TROUBLES DL L'INTELLIGENCE. — DÉLIRE AIGU
héreiice de paroles ot différents ti-oiibles dans les actes du mouvement. Le visage est quelquefois rouge, nniiné, couvert de moiteur j les yeux sont brillants; d'une vivacité et d'une expression singulières, il y a de l'insomnie, de l'agitation, de l'irritabilité ; puis quelques hallucinations, avec ou sans fièvre, et le trouble des facultés intellectuelles éclate plus ou moins violent et prononcé. Les paroles se pressent et changent aisément de but; il y a dans le langage une incohérence ou une déraison complète; les malades rient sans motif, d'une àanière stridente, convulsive; ils crient, et, sous l'empire du trouble apporté à l'exercice de leurs facultés intellectuelles;, ils supposent aux gens qui les entourent des intentions et des idées qu'ils n'ont pas, et ils leur répondent en les provoquant ; ils' ont des hallucinations gaies ou tristes et terribles ; ils vocifèrent, sortent de leur lit, courent, prennent les objets qui leur tombent sous la main en les détournant de leur usage habituel ; ils se mettent quelquefois en fureur, frappent tout ce qui les entoure, brisent ce qui les environne, et ils se jetteraient par la fenêtre ou iraient sans vêtements dans la rue, si l'on n'était pas assez fort pour les retenir. C'est ce qu'on appelle le délire furieux. Il s'observe dans la manie aiguë, dans delirium treinens aigu, dans l'intoxication par la bel- Mone, dans la folie puerpérale, dans la période d'invasion de quelques varioles, de quelques pneumonies et de quelcjues fièvres typhoïdes, eic. C'est un délire congestif ou hypérémique.
Le délire peut être plus calme, et alors, malgré l'incohérence des paroles et des actes du malade, il ne se livre à aucune violence. Chez quelques personnes mêmes, il n'y a que des mots sans suite, des réponses bizarres, de faibles hallucinatious qui ressemblent à des fêvasseries, c'est le délire tranquille ou subdeiiriim ou typiiomanie. Il s'observe surtout dans la fièvre typhoïde et dans la convalescence des maladies aiguës. C'est un délire ischémique ou par défaut de sang.
A côté de ces deux variétés générales de délire relatives à l'intensité du désordre de l'intelligence et dans lesquelles il y a un trouble général de la pensée, il faut placer les formes particulières de délire partiel dans lesquelles la pensée est partiellement troublée et où la déraison est bornée à un seul objet. Ainsi le délire roule souvent sur une idée que les malades reproduisent continuellement sous toutes les formes, il a pour objet un seul acte à accomplir, tel que le suicide, l'érotisme, la possession, le vol, l'ambition des richesses et des grandeurs, etc. C'est ce qui caractérise les différentes espèces de délire monomaniaque et la monomanic proprement dite, groupes morbides appartenant à la folie.
Chacune de ces variétés de délire appartient à un ordre de causes différent. Ainsi, dans les maladies, le délire aigu est (jénéral et fébrile, étendu à un '/,nind nombre d'objets indifféremment, tandis que le délire de l'aliénation est presque toujours opyrétiqve, ])artiel, et limité à un seul objet, tel que l'ambi- 'ion, l'amour, etc.
!>(' délire aigu est presque toujours accompagné de lièvre, dans l'invasion ou dans le cours des maladies aiguës, et lorsqu'il existe une altération du sang ;
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cependant le délire de quelques empoisonnements, et parliculièrenient celui de • ' la belladone et du haschisch, est toujours apyrétique. Il n'y a généralement pas de fièvro dans le délire de la folie et dans le subdélirium de la démence ou de l'imbécillité.
Le délire aigu est ordinairement plus marqué le soir et pendant la nuit que durant le jour. Il cesse souvent le malin pour reparaître après le coucher du s(ileil. Son intermittence, laissant dans l'intervalle un état de maladie bien ca- Kictérisé, n'offre rien de spécial; mais, lorsque, au contraire, le déUre paraît sous forme (l'accès intermittents, réguliers, périodiques, quotidiens ou tierces, avec apyrexie complète et bon état de santé dans l'intervalle, il est le signe diagnostique d'une fièvre pernicieuse, et il faut immédiatement donner le sulfate de quinine pour ne pas laisser périr le malade.
Il n'a qu'une durée assez courte, éphémère, lorsqu'il précède la variole ou n la scarlatine, et lorsqu'il survient dans le cours des fièvres ou des empoisonne- -< ments, alors il disparaît au moment où arrive une amélioration dans l'état mor- A bid.e. Quand il dépend d'une maladie du cerveau, d'une embolie des sinus, J d'une méningite, d'une encéphahte, d'une tumeur, etc., il s'accompagne d'hypérémie névro-rétinienne et de symptômes de coma, de convulsions et de con- ^ tractures, avec lesquels il alterne. Il se prolonge enfin et devient chronique dans l'alcoolisme ancien, dans le délire saturnin et dans les différentes espèces de folie.
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