‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologieChapitre 174 sur 439 · MALADIES ORGANIQUES. — NÉOPLASIES CARTILAGINEUSES. C · texte numérisé non relu

MALADIES ORGANIQUES. — NÉOPLASIES CARTILAGINEUSES. C

à la surface de l'os ou dans le canal médullaire, qu'il dilate outre mesure en l'enveloppant d'une coque osseuse.

. Dans les parties molles, l'enchondrome a été observé dans la parotide, dans

la mamelle, dans le testicule, dans les ganglions lymphatiques, dans le tissu cellulaire sous-cutané, dans les poumons, dans la rate, dans le nez et dans les glandes sous-maxillaires. M. Dolbeau en a observé un cas dont l'origine était les glandes sébacées.

Il est quelquefois combiné avec d'autres néoplasies morbides, telles que les tumeurs hématiques ou graisseuses, d'après M. Lebert; avec le tissu fibro-plastiquc, cancéreux, d'après Miiller, Paget, etc.

Les kystes formés autour des corps étrangers, des tubercules pulmonaires, des hydatides du foie, etc. , se transforment souvent en cartilage afin de protéger les organes contre le développement de la maladie. Pareil phénomène se produit dans les anciennes pseudo-membranes de la plèvre ou des séreuses produites par l'inflammation, dans les valvules du cœur affectées de phlegmasie chronique, sur la membrane interne des veines, etc. C'est là ce qui explique la formation de certains corps étrangers fibreux et cartilagineux trouvés dans les articulations, dans la poitrine, dans les vaisseaux, etc. Des fausses membranes ou des productions fibrineuses et fibreuses devenues libres se sont transformées et ont pris la forme cartilagineuse, osseuse ou calcaire.

Les enchoodromes, ordinairement isolés, peuvent exister en assez grand nombre chez le même individu, puisqu'on en a trouvé 15 à 20 sur le même sujet. Leur marche est lente, et ils sont rarement douloureux: cependant chez quelques personnes, le mal a, par exception, une activité très-grande, et'il acquiert son maxnnum de développement en quelques mois.

L'enchondrome ne produit généralement d'autre gêne que celle d'un corps étranger de même volume, et les troubles qu'il détermine dépendent surtout de son siège et de la compression qu'il exerce sur les organes voisins. Son niGuence générale sur l'organisme est presque nulle, et ce n'est qu'après l'ulcéntion que, donnant lieu à une suppuration abondante, il produit des accidents «us a 1 épuisement des malades.

C'est une maladie qui est primitivement locale et qui reste presque toujours ocale; ma,s cependant, pas plus que le cancer, les tumeurs épithéliales et ;bro-plastiques, elle n'est à l'abri de récidive et d'infection générale après extirpation des tissus malades. Cela constitue l'infection chrondroïde IM. Benoist et Richetont publié des faits d'enchondromes opérés s'étant renro |lu. is sur place, et à l'intérieur, dans les poumons, de manière à faire périr les naïades. Cela est très-rare comparativement à l'infection qui succède aux abla ons (lu cancer; mais, puisque ces faits existent, il faut les connaître afin d,.

n etabla- qu'il n'y a pas, à proprement dire, de maladies locales, et ^u o . I organisme entier ne tarde pas à participer aux désordres survenus dms 2^-unes de ses parties. Ici, comme dans le cancer, dans la m

tubercule, il y a greffe cellulaire viscérale, c'est-à-dire que certains él. -nts du cartilage, étant absorbés par les veines ou par leslym hat^u i J

u PATHOL. GÉN. '

lient se fixer dans les viscères, où ils s'implantent par grellc et où ils se déve- ' loppent et pullulent à l'infini.

g 23, Uc In liroduction <lu tifii»«u osncux et dcN niédulloccllcM, ou (nmcurk

<k myéloplaxt;»».

Il se produit accidentellement du tissu osseux dans un grand nombre de circonstances, au milieu de néoplasmes particuliers engendrés dans les parties

Fie. 91'. — Substance des os {*). I'ig. 92. — Portion d'un os de nouvelle formation de rurnclinoido cérél» ■

IM-éscntuiit la slniclure normale des os (**).

molles ou au voisinage des os (fig. 91). C'est ce qu'on appelle des concréfionf ossiformes, des ostéoïdes ou des ostéophytcs.

Les ostéoïdes, très-fréqucnis chez les vieillards, se développent jiar exception dans la jeunesse. Ils résultent : 1" de l'inflammation de certains tissus:

{*) lU'.vrv.u de imnnliiMiles rcprésorilL's pi\i' les points noirs inV-gnliers, Rarnis de pvoloncemenis '''JP|J'"''^; Ce sont les eanalicuks qu'on appelle les corpuscules des os, ou (les oslrniilastcs ; ils ont ilo 0"",10 ii 0"A* ' diamètre.

(**) On voit un eanal vnsculairo, médulloiro, ramifié ; de \wA\\f cannlicules ramifiés le relient aux eorpO!» cules osseux; ou voit leur ombouchuro dons le canal. — GTOSsisscmeut : 350 diamètres. (Virchow.)

MALADIES ORGANIQUES. — NÉOPLASIES A MYÉLOPLAXES.

exemples les concrétions ossiformes de la face inlerne des côtes à la suite des pleurésies, celles du cœur après l'endocardite; 2° de la dialhèse goutteuse, syphilitique, scrofuleuse; 3° de la diatlièse osseuse. En effet, Lobstein et Kuhniiollz (1), Morel-Lavallée (2), ont signalé chez le même individu des exostoses et des ostéoïdos multiples, qu'on ne pouvait rapporter à aucune des causes connues, et qui dépendaient évidemment d'une disposition organique spéciale.

A cette diathèse se rattachent les ostéophytes de l'état puerpéral On sait que W. Oucrest (3) a découvert, chez un grand nombre de femmes mortes en couche, à la face interne du crâne (fig. 92, 93) et du bassin, des lames

FiG, 93. — Corpuscules osseux provenanl d'an os pathologique de lu dui'e-mére (*).

Fin. 94. — Fi'actiu'es transversale de rininiirus ; cal en voie île fonna tioUjiigé environ de ((uinze joiirs(**)

I osseuses, minces, assez étendues : d'abord peu résistantes, ensuite épaisses et dures, donnant une épaisseur plus grande aux os du crâne. La production de ces ostéophytes commence au Iroisièmc mois de la grossesse, et continue jusqu'au terme de l'accouchement. C'est, comme je l'ai dit, une forme particulière de la diathèse osseuse.

On voit les ostéoïdes se développer là où un os détruit est remplacé par un

(1) Kuhnholtz, Mémoire sur la diathèse osseuse, Montpellier, 1834.

(2) Morel-Lavallée, Mémoires de la Société de chirurgie. Paris, 1747, t. I, p. 75.

(3) Ducrest, Mémoires de la Société d'observation. Paris, 1843, t. II, p. 581.

(*) On voit les prolongements ramifiés et s'anastomosant les uns avec les autres (eanalicules osseux^ Au indien du corpnsculc ossenx, on aperi;oit un certain nondire de |)etils points noirs représentant rcuibouciiurp 'le ces caualieules allectunl la l'orme d'un entonnoir. — Grossissement :■ 600 diamètres. (Vireliow.)

(**) On voit an dehors la eapsuh- poreuse du cal produite par le périoste et les parties molles environ 'inntcs. A droite, la concile la jdiis interne est encore cnrtilafçiiionse. A gauche, un voit une coauille lil.rô

loycnant ili; la porti(Mi corlicale de Tus. Les deux exlrémités île la rractnre sont ■ ' '

remues par une eouclio

l'i inc use et hcmorrliugiipie (qui est d un liruii foncé) ; la moelle des deux cotés est d'un nuilre noirAIce rnmiiiti; Ile 1 hy|pérémie et de l'exlravasalion). Dans le fragment inférieur, ou Voit nhisieurs Uni, nnvu„v a ' {■".duils par lussilication de la moelle. (Virchow.J ' " r'"8'uii8 Uots poieiu do cals

(392 l'ATIIOLOGIE GÉNÉRALE.

OS nouveau, soil dans lo cal des fraclures simples (lig. 9/i) el commiimlives, • soil h la suite de la nécrose, lorsque le sé(iueslre a pu être éliminé. Il se produit également dans le tissu fibreux et fibro-plastique ancien, dans les cartilages norma^ix ou accidentels, dans les corps fibreux libres des séreuses, dans le i)é-

rioste (llg. 95 et 96), etc.

Les ostéoïdes ne sont pas des os véritables avec la disposition exacte des éléments de l'os normal, mais ils en contiennent les éléments principaux épars dans une gangue fibro-pIastique et calcaire. Us se présentent sous forme de

juiriostique (*).

granulations-, de lames ou de masses amorphes plus ou moins volumineuses, et l'on y trouve les corpuscules osseux et les canalicules caractéristiques de l'os normal, mélangés à une assez grande quantité de sels.

Les ostéoïdes sont d'autant mieux formés et rap])cllcnt d'autant plus la structure du tissu osseux, qu'ils naissent sur un os ou dans son voisinage immédiat. Ainsi les exostoscs et les périostoscs (fig. 95 et 96), l'osiéoiibyte puerpéral du crâne, renferment plus de corpuscules osseux ([uc les ostéoïdes développés dans les parties molles.

nùtifc qui sont i-nplis .1,, tissu o,mjn,„.tir lilavux. Les iH.iuls n.unMres sont enval.is ,mr 1« sels iTprésenlenl un tissu osseux aecompli. — Ci'ossissement : 150 dmuiùires. (\ u-chi>«.;

(**)«, 0, tvabéeule» ostùoides ; j», m, espaces médullaires primiUfs, avec des ceUules fusiforraes léaeaus. — Grossissement : 300 diamélro». (Vircbow.)

MALADIES ORGANIQUES. — NfiOPLASIES A MYÉLOPLAXES. f)93

Des Médullocelles, ou tumeurs à myéloplaxes.

Il y a un clément normal des os qui so trouve surtout dans la substance médullaire et dans la moelle des aréoles du tissu spongieux des os longs, que Ch. Robin (1) a désigné sous le nom de myéloplaxe (defjiusîid;, moelle, etTrXàÇ, plaque) (fig. 97 et 98), et qui peut s'accumuler en tumeur constituant un véritable état morbide.

Ces plaques de la moelle des os ont une forme et un volume très-variables de 0'"",020 à ()"■"', 1 00 ; elles sont arrondies ou polyédriques. Elles renferment des granulations très-nombreuses, sis à dix noyaux ovoï- .des, de O^^.Oa à 0""",011 de longueur, avec ou sans nucléoles : — c'est une espèce d'épi- .théliura des os. — Dans quelques cas, les myéloplaxes peuvent se multiplier, s'accumuler dans la profondeur de l'os, à sa surface et sous le périoste, de manière à former des tumeurs (|u'on rattache au cancer. Alors les myéloplaxes sont plus grandes que de coutume et prennent des formes bizarres , irrégulières. Elles sont environnées de matière amorphe, d'une i;rande quantité d'éléments fibro-plastiques, de fibres de tissu cellulaire et de vaisseaux.

Les tumeurs à myéloplaxes se montrent dans les os des membres, du tronc et de la tête ; quand elles ont le maxillaire et les gencives pour base, on leur donne le nom iVÉpidies. Comme 1(!S tumeurs cancéreuses proprement dites, elles récidivent après l'ablation, et,

(1) Ch. Rohin in Littré et Robin, Dictionnaire do médecine et do chirurgie, 12^ ôdilioii. "aris, d865.

(*) -^1 A, A, myrlnpliixes ; H, (',, mikliillncnllps. (Ansor, Trnilc d'niminmin chirurgicale, Pnris, 1809.)

S*'-"' I"-"'''"" «^"l'iilfs ii novtiux sirii|>lcB et divisas; II, li, r^li'meiiln vnliiinincnx fi pliisioiirs iinvnnx fi)lnnups V»K ■« rir.v/iiix, nnliin). — r-mssispiMiir'nl : 350 iliiiiniMii's (Viivluiw.) " ' '

Fir,. 97. .

riilTérciitcs formes de médullocplles et myéloplaxes

Fii;. 98. — Cellules médullaires de l'os 1=1*).

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