CHAPITRE XIII
DE L'OPHTIIALMOSCOPIE.
I-'ophlhalmoscope est un instrument destiné à constater l'état analomique (le l'intérieur de l'œil, soit qu'on recherche les opacités du cristallin, soit
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qu'on ait h découvrir des corps flottants du corps vitré, soit enfin qu'on s'occupe des lésions de la papille du nerf optique, de la rétine et de la choroïde. 11 a été inventé par Hclmhollz, de lleidelbcrg, et se compose d'un miroir concave
réflecteur (fig. 218), destiné à éclairer le fond de l'oeil; d'un verre intermédiaire qui donne à l'image plus de netteté et d'une lumière dont les rayons réfléchis pénètrent dans l'œil.
Pour employer l'ophthalmoscope, il faut : 1" dilater la pupille avec une solution d'atropine, 2° se mettre dans une chambre obscure, 3° éclairer l'œil, et W se placer devant le malade pour l'examiner, soit à l'image droite, soit à l'image renversée ; mais ce dernier procédé est le meilleur.
Il y a Vop/ithalmoscope à main, de Desmares, percé d'un trou au centre, portant en arrière un petit verre «H
convexe pour les presbytes ou concave pour les myopes iMii. 218.- opiitimimoscope (fijr. 219). C'ost cclui qu'll faut préférer et dont il faut
apprendre l emploi. Viennent ensuite 1 op/it/iaimoscope binoculaire de Giraud-Teulon, qui donne à l'image plus de relief, et Yophthdmoscope fixe de Liebreich, destiné à l'enseignement et aux démonstrations cliniques. Tous les autres ne sont que des modifications de ceux que je viens d'indiquer.
1° Mater la pupille. — La dilatation de la pupille est indispensable pour que le faisceau lumineux pénétrant dans l'œil donne un éclairage suffisant. Dans les paralysies rétiniennes cette dilatation existe, et l'on n'a pas besoin de la provoquer ; dans les autres cas, on y supplée par l'application de la belladone aux tempes, aux paupières et sur le globe de l'œil, et mieux par l'instillation de quelques gouttes de solution d'atropine entre les paupières (eau. 30 grammes; sulfate d'atropine, de 0=%05 à OS',10).
2° Position de la lumière, du malade et du médecin. — On doit opérer dans une chambre noire, et par conséquent. à la lumière d'une lampe. A la rigueur, on pourrait opérer au jour, en faisant tourner le dos du malade à la lumière du soleil ou du ciel ; mais l'opérateur recevrait de la lumière directe ou diffuse qui le gênerait.
La tête du malade doit être immobilisée, soit par l'application du menton dans la main, soit en emboîtant l'occiput dans un appui-tête.
Pour assurer la fixité de l'œil, on engage le malade h regarder, soit un pomi de la tête de l'opérateur, soit une petite boule métallique attachée à la table d'opération et dont on règle la situation.
La figure 219 donnera une idée de l'ensemble de l'opération et de la manier^ de procéder à l'examen ophlhalmoscopique. Après quelques tâtonnements, on parvient facilement à réaliser une observation parfaite.
L'emploi des ophthalmoscopes dits fixes ne change absohmient rien aux co dilions d'examen dont nous venons de donner un exposé sommaire.
DE L'OPHTHALMOSCOPIE.
y Projeter de la lumière dans l'œil. — Simple problème de physique que l'on résout en plaçant h une certaine distance au devant de l'œil un réflecteur métallique légèrement concave (16 centimètres de foyer), qui reçoit la lumière (l'une lampe et la renvoie dans l'intérieur de l'œil. C'est à travers une ouveriiuc centrale ou latérale de ce miroir que l'observateur regarde. Celui-ci peut, selon la disposition physiologique de son œil, garnir cette ouverture d'un ménisque divergent (verre biconcave approprié à la myopie). Tel est le miroir de Desmarres.
Il" Voir l'intérieur de l'œil. — L'éclairage par le miroir donne une lumière suffisante pour observer l'intérieur de l'œil, mais les images manquent de net-
teté, et l'on emploie avec succès un verre intermédiaire qui leur donne une grande pureté.
Procédé par l'image renversée (fig. 219). — Une lentille de 5 centimètres de foyer est placée à peu de distance de la cornée, dans l'axe du miroir et de l'œil. Elle peut être tenue à la main (Desmarres, Matthieu), ou fixée à une monture de lunettes (Gillet de Grandmont), ou assujettie à une table sur un pied à curseur (ophthalmoscopcs fixes de Follin et Nachct, Donders, I^iebreich, Cusco, etc.). Mais ces détails d'utilité pratique sont sans importance ; >1 suffit de se rappeler que cette lentille est une loupe au foyer de laquelle il faut mettre successivement tous les points de la cavité oculaire que l'on désire explorer.
L'utilité de cette lentille est facile à comprendre. Si, après avoir projeté de la ilumière au fond de l'œil à l'aide du miroir, on regarde par l'ouverture de celui-ci, le fond de l'œil apparaît éclairé, mais confusément. Si, au contraire on nitcrpose une lentille, il se forme au foyer de celle-ci, entre la lentille et l'œil
La marche des rayons lumineux et la formation de l'image sont indiquées* tq dans la figure.
b. Procédé par l'image droite (fig. 221). — Lorsqu'on veut obtenir une
FiG. 221. — Théorie de l'ophthalmoscope : image droite (**).
image très-grande, on met en usage un verre biconcave (ménisque) placé un peu moins près de l'œil que la lentille ; ce verre donne une image virtuelle droite, très-grande, placée entre le verre et l'œil observé, comme on le voit dans la figure 217.
Quand on a acquis l'habitude de se servir de l'instrument, il est facile devoir
pique Tont f
observé. Si l'nn iippiicni- . ,. . ,, ,. i „,
(i-dire <Mi',.ll,. sera plus petite, pin» rapprodiùe .lu l'cril observé et plus distincle. Si 1 on dispose une .ni bitonveic deviml son propre œil, l'imugc a"b" serii grossie et rnpprocliéc de 1 omI observe d npr.'-s In l.ie. de la loupe. (Viiliii, Palliologic cxKrnc, avec nddilions et iiol.'S pnr F«nn, tome III.)
(**) ah, image de k rétine de l'œil observé. — Si vous examinez cet o<il avec le simple miroir ophlh^ moscopique 1 iiiinge ah su forinera en a'ii', et sera, comme dans 1.- .'as précédent, renvers.'O ; mais si . interpose la lentille bicnn.-nve 1), dont le fover prinripal tombe en dedans de ah. l.-s rayons fwus m toinlKMit Mir la fn.M- coiTespnndante de la lentille .livcrgente, et rimn;;e ah est ropiésentée par nnc imacc tnellen"fc" afi;ran.lie. Snppnsez mninlciiant .pi'an lien devons tenir .1 une certaine .lislanee du paln-ni, ^ vous plai'iez tcitit iirés, 1 inil de I nbservé fait alors oniec de (oi.;)C par rapport .'i 1 image rétinienne, ei voyez celle-ci droite et fortement grossie» Armez votre propre o-il d'un verre biconcave, et tous ^o)e même imago virtuelle, droite cl plus peliti. (Vidal.)
DE L'OPIITIULMOSCOPIE.
l'état normal du fond de l'œil, état qu'il faut bien connaître pour apprécier ses variations dans l'état pathologique.
Intérieur de l'œil à l'état normal. — L'examen de la partie la plus profonde de l'œil fait apercevoir la rétine, la papille du nerf optique et les vaisseaux artériels et veineux qui se déploient sur le fond du globe oculaire. La figure suivante donnera une idée de cette disposition.
La rétine occupe tout le champ de l'image ; elle paraît d'un rose vif, clair,
FiG. 222, — Fond de l'œU normal (*).
uniforme dans Vimage renversée, présentant des stries rayonnées dans Vimage droite. On y remarque au côté interne de la papille une tache jaune [macula lutea). La coloration rose du fond de l'œil est due au réseau vasculaire choroïdien que l'on aperçoit à travers la rétine, qui est absolument translucide, et qui n'est opaque que sur le cadavre.
Vers le centre du champ d'observation, on aperçoit la pupille optique, située un peu en bas et en dedans de l'axe optique de l'œil : elle se présente sous la forme d'une tache blanche, à peu près circulaire ; le centre en est éclatant et nacré, la périphérie environnée d'une couche noirâtre de granules pigmentaires. Elle semble s'élever sous la forme d'un bouton saillant; mais cette apparence résulte d'une illusion d'optique ; en réalité, elle est plane.
Du centre de la papille sort un groupe de vaisseaux rétiniens, qui sont
'nil5"T" """" <•(. dont l'ii-is olnii: .Ini. Iinii, U'os-foncé Celtn fi.,,,..
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l'épanouissement de ceux qui ont parcouru une partie de la longueur du nerl optique.
On y distingue des artères et des veines. Le tronc artériel émerge à peu près du centre de la papille et se partage immédiatement en deux branches, l'une ascendante, l'autre descendante, qui, à leur tour, se bifurquent, même avant d'avoir quitté les limites de la papille; il résulte de là qu'il y a deux troncs principaux supérieurs et deux inférieurs, d'où partent des rameaux secondaires ; les rameaux les plus volumineux se dirigent vers la partie interne de l'œil. Ces artères sont ténues et d'un rouge clair. Les veines, plus volumineuses, d'une couleur carminée ou brune, accompagnent les artères, et, traversant le nerf optique, vont se jeter dans le sinus caverneux, On observe assez fréquemn)enl des battements dans les veines, mais jamais dans les artères, à moins qu'on ne comprime le globe oculaire. i L'emploi de l'ophthalmoscope a conduit, par hasard, à l'usage d'un excellent procédé d'observation, qui n'a absolument rien à faire avec la diopirique : nous voulons parler de Védairage latéral ou oblique, lequel est une simple application de la réflexion de la lumière.
Lorsqu'on éclaire vivement la surface antérieure de l'œil avec une bougie, on peut y observer des lésions que la lumière diffuse ne fait pas reconnaître. aLiis si l'on concentre avec une lentille un faisceau de lumière sur cette partie, et que l'on examine latéralement, c'est-à-dire à l'aide des rayons réfléchis, ou est frappé de la vivacité et de la netteté de la lumière et des images.
Des usages de V ophthalmoscoioe en médecine et en chiruogie. — A l'aide de ces différents procédés d'examen, la chirurgie oculaire a pu réaliser de remarquables progrès. Le diagnostic des maladies chirurgicales des yeux a acquis une exactitude et une précision inconnues jusque-là. Il a été possible aux oculistes de rapporter la plupart des troubles visuels pour lesquels on venait les consulter à une altération du cristallin, du corps vitré, de la réline ou dr la choroïde, mais là ne devaient pas se borner les conséquences de la découverii d'IIelmholtz. Certaines amauroses, depuis longtemps attribuées àuneJésion cérébrale, trouvèrent leur explication dans une atrophie de la papille consialir avec l'ophthalmoscope. C'est dans cet éiat de la science que je songeai a rechercher si, en dehors des troubles visuels produits par les maladies chroniques de l'encéphale,, il n'y avait pas de maladies cérébro-spinales (pn pnului raient des lésions oculaires sans amener d'amaurose, et si les maladies aigu.~ cérébro-spinales n'auraient pas pour effet de déterminer dans l'œil des Ics.oi.^ qui pussent leur servir de symptôme. Ainsi s'est formée la cérébroscopic do.u je vais parler, c'est-à-dire le moyen de voir avec l'ophthalmoscope ce qn. ^^ passe dans le cerveau, comme avec le stéthoscope ou le plessmioii e, on eniem les bruils caractéristiques des lésions du cœur et des poumons. Ou xcua p loin si j'ai réussi.
bli LÀ CÉU/îiîHOSdoPiÉi