MALADIES ORGANIQUES. — COUP D'OEIL SUU LES NOSORGANIES
(le Velpeau (1) et depuis les recherches de Yirchovv (2), on admet que les cellules des tumeurs cancéreuses ne sont que de l'épithéliuni hypertrophié, et qu'elles existent ailleurs que dans le cancer. En elïet, on les trouve à l'état normal dans la vessie et dans les calices des reins, ce qui leur enlève la signification qu'eu avait voulu leur donner relativement à la nature du mal où elles se pro- ^ duisent en si grand nombre.
Non-spécificité des cellules du cartilage. — S'il est vrai que les enchondromes constituent des tumeurs malignes formées par la prolifération anormale i de cellules cartilagineuses, ces cellules ne font pas connaître le pourquoi de la > malignité de ces^tumeurs, qui se reproduisent sur place après l'ablation, et qui se ; généralisent dans les viscères. En effet, on les trouve avec les mêmes caractères histologiques dans, les cartilages normaux de l'économie.
Non-spécificité des éléments du tubercule. — Au début de ses recherches . histologiques, Lebert (3), et, à son exemple, tous les pathologistes considéraient le tubercule comme un produit hétérologue formé de corpuscules spéciaux ; mais , peu à peu la lumière s'est faite, et Vogel a montré que des corpuscules semblables i existaient dans les plaques gaufrées de la fièvre typhoïde. Maintenaùt même, le 1 corpuscule tuberculeux est généralement considéré comme un élément morbide I de nature très-variable, formé par la dissociation des éléments noi'maux ou pathologiques d'un tissu : soit des cytoblastions ou noyaux fibro-plastiques, soit des cellules épithéiiales, soit d'un exsudât inflammatoire ; si bien que l'état ! jaune cru, l'état caséeux et l'état calcaire ne sont que la métamorphose ou, comme on le dit, la régression graisseuse et calcaire de ces éléments. C'est ce qu'on appelle en Allemagne une nécrobiose, on mort de la vie, mots qu'on croirait ne pouvoir jamais s'accoupler ensemble, et qui doivent faire souffrir toute oreille tant soit peu au courant des règles de la langue française. Quoi qu'il en « soit, les éléments tuberculeux n'ont plus rien de spécifique, puisqu'ils se trouvent ailleurs que dans la tuberculose, et que le dernier terme de leur métamorphose est un état caséeux ou calcaire qui se produit également dans la métamorphose de certains autres produits pathologiques. Non-spécificité des éruptions muqueuses et cutanées. — Ce que je dis de ;i l'insuffisance des recherches histologiques, relativement à la nature des maladies, s'applique également à certains autres produits morbides. En effet, les maladies de la peau, telles que la roséole, la scarlatine, l'urticaire, l'eczéma, l'impétigo, le lichen, le pemphigus, etc., considérées comme dans leurs éléments anatoraiques, n'indiquent pas toujours la cause du mal. Ainsi, on connaît une roséole i simple, une roséole quinique, une roséole cholérique, une roséole syphilitique, que l'aspect seul ne suffit pas toujours à distinguer. Il y a une scarlatine virulente et une scarlatine puerpérale, un urticaire simple et un urticaire d'intoxica-
(1) Velpeau, Discumon sur le cancer {Bulletin de l'Académie de médcci7ie Paris 185M855, t. XX, p. 7 et suiv.).
(2) Virchow, La pathologie cellulaire, trad. par P. Picard, 3« édition, Paris, 1868.
(3) Lebert, Physiologie pathologique. Paris, 18Û5.
B. — PATUOL. GÉN.
lion ; un pcmpliigus simple, syphilitique ou cantharidien ; et quant aux autres ; dartres que je viens d'indiquer, il est souvent impossible, d'après leur seul aspect i extérieur, de savoir si elles sont scrofuleuses, herpétiques ou rhumatismales. .
Il en est de même des phlegmasies des muqueuses. Qui pourra jamais dire t sûrement, d'après leur apparence, que l'une est InHammaloire, l'autre rhuina- tismale, l'a dernière herpétique ? Cela est impossible, et ceux qui observent les ma- • lades avec soin, sans obéir à aucune idée préconçue, savent qu'au point de vue cli- • nique, la nature des maladies leur est révélée autant par l'étude des causes et des « phénomènes antérieurs ou actuels, que parla structure des produits anatomiques. .
Après cet exposé, il me paraît évident que toute classification anatomique des maladies internes est aussi prématurée que la classification anatomique des « maladies de la peau. En voyant qu'avec des formes anatomiques semblables la » nature des affections cutanées était différente, on a dû renoncer aux classiQcations d'Alibert, de Biett, de Willan et de Bateman.
Il en sera de môme des classifications histologiques, puisque la prédoinluance d'éléments de même espèce, dans un produit morbide, n'en révèle pas »
louiours la nature. .
Cependant, si l'anatomie pathologique et l'histologie ne peuvent servir de i base à une classification générale et complète des maladies, il ne s'ensuit pas « qu'il faille considérer ces études comme étant inutiles et à délaisser. Au con- . traire les services qu'elles ont rendus à la médecine sont incontestables, et elles i ont permis de localiser des maux dont le siège était jusque-là ignoré. Elles ont d permis de bien voir une foule de lésions qu'on voyait mal; enfin, c'est a elles » nu'on doit la formation du groupe des maladies parasitaires. Tant de services « en font une des meiUeurQS pierres d'assises de la science, et ce sont des moyens » d'analvse dont le véintable médecin, s'il aspire à être savant, ne saurait se passer. • Aussi 'si comme méthode philosophique de nosographie, j'en ai contesté Um- portancc et fait voir les lacunes, j'en reconnais l'indispensable nécessité comme moyen d'tfnalyse et de diagnostic anatomique. vffWrK
Les nosorganies sont très-nombreuses et peuvent être classées de différentes
"''clmmè ie l'ai dit plus haut, Laennec les avait divisées comme il suit : 10 aSiois de nutrilion ; 2» altérations de forme et de position; 3° alt.-aUo.. de texture, comprenant les tissus analogues ou sans analogues à ceux d 1 éco nomie c'est-à-dire 1 s tissus homœomorphes ou heterornorphes; h les corj
Zgers imés (1). C'est à peu de chose près la division de Dupuytren, U rSvciîhier (2)Vetdetous ceux qui ont étudié les maladies organK,uo. m .i. Pllo a neut-êtrc l'inconvénient d'être trop générale, '"t^m" de la Faculté de médecine, M. Andra. a -ivi u-.^-
toute différente, adoptée depuis par les anatom.stes m.crologues, pai Vo.ci (
(1) Laennec, Mémoire sur rana/omie pa(/.o[off.-7«e (io«r„. ./e mdd 180^ 2 cruveilhier, TraUé d^anatomie pathologique générale P;"^ 'S-^^, t. I, P- (3) Vogel, Traité d'analomio pathologique générale. Pans, 184/-