I. — Infusoires
Les infusoires parasites se rencontrent sur les plaies où la sécrétion purn- -| lente séjourne et s'altère. Ce sont surtout les espèces du genre vibrion et aussi des infusoires polygastriques. On en trouve aussi dans le mucus intestinal et vaginal. Mais il y a plus, quelques personnes disent en avoir observe dans le sang et pour elles cela explique la formation de certaines maladies epidemiques.
Les espèces observées appartiennent aux genres : 1° paramécies; 2° cercomonade; 3° trichomonade; U° virguUne, et 5° vibrion :
, , Paramécies.
( ^^«"^ .; ■ 'l'un; queue Cerconionade.
Infusoires . . j ( grand cil vibratile . ^ p^j^^j ^^eue . Trichomonade. . -
( sans bouche . . ] (Une queue Virguline.
Point de cil vibralile. . | p^j^^^ ^ygue . Vibrion.
10 Paramécies. - Ce sont des infusoires oblongs, aplatis. PO"^:^»;;^';" ^^J longitudinal communiquant avec la bouche et dont le corps est cihé. Malmstcni les a trouvés dans le pus de l'intestin. -ii-^irrpdefc
2° Cercomonades. - Ces animalcules, ayant 8 mil lemes d« long, avec le corps piriforme, garni en avant d'un filament vibratile n ud<^. ont été découverts par Davaine dans les déjections des cholériques et dei quelques fièvres typhoïdes.
PARASinSME ANIMAL. — ENTOZOAIUES INFUSOlUES. »07
30 Trichomonades. — Ce sont des parasites globuleux ayant 1 centième de millimètre, avec un ou deux filaments assez longs et quelques cils vibraliles, et découverts par Donné dans le mucus vaginal frais (fig. 169).
k" Virgidines. — Ces animalcules, de 5 à 8 centièmes de millimètre, ont un corps un peu épais, terminé par une queue trois fois plus
courte. Ils se trouvent dans le tartre des dents fig. i69. — Tiiciiomonotie raginuie. délayé dans l'eau et dans quelques enduits ;(Mo<iuia-Tandon.) luuqueux de la langue. Ce sont ceux que Mandl appelle les virgulines tenaces.
5» Vibrions. — Ces infusoires à peine perceptibles, longs de 8 à 13 millièmes de millimètre, à corps cylindrique et atténué aux deux bouts, se trouvent dans les selles des cholériques (Pouchet) et de quelques individus bien portants.
C'est dans cette classe qu'il faut placer les bactéries et les bactéridies auxquelles on fait en ce moment jouer un si grand rôle dans l'étiologie des fièvres continues ou éruptives et des maladies charbonneuses ou pestilentielles.
Lebert, Rainey et Hassall, Pouchet, Tigri, Oniraus, Davaine, Chalvet, Coze et Feltz, Signol Méguin, Chauveau, etc. , ont publié sous ce rapport des faits extrêmement curieux qui ne sont pas encore suffisamment compris, mais que je ne puis passer sous silence. A ceux qui font de ces bactéries la cause des maladies infectieuses, on peut répondre qu'elles n'en sont que l'effet, et, en réalité, j'ai tant vu de liquides pathologiques sortir du corps sans bactéries, n'ayant de ces infusoires que plusieurs heures après le contact de l'air, qu'on ne peut se défendre d'une certaine hésitation avant d'accepter les conclusions qu'on en tire. Quoi qu'il en soit, sans rien préjuger, et pour montrer les progrès de la science, je vais dire quel est l'état actuel de nos connaissances, en prenant pour guide les recherches que vient de publier M. Davaine (1).
» La famille des Vibrioniens se divise en trois genres :
» Les filaments rigides et à mouvement vacillant formant le genre Bacterium ;
» Les filaments flexibles et à mouvement ondulatoire formant le genre Fîôrîo; » Les filaments en hélice et à mouvement rotatoire formant le genre Spirillum.
» Dans cette classification, le mouvement est pris comme caractère principal ; d'une part il fait ranger les Vibrioniens parmi les animaux, de l'autre il sert h la distinction des genres. Quant à des Vibrioniens immobiles, il ne paraîtrait pas qu'il en existe, car la classification ne leur donne aucune place. Toutefois cela peut s'expliquer par le fait que les infusoires animaux ont eu, presque seuls, le privilège d'attirer l'attention des observateurs au microscope, et que le caractère de l'animalité n'étant point apparent chez les filaments immobiles, ces observateurs ne les ont pas considérés comme de leur domaine. » Or, si l'on examine les infusions artificielles ou les liquides organiques dans
(1) Davaine, Dictionnaire encyclopédique des Sciences médicales, art. Bactéhie, 1863.
gQ3 PATHOLOGIE GÉNÉRALE.
lesquels se développent ordinairement les Yibrioniens, on découvre parfois, soit mêlés avec ces infusoires actifs et mouvants, soit sans mélange, des myriades de fdaments très-minces, droits ou flexueux, articulés ou non, toujours simples %J^ et libres, identiques, en un mot, par tous leurs caractères, avec les Yibrioniens, sauf par'un seul : ils n'ont point de mouvement. Ces infusoires immobiles appartiennent donc, avec évidence, à la même catégorie que ceux qui sont doués de mouvement; cependant ceux-ci étant considérés comme des animaux, la motilité des uns, l'immobilité des autres, devraient les rejeter nécessairement dans deux familles appartenant h des règnes différents.
„ Mais la motilité n'est pas un caractère absolu d'animalité, comme on le croyait autrefois. Les Yibrioniens, malgré leurs mouvements, sont des végétaux, aussi bien que les filaments immobiles, et tous ces êtres appariienneni à la môme famille. Cette opinion, que j'ai émise dès 18.59, est basée sur les considérations suivantes : « Les Yibrioniens n'ont point d'organes de digestion ni d'organes de locomotion ; ils sont bomogènes dans toute leur étendue; les deux extrémités, généralement semblables, n'ont aucun caractère particulier qui puisse y faire distinguer la tête ou la queue, et leur progression, qui se fait aussi bien et indifféremment par l'une ou par l'autre de ces ext^c-^ mités, prouve qu'il n'y a point entre elles de distinction. En cela même, 1 Yibrioniens se séparent nettement des animaux chez lesquels des segmen isolés des tronçons expérimentalement détachés, suivent toujours, dans len" progrèssion, la "direction que leur eût donnée la lête. Par ces différents cara' tèrcs les Yibrioniens se rapprochent des conferves fdamenteuses ; ils s'en rapprochent encore par leur constitution chimique... Reste donc, comme caractère distinctif des Yibrioniens, la faculté de locomotion; mais cette faculté se retrouvent chez beaucoup de Conferves : des Diatomées possèdent, comme les Bactéries, un mouvement oscillant; des Oscillaires, et en parlicul.er des Sulfuraires, ont, comme les Yibrions, un mouvement ondulatou-e; et le mouvement circulaire si remarquable des Spirillum «VT""" fT.f Fnfin' ferves du genre Spirulina (Kutzing) qui constituent de longues hélices. Ennn, chez toutes ces Conferves, comme chez les Yibrioniens, la progression a heu Ïfféremment et souvent alternativement par l'une ou par l'autre des extré-
""'ZfXur petitesse et le«r simplicité, les Yibrioniens commencent, la des végétaux ; les genres Bacteriu^n et ViLrio sont voisins de ^P O^ ^^ quels i ressemblent par leur forme et leur organisation ; ils en que les LepiotM. sont fixés par l'une de leurs extrémités et qu ^ ordinairement une plus grande longueur. Le S^^. ^^"'^^^""'^^^^^^^^^^^ des OsciUariées en hélice qui forment le genre 6;-'» Ku « Spirochœtes, regardés par les uns comme Spmnum et par le ul e Spirulina, forment, en quekpie sorte, un irait d'union /^^"^f Il existe enfin des Yibrioniens qui ne peuvent être facilement d.stmgucs de ce.
(1) Davaino, Comptes rendus de V Académie des sciences, 10 août 1864.
PARASITISME ANIMAL
— ENTOZOAIRES INFUSOIRES.
laines Closléries ou de cerlaines Navicules dont les dimensions ne surpassent |)oint celles de ces infusoires filiformes.
» Organisation. — Les Vibrioniens les plus petits échappent, sans doute, à tous nos moyens d'observation ; ceux qui ne peuvent être aperçus qu'aux plus forts grossissements du microscope nous apparaissent comme des points mouvants ou ininiobilcs. Les plus longs atteignent jusqu'à 0'""',20.
') L'organisation des Vibrioniens, vu l'insuffisance denos moyens d'observation, paraît très-simple : un filament réduit à une paroi sans contenu, tel est l'aspect des Vibrions les plus minces ; chez les plus volumineux, dont l'épaisseur va jusqu'à 0""°,001, une substance uniformément répartie, analogue sans doute à l'endochrome des Algues tubuleuses, peut être plus ou moins distinctement reconnue. Dans certaines espèces, cette substance est assez visiblement disposée en amas réguliers, rappelant la disposition de l'endochrome nucléaire des algues tubuleuses, et ce caractère doit sans doute faire considérer les filaments ou les articles qui le possèdent comme des conferves se rapprochant, soit des hygrocrocis, soit des clostéries, etc. Après la mort des Vibrioniens, la substance contenue s'altère et occupe des espaces variables, laissant des intervalles vides, qui permettent de la reconnaître facilement. Ces Vibrioniens en voie de décomposition, mêlés à d'autres encore vivants, pourraient donner lieu à une méprise et faire croire à deux espèces distinctes.
» De l'aspect qu'ils prennent en se desséchant sur une plaque de verre, M. Ehrenberg a conclu que chaque filament est formé d'une série d'animalcules à peine plus longs que larges et retenus par une division spontanée imparfaite. La manière dont ces filaments se désagrègent après leur mort montre, en elTet, que la segmentation se prépare longtemps avant qu'elle ne devienne apparente chez l'individu vivant. Toutefois, d'après mes observations, je ne puis admettre que la plupart des Vibrions et des Spirillum soient formés d'un certain nombre de corpuscules subglobuleux. Les caractères spécifiques donnés par M. Ehrenberg, d'après cette constitution des filaments, me paraissent tout à fait fictifs. C'était aussi l'opinion de Dujardin.
» Motilité. — Les Vibrioniens sont plus ou moins agiles et leurs mouvements peuvent être très-variés. Les Bactéries avancent, reculent, oscillent, ou pirouetii^nt autour de leur centre ou de leurs extrémités, comme des tiges rigides; les Vibrioniens se redressent ou s'infléchissent en ondulant comme le serpent; les Spirillum vont en tournant autour de leur grand axe, et leur progression dans un sens, puis dans l'autre, se fait par une rotation inverse, comme une hélice qui avance ou recule suivant le sens de la rotation.
» La locomotion des Vibrioniens rigides {Bactcrium ou Spirillum) ne peut s'expliquer. U. Ehrenberg a cru voir un cil vibratile h son Bactcrium triloculare. I^ujiirdin reste à ce sujet dans le doute ; il faut attendre de nouveaux moyens •1 observation pour résoudre cette question.
Les mouvements chez les Vibrioniens ne sont pas constants; il est facile de 'cconnaîire que ces infusoires sont généralement immobiles dans la première P ériode de leur développement, et que cette période d'immobilité dure quelque-
fois plusieurs jours. Dans une infusion artificielle, on peut alors désagréger la pellicule où ils sont enfermés sans les voir acquérir de mouvements spontanés, tandis que plus tard ils se désagrègent d'eux-mêmes et fourmillent dans le 11quide ambiant. Alors même, leurs mouvements ne sont pas constants et l'on en voit qui entrent en repos par intervalles. Les Vibrioniens cessent enfin de se mouvoir; ils tombent dans un état d'inertie qui n'est pas toujours leur mort; je m'en suis assuré expérimentalement ; ils restent en effet plusieurs jours dans cet état de repos, sans qu'aucune altération se manifeste dans leur constitution; c'est donc à tort que des observateurs parlent des Vibrions morts sur le seul caractère de l'absence de leurs mouvements. Bien plus, tout un genre de Vibrioniens, ainsi que je l'ai dit déjà, est constamment dépourvu de la motililé.
DiResp/ra^iow.— Les Vibrioniens, certaines espèces au moins, respirent le gaz oxygène libre, comme les êtres organisés en général; mais il en est d'autres qui s'emparent de l'oxygène qui entre dans des combinaisons peu stables, telles que le sucre, l'acide tartrique, etc. Non-seulement ces derniers ne respirent point l'oxygène libre, mais encore ils ne peuvent se développer en présence de ce gaz. La faculté de s'approprier l'oxygène qui entre dans certaines combinaisons n'appartient point en propre aux Vibrioniens : M. Pasteur, qui l'a découverte, a proposé de désigner les êtres qui respirent l'oxygène libre sous le nom d'Aé?'ûbies, et ceux qui respirent l'oxygène combiné sous celui A'Anaérobies. D'après les recherches de cet illustre observateur, la plupart des Vibrioniens seraient anaérobies; toutefois on ne sait pas encore si plusieurs de leurs espèces ne pourraient être, suivant les circonstances, tantôt aérobies, tantôt anaérobies. Nous verrons dans la suite de cet article l'importance que peut avoir celte question.
» Rapport avec le milieu.— Vibrioniens, pas plus que les autres êtres organisés, n'ont la faculté de se développer dans des milieux différents et dans des conditions diverses. J'ai mis ce fait en évidence par des expériences très-simples : il suffit, en effet, de changer l'une des conditions du milieu pour voir périr aussitôt ou en très-peu de temps les Vibrioniens qui s'y trouvent. Un abaissement dans la température d'un liquide organique, la substitution d'une eau pure a une eau corrompue, d'eau de mer à de l'eau douce ou réciproquement, font disparaître promptement les infusoires filiformes qui s'étaient développes dans
ces divers liquides. , , . , ...
» La subordination de tel Vibrionien à tel milieu est quelquefois plus étroite qu'on ne peut le présumer d'après ces faits : ainsi les Bactéridies qui déternu^ nent la maladie charbonneuse se développent dans le sang chez 1 homme > mouton, le lapin, le cobaye, le rat, etc. ; mais elles ne se développent point da" ce liquide chez les oiseaux ni même chez le chien, quoique analyse cl inuqu et l'inspection microscopique ne puissent faire reconnaître de différence esse tielle entre le sang de ce dernier animal et celui des autres M^nimifcres
Le choix que semblent faire certains êtres organisés, en se développa Hi^^^ telle condition et non dans telle autre qui nous paraît identique, se mon une grande échelle dans le parasitisme. Cette question mexplicable ne r