‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologieChapitre 278 sur 439 · TROUBLES DU. L'INTELLIGENCE. — DÉLIRE AIGU · texte numérisé non relu

TROUBLES DU. L'INTELLIGENCE. — DÉLIRE AIGU

ces généreuses actions de tous ces dévouements sans réserve. Sans doute ; et personne ne pourrait perdre sans regret l'heureuse illusion qui nous fait aimer et admirer ces touchants sacrifices ; mais le physiologiste ne peut faire autre chose que de voir la nature humaine comme elle est ; il ne peut étudier dans les actes humains que leurs véritables moteurs; et tout en rendant justice aux grandes natures capables de s'élever jusqu'à ces sublimes abnégations de soimême, il est de son devoir d'analyser les actes, d'y étudier des faits physiologiques, de manifestations nerveuses, cérébrales, comparables à celles que la nature humaine comporte tous les jours. Il les aime, il les admire, il les envii^. peut-être; mais il les juge, il les apprécie et il est forcé d'y voir des halkicina'tiens, des troubles des sens, de l'intelligence, du délire en un mot, quetque noble qu'en soit la cause, quelque belles, quelque heureuses, quelque glorieuses qu'en puissent être les conséquences (1) » .

Cette manière d'envisager la charité, le dévouement, le patriotisme, etc., comme des actes de délire, n'a eu, comme on peut le penser, qu'un médiopre succès, mais la tentative est si hardie qu'elle est utile à signaler. Elle constitue un signe du temps. C'est le pendant de cette autre définition célèbre : le génie est une névrose. — On ne peut mieux glorifier l'égoïsme ou la vulgarité ct'esprit, mais je m'arrête ici et reviens à mon sujet qui est le délire.

Le délire se présente à i'état aigu, sous la forme éphémèi^e, avec ou sans fièvre, ou bien il est prolongé et affecte la forme chronique. Cette division importante sépare les délires fébriles aigus du délire chronique et prolongé, appartenant à l'idiotie, à la démence ou à la folie. Le délire éphémère est celui que les nosographes appellent délire aigu fébrile, et le délire prolongé est généralement désigné par eux sous le nom de délire chronique.

ARTICLE PREMIER

Page 1