ARTICLE IV DES CONCRÉTIONS MEMBRANEUSES
Il se fait très-souvent, à la surface des muqueuses enflanimées de la bouche, des bronches, du larynx, de l'intestin ou de la peau dépourvue d'épiderme, des concrétions pelliculeuses minces, fibrineuses, dites couenneuses, qu'on appelle fausses membranes, et dont Bretonneau a voulu faire la base d'une maladie spéciale appelée diphtliérite.
C'eût été chose possible si les fausses membranes étaient toujours de même nature, et si leur apparition caractérisait un état morbide spécial ; mais comme celte production organique n'a rien de spécifique, l'innovation de ce médecin ne saurait être acceptée dans ce qu'elle exprime de général, au point de vue de la nosographie.
Les concrétions membraneuses se montrent dans les fosses nasales, sur lc< amygdales (angine couenneuse), dans le larynx (croup), dans les bronches capillaires (pneumonie fibrineuse), dans l'œsophage, dans l'intestin, à la vulve, sur les gencives, sur les vésicatoires anciens ou récents, à la surface des brûlures, etc.
On les observe à l'état sporadique ou épidémique, principalement chez leenfants, dans le cours de la scarlatine, et elles se montrent avec ou sans complication de résorption diphthérilique ni d'albuminurie, et, après guérison, clle> sont souvent suivies d'amaurose ou de paralysie des membres.
Il y a deux espèces de diphthérite, l'une infectante, très-grave, cl I autre bénigne, non infectante, qui guérit toujours. Cela dépend des ulcérations qm existent sous les fausses membranes, lorsque par elles il se fait une résorpuoi d'éléments du pus qui empoisonnent les malades. Pour Virchow, l'empoisonne-