P PARASITISME VÉGÉTAL. — ENTOPIIYTES. — CHOLÉRA
» Klob décrit ces masses glaireuses comme variant de 6 à 13 centimètres en laideur; les plus petites sont globuleuses, leurs molécules sont rapprochées; dans les grandes, qui fréquemment sont ovales ou irrégulières, déchiquetées, on distingue plus facilement la substance hyaline qui en forme la base, et qui tient les granules écartés les uns des autres. De ce fait, il conclut le premier, avec raison, que la substance hyaline n'est pas du mucus, qu'elle fait partie intégrante du granule végétal, qui s'en revêt en vertu de son activité organique propre.
» Klob décrit ensuite et figure des masses plus grandes encore, racémeuses, de Zoofjloea; d'un autre côté, il montre comment les granules viennent envahir les cellules pavimenteuses, buccales et œsophagiennes détachées, que l'on rencontre en abondance dans les déjections, s'y disposent sur une des faces de ces cellules, toujours à distance et sans se confondre ; les plus petites n'apparaissant que comme des nébulosités que les plus forts grossissements résolvent à peine; comment ils s'y accroissent en nombre et en volume. Mais il fait très-probablement erreur quand il avance que les sporules, d'abord indépendantes, finissent par se réunir pour former le Zoogloea termo. Le développement expérimental du micrococcus, déjà obtenu par Thomé des arthrospores de son Cylindrotae' nium, et par Rallier de la germination des cystes, prouve que le ferment granulé est primitivement réuni et se disjoint ultérieurement, du moins dans les cas où il provient des cystes ou des spores, ce qui, probablement, est la règle.
» Comment se comporte Vépithéliim intestinal clans le choléra et surtout vis-à-vis des sporules? — Les observateurs diffèrent grandement sur le premier point ; la confusion vient de ce que l'on a fondu dans une même description ce que l'on trouve dans les selles et ce que l'on voit dans l'intestin des cadavres. Dans les cadavres, d'après la classique description de Boehm (1), les cellules épithéliales se séparent les unes des autres^ surtout dans la partie supérieure de l'intestin; Klob pense aussi que c'est de l'iléon surtout que l'épithélium se sépare en grandes lames. Reinhardt et Leubuscher pensaient qu'une bonne partie de l'épithélium se dissout dans l'intestin, et, d'après les observations de Boehm, on doit penser que l'épithélium commence à se dissoudre dès qu'il a franchi la valvule iléo-caecale ; Parker a récemment fait la même remarque. Bruberger(2), dans 540 cas, n'en a, pour ainsi dire, jamais rencontré dans les selles. Mac (^arthy et Dove ont fait la même remarque. Thomé, qui faisait des recherches sur des déjections qu'il recevait de seconde main, n'en trouvait que fort peu; la grande masse des flocons était formée par le mucus hyalin embrassant des coi-puscules qu'il estime à 2 millionimètres, très-réfriiigenls, simulant des gra- - mules graisseux, ce que Williams savait déjà dix-huit ans avant. Thomé a fait : 'quelques expériences concernant le pouvoir destructeur que ces granules exercent sur des cellules épithéliales.
(1) Buhl, Die Darmschleimliaut in der Choiera. P ^ruherger, Virchom's Archiv, t. \\\\U\.
» Klob décrit ainsi les cellules de l'épithélium intestinal : elles sont troubles, grenues, gonflées; la zone margnialc fait souvent défaut; elles sont assiégées plutôt que pénétrées par les sporules. On peut trouver des lamés épiihéliales couvertes de Zoogloea en couche continue sur une face (on ne saurait toujours dire laquelle), quelquefois sur les deux faces à la fois.
M L'économie entière peut-elle être envahie par les sporules punctiformes '( C'est là une question très-obscure, je l'accorde, et je dois dire les raisons qui m'obligent de l'aborder. Boehm, Leubuscher, Pacini, sont d'accord pour considérer l'affection de l'épithélium comme primitive, ce qui. n'est guère douteux, vu qu'elle est très-précoce. Si, avec Pacini, je pensais que les phénomènes du mal indien peuvent s'expliquer suffisamment par le fait de la modification, matérielle d'abord, fonctionnelle ensuite, de la surface digestive, je me garderais de soulever cette question épineuse de fa pénétration ultérieure du ferment; mais la période de réaction porte le caractère d'une maladie zymotique générale, sui generis; l'injection du sang de cholériques a reproduit le choléra quelquefois, ou du moins a donné la mort; enfin, le fœtus meurt et présente des lésions assez peu douteuses, caractéristiques même, du choléra. Ainsi, l'affection est ou générale ou généralisée. Donc si l'organisme est envahi par quelque chose, ce ne sera que par les sporules, et ceci n'a rien d'impossible, car nos tissus sont poreux comme une éponge en présence de corpuscules aussi ténus ; d'ailleurs, l'épithélium intestinal est fissuré, disjoint, soulevé, emporté ou dissous sur place; la muqueuse est entamée jusqu'au réseau vasculaire (comme le prouvent les fréquentes hémorrhagies capillaires) et bien au delà ; voilà pour le probable.
Voici quelques faits qui viennent plus directement à l'appui de ma thèse conjecturale.
» Les sporules sont-elles dans le sang? Cette question reste indécise ; mais un essai de culture comparative faite par Klob autorise la supposition. D'ailleurs, le sang contenu dans les capillaires de l'intestin subit des altérations singulières et profondes (Wedl), qui ne sont pas à mettre sur le compte de l'inspissation seule. Beale (1) y a trouvé ses living germs ou germinal matter, les corpuscules doués de mouvement.
» Les sporules sont-elles dans les chylifères? Nombre de bons observateurs onl vu les ganglions mésentériques augmentés de volume et remplis d'un liquide lactescent. Reinhardt et Leubuscher, comme aussi Masselot (2), les ont vus tuméfiés, quelques-uns congestionnés, gris rouge de couleur, la plupart d'un blanc jaunâtre, cette décoloration gagnant de l'écorce vers le centre; le microscope fait voir dans les parties blanchies, en outre des éléments normaux multipliés et grossis, un grand nombre de molécules très-ténues. Klob parle de sj»rules douées de mouvement.
» Les sporules sont-elles dans les parenchymes? Ici, j'ai Buhl pour guide
(1) Beale, Med. Times, 1866.
(2) Masselot, Gazelle des hôpitaux, 1849.