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II. — Miasmes

Les miasmes sont d'une nature différente de celle des effluves. Leur action n'est pas la même : formés par les émanations animales du corps vivant sam et malade, ou par des matières organiques putréfiées, ils doivent être séparés d'après' leur origine en miasmes proprement dits et en émanations putrides.

Les miasmes sont des émanations animalisées encore peu connues dans leur composition, qui se mélangent à l'air de l'atmosphère et pénètrent partout avec lui en portant le trouble et la mort. Divisés au point d'être impondérables, ils n'existent peut-être pas comme corps, car on n'a pu les recueilHr ni les voir, on n'en connaît que quelques éléments, et ce ne sont peut-être que des modalités de l'atmosphère, tout comme l'ozone n'est qu'une modalité de l'oxygène atmosphérique; mais leur existence est incontestable, si l'on en juge par les effets qu'ils produisent. Leur nature seule échappe à l'analyse et n'est connue nue d'une manière très-insuffisante. Pour celui qui ne voit dans les miasmes f u'une cause expérimentale dont les effets terribles ne peuvent être méconnus, le mot suffit, tant mieux si plus tard quelque savant découvre l'essence même

'^'untaTimportant vient d'être fait dans la découverte de la composition des miasmes émanés du corps de l'homme en bonne sauté, par M J. Lemaire. Ce médecin y a démontré la présence de germes d'infusoires qui se développent avec une très-grande rapidité et en très-grand nombre.

Les expériences ont été faites le 19 septembre 1866, au fort de 1 Est situe dans la plaine d'Aubervilliers, à côté de Saint-Denis, dans de bonnes conditions

'^'on topéré de quatre heures à cinq heures trente minutes du matin, pendant que les soldats étaient au lit et leurs chambres closes. Ils s'étaient couches a

au

""^iL^sontété .itesdans une chambre de la caserne située^, deuxième étage, contenant vingt-quatre lits, dont vingt étaient occupés. Elle

cube environ i:i20 mètres. , , „ ,in Li8

AU moment de l'expérience, la température de celte chambre él it de + 8 degrés centigrades. L'odeur de son atmosphère, sui gêner is. ^ ^'^^^^^ et l'impression qu'en ressentaient les poumons avait quelque chose de pcn.blc.

(1) voyez Dutroulau, Traité des .naladies des Européens dans les P^y^ ^>;<^'l^^ Paris, 18(58. - Griesinger, Traité des maladies infeclieuses, trad. par G. LcmaUre Paris, 1868.

On y recueillit environ 6 grammes de vapeur d'eau réduite à l'éial liquide, qu'il plaça dans une fiole neuve de 60 grammes de capacité, préalablement lavée à l'eau distillée et bouchée avec un linge neuf, également lavé.

Au moment de sa condensation, le liquide était incolore, limpide; son odeur était la même que celle qu'on avait perçue dans la chambre ; sa saveur était légèrement piquante. Il n'exerça aucune action appréciable sur les papiers réactifs.

Un premier examen microscopique fut fait deux heures après la condensation. Il permit de constater l'existence d'un nombre considérable de petits corps diaphanes, dont les formes peuvent être rapportées aux suivantes : sphériques, ovoïdales, cylindriques, régulières ou irrégulières. Les corps cylindriques avaient de 0,001 à" 0,002 de millimètre de large, et 0,003 de millimètre de long (fig. 7, n"' 5 et 7). Le diamètre des corps sphériques et ovoïdaux variait de 0,0015 à 0,0020 de millimètre de diamètre (fig. 7, n°' 1, 2, 3 et U). Ces corps, comme on va le voir, sont des microphytes et des microzoaires en voie de développement.

Un nouvel examen fait six heures après la condensation, donna les résultais suivanls. Les corps diaphanes étaient beaucoup plus nombreux. C'est par milliers qu'ils existaient dans une petite goutte de ce liquide. De plus, des Bacterium termo et Bacterium punctum s'agitaient; de petits vibrions - baguettes exécutaient des mouvements d'ondulation assez rapides (fig. 7, 9 et 10). On trouva, en outre, un assez grand nombre d'une espèce d'animalcule qui a été observée par Ehrenberg (1), et que Dujardin révoque en doute, parce qu'il ne l'a jamais trouvée dans ses nombreuses expériences.

Un troisième examen de ce liquide fait vingt-quatre heures après la condensation a montré, dans une seule goutte, de nombreux Bacterium termo, les mis isolés, d'autres réunis par groupes de dix, vingt et même d'une centaine ; de rares Bacterium catenula et punctum, beaucoup de vibrions-baguettes et de monades ovoïdes, les unes échancrées, les autres qui ne l'étaient pas ; enfin

(1) Ehrenberg et Mandl, Trailé pralique du microscope. Paris, 1839, in-8.

(■) I. Corp, dm,,Ua„rs spl,,h-h,u,:, et o,ui!,U, : i, corps spluH'i.ine im^nlior ; 2, snluM-iq.io .rirnli.-r : 3 corn^ loi '^^^^^^^^^ articles.- V. 15 K 10, SpiHIUun vol„„„u vôie .L-vo-

7. — Mici'oplijles t'I iiiioruzouii'os observi'S' dans les miasmes de l'iininme en lionne sauté. — Grossissemeut de 5U0 diamètres (*).

136 PATHOLOr.IE GÉNÉRALE.

des spores ovoïdales, d'autres sphériques de 0,0015 à 0,0035 de millimètre de diamètre.

Une seconde expérience a été faite sur l'air d'une casemate contenant trentehuit lits, dont dix-sept seulement étaient occupés. Dans cette expérience l'auteur a constaté, aux mC'mes heures que dans la précédente, l'existence des mêmes microphytes et des mêmes microzoaires, mais en quantité beaucoup moindre. Il attribue cette dill'érence à la ventilation de la casemate (la chambre de la caserne ne l'était pas) et au petit nombre de lits occupés.

D'autres expériences à l'air libre ont été faites le même jour et au même moment sur le tertre des fortifications dans la plaine.

Le liquide condensé était limpide, incolore, sans odeur, sans réaction sur les papiers à réactifs et d'une saveur d'eau.

Au bout de deux heures, il s'y produisit quelques corps sphériques ovoïdes et cylindriques, mais ils étaient peu nombreux, mélangés avec quelques cristaux cubiques de sel marin ; ils ne renfermaient pas d'animalcules ni de spores.

Six heures après, même chose, et vingt-quatre heures après, même résultat négatif; au deuxième jour seulement il se trouva quelques Bacterium termoA^ très-petits vibrions- baguettes et de petites spores, mais pas de monades.

En répétant souvent les expériences, M. Lemaire dit que cette différence de l'analyse de l'air des casernes et de l'air hbre a toujours été la même. Mais, chose importante à signaler, tous ces éléments de l'air se trouvent dans la crasse déposée à la surface du corps chez les sujets malpropres, et à la racine des dents ou dans l'haleine de ceux qui ne se nettoient pas bien la bouche.

Dans une autre direction, on a fait des recherches analogues au sujet de la nature des miasmes de l'ophthalmie purulente et de la coqueluche. Le docteur Eiseld a fait connaître que dans une épidémie de conjonctivite purulente aux environs de Prague, sur cent trente et un enfants réunis dans le même hôpital, il lui était impossible d'empêcher la contagion, alors même que tout contact était impossible. Il voulut se rendre compte du phénomène, et avec un aéroscope analogue à celui de M. Pouchet, placé entre deux Uts sur le trajet d'un courant ^ d'air dans une salle de trente-trois malades, il recueillit sur la plaque de verre enduite d'une couche de glycérine des corpuscules, parmi lesquels figuraient en grand nombre des globules de pus. S'il n'y a pas eu erreur dans l'appréciation des faits, c'est là une découverte très-importante et qui pourra changer la nature des idées sur le mécanisme des contagions miasmatiques et purulentes. Quant à la coqueluche, son expectoration est, dit-on, reraphe de bactéries, et, selon M. Poulet, ce serait la dispersion de ces germes dans l'atmosphère qui serait l'agent de contagion de cette maladie.

Dans leurs recherches sur les bactéries trouvées dans le sang de certaines maladies infecto- contagieuses et épidémiques (fig. 8 et 9), Fuchs, Branel, Coze Delafond, Davaine, Raimbert (1 ) et V. Feltz, ont ouvert une voie nouvelle aux hy-

(1) Raimbert, Nouveau Dict. de médecine et de chirurgie pratiques. Paris, 1867, tome VII, art. Charbon.

poth(\scs que l'on peut faire sur la nature des miasmes. Comuie dans ces maladies (1) il y a sur le sang des cadavres un grand nombre de bactéries on bacléridies dans le sang et que l'injection de ces bactéries dans les veines ou dans le tissu cellulaire d'un lapin entraîne la mort au Tnilieu d'accidents typhoïdes graves, on en a conclu que les bactéries étaient le ferment morbifique des maladies infectieuses. On a pensé que si l'injection dans les veines pouvait, en amenant leur multi-

FiG. 8.

Fie. 9.

Les figures 8 et 9 représentent le sang du cœur d'un mouton mort d'une maladie cliarbonneuse (sang de rate); le sang a été extrait et examiné aussitôt après la mort de l'animal, le 4 janvier 1866, la température atmosphérique étant voisine de 0°. Les globules sanguins, devenus agglutinatifs, sont réunis par amas ou îlots très-irréguliers. Les bactéridies qui occupent les intervalles sont droites ou coudées; les plus courtes sont à peine visibles ; les plus longues ne dépassent pas deux centièmes de millimètre. — Grossissement, 350. (Davaine.) — La fignre 8 représente une goutte de sérum ; la figure 9, une parcelle d'un caillot.

plication dans le sang, occasionner la mort, leur volatilisation et leur dispersion dans l'atmosphère pourraient produire les mêmes effets, et que c'était là V origine des miasmes du charbon, du typhus, de la variole, de la fièvre typhoïde. Cette opinion est aussi celle du docteur Lemaire que je viens de citer. Malheureusement les miasmes bactériques se trouvent partout où il y agglomération humaine ; ne reproduisent pas toujours la maladie d'oii ils proviennent ; tandis que les miasmes inconnus de la variole, du typhus, de la scarlatine, de la coqueluche, de la rougeole, etc. , reproduisent inévitablement le mal qui leur a donné naissance, absolument comme les graines reproduisent leur espèce végétale.

Il ne faut pas confondre les miasmes avec l'air confiné, altération appréciable à l'analyse chimique, et qui constitue une atmosphère non respirable. Ce n'est pas la même chose. Les miasmes sont des agents spécifiques produisant des maladies spéciales et spécifiques dont la nature est toute différente des accidents produits par l'air confiné, lesquels ne sont que des accidents complets d'asphyxie. On sait que dans l'acte de la respiration, l'homme absorbe l'oxygène de l'air, qui se combine avec le carbone de nos aliments et de nos tissus et I qu'a rejette dans l'expiration une certaine quantité d'acide carbonique, 'de (1) Voyez plus loin le chapitre des No souémies.

138 PATHOLOGIE GÉNÉRALF..

vapeur d'eau et de malièrc animale, Irès-facilemeni putrescible. II y a ainsi 3 ou L\ pour 100 d'acide carbonique dans l'air inspiré, au lieu de quelques dixmillièmes qui se trouvent dans l'air pur. Quand un grand nombre d'individus se trouvent entassés dans un même lieu, il en résulte une altération cbiniique de l'air, ce que l'on appelle l'air confiné, dont l'influence sur l'économie n'est ' pas sans danger; mais il n'en résulte pas nécessairement un miasme morbifique. Si ce miasme se développe, c'est exceptionnellement et par le fait de circonstances accessoires, M. Leblanc, dans ses analyses d'air confiné, a trouvé dans une salle de la Pitié trois millièmes d'acide carbonique, c'est-à-dire cinq fois plus que dans l'air ordinaire, et l'oxygène s'était abaissé d'une façon proportionnelle. A la Salpêtrière, lia trouvé dans quelques salles six et huit dix-millièmes. • Dans quelques salles d'asile, dans la coupole de la Chambre des députés, dans les difl'érentes salles de théâtre, la proportion d'acide carbonique a toujours été de deux, trois et quatre dix-millièmes après quelques heures d'occupation. C'est à cette modification qu'il faut rapporter les malaises qu'on éprouve dans les grandes réunions, et les accidents de mort par asphyxie chez les personnes entassées dans un heu trop étroit; mais il y a loin de là à la production des dilîérenles maladies infectieuses qui résultent de l'encombrement. Celles-ci sont la conséquence du développement de principes nouveaux répandus dans l'air et que l'on désigne sous le nom de miasmes.

Les miasmes sont donc des émanations animales, morbides ou putrides, unies à l'air de l'almosphère, et fournies par l'expiration pulmonaire et l'exhalation cutanée. Constitués par une matière animale, soluble et putrescible, que l'on ramasse dans la vapeur qui s'échappe des voies aériennes et dans le liquide de la sueur, ils se révèlent souvent par une odeur particulière, variable selon l'âge, le sexe, le tempérament et les maladies : c'est l'odeur des dortoirs, des casernes, des hôpitaux où se trouvent le typhus, la variole, etc. ; mais dai^s une foule de circonstances les miasmes existent dans l'air sans que nulle odeur annonce leur présence. Ils naissent et se propagent avec une facilité prodigieuse ; mais l'encombrement des individus dans une grande salle, dans une habitation, dans un vaisseau, dans les camps, est la condition ordinaire de leur développement. Uniquement appréciables [par leurs effets, ils déterminent toujours les mêmes maladies typkiques, éruptives et pestilentielles, spécifiques de la nature de leur miasme générateur. Après leur développement et dans leur action sur un mdividu, ils se reproduisent comme les graines sur la tige avec une rapidité mouie et en vertu d'une action inconnue dans sa nature (l),qui présente quelque analogie avec la fermentation. Leur transmission s'accomplit de difl-érentes manières : à courte distance, dans le lieu de leur développement primitif, soit une chambre, une maison, une localité, ou à des distances considérables, par 1 intermédiaire des vents, de l'air, des vêtements d'un individu qm n'a point subi leur innuence, etc., etc. Elle est favorisée par la chaleur, l'hum.d.té, 1 électricité de l'air; mais cette action est très-bornée et souvent démentie par 1 obsei-

(1) M. Lûvy, Trailé d'hygiène, 4° édition. Paris, !

valion. Un dernier fait relatif aux miasmes, et ce n'est pas le moins curieux, ils semblent disparaître, ou du moins cessent tout à coup d'exercer leur action dans le lieu même où ils ont fait tant de ravages. Pourquoi ? On l'ignore. Le dernier cas de maladie produit par leur influence reproduit le miasme au centuple, et il n'y a pas de raison pour que l'épidémie cesse. Les miasmes ont donc une activité variable qui augmente, qui diminue selon l'occasion, et qui s'épuise en quelque sorte par de nombreuses transmissions. C'est un des points les plus litigieux de leur histoire, et sous ce rapport ils ressemblent aux virus fixes.

Influence des miasmes. — Les impressions miasmatiques résultent de l'action exercée sur le système nerveux par les miasmes qui ont pénétré la peau ou la muqueuse intestinale et pulmonaire. Elles sont très-variables dans la nature et dans l'intensité de leurs effets, selon la qualité et l'activité du miasme, ITige, le sexe, le tempérament, l'idiosyncrasie et la situation de la personne qui a subi l'impression. Elles ont lieu avec une facilité très-grande dans le jeune âge; aussi l'enfance est-elle plus disposée que la vieillesse à contracter toutes les maladies épidémiques. J'ai vu très-souvent, à l'hôpital, des enfants affectés de bronchite ou de diarrhée, qui ont olfert successivement la scarlatine, la coqueluche, la variole, la rougeole et une gangrène de la bouche rapidement mortelle, le tout contracté dans les salles, sous l'influence d'impressions miasmatiques scarlatineuses, varioliques, etc.

Les impressions miasmatiques sont très-faciles, chez les femmes, à cause de leur faiblesse^ et chez les sujets dont le tempérament est mou et la constitution déhcate. Il y a, en outre, des personnes prédisposées, dont l'idiosyncrasie est telle, qu'efles subissent très-facilement l'action de tous les miasmes répandus dans l'atmosphère, et elles .sont victimes de toutes les épidémies ; il y en a d'autres, au contraire, qui sont réfractaires à cette influence, et elles jouissent d'une sorte d'immunité temporaire au milieu d'une situation périlleuse pour tout le monde en général.

La misère, la débauche, la nostalgie, le chagrin, la tristesse, disposent merveilleusement l'homme à la réceptivité de ces impressions , mais il n'est aucune influence qui, sous ce rapport, puisse être comparée à celle de l'encombrement. Cette influence a pour effet la dépression des forces, la formation de miasmes dont l'influence détermine le développement de maladies très-variées, quelquefois différentes dans la forme, mais identiques dans leur nature. Voulez-vous rendredesenfantsmalades, réunissez-les en très-grand nombre danslemêmelieu • les crèches, les asiles, les classes où il y a trop d'enfants, sont remplis de miasmes délétères d'où sortent les ophtlïalmies, les rougeoles, les coqueluches, etc Voyez ce qui se passe dans les hôpitaux d accouchement, où, trop nombreuses les femmes engendrent le miasme des fièvres puerpérales, de l'ophthahnie purulente, de 1 erys.pèle de. nouveau-nés. etc. ; dans les hôpitaux de la ville où encombremeat produit la fièvre purulente et l'absorption du pus, la pourriuredhop.tal, les gangrènes, etc. ; dans les camps et dans les hôpitaux mili- . a.res ou le typhus et la diathèse typhique, qui aggrave toute maladie, font tant . de v.clunes ! Partout l'encombrement produit le miasme et la prédisposition à

lUO PATIIOLOGIli: GÉNÉRALE.

l'absorption du miasme; aussi l'impression miasmatique est-elle d'autant plus facile et dangereuse qu'il y a un plus grand nombre d'individus dans le même lieu, et qu'il y règne des maladies d'une sp6cilic.it6 et d'une virulence plus grandes.

L'impression miasmatique reproduit toujours, cbez l'individu qui la subit, la maladie génératrice du miasme absorbé. Celle des miasmes ordinaires de l'encombrement reproduit le typhus et les dilîérentes formes typhoïdes qui, une fois développées, se transmettent par les miasmes qu'elles engendrent. L'impression des miasmes de la dysenterie, du typhus cérébro-spinal, du typhus pulmonaire, de la fièvre typhoïde, de l'érysipèle, de la pourriture d'hôpital, des gangrènes, des fièvres éruptives, etc. , reproduit fidèlement la dysenterie, la méningite cérébrospinale, la grippe, la fièvre typhoïde, l'érysipèle, la pourriture d'hôpital, les gangrènes, les varioles, les scarlatines, les rougeoles et tant d'autres qu'il serait trop long d'énumérer. Partout enfin l'histoire de la médecine apprend qu'une maladie, en apparence spontanée, peut jeter dans l'atmosphère des miasmes dont l'impression sur des individus soumis à l'encombrement se trouve être le point de départ d'une épidémie plus ou moins violente et meurtrière. Ce n'est pas à Paris qu'on voit bien les choses, quoique j'aie pu les y apprendre, mais c'est en province, dans les camps, à la suite des armées et dans les observations médicales faites chez tous les peuples en des lieux différents. Là on peut suivre et saisir la spécificité morbide enfermée dans l'essence invisible des miasmes que l'homme sain et malade jette à chaque instaut dans l'atmosphère. La plupart des maladies ont leur miasme qui, dans l'occasion et par des circonstances hygiéniques fâcheuses, peut être le germe d'une foule de maladies semblables, en un mol, d'une véritable épidémie.

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