I.a base de ces tumeurs est con- ~ seutt/'Anent
slitnée par un stroma fibreux,
caverneux et spongiforme. Il faut savoir cependant qu'il existe sur les muqueuses des végétations en tout semblables h celles de cette forme cancéreuse, mais ne renfermant pas les éléments du cancer, ce qui permet de les en distinguer.
(*) «, srnmilatinns ; h, cellules V('.siciilonse» ; c, trame niireuso. — Grossissement : 200 iliamètres. (Cornil.)
^nnlle'rpT'^",n,r«'!?' "-""i ''r saroo-li.,oes ; trnme lil,re„se inliltr,V ,1e niçmo.it .noir ;
. nn (1., ees ..|,Mnent8 en voie .le division. — Grossissement : 550 dinmètres. (Cornil.) > n. ,
748 PATHOLOrJE GÉNÉRALE. |^
Ainsi donc, dans ses diverses variétés, le tissu cancéreux alTecle l'aspect : 1° de cancer mou ou encéphaloïde ; 9" de cancer dur ou squirrhe ; S" de can-^ cer gélatini forme ou colloïde; 4° de cancer kémulode ; 5" de cancer mHanique; 6'^ enfin de cancer dendritique. Si l'on joint à ces principaux caractères deux altérations assez fréquentes du tissu cancéreux, l'hémorrhagie et l'apparence de matière tuberculeuse, qui a fait donner h certains cancers le nom de 'phymatoïdes, on connaîtra d'une manière complète les principales apparences du cancer. Restent à déterminer ses variations de volume, de surface et de consistance.
Le volume du cancer varie depuis une tête d'épingle (fig. 152) jusqu'à une tête d'adulte, et môme davantage. Celui de la matrice ne dépasse guère 5 à 6 centimètres; mais, dans les ovaires, il peut atteindre un volume énorme et remplir complètement la cavité abdominale ; cela tient moins au développement du cancer en lui-même qu'à la formation de kystes liquides dans son épaisseur. Le. scjuirrhe produit généralement des tumeurs du sein moins grosses que l'encé-éfl plialoïde, et, dans le testicule, son volume est généralement assez considénible. Jl peut atteindre 10 à 15 centimètres en longueur sur la moitié en épaisseur et largeur. Le tube digestif, dans toute son étendue, n'offre pas de cancers à grandes dimensions. L'infiltration sous-muqueuse y est fréquente ; cependant,*! dans l'estomac et le rectum, peuvent se rencontrer d'assez gros champignonaî) d'encéphaloïde.
Le foie contient, soit des tumeurs volumineuses, soit des masses disséminées plus ou moins nombreuses. Dans le péritoine, le cancer existe plutôt sous forme de petites masses multiples, tandis que, dans le tissu cellulaire sous-cutané, c'est en agglomération qu'on le trouve. Le cancer des glandes lymphatiques est ordinairement multiple, et son volume est souvent considérable, de même que dans la parotide.
Dans le système osseux, les tumeurs sont petites et multiples, ou uniques et volumineuses.
Le cancer du sein peut acquérir des dimensions considérables ; il eu est de même dans la vessie, mais là le cancer existe ordinairement à l'état d^uifil- Iration. Au contraire, dans les organes respiratoires, on trouve de grosse^ tumeurs cancéreuses placées soit dans le médiastin, soit dans le poumon et danles plèvres.
La forme extérieure du cancer est très-variable, et diffère selon l'orgam affecté. Quand le cancer est infiltré, il prend la forme des parties. Celui qui m présente h l'élat de tumeur offre souvent des inégalités et des bosselures plu> ou moins considérables, mais il n'en est pas toujours ainsi. Le cancer du testicule est lisse et uni à la surface; il en est de même de quelques tumeurs cance reuses du sein et des glandes lymphatiques. Dans la plèvre (fig. 133), ce sont sou vent de petites tumeurs plates semblables à des gouttes de cire fondue, et dans K foie il se présente tantôt avec des bosselures superficielles ou avec ""Ç/^^^P'"^-^^ sion centrale. Pour les cancers appréciables au toucher, cependant, l'>"'^S'''^|^^'^ et la bosselure des surfaces est un caractère à ne pas négliger; seulement il n o>
MALADIES OUGANIQUES. — CANCEK. 7/l9
pas coiistaiiL et n'est pas entièrement propre au cancer. Généralement, cette nosorganie a des limites diffuses; elle s'insinue et s'irradie partout dans les parties qui l'entourent.
La consistance du cancer varie à l'infini depuis la difflucnce presque liquide jusqu'à la dureté fibro-cartilagineuse. Sa consistance provient en gftiéral de sa charpente filjreuse et de la quantité de tissu fibreux qu'il renferme; tandis que sa mollesse résulte de la prédominance du suc cancéreux et des vaisseaux san- L^iiins de son tissu.
2" Etude miu'oscopique. — D'après M, Lebert, le tissu cancéreux renferme (les éléments essentiels et des éléments transitoires, variables, sans forme particulière propre.
A. Cellule cancéreuse. — L'auteur que nous venons de citer admet l'exisleiice d'une cellule spéciale et spécifique du cancer, ce qui ne peut être admis, et il pose la question en ces termes (1) : « Une cellule isolée étant donnée, peut-on toujours reconnaître, par l'examen microscopique, si elle appartient à un cancer ou non? Nous n'hésilerous pas à répoudre que cela n'est pas toujours possible. !\Jais la question que nous avons toujours cherché à résoudre est celleci : Un tissu morbide étant donné, peut-on reconnaître, au moyen de l'inspection microscopique, s'il est cancéreux ou non? Sur ce point, nous n'hésitons pas à répondre par l'affirmative, tout en faisant d'abord une réserve en faveur des circonstances exceptionnelles que nous indiquerons plus tard, et dans lesquelles l'examen microscopique peut rester insuffisant. »
D'après cette manière de raisonner, notre conclusion serait toute différente de celle de M. Lebert. Si, d'après cet observateur, il n'est pas toujours possible de I savoir qu'une cellule appartient au cancer; si l'examen microscopique peut, dans des circonstances exceptionnelles, rester insuffisant pour établir le diaïiiosiic de cette maladie, il est évident que le tissu cancéreux n'a pas d'élément caractéristique, et que la cellule appelée cancéreuse n'est pas spécifique. D'une autre part, la cellule dite cancéreuse existe à l'état normal dansl'épithélium des bassinets et des calices du j-ein. Vogel, Virchow, Bennett, Delafond, Forster, '^ornil, ont donc raison de n'accorder qu'une importance secondaire aux (^sultats fournis par l'inspection de cette cellule.
R (1) Lebert, /oc. cit., p. 278.
l^(Curiil7"""'" "5Slo--''^'i-« A. uoya,,.. et de colh.lcs do nouvollo forma-
FiG. 132. — Coupe faite ii travers mie granulation cancéreuse de la plèvre. — Grossissement ; 400 diamètres \*).
PATUOLOnit GÉNÉRALE.
Quand on examine avec soin les cellules du tissu cancéreux, on voit qu'elles aflcctenl des formes irès-variées el qu'on peut cependant rapporter à un type'
spécial. En voici la descripiion d'après les apparences que présente leur forme la plus ordinaire :
(I La cellule du tissu cancéreux, quand sa paroi est complète, a une dimension dont la moyenne varie entre 0""",020 el 0""",025. En comparant celte moyenne de la cellule avec la moyenne des noyaux, on irouvo qu'il existe une proporlion particulière entre la dimension du noyau et celle de la cellule.
» L'épaisseur de la paroi cellulaire varie entre 0""",015, chilîre le plus faible, et 0""",m, qui indique la dimension la plus grande. La cellule cancéreuse si présente sous la forme d'une petite sphère régulière avec un noyau elliptique exceutriquement placé, occupant près delà moitié et renfermant un ou plusieurs grands nucléole^ (fig. 133). Mais cette forme peut varier, et les cellules sont ovoïdes, allongées, triangulaire?
h angles aigus ou énioussés, fusiformes, etc. Jamais on n'observt une diversité semblable de I paroi cellulaire dans aucum autre espèce de cellules; leurcontours sont généralement pâi< et minces ; ils contraslent avt les contours fortement accusés des noyaux. Ces cellules conticnneni ordinairement des molécules fines et ternes ressemblant aux molécules libro-album.neuses, et quelquefois de la mélaiiose infilirée ou granuleuse.
(*) 1,1, noyaux ca„cé,.e.,xi 2, 2, cellules ^f'-' ^e a^ccv; iX ,.'llu us h.sifcnnes à un ... I.l..»ieurs nny.u.x ; 5, 5 cellule. ' =; 'l .Xle englobant /. m. .
luuU.ples. (Chiirles Uobin.)
l'Ki, 133 f
P MALADIES OllGANIQUliS. — CANCEK. 751
Il Dans le cancer mélanique (fig. 131), le pigment se présente sous deux formes : dans l'une, il existe en dehors des cellules cancéreuses, dans l'interstice do ces cellules, sous forme de granules fins de 0'""',002 et de petits globulins de 0""",00'i à 0""",005; dans l'autre, il est déposé à l'état de vrais globules niélaniques de 0""",01 sans noyau ni nucléole, exclusivement rempli de pigment. Ordinairement, ce pigment est contenu dans l'intérieur des cellules cancé- , leuses sous forme de granules ou de globulins qui existent en quantité variable. Ces cellules pigmentées sont un peu distendues et plus grosses que les autres cellules cancéreuses, d'un quart, d'un tiers et au delà. Elles peuvent Atteindre 0""", 03, et même 0""°,0i.
a Le noyau de la cellule cancéreuse est l'élément constant et le plus durable, •iir quelquefois, soit que les parois cellulaires se détruisent ou pâlissent, on l'aperçoit plus que les noyaux qui restent. Ce noyau de la cellule est rond, à 'état de développement incomplet; entièrement formé, il affecte la forme ovoïde )u elliptique. Ses contours sont toujours très-accusés. Sa dimension moyenne ■st de 0'""',010 à O^^jOlS. Rarement il a une dimension au-dessous de )'°'",010.
)) Dans l'état normal, il renferme toujours un nucléole, grand, terne, et plus ulumiueux que celui de toutes les autres espèces de cellules. Les nucléoles iout rarement au-dessus de trois. Leur dimension moyenne varie entre r'",0025 et 0""",0033. A côté de lui se trouvent souvent quelques granules rès-pâles. »
Après avoir décrit la cellule cancéreuse réputée normale et ses principales ormes, M. Lebert décrit deux autres variétés également normales, et dont i 'une surtout est très-fréquente dans le cancer; ce sont les cellules mères et I ' es cellules à parois concentriques. D'après cet auteur, les premières sont caracéiTsées par la multiplicité de leurs noyaux, qui, en outre de leurs caractères Tdinaires, s'élèvent de trois à quatre, dix, quinze et au delà. Les dimensions i le cellules mères, dont les parois sont toujours bien délimitées, varient de '""",0/iO à O^-^.OeO et au delà. On y trouve quelquefois des cellules complètes i nlremêlées avec des noyaux. Quant aux cellules cancéreuses concentriques, !ur paroi cellulaire est entourée d'une autre paroi tout aussi régulière et plus rande, ou bien la concentricité consiste dans plusieurs membranes d'envepppes superposées et lamelleuses. C'est dans le cancer colloïde que se reucon- ; rent surtout les cellules concentriques.
L'examen microscopique peut être quelquefois insuffisant pour reconnaître iiissu cancéreux. Tel le cas où la cellule est incomplètement développée; où paroi de cette cellule n'existe pas, et celui où le noyau assez petit, de '"",005 à ()"'», 006, ne renferme qu'exceptionnelleinent un nucléole caracté- '^'ique. Il faut encore citer la diffluence des cellules, Vépaississement de leurs ">'ois, leur infiltration granuleuse et graisseuse, leur dessèchement avec dé- "•mtion des noyaux, etc. Comme on peut le voir, nombreux sont les cas où " ya pas de cellule cancéreuse caractéristique. Mais M. Lebert soutient que, ans ces cas embarrassants, il existe, à côté des cellules anomales, des cellules
752 PATIIOLOr.lK GÉNÉRALE.
types qui rtoivciit cmpûcher de commettre une erreur. Cela est encore à démontrer.
D'après cet observateur, la diffluence consiste en ce que les cellules perdent leurs contours cl deviennent un amas informe de granules moléculaires. Ce phénomène s'observe à des degrés divers, depuis la formation d'un globe régulier ou irrégulier dans l'intérieur du noyau, jusqu'à un amas de granules avec ou sans contour régulier. H
Vépaississement des parois de la cellule est fréquent; il atteuitjusquk iM 0""»,005 et au delà. Dans celte paroi épaissie se trouve tantôt une substance r| granuleuse, tantôt une substance terne et homogène. D'après Virchow, on rencontre dans ces cellules des noyaux incomplètement hyalins, ressemblant à de
petites vésicules. , ,
La diffusion est le résultat d'un phénomène d'endosmose et d imbibitions de la cellule par un liquide ambiant moins épais que le contenu cellulaire. Elle pro- - : duit plusieurs effets; la paroi cellulaire s'agrandit et devient plus claa-e, quelquefois on croit y voir des gouttelettes pâles ou des vésicules ; d'autres fois, la substance de la cellule paraît séparée en deux lamelles par un espace transparent. Ce soulèvement peut être général ou partiel, et, dans ce dernier cas, il I affecte la forme d'un verre de montre. La paroi cellulaire, dans tous les cas, , conserve un assez grand degré de transparence.
^infiltration granuleuse et graisseuse, altération fréquente dans toutes les -i cellules consiste dans le développement de molécules granuleuses qui finissent « par remplir à un tel point la cellule du cancer, que bientôt le noyau et le nu- . cléole en sont complètement cachés.
C'est dans les tumeurs d'aspect tuberculeux, et qu'on appelle phymatotd^, nue se trouvent surtout ces infdlrations granuleuses et graisseuses.
Le dessèchement et la déformation des cellules cancéreuses s'observent qud- H quefois dans certains cancers atrophiques qui, après avoir été tres-volumineux se sont en partie flétris et desséchés. Ce dessèchement consiste en une. perte des contours réguliers de la cellule, avec contenu granuleux dans son intérieur
B Eléments secondaires du cancer. - 1» H y a toujours dans les cancei. une notable quantité de tissu fibreux, et, lorsqu'il est surabondant sa présence constitue le squirrhe. Ce tissu de nouvelle ^'^J^^^» ^'J'^Pf f;;,;*;^^^^^^^^ blanchâtres, d'apparence fasciculaire, composés d'un tissu fibroide dans leq 1 les fibres sont indépendantes, en faisceaux libres ou contenues F^" stance intermédiaire. Ces fibres diminuent dans le cancer a mesure qu il i ^ de sa consistance. Dans l'encéphaloïde, elles sont pâles, fines et rar,^ e L peuvent faire défaut, et alors les cellules cancéreuses sont réunies enlie elle par un blastèmc granuleux et amorphe. nv„;n„,s di-^-
T Les éléments fibro-plastiques existent aussi dans le cancer, loujou s tincts des cellules propres, ils ont l'aspect de corps fusiformes ««"S^' ^ ^j;; plats, elliptiques et étroits. Les cellules cancéreuses fusiformes se d.st n uc-
oujours de ces fuseaux fibro-plastiques par leur plus grande largeur, lépa--
MALADIES ORGANIQUES. — CANCEU. 753
seur tic leurs parois, leurs grands noyaux à contours forlcment accusés, et leurs nucléoles volumineux.
3° La graisse se rencontre très-fréqueuimcut sous forme de granules, de vésicules, de cristaux, soit de cliolcstérine, soit d'acide margariquc. Cette infiltration graisseuse déforme les cellules et donne au cancer l'apparence phymatoïde.
Le pigment déjà signalé plus haut se trouve dans le cancer mélanique, 5° La substance gélatiniforme est celle qui donne une apparejice spéciale au cancer colloïde; elle est tantôt mêlée aux cellules cancéreuses, et tantôt seule, dépourvue de tout élément cellulaire. Quand elle renferme des cellules cancéreuses, ce sont des cellules mères, de préférence aux autres.
6" Parties minérales. On trouve quelquefois dans le cancer des concrétions amorphes et granuleuses ; du véritable tissu osseux, surtout si le cancer provient du squelette.
T Le pus n'existe dans le cancer que s'il y a des abcès.
8° Des éléments hématiques se rencontrent dans le tissu cancéreux à la suite des épanchemenis sanguins. On y reconnaît de la fibrine plus ou moins altérée, des globules sanguins, des cristaux d'hématine, etc.
9° Des vaisseaux artériels et veineux de nouvelle formation peuvent se développer dans le cancer. Leur existence a été démontrée par MM. Lebert et Ch. Robin. Au moyen d'injections bien réussies, ces auteurs ont pu voir que la vascularité du cancer était bien variable et inégale : tantôt limitée à une partie du tissu, tantôt générale et formant des réseaux tellement riches et abondants, que ces tumeurs ont été appelées fongus vasculaires ou hématodes. Dans quelques cas, les artères sont si volumineuses^ qu'elles lancent du sang, par un jet saccadé, à une très-grande distance. C'est ce que j'ai vu plusieurs fois sur un encépbaloïde du sein donnant lieu à de fréquentes hémorrhagies.
3° Développement. — On ignore entièrement aujourd'hui quelles sont les conditions premières de l'apparition du tissu cancéreux; mais il est évident, d'après la nature et l'évolution du mal, que la production du tissu cancéreux dépend d'une diatkèse héréditaire ou acquise, c'est-à-dire d'un vice humoral et d'une altération générale de la vitalité des tissus ou cancérisme, suivie d'une sécrétion locale de blastème qui est l'origine des modifications de la nutrition moléculaire. Comme il arrive dans toutes les maladies générales, le sang prend sa part de l'état morbide et offre des modifications spéciales qui, ijour n'être pas reconnues par l'analyse, n'en sont pas moins appréciables par leurs effets.
Sous l'influence d'impressions morbifiques souvent inconnues, irritantes ou autres, il s'opère dans les travaux des tissus un changement caractérisé par une exsudation séro-fibrineuse amorphe qui se résorbe en partie, ou reste à cet état t't devient la gangue du tissu cancéreux. L'épithélium de la région s'y produit en plus ou moins grande quantité; les cellules se déforment en offrant les dispositions les plus irrégulières et se détruisent en laissant un grand nombre de
B. — PATHOL. GÉN.
75/l PATHOLOGIE GÉNÈRALli.
noyaux, de nucléoles et de granules altérés. Dans quelques cas, il semble que cl P ce soit au milieu de sang coagulé et décoloré que se produit le cancer.
Des cellules se développent en même temps qu'une irame fdireuse et des i vaisseaux sanguins; elles ont une forme variable, transitoire : les unes out|a^l|^ forme dd l'épithélium de la région ou la forme des cellules fdjro -plastiques; .Jf"^ et quelques-unes oH'rent déjà les caractères du cancer. Leur nombre s'accroît rapidement par endogenèse, à mesure que se dépose un nouveau blastème, et le ■ néoplasme morbide augmente aux dépens des tissus voisins, qui disparaissent et < le transforment en tissu cancéreux.
Plus tard, quand le cancer est bien développé, il subit des mélamorplioses qui dépendent de troubles particuliers survenus dans la nutrition. Quand il n'oflVe pas d'emblée une grande mollesse, il peut se ramollir par suite d'une plus s grande vascularité et d'une grande abondance de suc cancéreux. S'il est super- ^ ficiel, il ulcère la peau et donne lieu à des plaies de mauvaise nature, recou- vertes d'excroissances fongueuses, vasculaires, ou à des ulcères fongueux, dont % le fond gris, noirâtre, est inégal, résistant, ou dont les bords sont durs, épais, calleux et renverses. M. Lebert conteste la spécificité de ce genre d'ulcères i réputés cancéreux par tous les médecins; mais c'est peut-être à tort, caries! ulcères de cette nature offrent presque toujours les caractères dont je viens de parler.
Le cancer produit des hémorrbagies quelquefois très- considérables à l'extérieur ou à l'intérieur de son tissu : les unes sont facilement appréciables, mais les autres ne se reconnaissent qu'à l'autopsie, par les épanchements sanguins *| renfermés dans l'épaisseur du tissu cancéreux.
D'après M. Virchov^^ et M. Lebert, on trouve quelquefois, dans le tissu can céreux, la trace d'une inflammation aiguë qui peut aller jusqu'à la gangrène, et|j c'est accidentellement un moyen de guérison naturelle sur lequel il ne faudrait pas compter, car il est excessivement rare.
Enfin, il arrive quelquefois que le cancer s'atrophie, par suite de la destruction» ■ des cellules et de la production de graisse et de tissu fibro-celluleux nouveau. Les tumeurs se dessèchent, s'amoindrissent et restent stationnaires, au grand avantage de ceux qui les portent. C'est cette forme de cancer nommée rétrograde que IMeckel, Boschdalek, Oppoizer et Virchow ont considérée conimn la guérison naturelle d'une maladie réputée incurable par un grand nombre de :nédecins et eiicore aujourd'hui par IM. Lebert.
Le cancer exerce sur les individus qui le portent une action locale assez variable. Il détermine quelquefois de très-vives douleurs, sourdes ou lancinantes, s'il est au voisinage de cordons nerveux importants ou s'il emprisoiinr accidentellement un nerf dans son épaisseur; ainsi la sciatique. la névralgi' crurale, mammaire ou brachiale, etc. , n'ont souvent pas d'autre cause qu'un cancer du rectum, de la vessie, et du sein.
11 produit des troubles fonctionnels, s'il comprime un organe important, tel que le cerveau, une grosse veine, un conduit excréteur; il gène quelquefois la" respiration lorsque, placé dans le sein et infiltré dans les pan»>
tho'raciqucs formant citùmse, il empêche les mouvements respiratoires; on le voit porter une atteinte locale à la nutrition, s'il appuie sur un os de façon à empêcher sa réparation par la nutrition moléculaire, etc. ; il épuise les forces par la perte du sang, s'il est accompagné d'hémorrhagie. Mais son influence la plus fâcheuse est générale, et résulte de sa propagation aux parties voisines par résorption dans les vaisseaux lymphatiques ou dans les veines, de sa généralisalion dans l'organisme et de l'infection humorale qui empoisonne les individus. A mesure qu'augmente le cancer, il marche vers la périphérie des organes ou s'étend dans le voisinage ; il ulcère la peau ou les vaisseaux profonds, lymphatiques : veines, artères, aucun ne résiste, et le suc canoéreux pénètre dans le sang et dans la lymphe pour circuler dans toutes les parties du corps et empoisonner les malades. Chez quelques-uns, le cancer se retrouve dans les veines érodées, et l'on voit les lymphatiques du poumon, du foie, du mésentère, remplis de matière cancéreuse sous forme de traînées jaunâtres, bien faciles à recoimaître et comparables à une injection artificielle de ces vaisseaux. Le suc cancéreux, avec ses granules et ses cellules, pénètre dans les vaisseaux lymphatiques et jusque dans les ganglions, absolument comme les particules minérales de charbon et de minium, introduites sous la peau par tatouage, passent dans les lymphatiques et dans les ganglions voisins correspondants. En même temps se forment de nombreuses tumeurs cancéreuses secondaires dans les organes profonds, et principalement dans le foie et les poumons. C'en est assez pour caractériser une infection générale, bien connue d'ailleurs sous le nom de cancérisme ou de diathèse cancéreuse.
La diathèse cancéreuse, ou cancérisme, est le terme le plus élevé de l'état morbide générateur du cancer. Elle résulte évidemment d'un empoisomiement des humeurs par les parties liquides et solides du néoplasme. Accompagnée ou non de productions multiples et de même nature dans les vaisseaux et ganglions lymphatiques voisins^ dans les viscères, son influence est à peu près la même? elle imprime au sang une modification profonde qui se traduit sur la peau par une teinte jaune-paille souvent caractéristique, par un amaigrissement marqué, suite de digestions imparfaites, par une faiblesse excessive, par de l'œdème et par un état cachectique très-prononcé aux approches de la mort.
Quelques malades succombent sans arriver à cet état de marasme, et sans offrir les caractères d'une diathèse cancéreuse très-prononcée ; mais cela est rare et dépend en grande partie de la marche très-rapide des accidents et de la vascularité des organes où se trouve le cancer. Ainsi le cancer de l'utérus donne souvent lieu à des hémorrhagies et à des accidents locaux qui précipitent la marche de la maladie et amènent la mort, sans que la diathèse ait eu le temps de s'établir d'une manière complète. Au contraire, dans certains organes très-vasculaires, tels que le sein, les glandes lymphatiques, le foie, etc., le cancer produit plus rapidement la diathèse, à cause de la résorption plus facile des éléments cancéreux.
En outre des modifications générales imprimées h l'organisme par la présence du tissu cancéreux, il y a chez les malades des phénomènes morbides spéciaux,
756 PATUOLOGlli GÉNÉRALli.
dus à leui- étal anémique el au siège particulier du cancer. Les premiers sont des névralgies, des palpitations, avec bruit de soullh; artériel ou cardia(iue; la phlcgmutia alba dolcns, etc., et les autres s'expliquent par la présence du néoplasme dans tel ou tel viscère, dont la destruction ou la compression engendre sur un point des accidents qui ne sont pas ceux qu'on observe dans le cancer
d'une région diiïérente. „ , • ■
Quelquefois le cancer existe avec d'autres maladies, telles que 1 entente, les phle-nnasies pulmonaires, le muguet et d'autres productions morbides; mais la plupart de ces maladies sont secondaires, et, connnc il arrive dans toutes les cachexies, quelle que soit leur nature, elles se produisent à une époque assez , avancée du mal primitif, dont elles activent les progrès ultérieurs.
Parmi les productions morbides, il en est une, le tubercule, dont bayle a il indiqué la présence comme incomiJatible avec le tissu cancéreux; mais celte r, rè<^lc générale souffre quelques exceptions. M. Lebert a plusieurs fois rencontré * des tubercules crétacés anciens et des tubercules de formation récente chez des individus cancéreux; mais il incline à penser que cette tubercul.sat.on est secondaire, car on la trouve plus souvent dans le cours de révolution cancéreuse qu'on ne rencontre le cancer venant compliquer l'affection tuberculeuse. Sous ce rapport, il y aurait donc encore une sorte d'incompatibilité entre les :
deux maladies. . , , ,
La fréquence du cancer dans les organes ne peut être déterminée que d après , une étude parfaite de la structure du tissu, et personne autre que M- Lebert ne pouvait mieux faire une statistique de ce genre. Bien que selon lui, elle é| laisse quelque chose à désirer, il n'y en a point d'autre dans la science, et je vais la reproduire. On verra qu'elle indique le cancer des voies digestives de l'utérus et de ses annexes, y compris la mamelle, comme étant deux a trois fois plus nombreux que les autres.
Sein.
Estomac. "^^ ^7 Péritoine 1»
Utérus 52 Œsophage..
Cerveau et ses enveloppes. . 48 Glande thyroïde
35 Moelle épimere
Os . 7
, , .. 24 Vessie
Intestins 6
Œil 23 l^angue
20 Palais, amygdales
Peau ... G
4 8 Voies respiratoires
Testicule ^ ■ 4
15 Ovaires
■ ■, ■ ' 11 " ' 12 Tissu cellulaire sous-cutanc. . û
Ganglions lymphatiques.... ^-i 3
° 12 Glande parotide
Reins
A reporter
Total
Le cauccr ». un. maladie «c.«ie"c-"t cluo,,iquc donU^^^^^^^^
MALADIES ORGANlQCliS. — CANCER. 757
il existe dans l'économie un état diathésique latent fort grave. Mais bientôt elle s'étend sur place, s'accroît et se vascularise; elle produit des accidents de douleur, de compression, ou engendre des troubles fonctionnels intérieurs; elle amoindrit les forces et détruit la santé; elle envahit les ganglions lymphatiques voisins, ceux du cou dans les cas de cancer de la bouche et de la langue, ceux de l'aisselle dans les cancers du sein, etc. ; elle infecte l'organisme, ei la diathèse cancéreuse éclate en caractères impossibles h méconnaître. Ce résultat arrive chez les uns en deux ou trois mois de maladie, et chez d'autres il faut quinze à vingt mois et plusieurs années, comme j'en ai vu des exemples. Presque toujours la mort en est la conséquence ; mais, par exception, il y a des guérisons naturelles dues à l'atrophie des tumeurs, à la gangrène ou à l'extirpation par le cliirurgicn.
Dans ce cas, la diathèse est peu caractérisée, elle repasse à l'état latent, de même qu'on voit des tubercules guérir en laissant sommeiller la diathèse scrofiileuse.
On a quelquefois vanté certains remèdes comme ayant une action fondante, résolutive des cancers; mais ce sont là des méprises qui reposent sur des erreurs de diagnostic. Jamais aucune substance administrée à l'intérieur ou à l'extérieur n'a fait disparaître de production cancéreuse, et toutes les tentatives faites sur des cas bien évidents ont échoué.
Quand le cancer encore récent est accessible à la main, les injections interstitielles d'acide acétique ou de chlorure de zinc, la compression et l'extirpation sont les seuls moyens auxquels il faille recourir. La compression a produit de bons résultats entre les mains de Récamier, mais elle n'est applicable que dans les cas de cancers très-superficiels, comme ceux de la peau et de la mamelle.
L'extirpation s'accomplit par les caustiques ou par le bistouri, et, sans entrer dans les détails qui peuvent faire choisir l'un ou l'autre de ces deux modes opératoires, nous dirons que si la tumeur n'est pas très-volumineuse, il est préférable de l'enlever par le caustique de Canquoin en faisant une assez grande perte de substance.
La cautéi'isation ou l'extirpation réussissent d'autant mieux que la tumeur est plus petite, plus superficielle et moins vasculaire. Elle a plus de chances (l'amener un bon résultat dans le squirrhe que dans les autres formes anatorniques de cancer; mais malheureusement c'est là un traitement palliatif. Presque toujours la maladie récidive sur place au bout de quelques mois, ou (le plusieurs années seulement, si la tumeur est peu vasculaire, et il faut opérer 'le nouveau, en attendant peut-être une nouvelle récidive. On fait ainsi trèssouvent plusieurs opérations à la môme personne; mais, de récidive en réci- <live, la maladje s'étend, et gagne les ganglions lymphatiques voisins; bientôt '■Ile se générahsc et se dissémine dans les viscères en produisant une diathèse et line cachexie cancéreuse mortelles. Dès que le cancer s'est étendu de son siège primitif aux glandes voisines, il n'y faut pas toucher, car les opérations ne font que hàier la mort des malades.
PATIIOLOGlli GÉNÉRALE.
ARTICLE ni