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MALADIES DU SANG, OU NOSOIIÉMIES

» L'examen des cadavres ne révèle pas à l'état suraigu des altérations nom-

r breuses; le fait constant est l'altération du poumon, congestion et hépatisation rouge ou plutôt infarctus. Un autre fait également constant est l'hypérémie de la rate et du foie : ces deux organes paraissent concentrer les bactéries : la dégé-

■ néresceuce graisseuse des épitliéliums liépatiques et rénaux déterqiinée probablement par les propriétés irritantes des éléments septiques (1). »

J'ai dit plus baut qu'il n'était pas démontré que les bactéries du sang soient la cause des maladies infectieuses dans lesquelles on les a trouvées. Avant d'admettre ces conclusions comme des faits d'étiologie incontestable, il faut attendre

j de nouvelles observations, car ces bactéries se trouvent dans les maladies les plus différentes par leur nature et, en outre, un peu partout. Davaine les a signalées dans le sang de rate, Chalvet, Coze et Feltz dans la fièvre typhoïde, dans la i;a?'«o/e ; Le maire les a trouvées dans l'air confiné des casernes où ont dormi un grand nombre de soldats, dans la crasse déposée sur la peau, chez

j les sujets malpropres {corps sphériques, Bacterium termo, Bacterium catenula, Baderium punctum. Vibrion, Spirillum volutans et Monades ovoïdes, fig. 33 et 34); dans les gaz et dans les vapeurs des fermentations putrides ; dans les produits de la respiration de gens dont la dentition est altérée ; on les trouve dans l'expectoration de la rougeole, et M. Poulet les a observées dans le muco-pus ex-

; pectoré par les enfants atteints de coqueluche. Ce sont là des faits incontestables et dont j'ai vérifié l'exactitude.

Si toute putridité les engendre, il n'y a rien de surprenant qu'elles se montrent dans les maladies dites putrides et elles ne sont, peut-être, qu'un effet de l'altération des humeurs et du sang. Ce sont des faits à étudier et sur lesquels il serait prématuré de formuler une conclusion.

IN'y a-l-il pas dans le sang d'autres éléments morbides que ceux dont la chimie et la physique peuvent révéler la présence? Les altérations de quantité des éléments de ce liquide expliquent-elles d'une façon satisfaisante tous les

I désordres fonctionnels, toutes les maladies que l'étude de l'homme malade nous révèle ? Telles sont les questions qu'on se pose après avoir étudié en chimiste toutes les nosohémies dont je viens de faire connaître l'existence. 11 n'est pas I facile de les résoudre. Cependant comme la clinique enseigne qu'en dehors

Ides maladies du sang appréciables par l'analyse en même temps que par les désordres qu'elles occasionnent dans les solides, il y a des maladies générales, dont l'étude chimique du sang ne révèle ni la nature ni le degré, il faut avouer i que nous avons encore beaucoup à faire dans l'étude des maladies huniorales, et reconnaître encore ici que l'observation raisonnée est la meilleure conseillère ' de la science.

Qui nous dira ce que sont les diathbses? Est-ce la chimie? Assurément non. {^) Coze et Feltz, Gazelle médicale de Strasbourg, 1867.

()liS PATHOLOGIE (if;NfcKAM;.

c'est l'obscrvalion clini(|iio (|ui seule nous inonlre dans la succession, dans la généralisation, dans la diversité et dans l'hérédité de certains jjhénomènes ' morbides chez un sujet, une cause humorale dont le sang est évidemment le siège et le véhicule. La chimie nous apprendra sans doute plus tard quelle est la cause des maladies diathâsiques, héréditaires, mais, provisoirement au moins, nous devons nous passer d'elle, et demander à la clinique les lumières dont la science a besoin pour tracer leur histoire.

Il y a donc des maladies du sang qui ne laissent j^as de traces appréciables dans ce liquide, et dont l'observation seule nous apprend l'existence et les principaux caractères. Ce sont les diaihèses. Il y en a beaucoup, et parmi elles je citerai : la scrofule, le cancer, les dartres, la goutte, le rhumatisme, l'hémophilie, etc., dont j'ai parlé très-longuement dans un chapitre spécial (p. ot je n'y reviendrai pas ici.

Le traitement des nosohémies n'a rien qui soit susceptible d'être généralisé. C'est comme celui des empoisonnements. Autant d'altérations et de poisons, autant de remèdes dillercnls.

A l'abondance et à la richesse du sang en globules et en librine, convieinient les émissions sanguines locales et générales, les antiphlogistiques, les débilitanUs et la diète, tandis qu'à sa pauvreté en globules et à sa trop grande quaiuité d'eau, les toniques, le fer et l'alimentation animalisée stimulante ou excitante sont iufmiment utiles.

Aux altérations du sang par les virus, par les ferments et par les miasmes, conviennent les toniques, les stimulants, les antiputrides tels que le quinquina, la quinine, les acides végétaux, el l'acide phénique ou ses dérivés.

Dans les nosohémies produites par l'effluve des marais, c'est le sulfate de quinine et l'arsejiic qui sont les spécifiques à mettre en usage; enfin dans les diathèses, là où la nature de la nosohémie ne se révèle que par ses effelii, il n'y a que dès moyens empiriques à préconiser parallèlement à l'emploi des moyens généraux destinés à soutenir les forces du malade contre les atteintes des différentes lésions dlastliésiques.

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