‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologieChapitre 159 sur 439 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

DES MALADIES OUGANIQUES, OU NOSORGANIES.

Tous les nosographes rangent dans une même classe les maladies sées par un changement maléricl et permanent de la forme cl de des tissus el des organes. V.w elVel, bien que la \)U\\yMl de.s maf

MAI.ADIliS ORGANIQnKS, Oi: NOSOlUi ANI liS. <)19

poiii" résultat de produire une altéralion matérielle dans un point do l'économie, connue cette altération transitoire et de courte durée disparaît avec

• l'épuisement de l'influence morbifique, elle n'occupe point sur la scène morbide une place aussi considérable qu'une altération permanente, d'abord inaperçue

I et qui bientôt devient le fait principal de la maladie. Ces alléralions organiques, en eflet, deviennent cause à leur tour et engendrent des accidents qui tiennent à la fois de leur cause diatliésique et de leur influence de corps étranger. A côté

i des phlegmasies, des fièvres, des flux, des hémorrhagies, des pneumatoses, des

i hydropisies, etc., il faut donc conserver la classe des maladies organiques, pour y placer provisoirement encore certaines maladies que caractérise un changement permanent de la structure des organes, maladies dues à un vice de nutrition local ou à l'influence d'une diatbèse particulière. Ce sont ces maladies auxquelles je donnerai, par abréviation, le nom de nosorgames.

Certains auatomistes se révoltent à l'idée de conserver la classe morbide des maladies organiques que l'analyse décompose en une multitude de classes dilTérentes, et ils font tous leurs ell'orts pour y substituer une division des altéralions organiques basée sur la nature des éléments anatomiques de chaque pro-

ij duit. Ils proposent d'établir autant de classes morbides qu'il y a de productions

I accidentelles, et l'on aurait les hypertrophies, les atrophies, les thromboses, les maladies adipeuses, amyloïdes, êpithéliales, tuberculeuses, fibro-plastiques,

' jibreines, vasculaires, érectiles, cancéreuses, c/wndroïdes, osseuses, etc. , dans lesquelles la présence d'éléments de graisse, d'épithélium, de cartilage, de tuber-

i cuie, de cancer, d'os, etc., nouvellement produits et accumulés dans un tissu,

t caractériseraient autant de classes différentes. L'idée d'appuyer une classilicalionsur la structure anatomique est bonne, sans doute, mais à la condition d'être acceptée par la clinique; or, ici, la classiGcation des produits d'après leur texture

>■ entraîne à un tel morcellement des nosorganies, sans correspondre à la diversité de la nature morbide ou de symptômes, qu'il n'y a aucun avantage à l'accepter

1 comme base nosographique. La texture ne peut servir qu'à élayer une division secondaire des lésions organiques produites au sein des tissus. Ainsi ferai-je, et, conservant la classe des nosorganies, je décrirai successivement les éléments qui la composent, en me guidant d'après leur configuration anatomique.

Les nosorganies sont caractérisées par un changement considérable ou permanent de la texture des organes. Elles résultent évidemment d'une modification vitale des tissus, suivie d'un nouveau mode de nutrition moléculaire, changeant ce qui existe pour le remplacer par une nutrition plus active, moindre ou

( dénaturée dans les produits qu'elle engendre. Ainsi l'excès ou la diminution di« iHitriiion d'un tissu, la perversion de cette fonction qui donne lie^i à la formation d un produit morbide composé d'éléments anatomiques de formation nouvelle, ^iontdcs nosorganies. Au d(^but, elles semblent limitées à l'organe qui en est le ponu de départ ; en eiïet, bien que la prédisposition générale soit nécessaire à

• liiur production, les tissus ont une vitalité propre distincte de la vitalité générale ! ;i cause des centres d'impression qu'ils renferment, et ils peuvent momentanément soufl'rir dans leur nutrition sans que tout l'organisme soufl're avec eux.

PATHOLOGIE GÉNfiRALE.

A cet égard, quelques iiosorganies resseinhIeuL d'assez loin aux maladies locales; ; mais, il faut le dire, outre la prédisposition nécessaire à leur développement, le* plus grand nombre résultent d'une diathèse latente qui éclate d'abord sur unn point circonscrit et souvent se traduit ailleurs par des manifestations nmlliples. Sans prétendre indiquer la nature de ces diatlièses, qui est parfaitement incon- nue, il est évident qu'elles existent, et leurs effets sont là pour attester leur r présence. Quand on voit naître sans causes connues ou sous l'influence d'iiti-H pressions morbiliques inflammatoires ou autres, des nouveaux tissus qui appa--. raissent sur plusieurs points à la fois, qui augmentent sur place, envahissent les* tissus voisins, se produisent dans les ganglions lymphatiques correspondants, à I l'intérieur, dans les poumons, le cerveau, le foie, la rate, etc., et déterminenm la mort au milieu d'une cachexie efl"royable, on ne peut s'empêcher de voir aa- ' dessus de ces effets matériels une cause supérieure, humorale ou dynamique, à à laquelle tous les accidents doivent être attribués. Cette cause, on la désigne sous s le nom de diathke latente ou apparente, bénigne ou maligne, et elle existe f dans la plupart des nosorganies.

SECTION PREMIÈRE COUP d'oeil général sur les nosorganies.

Une véritable révolution s'est faite de nos jours dans l'étude des maladies organiques. Par l'emploi du microscope, la science, qui était arrivée k se rendre compte de la structure et du développement des tissus végétaux et animaux, crut pouvoir arriver à des résultats aussi importants dans l'étude des altérations de ces tissus. A côté de l'histologie normale vint se placer l'histologie pathologique, et, à la description des tissus altérés faite à l'oeil nu, il faut désormais joindre celle que l'on peut faire au microscope.

Comme on n'en sait jamais trop, il faut se féliciter de ces nouvelles conquêtes, mais a-t-on réussi dans le but qu'on se proposait, d'éclairer la nature des maladies par ces nouveaux résultats de l'ouverture des corps ? Il est souvent permis d'en douter. On voulait détruire les anciennes hypothèses, nées de l'imperfection des moyens de recherche, en substituant à l'insuflisance de la vision ordinaire des grossissements énormes qui devaient permettre de voir les éléments des choses, et, par cela même, dissiper toutes les incertitudes en résolvant toutes les difficultés. On pensait qu'après avoir fait cette analyse élémentaire des tissus malades, il n'y aurait plus de discussion possible et que la vérii sans voiles allait sortir du fond de ces invisibles profondeurs. Ilélas! il n'en est pas tout à fait ainsi. Des vérités utiles ont été découvertes, cela est incontestable, mais b côté de ces vérités que d'erreurs et d'affirmations prémaiurccs ! Aux anciennes hypothèses on en.a substitué de nouvelles, et, au lieu de théoriser sur des objets palpables, on théorise sur des infiniment petits dont on ne peut suivre l'évolution, qu'on perd de vue très-vite et dont on devine les inéfâmorphoses plutôt qu'on ne les observe avec la précision désirable.

MALADIES ORGANIQUES. — COUl' D'OlilL SUR LliS NOSORGANIES. 621

Lorsque au commencemeut de ce siècle, on disait de i'analomie pailiologique I que c'était la médecine éclairée par l'ouverture des corps, on avait raison, i puisque cette recherche permettait de localiser les troubles fonctionnels en les rapportant à certaines lésions organiques constantes. L'histologie pathologique a permis d'aller plus loin dans celte voie en laissant voir des lésions qu'on ne soupçonnait pas ou qu'on appréciait d'une façon erronée, mais elle est allée I plus loin et elle a prétendu changer les classifications depuis longtemps en I honneur dans la science clinique. Non contente de servir de moyen d'analyse i destiné à éclairer les faits do la médecine pratique, elle a cru pouvoir se séparer I de l'observation et créer à son profit, par la classification des éléments pathologiques, une nouvelle doctrine clinique.

Tout d'abord on avait admis, avec Laennec, des lésions bénignes, composées d'éléments homœomorphes, c'est-à-dire ayant une forme semblable à celle des éléments normaux de l'économie, et des lésions malignes, formées d'éléments hétéromorphes, c'est-à-dire sans analogue dans l'économie, tels que le cancer et le tubercule. La clinique a montré que c'était là une erreur en établissant que bien des tumeurs homœomorphes avaient une malignité excessive; exemple: les épithéliomas et les cancroïdes.

Maintenant, l'homœomorphisme et l'hétéromorphisrae sont abandonnés, car il est établi que les éléments du cancer n'ont rien de spécifique, ne sont pas des produits nouveaux et ne sont que des éléments normaux hypertrophiés de la région malade. De même pour le tubercule, qui n'est pas un produit nouveau, mais seulement une régression graisseuse d'éléments normaux (cyloblaslions ou cellules épithéliales) ou anormaux qui se s'atrophient ou se décomposent.

La dernière et plus redoutable atteinte portée à l'anatomie pathologique ordinaire par l'histologie est celle dont Virchow est l'auteur. Sous le nom de /lathologie cellulaire (1), ce médecin, plus naturaliste que médecin, inspiré de Schwan et de Schleiden, a essayé de ramener l'étude des tissus malades à celle

' (le la cellule qui en est l'origine, et il transporte à cette cellule toutes les propriétés vitales que les cliniciens physiologistes admettent dans les tissus.

I Irritation inflammatoire, irritation nutritive, irritation formative, telles sont les différentes causes des lésions organiques développées dans nos tissus. Il n'y a plus, comme dans la théorie de Schwan, formation d'un blastèmc au sein duquel naissent les cellules normales et pathologiques ; ce sont les cellules normales, considérées comme origine première de tous les tissus, qui s'altèrent et deviennent pathologiques, omnis cellulœ a cellula. Mais, où sont les preuves de toutes ces affirmations et, je dirai plus^ de toutes ces hypothèses?

' D'abord, il ne se produit de noyaux et ensuite de cellules qu'au sein d'un liquide quelconque, en si petite quantité qu'il soit, et l'on ne comprend pas plus

> le développement d'une cellule sans blastème que la formation d'une graine sans eau de végétation. Qu'il n'y ait pas d'épanchement liquide considérable ni de

(1) Virchow, La palholorjie cellulaire, trad. franç. Paris, 1860.

l'ATHOLOGll' (;ÉNÉRALli.

foriiialiou d'iiiKi masse de blasièinc où viciulmhi. apparaître les cellules pailiolo- -i piques, cela osl évidciil:, mais, si l'on vctul y réllécliir, on verra que les tissus sonlv imprégnés de liquides par Icscpiels ils vivent; ([ue ces li(|uides changent dv composition selon les diathèses accidentelles et l'action des irritants locaux, enfin . (|u'il y a autour et dans chaque intérieur de cellule un blastèmc formateur dont i l'existence est incontestable. En niant la présence d'un blastème formateur intra ii ou extra-cellulaire, !M. Virchow a systématiquement nié l'évidence, car ce hlas- j tème n'est autre que le fluide nourricier, normal ou pathologique, qui alimente ■ les tissus et qui est l'agent do la nutrition moléculaire.

Ensuite, n'est-ce pas une abstraction et une spéculation d'esprit véritable que • cette idée de ramener l'anatomie pathologi([ue à l'élude des maladies de la < cellule, sans tenir compte des associations de tissu qui font les organes et les ■ instruments de la vie. Il aurait fallu démontrer que la cellule est l'élément pri- ■ mitif de tous les tissus, et, qu'au delà de cet élément, il n'y a rien d'appréciable : à nos sens. Mais Virchow n'a rien fait de semblable. Si la cellule est un des » éléments de chaque ti.ssu, il y a aussi le liquide interposé et le liquide inclus, il l y a le noyau cellulaire, il y a le nucléole et, enfin, il y a l'atome ou le granule • organique qui forme, les parois des cellules et leur donne, avec des formes différentes, des fonctions spéciales. Par conséquent la cellule n'est pas le dernier terme de l'analyse microscopique des organes, on peut aller plus loin et ne tenir compte que des granules organiques vivants et doués des attributs de la vie, savoir : l'imprcssibililé, l'aulocinésie et la promorphose (1). A la place de la pathologie cellulaire on peut, avec autant de raison, faire de la pathologie atomique. Théorie pour théorie, l'étude des néoplasies rapportées à la lésion du granule organique me paraît plus satisfaisante que l'autre, et donne moins de ■ place à l'hypothèse. Mais la pathologie atomique n'est pas ici en cause, il n'y a en discussion que la pathologie cellulaire.

Or, le rôle que Virchow accorde aux altérations de la cellule dans la formation des néoplasmes est double. Selon le tissu malade et selon la cause morbide, la cellule de la région engendre par sa prolifération des cellules de pus, des cellules épithéliales, des cytoblastions, des cellules fd)ro-plastiques, des éléments de lissu conjonctif, des éléments cancéreux, enfin par sa régression ou métamorphose granulo-graisseuse des tubercules et des produits graisseux ou calcaires.

D'une autre part, pour expliquer les faits, Vircliow, tombe dans l'ontologie coiTime Broussais, et là où la cellule fait du pus, il admet une irritation inflanunatoire là où elle se convertit en liquide une irritation fonctionnelle ou .sécrétoire, et plus loin, dans l'hypertrophie cellulaire, une irritation formativc. Il n'y aurait peut-être rien à dire à cette manière de procéder si l'histologie moderne n'avait pas élevé la prétention de n'avancer que des faits incontestables et de substituer des choses positives aux hypothèses de la vieille anatomie pathologique ; mais, comme on le voit, derrière les faits microscopiques arrivent les hypothèses microscopiques. Après avoir détruit notre théoriede rinflammaiion et de ses pro-

(1) Boucliul, La vie ul ses allribuls, \K\'^c l'i.

MALADIES URGAA'IQUliS. — COUP O'OEIL bUK LliS NOSOUGANILS. (i2;i

(luits, le germanisme victorieux nous a envoyé la théorie de ri)éiéroniori)hisnie, , que nous avons accepté sans mot dire, puis il nous l'enlève pour nous renvoyer Il comme chose nouvelle, l'ancienne théorie innamniatoirc de IJroussais, sans ' qu'il y ait d'autre dilTércncc que celle de la hauteur de vue. Broussais et son I) école voyaient en grand ce que les Allemands voient en petit, et la France a tciculilique, trop souvent disposée à se dénigrer elle-même, se met au niveau de

l'Allemagne. L'histoire dira un jour le pourquoi de cet abaissement, mais dès

à présent ou peut l'attribuer au défaut de direclion de nos institutions médicales

dominées par des coteries jalouses devant lesquelles il n'y a d'autre mérile que

celui de la servilité ou de l'affection. Quoi qu'il en soit, l'histologie a eu la prétention de classer les néoplasies

d'après leur structure, en croyant que cette structure indique la nature du mal.

C'est là une erreur.

On comprend à merveille qu'en se plaçant au point de vue descriptif du natu raiiste, on essaye de classer les productions morbides et les tumeurs formant les néoplasies d'après les éléments qui les composent. Cela satisfait l'esprit, mais le clinicien ne peut accepter cette pathologie cellulaire qui le détourne du but delà médt'cine, lequel est la nature des maladies et le remède à y apporter. Si le microscope permettait de distinguer les leucocytes normaux du sang des leucocytes du pus et de ses différentes espèces, les éléments fibro-plastiques d'une tumeur maligne des éléments fdjro-plastiques normaux, les cellules épilliéliales d'un cancroïde d'avec les mêmes éléments à l'état normal, les cellules d'an enchondrome d'avec les cellules normales du cartilage, les fausses membranes d'un vésicaloire inoflénsif d'avec les fausses membranes de la diphthérite, infectante, etc., le clinicien pourrait reconnaître dans le cellularisme allemand un j^uide à suivre. JMais il n'en est pas ainsi, et cette étude des éléments d'un liquide ou d'un solide malade n'a qu'un intérêt d'histoire naturelle. Du moment qu'il faut repousser la spécificité des éléments histologiqnes, et que la présence anormale de ces éléments sur un point du corps n'indique pas la nature du • néoplasme ou de la nosohémie, toute classification des maladies d'après la slruci ture des éléments histologiqnes est prématurée, et les anciennes divisions de \ l'analomie pathologique peuvent être conservées par la clinique. Il faut seulement qu'on sache bien que si le microscope n'a encore pu fournir les bases ; d'une nosologie complète', son emploi est indispensable pour compléter l'examen i à l'œil nu et pour éviter de graves erreurs d'interprétation, soit dans le diagnoslic des néoplasies, soit dans l'étude des liquides pathologiques.

Au reste, pour que les cliniciens puissent juger comme moi ce que je viens de dire de la non-spécificité des éléments histologiques, de la difficulté de rei connaître la nature d'un mal par celle de ses éléments histologiques, et de Il l'impossibilité où nous sommes aujourd'hui d'accepter le cellularisme allemand je vais exposer les faits sur lesquels repose mon argumentation.

Non-spécificité des leucocytes du pus. — Lorsqu'en 1862 nous montrâmes avec Ch. Robin, que dans la fièvre puerpérale il y avait des globules de pus en I grand nombre dans le sang, on nous soutint que nous nous étions mépris, cl que

l'ATHOLOGlE GÊNÉRAI,E.

malgré rimniensc qiiantiic de ces globules, nous avions considéré comme leu- • cocytes purulents des leucocytes normaux^, mais je demandai quelle différence ' anatomiquc séparait ces corps les uns des autres, et i)ersonne ne put répondre. En effet, il n'est pas possible de différencier les leucocytes normaux du sang ; des globides de pus qui peuvent s'y trouver mélangés (1).

De plus, dans les différents pus morveux, syphilitique, varloleux, inflammatoire, etc., les leucocytes ont la même forme et la môme structure, et rien ne permet d'apprécier la cause de leur virulence différente et de la diversité de leurs effets sur l'économie. Donc, la cellule purulente n'a rien de spécifique et ne montre pas la nature du mal qui l'a formée.

Non-spécificité des fausses membranes. — Bretonneau et son école ont appelé diphthérite, et maladies spécifiques,, les maladies accompagnées de la production de fausses membranes ; et cependant il se produit sur les plaies, sur les ulcères, sur les bridures, dans la stomatite ulcéro-membraneuse, dans l'angine couenncuse simple, à la surface des vésicatoires ordinaires, des fausses membranes en tous poinis semblables, comme structure, aux fausses membranes de l'angine couenneuse maligne et du croup. Quelques personnes ont qualiQé ces faits du nom confus et proi)lématique de diphthérite sans diphthérie. Cela est encore à démontrer, mais comme on vient de le voir, la production des faussés membranes a elle seule ne révèle pas la nature d'un état morbide spécial.

Non-spécificité des éléments fibro-plastiques. — Un instant, la micrologie française, d'accord avec celle de nos voisins les Allemands, crut pouvoir séparer du cancer les tumeurs formées de noyaux et de cellules fibro-plastiques, en disant que c'étaient là des tumeurs bénignes n'ayant pas les caractères du cancer, ne se reproduisant pas sur place et ne se généralisant pas après l'ablation.

Cette affirmation n'a pas été justifiée, et, d'ailleurs, on trouve dans l'induration inflammatoire et dans la granulation grise de la tuberculose des éléments (fibro-plastiques, noyaux ou fibres fusiforraes) semblables à ceux des tumeurs fibro-plastiques, de sorte que ces éléments n'ont par eux-mêmes rien de spécifique et ne révèlent pas la nature du mal qui a produit la tumeur.

Non-spécificité des éléments de répithélioma.— Dans cerluiaes régions, il se forme des tumeurs épithéliales que l'on a considérées comme voisines du cancer parce qu'elles se reproduisent après l'ablation, et que souvent aussi elles se généralisent en donnant lieu à un empoisonnement de l'organisme par les éléments épi ihéliaux. Cela est très-exact. Mais la présence de ces cellules épithéliales dans tumeurs n'en explique pas la mahgnité, car on les trouve dans les durillons des mains et des pieds, petites tumeurs qui n'ont pas la moindre analogie de natun avec les autres. Ici, la clinique est en désaccord avec le cellularisme et montre que la connaissance du produit morbide n'est pas suffisant pour révéler la nature du mal.

Non-spécificité des cellules du cancer. — Pendant quelques temps, on avaii cru à la spécificité de la cellule cancéreuse; mais, depuis l'affirmation contraire

(1) Voyez la discussion relative à résorption purulente dans l'article Thrombose Embolie.

Page 1