MALADIES ORGANIQUES. — NÉOPLASIES MUSCULAIRES
oux seuls les tumeurs érectiles; il faut en môme temps qu'il y ait dilatation des vaisseaux ordinaires de la partie affectée. J. L. Petit les a appelées honmrs varùjiieuses, et John Bell, tumeurs par anastomose. Ces tumeurs, ordinaii-ement congénitales, peuvent rester stationnaires ou se développer par suite d'une dilatation considérable de leurs vaisseaux artériels ou veineux; ce qui donne lieu à des différences de couleur et de nature fort importantes. Les unes forment des tumeurs érectiles veineuses, et les autres des tumeurs érectiles artérielles.
On les observe dans le foie, le poumon, le cerveau, dans les os, et, de préférence, dans la peau. Aplaties ou globuleuses, elles sont molles, demi-fluctuantes, rouges ; quelquefois pulsatiles, si elles renferment beaucoup de capillaires artériels; et noirâtres, au contraire, quand elles sdnt formées de capillaires veineux. La moindre écorchure les fait saigner abondamment, et elles peuvent s'accroître au point de compromettre les jours des malades.
Souvent elles restent stationnaires, ou disparaissent par suite de l'oblitération spontanée de leurs vaisseaux. Elles se transforment en tissu fibro-celluleux plus ou moins compacte.
" § 5. — De la production tin tissn innquenx.
On voit souvent, dit-on, le tissu muqueux se produire, pour remplacer une membrane muqueuse détruite par l'ulcération, ou dans la surface des parties molles baignées par le pus, dans les abcès anciens et sur les parois des conduits fistuleux, par exemple. Cependant le fait a été nié ; et l'on a dit que les tissus produits dans ces conditions n'avaient point les caractères du tissu muqueux ; qu'ils n'avaient ni follicules ni villosités; et qu'enfin, c'était du tissu librocellulaire recouvert d'une couche mince d'épithélium. C'est une question à décider par des recherches ultérieures.
Le nouveau tissu muqueux a les caractères extérieurs des membranes muqueuses; il est recouvert d'épithélium qui se renouvelle constamment; il suppure; et, quand on examine longtemps, après guérison, la cicatrice d'ulcères de l'intestin produits par la fièvre typhoïde, sauf une certaine coloration brunâtre qui indique la cicatrice, on ne voit pas de différence entre cette partie et les parties voisines. Ce tissu, très-vasculaire, s'enflamme comme les membranes muqueuses elles-mêmes; il est alors le siège d'un travail particulier qui a même des adhérences avec les parties voisines, et l'on utilise cette propriété pour déterminer le rapprochement des parois d'un foyer purulent ou d'un trajet listuleux.
§ O. — Do la production du tissu musculaire.
On ne peut mettre en doute la production accidentelle d'un tissu musculaire. lAuisi, dans l'hyperlrophie des muscles et dans l'hypertrophie du cœur, il est ''Vident que le nombre des fibres nuisculairos de l'organe est considérablement ■ii'gmcnté, et il est impossible de distinguer celles qui sont de date récente, '•'utes sont rouges et striées, comme dans les faisceaux des muscles de la vie dé l'tlation.
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Il s'en produit également dans les muscles divisés, pour remplacer les faisceaux musculaires détruits ; mais, dans ce cas, la cicatrice est ordinairement constituée par du tissu fibreux.
Des fibres musculaires striées ont été quelquefois observées dans les tumeurs fibreuses, mais cela est rare ; et, dans tous les cas, ces fibres sont peu nombreuses.
Au contraii-e, le tissu musculaire organique, dont les fibres pâles sont dépourvues de stries transversales, se produit avec grande facilité dans les hypertrophies des muscles de la vie organique, et dans les tumeurs fibreuses, fibro-plastiques et cancéreuses développées à la surface ou dans la profondeur des organes.
§ a. De la production acc'uleiitelle du tissu nerveux.
On ignore presque complètement les conditions favorables à la reproduction du tissu nerveux. Selon toute apparence, sa forn)ation est assez rare. Toutefois,après la destruction de la substance cérébrale et nerveuse, il se fait des cicatrices dans lesquelles du tissu nerveux se reproduit, en petite quantité, avec ses principaux caractères.
Les nerfs divisés et réséqués se réunissent par du tissu nerveux de nouvelle formation, et quelquefois la fonction se rétablit. Il en est de même, mais d'une façon moins évidente, sur la moelle épiuière d'animaux mis en expérience, tt Ainsi j'ai vu, h la Société de biologie, M. Brown-Séquard présenter des pigeonst sur lesquels on avait, trois mois auparavant, pratiqué la section complète de lal yf moelle épinière, et chez lesquels la paralysie avait en partie disparu. Les animaux ■ .1 étant sacrifiés, on a pu voir, au milieu d'une cicatrice fibreuse, des tubes ner-- n veux de nouvelle formation mettre en rapport la partie inférieure de la moeUeL i avec sa portion céphalique. Ces faits ont été vérifiés par un grand nombre de^ ■ physiologistes.
Dans le cerveau et dans les ganglions, celte reproduction de la substance nerveuse est plus rare; et je crois même qu'elle n'a encore jamais été observée en quantité bien considérable.
La reproduction du tissu nerveux est d'ailleurs établie par les faits de section et de résection des nerfs ayant permis aux fonctions motrices ou sensitives de sf rétablir —On sait que dans le tic douloureux (le la face, la section et même la résection des rameaux de la cinquième paire, qui produisent un soulagenieni immédiat,n'amènent pas de guérison durable, car les douleurs reparaissent apro cicatrisation du nerf réséqué. Il en est de même après la section du nerf mcd.an ou sciatique, et je tiens du docteur Martinez del Rio qu'après avoir enlevé un uévromedu nerf médian, formant une résection de h centimètres, sur un s.)lrtai, il a vu quelques mois après la paralysie du monvement et du sentiment disparaître, et ce soldat reprendre l'exercice de son fusil comme par le passé.