‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologieChapitre 207 sur 439 · PARASITISME VÉGÉTAL. — ENTOPIIYTES. — CHOLÉRA · texte numérisé non relu

PARASITISME VÉGÉTAL. — ENTOPIIYTES. — CHOLÉRA

uBique, mais je suis seul responsable de la conclusion (1). Buhl trouve tous les tissus envahis par des granules dont la plupart résistent â l'action des acides et des alcalis (serait-ce là de la dégénérescence graisseuse?) ; tous les épithéliums des séreuses, des muqueuses (celui de la cavité buccale, des bronches, des bassinets, des uretères, de la vessie, de la vésicule du fiel, des canaux biliaires, du vagin, de l'utérus, des trompes), celui des vaisseaux mêmes ont leurs cellules 1 remplies de ces granules ou sont en voie de dissolution muqueuse, les noyaux j seuls résistant à cette destruction. Buhl cite notamment l'épithélium des plexus choroïdes, celui des alvéoles pulmonaires, des tubes de Bellini, les cellules de la parotide, celles du foie et les muscles, comme se remplissant de granules; les faisceaux musculaires du cœur ont des granules jaunâtres groupés autour des noyaux du sarcolemme ; partout, plus il y a de granules accumulés, plus la coloration des tissus tend vers le jaunâtre ou le brunâtre.

ï L'épithélium rénal reçoit aussi de ces molécules ; mais cet organe éliminateur . par excellence est seul à subir, sous leur influence probablement, la dégénérescence graisseuse qu'on lui connaît. — Les sporules sont-elles dans l'urine ? Je l'ignore; mais je rappellerai que, dans d'autres circonstances, Salisbury assure avoir retrouvé dans les urines les sporules des palmelles, qui, d'après lui, sont la cause des fièvres paludéennes.

s Dissémination des sporules dans l'air et dans Veau. — Pacini cite à ce propos les observations de Vogel et celles de Thompson ; ce dernier se servit d'une espèce d'aéroscope collecteur; faisant passer un volume donné de l'air d'une 1 salle de malades dans un volume donné d'eau, examinant ensuite le nombre relatif et la nature des corpuscules recueillis, il reconnut que l'air des salles de cholériques donnait le plus grand nombre de molécules punctiformes ; Raincy obtint des résultats semblables. L'importance de ces observations se mesure d'après ce fait que le ferment punctiforme doit pouvoir à lui -seul, sur un sol favorable, grâce à sa force de multiplication, reproduire la maladie (d'après Hallier, il peut reproduire le végétal) (2).

» Les Leptothrix et les Cryptococcus. — Au lieu de se propager isolément h l'infini, les sporules peuvent se propager en ligne, les éléments restant unis, lout en se dédoublant; il en résulte un filament ténu qui s'allonge en croissant; il est analogue au Leptothrix buccal, qui, lui aussi, procède des molécules somées sur l'épithélium de la bouche. Ces Leptothrix, d'après Hallier ne sont pas des espèces, mais des formes végétatives non fructifiantes, pouvant procéder des sporules mouvantes ou des granules du Micrococcus des espèces les plus différentes. Klob avait avancé que l'on trouve rarement des Leptothrix A^m les

(1) Je lis à l'instant même [Cenlralblall (lu 4 janvier 18G8) une remarquable annonce de Buhl : Vomissements, suivis de collapsus algide et de mort ; muqueuse de l'estomac et du

uod6num, épaissie par places; eschares jaunâtres superficielles; au microscope, la wion de la muqueuse se trouve être causée par la présence de champignons, qui de \h ivaient pénétré dans les chyliféres, dans les ganglions et dans le sang.

(2) Hallier, Flora, 18G7, n» 34.

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scUcs normales, Hallier affirme leur fréquence ; si donc leur présence dans les selles des cholériques n'est nullement patliognomonique, il n'en est pas moins permis de conclure que ces fdaments ou ces brins moniliformes, quand ils se trouvent en masses considérables dans les selles des cholériques, en période de réaction surtout, comme l'a vu Klob, sont h mettre sur le compte du développement ultérieur des fines granulations; Klob donne trois bonnes figures dont la dernière montre fort bien comment la masse ponctuée se change on brins de Leptothrix ; les ponctules devenus libres sur les bords des masses glaireuses deviennent mobiles par mouvement propre, puis subissent ce changement par multiplication linéaire; Thomé figure de ces brins entremêlés de sporules.

)) Le Leptothrix peut aussi s'anastomoser, se feutrer, pour ainsi dire; Klob l'a trouvé ainsi en grandes masses dans les selles ; il trouve les Leptothrix dans toutes les selles, dans toutes les matières vomies et dans l'intestin de tous les cadavres de cholériques ; il en a observé des variétés nombreuses différant par la largeur et par la forme sphérique ou allongée ou en biscuit des chaînons, et par la longueur des intervalles transparents.

» Les déjections des cholériques contiennent souvent de grandes quantités de torules, ferment de la bière, Cryptococcus ; cet élément peut provenir certainement de boissons fermentées ou d'ailleurs, vu qu'il est très-répandu ; son apparition en m^sse n'en est pas moins remarquable ; Thomé a obtenu par culture un Cryptococcus à torules globuleuses, analogue à celui qu'on obtient du Mucor racemosus, d'après Hoffmann, mais plus petit et à noyau pariétal ; d'après Hallier, les torules naissent par l'accrescence des granules du Micrococm, ils peuvent, selon lui, germer et passer h la forme Oïdium.

.) De quelques éléments vivants très-petits observés dans les déjections. — Discussion sur l'origine et la nature dés sporules, du Leptothrix et du Cryptococcus.

« J'élimine d'abord les bactéries vraies, comme n'ayant aucune importance; Klob décrit et dessine une bactérie de ce genre renflée aux deux bouts, et qu'il pense être le Sporonema gracile de Perty; elle est douée de mouvements propres. Thomé dessine des éléments tout à fait analogues, les uns libres, les autres rangés dans l'axe d'un filament; il les a obtenus dans une culture faite: avec de la glycérine; Beale parle aussi de bactéries sans leur accorder aucune importance; d'autres observateurs ont aussi décrit des vibrions.

. Selon Klob, les masses de Zoogloea ont leurs sporules immobiles tant qu'elles y sont réunies; il les appelle Bacterium punctum ; mais quelqueloi^ le Zoogloea renferme, au lieu de ponctules, des baguettes ayant 3 milUoin^ mètres de longueur, immobiles également, sans articulation, sans apparen moniliforme, rangées assez régulièrement dans la masse hyaline ; il pemc q|||^ ce sont des bactéries plus développées, et les nomme, d'après Cohn, tcrmo; il est plus juste de les considérer comme des brins de ^^''/''^f'''''"^' , quels, dans certains cas, peuvent no pas montrer de disposition monilifoim ,

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Leptothrix en feutre a quelquefois celte apparence, d'après Hallier ; celui de la bouche l'a également. ^

» Enfin Klob décrit et figure une forme de corpuscules libres, à articles allongés, coudés quand il y en a plusieurs bout à bout; il les assimile au Bacterium catemda; ces formes rappellent celles du ferment lactique bacillaire tel que le décrit Hallier. Klob pense d'ailleurs aussi que tous ces éléments sont de nature végétale ; il vaudra mieux, dans tous les cas, éviter de leur donner le nom de Bactérie, qui ouvre la porte à des confusions inutiles.

» J'aborde un dernier point de fait qui a une certaine importance ; Klob, ainsi queThomé, parle de mouvements exécutés par les très-petits granules quand ils sont libres; Hallier nie rondement le mouvement propre des sporules du Micrococcus provenant de la germination des fruits des Ustilaginées, auxquels il rapporte les cystes du choléra ; son assertion est probablement trop absolue ; je dois dire cependant que ïhomé n'a vu les sporules mouvantes que dans le liquide vomi par un cholérique, liquide contenant de grosses spores, qui plus tard seulement, après s'être copulées, émirent ces sporules mobiles (il les reproduisit également par culture, les arthrospores de son Cylindrotœnium ayant émis de ces sporules; mais ici la différence cesse, les Oïdium, dont fait partie le Ctjli7idrof.œnium de Thonié, pouvant, d'après Hallier, émettre de ces sporules). Klob serait donc le seul qui les aurait trouvées dans les selles fraîches et dans l'intestin; Mac-Carthy et Dowe cependant en parlent également; cela tient peutêtre à ce qu'il faut examiner des déjections récentes. — [Klob figure d'ailleurs des sporules en tout semblables à celles que Hallier dessine comme provenant des acrospores du Pénicillium.

» N'ayant pas encore parlé du résultat des cultures, je ne saurais aborder l'exposé du cycle complet que parcourt le végétal d'après Hallier; mais comme j'ai fait l'énumération des éléments végétaux qui se rencontrent dans les déjections, je puis examiner et discuter préalablement ce qui regarde plus particulièrement ces éléments assez simples de forme.

» D'abord d'où provient le Leptothrix? Incontestablement il naît des molécules punctiformes; ce point n'est pas attaquable, surtout après les observations de Klob; je confonds dans cette affirmation les corps bacillaires non articulés de Klob; et, s'il en est ainsi, les molécules sont de nature végétale, quod erat demonstrandum,

» Mais les Leptothrix sont, pour quelques phytopliysiologistes, des productions algiformes n'ayant pas de développement ultérieur connu ; Klob incline vers cette manière de voir; il resserre la série de son végétal entre le Bacterium pnnctim., comme origine, et les formes Bacterium termo ot cntennla d'un côté, et Leptothrix de l'autre, selon les cas, comme aboutissants; et cependant il le croit spécifique.

» Pour Hallier, au contraire, le Leptothrix buccal, par exemple, procède du Pénicillium, (/laucnm, et pont y faire retour; ce n'est que le trait d'union «'litre la forme Mme Micrococcus et la forme O/diwnm la forme aérophytinue l^enicillivm.

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» Mais si le Leptot/irix procède du Micrococcus, d'où vient celui-ci? Seloi Hallier, il eu est des Micrococcus comme des Leptothrix ; ils ont une origini variée ; il dit avoir mêlé aux aliments d'un singe les fruits de diverses Uslilaginées, du Tilletia caries, du Rhizopus nigricans, de VJScidium Euphorhiœ tous ont développé des Micrococcus dans l'intestin. Les Micrococcus ne son donc pas plus pathognomoniques que les Leptothrix qui en émanent; ceci es accordé ; mais il y a granule et granule, ferment et ferment; qui donc pourrai soutenir que dans l'intestin d'un cholérique nettoyé à fond et lavé à grande eai il puisse se trouver quelque produit accidentel de ce genre, constamment et ei quantité telle que Kolb a pu dire : Dans le choléra, la masse entière de c qu'on appelle mucus intestinal est du Zoogloea terme?

» L'origine du Cryptococcus est tout aussi obscure ; de grandes autorités je le sais, Schwann, Pasteur, de Bary (1) le considèrent comme un végéta qui se reproduit par bourgeonnement et se répand partout; cependant on obtenu dans le laboratoire de de Bary, comme me l'assure un de ses élèves M. Millardet, auquel je suis redevable de divers renseignements imporiauis un ferment actif provenant des spores du Mucor miœedo; on a pu l'employé à fabriquer de la bière. Une autre école. Bail, Hoffmann, Berkeley, adnu que les torules sont une forme infime, ferment, de mucédinées aérophytique^ et procèdent des spores de celles-ci; Hallier, qui se rattache à cette écolt fait venir la levûre vulgaire des spores du 7>enm7/ù<m, lesqueUes émettent d( sporules vibrantes, qui, en se fixant, deviennent Micrococcus, se multiplier comme tel, ou s'accroissent pour devenir torules de la bière, ou baguettes d ferment lactique, etc. Dans ce qui va suivre, je supposerai tacitement qi) cette genèse du ferment et son pouvoir de développement ultérieur sont de montrés définitivement.

La culture de la mucédinée. — Klob a fait quelques essais incomplets * culture ; Thomé en fit de plus réguliers; ils furent suivis de près par Halhe auquel son expérience en la matière permit d'obtenir des résultats qu'il préseni comme décisifs. Il faut reconnaître qu'il est difficile, impossible même, de fan des cultures absolument pures; je rappellerai, à ce propos, qu'autant il peut avoir de Micrococcus divers dans l'intestin autant il pourra se développer | végétaux différents dans les cultures; l'objection serait convenablement affaibl si l'on parvenait h obtenir la constante reproduction du même végétal; cest, peu de chose près, ce qui eut lieu dans les cultures de Hallier; nous verro, cependant quels efforts il a faitsipour faire rontrerldans une espèce unique tout, les formes végétales qui firent apparition dans ses cultures.

Hallier fit usage de deux appareils, l'un plus simple, que je ne decnia. p vu qu'il n'est pas exempt de reproche; l'autre consiste en un matras nn.n deux tubes, dont l'un communique avec la cloche ^'""^ /^«"^P^, raréfier l'air du matras ; l'air de renouvellement, aspiré à de fréquente . P pénètre dans l'autre tube, après avoir traversé un double appareil pou.

(1) De Bary, Handbuch dor physiologisohm notanik de Hofmeister, vol. H, 1860-

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