CAUSES DÉTERMINANTES COMMUNES
Les causes déterminantes corrimunes sont celles qui peuvent produire indifl-éremment plusieurs états morbides sans les déterminer toujours en pareille circonstance. Ainsi le froid, qui produit une angine, ne la produira pas touiours et peut aussi bien provoquer l'apparition d'une bronchite, d'une pleurésie d'une péritonite ou d'une néphrite albumineuse. L'ivresse alcoolique produit aussi bien l'entérite que l'encéphalite ou la cirrhose du foie; la frayeur amène aussi bien la syncope que des convulsions, ou la chlorose et la fohe.
les causes déterminantes communes sont aussi nombreuses que variées. Ce sont par exemple, les impressions morales, telles que la joie excessive, la terreur les fortes contentions d'esprit, etc. J'ai connu un vieillard de quatre-vingts ans 'prédisposé sans doute à l'hémorrhagie cérébrale, et qui, arrêté au seuil de sa porte pour laisser passer devant lui le cercueil de sa femme, emporté pour l'inhumation, fut tellement ému, qu'il tomba frappé d'apoplexie. J ai vu chez une jeune fille pléthorique la chlorose la mieux caractérisée apparaître le lendemain de son mariage, par suite de la surprise des approches conjugales (1). La fatigue excessive amenant la paralysie, les efforts de la voix prodimant une aphonie, la course en face du vent provoquant les accès d'asthme, sont des causes déterminantes. Il en est de même de la rétrocession des exanthèmes fébriles ou chroniques, tels que les fièvres éruptives, les scrofulides cutanées, les maladies iierpétiques, ou la suppression de vésicatoires longtemps conservés chez un malade; -de la suppression subite des sueui-s, des règles,oudu lait;-dcs
(1) "Voyez Impressions morales, article 2, § 1°% p.
i DES CAUSES DE MALADIE. — IMPRESSIONS MORALES. 109
I excès de régime et des abus d'alimentation; — de l'usage exagéré des alcooliiques et des condiments; — de la mauvaise qualité des aliments et des bois- . sons; — de l'impression de l'air irès-chaud, de l'impression du froid extérieur sur tout le corps, ou localement sur une partie circonscrite; — des brusques transitions de température; — de l'humidité et de l'immersion dans l'eau;
^'dcs contusions dans leurs rapports avec les nosorganies cancéreuses externes;
— de l'inflannnation dans ses rapports avec le tubercule; — de corps étrangers introduits dans les viscères, bronches, intestins et autres tissus; — des chutes qui peuvent fdre une contusion, une fracture ou une luxation; — des contu- • sions et blessures faites par des instruments tranchants et contondants, etc. , : etc., etc. Je m'arrête ici dans cette énumération, qui pourrait ni'entraîner trop loin, et qui suffit au but que je me suis proposé : la démonstration de l'existence des causes déterminantes vulgaires.
ARTICLE II