DE LA DÉGÉNÉRESCENCE AMYLOÏDE
La dégénérescence amyloïde, mot créé par Virchow, n'est autre que ce que l'école de Vienne a désigné sous le nom de dégénérescence lardacée ou cwmc^ C'est une forme d'induration. Elle se produit dans tous /'««"^ J phlegmasie chronique, dans le foie, dans la rate, dans les ganglions, dans le \m-
mon, dans les reins, etc. i • , ^nminr
Le tissu lardacé, cireux ou amyloïde (fig. 13:.], est dur, mat, Imsant con du fruit confit au sucre; il est grisâtre, pâle, (lemi tn^nsparent, travcrs(de petits vaisseaux plus ou moins apparents. Cet aspect est le résultat t, ■ infiltration du lissu par les corps amylacés normaux de l écono.me, qm sertt posent abondamment d'une façon anormale dans une partie malade.
DÉGÉNÉRESCENCE AMYLOIDE.
En étudiant les parties atteintes de dégénérescence amyloïde, on voit qu'elles sont infiltrées de corpuscules particuliers analogues aux corpuscules de l'amidon des plantes, connue eux arrondis ou ovales et comme eux composés de couches concenlriques (fig. 1.'55). Dans certains organes, comme la prostate, ils sont énormes et forment certaines concrétions prostatiques (fig. 13/i); quelquefois il y a deux de ces corps dans une même enveloppe (fig. 13fi d, e). Leur point de
Fig. 134. — Corps amyloîdes stratifiés provenant de la prostate (oonerétions prostatiques) (♦).
départ, selon Virchow (1), paraît être dans les parois des artérioles qui s'épaississent en se rétrécissant, et c'est de là que l'infdtration s'étend au parencliyme
- 135. - Corps amylacés Fig. 136. — Dégénérescence amyloïde d'une petite artère de la membrane Ue grosseurs dillérentes(**). sous-muqucusc de l'intestin (**♦).
voisin (fig. 136 et 137). Partout il en est de même, et, d'après Virchow, cette altération est très générale dans les vaisseaux, en même temps qu'elle se forme
(1) Virchow, la Pathologie cellulaire, 3« édition. Paris, 1868.
ror'2/nJ'Trr',''V''''''P' "^f '"""O.S'^'"'. eonlrnaiit un corps ressemblant à un novan ; i, corpus,.,,],. , T„; n , ™'""",'>™'"'S 'l l'o^"'^'!'' '^"nt.'o p,^b,; c, corpusculo encore pb s vobni.ine, x
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SStHil'méu^ir^vîJi;!,,^"' I"'"^''^""'''" ■•"l'-'.^senté (ignre 122. - Orossissoiu,.,,, :
{*^} U tronc princip,,! est encore intact. - (îrossisscnuMit : 300 diani,'.|rcs. (Virchow.)
dans un tissu, et il la considère comme le résultat d'une dyscrasie. On dit même avoir vu le sang rempli de ces corpuscules eu suspension, mais cela demande |i ' ôtve vérifié.
Ce qui caractérise la dégénérescence amylacée, c'est la réaction bleuâtre que les tissus aiïcctés donnent sous l'inlluence de la teinture d'iode et d'une petite quantité d'acide sulfurique. C'est par là qu'ils montrent l'analogie de lours corpuscules avec l'amidon végétal, analogie qui n'est pas complète cependant,
FiG, 137. — PégénùresoenoB omyloiae d'un ganglion lymphatique (*).
et, en conséquence, il faut bien se garder de conclure qu'on a sous les yeuï de véritables corpuscules d'amidon. Comme l'a très-bien établi Virchow, il n'y a là qu'un rapprochement à faire, et non pas une identité à établir, car celte substance se rapproche encore plus de la cellulose que de l'amidon.
La dégénérescence amyloïde forme une variété d'induration, et, à ce titre, elle mérite de figurer dans les conséquences de rinflammation. On la trouve dans tous les tissus, et quelquefois très-marquée dans un grand nombre d'organes, comme on le verra dans le fait suivant, mais chez quelques indiMdus elle est bornée à un seul organe.
Obsiîrvation. — Une femme d'un certain âge, affectée de maladie de Bright avec hydropisie, mourut le 5 décembre 1856, et présenta à l'autopsie une augmentation considérable de volume et une dégénérescence amyloïde des deux reins, de la
• {*) a, h, h, vnisaennx ilnnl la pnroi oui très-épaissic, l.riUnnl.' ol infilIriV ; r, couolic .le <'''""!^' seusoB uiiviniuiiuul lu glundr ; d,d, l'ulliculus uvec leurs lius roseaux et les corps omylacés. — oross w meut: 200 (liniiiùtnjs. ( Vii'elinw.)