PARASITISME ANIMAL. — ENTOZOAIRES INFUSOIRES
moins intéressante au point de vue de la pathologie qu'à celui de la physiologie. Un exemple pris dans le sujet qui nous occupe peut nous faire pénétrer plus avant dans ce mystère, en nous montrant que des différences presque insaisissables pour nous sont néanmoins sensibles pour certains êtres vivants.
» Cet exemple nous est offert par le ferment de l'acide tartrique ordinaire qui est un Vibrionien.
» On sait que cet acide a la propriété de dévier à droite la lumière polarisée, c'est pourquoi on l'a désigné sous le nom d'acide tartrique droit. Or, il existe un autre acide tartrique, V acide tartrique gauche, qui ne diffère du précédent que par l'impossibilité de superposer leurs formes d'ailleurs identiques, et par le pouvoir rotatoire sur le rayon de lumière polarisée qui, s'exerçant à droite dans le premier, s'exerce à gauche dans celui-ci, exactement de la même quantité en valeur absolue. Du reste, il y a entre les propriétés chimiques de ces deux acides une identité telle qu'il est matériellement impossible de les distinguer. Ces différences sont donc exactement de même ordre que celles qui distinguent la main droite de la main gauche. Eh bien ! le Vibrion-ferment qui détruit l'acide tartrique droit n'a aucune action sur l'acide tartrique gauche ; c'est-à-dire qu'il ne se développent point dans un milieu où ce dernier acide existe à l'exclusion de l'autre. L'acide racémique offre la combinaison singulière d'une molécule d'acide tartrique droit avec une molécule d'acide tartrique gauche; or, û\Qracémate d'ammoniaque, par exemple, est soumis à la fermentation du Vibrion tartrique droit, la fermentation se continue jusqu'à ce que le premier de ces acides ait complètement disparu, mais l'acide tartrique gauche reste tout entier intact.
') Propriétés vitales. — Les Vibrioniens ont des propriétés vitales variables suivant leurs espèces ; ces propriétés varient peut-être aussi suivant que les Vibrioniens sont développés ou à l'état de germe; mais quelle est l'organisation le ces germes? C'est ce que nous ignorons. (Voyez ci-après Bact. de la oouniture.)
» Parmi les Vibrioniens, il en est qui subissent une dessiccation complète sans )erdre leur vitalité : tels sont ceux de la maladie charbonneuse. Ils peuvent nême dans cet état conserver leur vitalité pendant un au; d'un autre côté, ces nêmes infusoires perdent la faculté de s'inoculer, c'est-à-dire qu'ils périssent ■lès qu'ils sont placés dans une certaine quantité d'eau. Je me suis assuré par :)lusieurs expériences que d'autres Vibrioniens ne peuvent nullement supporter a dessiccation.
" Les Vibrioniens ou leurs germes supportent des températures plus ou moins ilevées suivant leurs espèces, mais celte faculté peut être influencée par la naure ou par la qualité du milieu dans lequel se trouvent ces petits êtres. Les Baci;ridies charbonneuses supportent sans périr, lorsqu'elles sont desséchées, une empératurc de -f 100°, température qui les tue constamment lorsqu'elles sont l'imidcs. Les Bactéries qui déterminent la pourriture de certains végétaux péissent à 4- 52° (Davaine). Les Vibrioniens qui se développent dans le vin (vin ourné) et qui l'altèrent sont tués par une température de 60" à 70» (Pasteur)
Ceux qui se développent dans le lait et dans l'urine supportent une température voisine dc+ 100° ; toutefois il y a sous ce rapport quelques différences, suivant que le liquide est alcalin : dans le lait acide, il suffit pour tuer tous les Vibrionicns ou leurs germes d'une température de + 100°; s'il est neutre ou alcalin il faut porter la température jusqu'à+ 110° (Pasteur). Il en est de mêrnt pour ceux qui se développent dans de l'eau sucrée albumineusc ; ils sont tué^ [ -1-100°, lorsque ce liquide acquiert de l'acidité, mais en présence de la craie qui enlève cette acidité ils ne le sont qu'à +110° (Pasteur).
„ Des faits sont importants à connaître, si l'on veut rechercher les condiliom du développement ou de la transmission des Vibrioniens dans cerlams cas.
„ Caractères distinctifs. - Les Yibrioniens étant de simples filaments, asse. souvent immobiles ou quelquefois doués seulement de mouvements browniens il importe de ne pas les confondre avec d'autres corps fdamenteux et notan. ment avec des cristaux en aiguilles. Il suffit, pour éviter cette erreur, de le soumettre à l'action de quelques réactifs ou de les exannner dans certames con ditions : l'acide sulfurique et la potasse caustique ne détruisent point immedia tement les Yibrioniens; ces filaments pâlissent, mais ils résistent longtemps quelquefois indéfiniment, à leur action. L'iode les jaunit et les rend plus appa rents Leur mort, déterminée par un changement de milieu, par une tempera ture élevée, amène en peu de temps leur destruction, sans qu'il en reste ci, traces. Des espèces qui se développent dans des liquides naturels disparaissen
par la putréfaction, \ , ,
Caractères génériques ou spécifiques. -Une question importante a R^soud est celle de la détermination spécifique des Yibrioniens. A quels caractères ro connaît-on qu'un Vibrionien constitue une espèce particulière? Jusqu ici on pris pour base de cette détermination, la forme du corps et le mouvement mais le plus simple examen montre souvent, d'une espèce amsi déterminée TautJe et même d'un genre U'autre, ^^es U-ansitions tellem^U ^^^^^^^^^^^^ insensibles que l'insuffisance de ces caractères ne peut être un m tant douieu
t nsitions ont été remarquées par les classificateurs eux—, q ■ hésité quelquefois à rapporter des individus à telle ou telle espèce, ou qui no. pu s'accorder sur la caractéristique de ces espèces.
„ Pour apprécier l'importance des caractères «'^^«neurs dans cette d e mm tion, il eût fallu posséder des espèces bien déterminées. On se trousait donc
dans un cercle vicieux. „„„ l'annarencc exlé
Il est d'ailleurs facile de prouver expèrunentalemen que 1 ain«m^ rieure de ces infusoires est loin de suffire pour les -racteris e qu J même forme, se cachent des êtres dilTérents. Cette ^^^^^^^^ donnée en montrant que des Yibrioniens de tous points bk. e U
mais vivant dans des milieux différents, périssent par leur , milieu dans l'autre. D'après cela, nous devons admettre que ^ J ' ; ^^^^ , qui, suivant Dujardiu, se trouve dans les matières '"^-tn a e e ho,^ c ans des infusions de chènevis, ne constitue pomt une \ en est de même pour le Vibrio bacillus et pour le Spmllum volutan.,
ENTOZOAÏRES INFOSOIRES.
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quels, suivant le même observateur, se développent dans des infusions d'eau douce et d'eau de mer.
)) Les conditions apparentes, qui, dans ces simples filaments, pourraient olMr des différences caractéristiques, sont la longueur, l'épaisseur, les formes droite ou recourbée, la continuité ou l'interruption en articles distincts, c'est enfin la variété des mouvements. Or, les découvertes modernes nous ayant fait connaître (juclques espèces bien déterminées par les conditions spéciales dans lesquelles elles se développent, nous avons des données pour apprécier le valeur de ces caractères : quant h la longueur et à l'épaisseur, on voit quelquefois, chez les animaux morts du charbon, des Bactéridies très-courtes et très-minces dans les gros vaisseaux, très-longues et épaisses dans la rate, variations qui se montrent aussi d'un animal à un autre; les Bactéries de la pourriture nous offrent des différences non moins grandes. Quant à la forme et à la constitution, on voit le Vibrion de l'acide lactique constitué par des filaments souvent de un ou deux articles, et d'autres fois de huit et dix lilaments droits ou diversement recourbés. Dans d'autres Vibrioniens dont on suit le développement, on remarque l'absence de mouvement ou des mouvements variés suivant les circonstances. Toutes ces différences de longueur, de constitution, de mouvements, sont souvent en l'apport avec l'âge des individus d'une p„. même espèce.
» Les caractères extérieurs des Vibrioniens ne sont point inutiles, sans doute, dans la classification, car on peut admettre rationnellement qu'un Vibrionien droit et un Vibrionien roulé en liélice ne sont point spécifiquement les mêmes ; mais, considérés seuls, ils sont insuffisants pour déterminer les espèces. Celles qui sont décrites aujourd'hui par les classificateurs doivent être considérées comme l'expression de types sous lestpielsse cachent un certain nombre d'espèces distinctes. Le vrai caractère spécifique est le milieu spécial dans lequel se développe le Vibrionien, ou mieux sa fonction physiologique ; mais on conçoit que plus le milieu est complexe, plus la détermination devient incertaine; de là la nécessité de prendre en considération tous les caractères.
(*| I. f^orps iliaplianc.1 nphcriqucs ni. ovoïdes : cnTps siilii'M'iqiio irrc-gulici' ; 2, s)ili(';rif[lic fùsulier ; 3, corps /''"!/ • '■'^'K'ilier ; 4, corps .lluplmno ovoldu iiTÙsnlier. — H. b cl 7, ciii'ps cylinilriiiucs ; 0 cl 8,
"•■icrinm icrmo. — III. 9, iO, Ilactcrium ■prmv.lum, lliKlrriiim cutmula ; H, à ilonx iirlidos ; 12, il trois ■II-'»; 13,11 ipintn! iirtii'lcs; 14, ù arliclus. — V. 15 cL 10, SinriUiim vnlutans cti voie de di've-
l'|.u?"r'' ~r,V-^'^ ("t"""». — VII, 11), luoiiadc ovoïde; 20, niomide ovoido écliuncrée,
ii^nrenijcrg ; 21, sporu ovoldc.
Mici'nphytes et uiicrozonires observés dans les miasmes de l'homme en bonue sauté. — Grossissemcut de 500 diamètres (*).
Classification — Nous conserverons donc les espèces décrites jusqu'au iourd'hui comme des types auxquels peuvent être rapportés un certain norabr d'esDèces réelles, tout en donnant, pour leur détermination, une valeur beaucou nias srande à la condition dans laquelle vivent les Vibrioniens. Nous nous bor nprons à aiouter à la classification d'Ehrenberg et de Dujardin un genre nou ' celui des Vibrioniens sans mouvement que nous nommerons Bactendm, à cause de leur ressemblance avec les Bactéries, et, dans les genres, nous ajouterons quelques espèces nouvellement acquises à la science.
. Nous classerons les Vibrioniens (Og. 170) dans l'ordre smvant :
i Rigides. . Bactericm.
Filaments droits ou | mouvant spontanément.. | piexueux. Vibrio. infléchis, mais non > Bacteridiuh, tournés en hélice.. ) immobiles Spirillum.
Filaments tournés en hélice
. I GENRE BACTÉRIE {Bacterium, Ehrenberg, Dujardin).- Cor^s filiforme roidê devenant plus oumoins distinctement articulé par smte d une dwmo, ZolTZpaJfaite; mouvement vacillant, non ondulatoire ^^w^^n). ' TZfriuL termo, Dujardin. - Corps filiformes, cylindriques, un p . renQés au milieu, deux à cinq fois aussi longs que larges : quelquefois assemb renties au nmi , m spontanée, animés d'un mouvemen
deux a deux par leuei uc m t-
vacUlanl; longueur, 0-,003 à 0-,002 ; épaisseur, 0",0018 a 0 .00»!
*°°C"L wiole chez l'homme et daus ceue maladie communiquée au hpi~ selr^e urtc*.» ,em.o, épais de 0-,0008 : 0»",001; Ions d
et dans cette maladie communiquée au lapm '^^ l^'' '' ^ l. Coze e nula épais de 0-,000^i à 0-,0008 ; long de 0-',0OZi a 0 ,001 (L.
'tti^ac.,.™ iriloculare ou articulatu., ^^^"^■-^ZZ'^C certain nombre dWcles, pourvu à la pame épa avant le tiers de la longueur da corps, long de 0 ,01U a u , de 0-,002 i 0025. Ce Baclérinm est regardé comme don t ux par u c'est un des premiers êtres qui apparaissent dans les .ntnstons.