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DES KYSTES ET DES TUMEURS ENKYSTÉES

On rencontre souvent dos néoplasics morbides, li(iuidcs ou solides, isolées des parties voisines par une membrane d'enveloppe formant une vessie ou kyste. Dans certains cas, la membrane d'enveloppe, entièrement indépendante du produit accidentel, paraît être une barrière opposée par la nature à ses progrès : exemple, les hydatides, certains abcès froids, etc.; mais, chez d'autres individus, en même temps que cette membrane sert de moyen protecteur, elle jouit d'une activité fonctionnelle spéciale, et elle sécrète à l'intérieur des produits morbides particuliers : exemple, les kystes graisseux et athéromateux de l'ovaire, certains kystes séreux du péritoine, etc.

Les kystes des nôoplasies sont formés d'un sac membraneux clos de toutes parts et d'un contenu dont la nalure est variable.

Ils se développent sous des inûuences très-différentes, soit au milieu de cavités préexistant dans les tissus, soit comme productions de formation nouvelle. M. Lebert les désigne sous le nom de kystes deutérogènes et de kystes autogènes.

Quelques kystes ont pour origine l'obstruction d'un canal glandulan-e ou d'un conduit excréteur de glande par la compression d'un organe voisin ou par la présence d'un corps étranger extérieur ou intérieur. Au-dessus de la partie comprimée les liquides s'amassent, irritent les tissus ambiants, engendrent un blastème qui s'organise en kystes cellulo-fdDreux, et la tumeur s'accroît de sa vie propre au moyen des capillaires de nouvelle formation formés dans les parois Elle est ronde ou ramifiée dans les glandes en grappe, selon qu'elle est limitée au conduit principal ou qu'elle s'étend à une foule de cu!s-de-sac glandulaires qui contribuent à son accroissement : exemple, les kystes de la mamelle, des ovaires, des follicules isolés, etc.

D'autres résultent d'une exsudation morbide faite dans les mailles et dans les lacunes des tissus, où elles restent en provoquant un certain degré d'irritalion qui organise à la circonférence une membrane d'enveloppe isolante : exemple, les kystes du tissu cellulaire ou connectif.

Enfin d'après Frericlis et Rokitansky, certains kystes de nouvelle formation seraient le résultat d'une transformation de cellule ou de noyau cellulan-e. Le^ parois de la cellule ou du noyau, tout à coup animées d'une vie plus actne. viendraient à s'étendre en produisant un contenu spécial et une couche d épithéliurn pour la surface interne. C'est un mode de développement possible ci dont il sera pendant longtemps difficile de fournir la preuve.

Les kystes sont simples, solitaires, h cavité unique; au contraire, aggloméra les uns sur les autres et multiloculaircs. Leur paroi fibro-cellulcuse et ^ascu-• laire s'organise chaque jour davantage et s'épaissit. On y trouve beaucoup aei tissu fd)reux mélangé à des éléments de tissu libro-plastiquc, un roveiemen

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interne d'épithéliuin lisse, ou garni de végétations fibro-piasliques ou papillaires plus ou moins saillantes, et un contenu variable solide ou liquide dans lequel existent des éléments morbides particuliers, ordinairement semblables à ceux des tissus où le kyste a son point de départ. Quelquefois le contenu renferme des éléments hétéromorphes, produits de formation nouvelle dont la cause es inconnue.

Les kystes restent rarement staiionnaires; ils se développent d'une manière lente et successive, et peuvent acquérir un volume considérable. Leur paroi peut se rompre ou s'enflammer et produire du pus. Dans quelques cas, elle se • u-ansforme eu tissu fibreux résistant infiltré de matière calcaire, ce qui arrête pour toujours les progrès de la tumeur en l'empêchant de s'accroître.

Il y a des kystes de toute espèce. On peut les distinguer, d'après leur contenu, en kystes séreux, sanguins, spermatiques, laiteux, colloïdes, graisseux, hydatiques, dermoides, etc. Ils se développent partout, dans les reins, dans la parotide, dans le foie, dans le tesiicule et dans la mamelle, dans la glande thyroïde, dans les glandes lymphatiques, dans les follicules sébacés et mucipares, dans l'ovaire, dans le placenta, dans les bourses séreuses et synoviales, dans les os, dans le tissu cellulaire, etc.

Les kystes séreux, muqueux et sanguins présentent une membrane d'enveloppe plus ou moins épaisse formée de tissu fibreux, unie aux parties voisines par du tissu cellulaire ou connectif. Son intérieur est lisse, blanc, brillant, souvent revêtu d'une couche d'épiihélium pavimenteux. On y trouve, soit de l'eau tenant en dissolution de l'albumine, des sels et une quantité variable de matières animales, soit de l'eau mêlée à du mucus, du pus et du sang. Ces kystes sont uniloculaires ou muliiloculaires, et ils ont ordinairement pour origine un conduit excréteur oblitéré comme l'uretère, le canal de Whartoii etc ou une cavité close comme les vésicules de Graaf, les mailles du tissu connectif les vésicules des glandes sanguines, etc. La sérosité, jointe à des produits variables, se dépose dans l'espace resté libi-e, le kyste s'organise et s'accroît et Il peut atteindre des proportions considérables. Ailleurs ils résultent d'un exsudât morbide solide ou liquide déposé dans les tissus. Du sang épanché dans le cerveau se coagule, la partie solide se résorbe, et il reste une partie séro-san-ui- "olente fluide qui demeure enfermée dans un kyste dont les dimensions sont \ariables. Des corps étrangers, des balles, des parasites, produisent au sein des . tissus une irritation permanente, souvent suivie de sécrétion séreuse qui s'enî veioppe d'un tissu fibro-celluleux, et il en résulte un kyste.

^ Les kystes séreux, muqueux et sanguins, peuvent rester stationnairos ou s accroître par suite d'une abondante sécrétion intérieure; mais, dans quelques c.rconstances, leur paroi durcit, passe à l'état crétacé, et ils ne peuvcni Is :H.gmenter de volume. Chez quelques individus, l'innammation s'en empare et ^s se détruisent en produisant la suppuration des tissus voisins. Ces là'un 'moyen de guerison naturelle malheureusement trop rare

lu. formé de matière gélatineuse, amorphe, transparente, jaunâtre, mêlée

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h (lu sang et îi des cellules épithéliales. C'est le tissu colloïde. Produit de nouvelle formation sécrété par la membrane d'enveloppe, il se l enconlre dans les kystes de l'ovaire, du péritoine, des reins, des tumeurs cancéreuses, fibreplasticpes, etc.

Les kystes graisseux renferment du tissu adipeux ou de la matière caséiforme et des concrétions calcaires unies à de l'épithélium. Us se rencontrent dans le i tissu connectif et dans l'ovaire.

Les kystes dermoïdes, ainsi nommés par M. Lebert, sont composés d'éléments fort curieux. On y trouve une paroi fibro-celluleuse plus ou moins épaisse, présentant çà et là quelques-uns des caractères du derme, avec é|)illiérnnn pavimenteux, follicules pileux isolés, glandes sébacées, etc., et le conleiin de formation nouvelle est constitué tantôt par un liquide de composition variable, ; tantôt par des matières grasses athéromateuses renfermant des fragments osseux, des dents ou des cheveux roulés en masses considérables. Ces kystes se rencontrent principalement dans l'ovaire. Longtemps considérés, en raison de leur siège, comme le résultat de monstruosités par inclusion, ils paraissent, dans quelques cas, devoir être rapportés à un état morbide accidentel donnant lieu à cette hypersécrétion.

Assez souvent les kystes se développent en grand nombre sur un même point du corps, et ils se rapprochent de manière à former des agglomérations, ou hjsles multiloculaires, en forme de grappes libres, dans le tissu cellulaire: exemple, les kystes du cou chez les enfants; ou enveloppées dans une poche fibreuse générale. Leur contenu est le même que dans les kystes simples, car il | peut être séreux, colloïde ou dermoïde, et il varie dans chacune des loges de» la tumeur. L'accroissement des kystes multiloculaires ne se fait pas d'une i< manière uniforme, et porte toujours pins spécialement sur plusieurs vacuoles» qui s'étendent outre mesure, laissant les autres à l'état d'enfance. On les irouvc» dans les ovaires, dans les reins, dans le scrotum, dans le tissu cellulan-e, etc.- Leur marche ne présente pas de différence avec celle des kystes à cavité M unique.

ARTICLE IV

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