MALADIES ORGANIQUES. — CONCRÉTIONS MEMBRANEUSES
ment résulte de phlébites capillaires voisines de la plaie, et par lesquelles se produisent des embolies capillaires entraînant des infarctus et de petits abcès niétastatiques, viscéraux : mais cela est à démontrer. Quoi qu'il en soit, que la maladie soit ou ne soit pas infectante, les fausses membranes, quel que soit leur siège, ont toutes la même structure.
Les fausses membranes de la diphtliérite (1), étalées sur une lame de verre, recouvertes d'une lamelle plus mince et placées sous le foyer du microscope, présentent, d'après mes observations et celles de Laboulbène :
r Une matière amorphe, une sorte de gangue parsemée de fines granulations moléculaires, qui, lorsqu'elles deviennent libres, sont agitées d'un vif mouvement brownien.
2° De la fibrine offrant l'aspect de fibrilles grêles, minces, très-étroites, parfois parallèles, parfois irrégulièrement entrecroisées dans tous les sens; plus rarement la fibrine est disposée sous une forme granuleuse et composée de bandes très-petites, placées bout à bout en séries linéaires.
La matière amorphe et la fibrine enveloppent, emprisonnent ou circonscrivent les éléments suivants :
a. Des globules de pus (leucocytes), à noyaux et sans noyaux (fig. 108 et 109);
b. Des corps granuleux, leucocytes hypertrophiés et corps granuleux de diverses variétés (fig. 108).
Il y a en outre dans les fausses membranes de la diphtliérite : 3" Une grande quantité de matière grasse sous forme de globules arrondis, ambrés, de dimensions variables..., dissoute par l'éther ou l'essence de téréi'benthine. Cette matière grasse encroûte souvent les lamelles d'épilhélium.
(1) Laboulbène, Recherches sur les affections pseudo-membraneuses. Paris, 1861, p. 82.
(*)F. .xiimoii mici'oscopiqiie des fausses numibniuns. (Ilnuolinl.) Examen microscopique dos fausses momlirnnos. (IJouclmt.)
PATIIOLOGli; GÉNÉUALIi. |||
^1° Des éléments d'épithéiium à divers degrés de développement : a. sous' forme de cellules régulièrement arrondies avec un noyau.,..; et des nucléoles, h sous forme de cellules aplaties lamelliformes, plus ou moins contournées sur elles-mêmes, montrant un noyau petit par rapport à la grande dimension des lamelles épitliéliales ; c. sous formelle cellules allongées, irrégulièrement quadrilatérales et coniques, pourvues ou non de cils vibraliles (fig. 108 et 109).
5° Quand le sang épanché par suite d'ecchymoses a coloré ou taclié les fausses membranes diphthériliques, on trouve des globules rouges d'.' sang, réguliers sur leurs bords (fig. 100), ou bien dentelés et déformés. Rarement, et seulement dans les bronches, j'ai trouvé des granulations pigmentaires.
6° Des cristaux de diverses formes; mais ceux que j'ai vus étaient peu
réguliers. '
7° Parfois des végétaux, sous forme ; «. de spom, h, Ae mycélium. Celle présence de végétaux est exceptionnelle dans la vraie diphihérite.
8° Des vibrioniens des genres Bacterium et Vibrio, surtout du premier genre, ayant le corps fihforme et roide., „,...,•
De plus, suivant le siège des fausses membranes, on y trouve de 1 ep.thehum de la région malade, fait qui peut révéler d'où provient la concrétion pelliculaire. Ici, de l'épithélium cylindrique à cils vibratiles, dans les maladies coue^ineuses du larynx (fig. 109) ; de môme dans les grosses bronches, mais dans le. plus petites on ne trouve que de l'épithélium, pavimenteux. C'est aussi le cas des concrétions pelliculaires de la peau, de Vanus et des pccrttes génitales
Les fausses membranes se contractent et se crispent sous l'influence de 1 alcool et des acides sulfurique, chlorhydrique, nitrique, chromique et du n.iraïc d'argent, propriété qu'on utilise pour leur traitement. Elles se ramollissent plus ou moins vite sous l'inHuence des alcalis, avec les solutions de chaux, . potasse, de soude et d'ammoniaque, avec le chlorate de potasse, le chlorate d. soude, le bromure de potassium, la glycérine, l'acide lactique, etc. , d ou le. applications faites de ces différentes substances contre les affections couenneusc.
Les fausses membranes débutent ordinairement par une ph egmasie erosn ou ulcéreuse de la peau ou des muqueuses. De petits points W^ncs se Imj i dans les foUicules enflammés de la tonsiUe ou s"^' ««^^ "^f 7"'/ ^ jl^^^^^ au voisinage dans le pharynx et sur le voile du palais, quelquefois dans le pour former le croup, ou dans les fosses nasales. Partout la "muqueuse cnna, mée perd son épithélium, rougit, et c'est son ^^^^ f^^^^ ''"^f^Z^ et de! fausses membranes, ou qui «'ulcère plus profondément en se t^ a^ .
de pellicules membraneuses; ces plaques s'étendent et ^'^^^^^^^^[^ plus ou moins étendues, d'une adhérence variable, et quand on les ei^ac oit toujours la muqueuse érodée, saignante ou I7f«'f . ff^";- 4 est de même sur la peau. Elles sont grisâtres, quelquefois f dures, élastiques, résistantes, d'où le nom de cUphtherUe dro-e, pai lequel .i
voulu les caractériser. , , „„i:rviw Ivni-
Avec elles existe un gonflement plus ou moins prononcé des phatiqucs et du tissu cellulaire voisin, d'autant plus prononce que la