la partie où l'on voit l'intestin faire saillie au-dessous de la paroi abdominale. Cette opéra^ tion, si commune en vétérinaire, a été plusieurs fois pratiquée avec succès chez l'homme.
Certaines pneumatoses résultent de la présence de matières animales fermentescibles; c'est ce qu'on voit dans l'utérus après l'accouchement, lorsque du sang ou un débris de placenta s'y trouve renfermé. Le meilleur moyen de faire disparaître le gaz est évidemment d'enlever la cause de sou développement, et il faut entreprendre le curage de l'utérus. Gomme on le voit, de tous les moyen» à opposer aux pneumatoses qui, par degrés, peuvent devenir le point de départ de désordres sérieux, les moyens mécaniques chirurgicaux sont les plus efficaces, et c'est à eux qu'il faut avoir recours.