PARASITISME VÉGÉTAL, — ENTOPIIYTES. — CHOLÉRA
filtrage au coton et pour un lavage convenable] les substances servant de sol, bouillies au préalable, furent l'eau sucrée ou l'empois, purs ou additionnés de tartrate d'ammoniaque, ou de viande, ou de blanc d'œuf ; plus rarement ce fut la bière, le citron. La température des mois de mai et de juin 1867 oscilla entre 15 et 31 degrés; une culture faite sur de l'empois et du tartrate entre 31 et M degrés devint acide le troisième jour, développa des gaz, et montra de VArt/ti'ococciis lacds; additionnée de blanc d'œuf et de viande, elle redevint alcaline, et parut alors marcher plus rapidement que les autres cultures, tout en développant moins d'odeur. Fréquemment la culture amena le végétal à produire des cystes remplies de spores colorées, assez semblables à celles des déjections cholériques, résultat curieux qui permit de fixer les caractères botainiques de l'espèce. Les détails que je donnerai sur ce point seront nécessairement ecourtés, incomplets et difficiles à saisir sans l'aide de figures.
» L'espèce et la race. — Hallier arrive à ranger la mucédinée cultivée comme forme auœrophytique, ou Urocystis, de l'espèce comprenant les types Penicilhum [crustaceum, Fresenius) Achlya, Tilletia et Mucor {racemosus, Fresemus).
Cette synonymie pléomorphique exige une explication préliminaire. Le type Penicilltum est une moisissure vulgaire très-répandue et très-vivace; mais
espèce, dans cette classe de végétaux, comporte des races ou types différents m des générations régulièrement ou irrégulièrement alternantes; et pour :bacun de ces types il existe encore des formes diverses, selon que le dévelopjement est parfait ou est resté imparfait; le résultat des cultures dépend donc le deux circonstances majeures : d'un côté, de l'état du sol, de sa richesse en . 6, de son acKbte, de son degré d'humidité, de l'usure qu'il a subie par les 1 W. '' température, etc. ; il dépend, de l'autre côté, de
^direction et de la puissance innée de ce qui a été semé : ainsi le Pemcmam
mmcrococcus, son Cryptococcus et diverses formes végétatives minimes qui a d veoppent dans les huiles, les sols en fermentation lactique, acétique; ses ^epmr,^, son Oidmn; cette race ne produit pas de cystes fertiles. La forme
n linTT T^^'V '""'^'"'^'''^ «'«btient par une génération intermédiaire n ^mant du />.mc7//n<m ou du jWucor sur une solution sacrée peu dense
ZdtZ d'albumine. La forme Tilletia,
obtt e™r " ,T" P""^^^ anœrophytique du frome t,
obuen en semant \ePenmlhum sur un empois très-épais abandonnéjpendan
S ' ^^"^ '''''''''' '^-d'''-^' q-ncl on
roveTa r;"' Z''' ''''-''f'' °" ^"'"^ '«^ûre sèche de la bière
^^^^AuPenmlhum, on obtient une génération cVOïdium, qui, parle
"'l à 1^ ; ""f if"" f ""'T' ''''' ^"^^^ rabougrissement qui '•'^^iqu • 0^ auP.n.e7/.-.m; ce ilW a son Cryptococls
" Enfin r ' CylindmœnvimA^ Thomé
ce qui distingue la plante obtenue par culture des selles cho ér ques
798 PATHOLOGIE GÉNÉUALli.
c'est une vitalité telle que, semée sur un sol pauvre (eau sucrée), dans des conditions où ni le semis Pénicillium, ni celui de Mucoi\ n'aurait donné le^ formes fructifiantes de leur série, celle-ci arrive facilement à se couvrir de cystes (ce qui d'ailleurs réussit le mieux sur un sol suffisamment azoté et assez solide), lesquelles donnent en seconde génération, tant que le sol n'est pas trop acide, et par le mode de germination déjà décrit^ des colonies de Micrococm (ceci réussit le mieux sur un sol humide et très-azoté). La race est donc autre; une observation faite antérieurement par Ilallier tend à le prouver : d'un semis de Pénicillium sur du lait, il obtint une plante portant des cystes stériles (1); une culture (la vingt et unième) faite sur de l'eau sucrée avec du blanc d'teuf et des selles cholériques à la température de 20 à 25 degrés centigrades, reproduisit la même forme trapue, ayant les mêmes cystes terminales et axillaires, mais remplies de spores parfaites cette fois.
» Si je m'en tiens h la description et aux figures de Hallier, il m'est impossible, malgré mon incompétence en la matière, de supprimer quelques doutes : ainsi la culture n° 8, faite dans l'appareil à isolement, reproduit des plantes chargées de cystes; l'auteur les compare longuement au développement de VUrocystis occulta, Rabenh., du blé en fleur; la figure qu'il donne est peu démonstrative de l'analogie de forme; mais l'époque où fut faite la culture, le 28 mai, époque de la floraison des céréales, fait penser à une source d'erreur possible. D'an autre côté, les cystes des cultures rappellent l'aspect des sporanges incomple'" et sans columelle du Mucor muceclo rabougri, tels que les figurent de Bary Woronin (2) ; mais cet auteur rejette absolument l'identité du Mucor mucedo du Mucor racemosus, et dans une nouvelle publication il revient à la charge, déclarant avoir vérifié par de nouvelles cultures la série Pénicillium crustaceum, Mucor racemosus, Achhja proliféra, Tilletia caries ; il constate que Bail avant lui, et Hoffmann plus récemment, ont reconnu la liaison qui existe ealre Achlya et Mucor racemosus. Pour celle du niletia, il est, je crois, le seul à l'admettre; mais il assure avoir poursuivi le développement métamorphique, heure par
heure, sous le microscope. , <r ■
» Hallier ajoute que, pour faire produire des cystes à la plante, il suUit, si l'on a semé le Micrococcus des selles (il n'est pas besoin que les selles contiennent des cystes), d'une température de 20 à :H degrés centigrades ; si l'on sème du Mucor ou du Pénicillium, il faut chaufl-er de 31 à hk degrés ceaUgrades; à 12 degrés, il ne se forme plus de cystes en aucun cas.
,, Déjà eu 1833, le docteur Tytler, dans un mémoire qu'il lut à la Médical Society of London, essaya de démontrer que le choléra prend son orignic du riz malade et se propage par la consommation du riz vicié. Hallier, reprenant cette idée, suppose que la mucédince a l'Inde pour pairie, et qu'elle vit sur le riz, comme chez nous VUrocystis occulta, qui lui ressemble beaucoup et pour la forme et pour les séries végétales, vit sur le chaume et dans la fleur du li-o-
(1) Schultze, Archiv, II.
(2) Woronin, BeUrage sur Morphologie, etc. Francfort, 186G, t. Il, pL M.
ne in
et
PAUASrnSME ANIMAL, — LPIZOAIRES. 799
ment et du seigle. Il essaya de cultiver la mucédiuéc en semant du riz, l'arro- ,ant avec des selles de cholériques et recouvrant d'un peu de terre. Les
i v filaments développes par le Micrococcus pénétrèrent dans le germe au-dessus de
1 l'insertion de la radicule ; les plantes se développèrent, mais languissantes, chlorotiques. Après trois semaines, les feuilles montrèrent des stries noirâlres ; la plante était envahie partout par le mycélium ; les hyphes devinrent courtes, à jriiculations rapprochées^ se colorèrent en brun, et portèrent des cystes parfaites, colorées, contenant de trente à quarante spores. De ces spores^ on obtenait^ sur un sol en bouillie et très- azoté, du Micrococcus; germant dans l'air humide, elles donnaient un végétal portant des acrospores et ressemblant au Pénicillium pour la disposition des rameaux, au Cladosporium pour le mode :1c développement des spores; germant sur un sol acide et sucré, elles développaient \& Pénicillium mnm\', sur un sol pulpeux azoté, les pinceaux, plus illongés, portaient, au bout de chaqiîe rameau, une macroconidie (grosse spore unique), laquelle en germant produisait du Mucor et du Tilletia. » Gomme le fait remarquer Wieger en terminant : « Ces faits seront-ils vérifiés
!i par de nouvelles cultures et par d'autres observateurs? Je ne saurais le dire. Le meilleur critérium, à mon sens, ce seraient des essais d'intoxication faits sur les animaux ; je ferai remarquer, à ce propos, que le pharynx et surtout l'œsophage pourraient bien être les foyers primitifs de l'incubation du parasite, ce [jui explique l'énorme et précoce desquamation ainsi que la fréquente diphthérie
i dont ils sont le siège. »
Pour conclure il faut dire avec le même auteur : « De deux choses l'une : 3u bien les cultures seront reconnues capables de reproduire le contage, et îlors ce sera une découverte d'une portée immense ; sinon il faudra revenir au ooint de vue de Pacini et de Klob qui admettent une affection primitive de l'épihéhum produisant d'une façon secondaire les troubles fonctionnels de la
; maladie.
SECTION II
IDU PARASITISME ANIMAL.
Les parasites animaux sont très-nombreux et doivent être divisés, d'après eur siège à l'extérieur ou à l'intérieur du corps, en épizoaires et enlozoaires.
ARTICLE PREMIER