PARASITISME ANIMAL. — ÉPIZOAIRES. — GALE
par MM. Bourguignon (1), Lanquetin (2), se voii à l'œil nu; il apparaît comme un point blanchâtre, ayant à l'état adulte tout au plus 1/2 millimctre de longueur sur 1/3 de largeur. Il se trouve caché dans le sillon ou dans la vésicule qui caractérisent anatomiquement la gale pour le médecin. Ce n'est pas sans peine qu'on parvient à le saisir, mais avec un peu d'habitude et une épingle destinée à déchirer la vésicule et le sillon, on arrive souvent à le prendre. Il y a un acarus femelle (fig. 165) décrit par tout le monde, qu'on trouve habituellement à l'extrémité du sillon opposé à la vésicule de la gale, et un acarus mâle (fig. 166), très-difficile à saisir parce qu'il ne fait pas de sillons et qu'il reste dans la vésicule elle-même. Cet acarus a été découvert à l'hôpital Saint-
FlG. 165. — Sarcopte reinelle. (Moquin-Tiinaou.)
Fig, 166. — Sarcopte mule. (Moquin-Tundnn.j
Louis, en 18ii9, par M. Lanquetin, qui en a donné une excellente description. L acarus femelle offre la conformation suivante :
« Sous le microscope on recoimaît les petites échancrures du bord latéral du corps et la surface inégale et bombée du dos. Il a entre les pattes de devant une sorte de trompe (fig. 165), quatre soies autour de la bouche, à la face inféneure de laquelle on voit deux maxUlaires. Le dos est garni d'élévations coniques disposées par lignes transversales et de quatre séries d'excroissances plus longues et recourbées au sommet. Les pieds sont courts et articulés. Les quatre premiers latéraux se terminent par une espèce de ventouse. Les quatre postérieurs sont situés à la partie inférieure, qui est garnie de soies (fig. 165)
» Les sillons creusés surtout par les femelles sont courbes, anguleux " de un aenu à un centimètre de longueur, font un peu saillie à leur extrémité où se
(1) Bourguignon, Traité entomo/ogique et pathologique do la gale. Paris 1852 in â (^) Lanquetin, Notice sur la gale. Paris, 1859. ' ' '
gQ^ PATHOLOGIE GÉNÉUALE.
trouve une petite papule ou vésicule. C'est à l'autre bout que se tient l'acarus. I c siège des sillons est l'ôpidcrme de la partie latérale interne des doigts pnucil^lemcnt et le derme est intact. D'après les recherches de M. Lanquetin, le
iMG. 107. — Demodcx C/-
màlc est plas pelit que la fcmeilo, il esl .lê|>ou,va d'cpines sur k dos. a, ,
FiG. 168.— Acaropse f*)
M. Gustave Siœon. de Berim, est un peu P'-^»'",:*'^
„ est très-commua, puisque, sur d.x P»-°"°';'; ; , ' p^duit aucune
deux chez lesquelles on trouve ce paras.te, qm dadleurs p
manifestation morbide. , Mérico""
30 Acaropse. - C'est sarcopte trouve une sur un individu affecté d'exantlième dans le pus qui scconlait (fig. 168).
(*) A, ranimai, VU de Ventre ; B, snn l'o^U'c .snlti , C, son «m. 1 r, A, animal vu de dos; «, pal,,e dn,it i.olé. (Mcjun-Tandon.)
PARASITISME ANIMAL. — ENTOZOAIRES.
ARTICLE II
PARASITES ANIMAUX QUI HABITENT LES PARTIES PROFONDES DU CORPS HUMAIN OU ENTOZOAIRES.
Les entozoaires parasites sont des êtres infusoires ou vermi formes qui vivent dans le corps d'un autre animal. Hors de là ils languissent et meurent souvent; mais leur germe, transporté d'un individu à un autre, peut s'y développer et donner lieu à de nouveaux parasites, ce qu'on voit dans les maladies charbonneuses, ou produire des parasites différents des premiers à cause de l'influence du milieu ambiant. Ainsi des cysticerques de lapin, avalés par un chien ou par l'homme, peuvent se transformer en tœnia dans les voies digeslives. Le distome, habituel dans les branchies de la limnée des marais, et qui est dépourvu de sexe tant qu'il habite ces limnées, devient complet dans l'intestin des oiseaux aquatiques, après qu'il est avalé par ces animaux.
C'est par absorption sur les plaies, par la respiration et quelquefois par l'alimentation, que pénètrent dans l'homme les germes des entozoaires parasiies^ qu'on y trouve. Ainsi les infusoires des épidémies contagieuses se propagent par l'air et par le contact, mais les helminthes se développent surtout chez les enfants, peut-être à cause de la disposition lymphatique inhérente à la jeunesse.
La mauvaise alimentation, les viandes inférieures, particulièrement celle du porc, les fruits verts, les légumes, y prédisposent considérablement. Certaines espèces sont endémiques dans plusieurs pays : ainsi le tœnia solium en Allemagne, en Hollande, et le bothriocéphale en Suisse, et en Russie (1). Leur présence se rattache souvent à un état morbide, soit des voies digestives, soit de l'économie en général; ainsi la diathèse scrofuleuse, la fièvre muqueuse et l'inanilion, l'entérite et la fièvre typhoïde, engendrent les ascarides lombricoïdes, et l'on a vu les poux apparaître dans la convalescence des maladies aiguës.
Il y a des infusoires et des vers parasites qui ne produisent aucun accident morbide appréciable ; les trichomonades, certaines bactéries de l'intestin, les vibrions, le trichocéphale^ sont de ce nombre ; ces parasites restent à l'état latent ; d'autres irritent les tissus qu'ils occupent et occasionnent des démangeaisons, exemple : les oxyures dans le rectum ; des coliques et des hémorrhagies intestinales, exemple : le taenia ; des abcès, exemple : le filaire, les échinocoques ; etc. ; tous peuvent engendrer des accidents sympathiques variés, et, bien que ces faits soient rares, on connaît un assez grand nombre de faits d'amaurose, de convulsions éclamptiques, de chorée, d'épilepsie singulière et de névroses bizarres^ dépendant
(1) Voyez Boudin, Traité de géographie médicale. Paris, 1857, t. I", page 33G.
gQg PATHOLOGIE GÉNÉRALE.
d'helminlhes ayant pour siège les centres nerveux ou les voies digestives. Il sufiQt souvent d'expulser un entozoaire pour guérir des accidents nerveux qui avaient résisté U tous les autres moyens thérapeutiques.
Il y a différentes espèces d'entozoaires : les entozoaires infusoires, les entozoaires insectes, les entozoaires crustacés et les entozoaires vers ou helminthes proprement dits.
Cuvier voulait qu'on distinguât ces derniers, d'après leur structure, en parenchymenteux et cavitaires; mais son opinion n'a point prévalu. Rudolphi, au contraire les a séparés d'après leur forme en quatre grandes classes : les nématodes,'lestrématodes, les cestoïdes et les cystiques. Toutefois, comme ces divisions ne s'appliquent qu'à une seule espèce de parasites, aux entozoaires helminthes, il est préférable de suivre celle de Virchow qui comprend indislinctement tous les animaux parasites connus. La voici :