DELIRE AIGU
Le délire éphémère, que les auteurs appellent délire aigu, h cause de son invasion rapide et brusque, de la durée passagère de la fièvre qui s'y joint quelquefois, s'observe comme maladie essentielle, sans lésion appréciable, comme phénomène réflexe ou sympathique formant une névrose congesfh'e] et comme symptôme des maladies de l'encéphale, c'est-h-dire comme phénomène symptomatique.
Bien que le délire soit très-souvent le résultat d'une graiide excitation des fonctions cérébrales, et qu'il se manifeste chez des personnes en proie à lyie activité intellectuelle excessive, à une exaltation religieuse politique ou affective très-grande, ce n'est pas le cas le plus fréquent. Il est quelquefois, tout au contraire, la conséquence d'ime adynamie profonde du cerveau et se montre à la fin des maladies aiguës, dans l'inanition et dans l'épuisement nerveux par la
(1) Sandras, Traité des maladies nerveuses, l. I, p. 575.
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(louleur. C'est un phénomène dont la véritable condition primitive de déve- ■ loppement est parfois très-difficile à déterminer.
Quoi qu'il en soit, les causes auxquelles il faut eu attribuer la production soui i nombreuses et se rangent sous plusieurs chefs. Ce sont : 1° des maladies du i cerveau et de ses membranes; 2° certaines nosohémies ou altérations du sang; ; 3° l'excitation cérébrale essentielle ou sympathique. G'est'le délire nerveux.
1° Le déhre aigu s'observe dans l'inflammation des méninges, dans la ménin- ■ o'ite aiguë simple et dans la méningite cérébro-spinale. Pareut-Duchâtelet et Martinet ont dit que dans ce cas la phlegmasie occupait de préférence la convexité des hémisphères, plutôt que la base du cevveau ; mais cela n'est pas démontré. Plusieurs faits contradictoires, encore présents à ma mémoire, ne me permettent pas d'accepter cette opinion. Le délire se manifeste aussi dans certaines formes de congestion cérébrale étendue; dans l'hémorrliagie cérébrale accompagnée de méningo-eucéphalite ; dans l'encéphalite aiguë, mais alors les troubles de la raison ne sont jamais bien violents ; dans l'apoplexie séreuse et dans les tumeurs cérébrales, cancéreuses, épithôliales, vermineuses, etc. , accompagnées d'un certain état de congestion de la pulpe encéphalique. De toutes ces cmiditions anatomiques, celle qui a les méninges pour siège est la cause du délire le plus violent et le plus fortement caractérisé. Dans ces cas l'ophthalmoscope permet toujours de découvrir une hypérémie névro-rétinienne carac-
téi'istique. , i,,- t
2° Certaines altérations du sang on nosohémies provoquent le dehre. Lorsque le sang est appauvri, dans la chlorose et dans l'anémie, le système nerveux est tellement impressionnable, que la moindre cause et le plus petit malaise troublent souvent la raison. C'est une sorte d'ischémie de la substance nerveuse par défaut de sang ou par défaut de richesse globulaire du sang. Il en est amsi dans la convalescence de quelques maladies aiguës, dans l'inanition, etc. Les intoxications aiguës ou chroniques du sang produisent le même effet, ainsi font l n resse alcooliciue; l'alcoolisme chronique, l'action de l'opium, de la belladone, du haschisch, des solanées vireuses, du plomb, de l'ergot de seigle, du maïs. etc.
3» Le délire nerveux essentiel est le plus fréquent de tous. G est le dehre qm si.nale quelquefois le début d'une lièvre éruptive ou d'un accès de fièvre éphé-
X e qu'on observe à la période d'invasion d'une foule de maladies a.gucs. l la 'pneumonie, de l'angine, de l'érysipèle, etc. Véritable phénomène
t-^l ou réflexe, il annonce la part prise par le cerveau a a souffra^i e d S éloigné et doit dépendre d'une hypérémie cérébrale due au relachem U
0 se rattache le délire de, la lièvre typhoïde, du typhus et delà ficvrc T:^Z^m.m.,^^ Ton explique aussi par la congestion des incningcs, M ystériJ i de l'épilepsie, le délire produit par de tros-v.ves do^
lem-s! Ua suite de l'odontalgie, à la suite de grandes opérations douloureuses, etc. C'est le délirenervciix des opérés. • mm i'ai
Lorsque, sous l'inlluence des conditions organiques et 'îy"«"^'n" J ; indiquées, le délire se produit, ou remarque dans le langage une certaine n.co