DES MALADIES DU SANG, OU NOSOHÊMIES
Les idées justes sont impérissables. Elles peuvent être obscurcies par l'erreur et les faux jugements des systématiques, momentanément repoussées même comme de folles conceptions ; mais, de temps à autre, -elles reparaissent triomphantes sous une forme nouvelle et s'emparent encore de l'esprit des générations. Tel a été le sort de l'humorisme, dont les vicissitudes ont été très-grandes, et qui, après avoir joui d'une grande faveur, a été abandonné, repris et plusieurs fois abandonné. Formulée par Empédocle et par Hippocrate, la ihéone des quatre humeurs, le sang, la bile, la pituite et l'atrabile, dont le parfait mélange constituait la santé, d'abord ruinée par le solidisme de Thémison et d Asclépiade, fut remise en honneur par Galien et régna pendant de longues années. C'était le galénisme. Elle fut de nouveau ébranlée par Fernel, et elle disparut pour reparaître sous une autre forme, à l'occasion des travaux de Paracelse, de Baillou, de Sanctorius, de van Helmont, de Bellini, de Sylvuis, de Thomas Willis, de Sydenham. La défense des idées humorales en Allemagne, en Hollande, et pendant quelque temps en France et en Angleterre, la puirul.ie de la fermentation des humeurs, sont invoquées à chaque instant pour rendre compte du développement des maladies. Ces doctrines devaient encore toniDei dans l'oubli. Vivement combattues par Frédéric Hoffmann et par Siahl, elles se