FORMES ET PRONOSTIC DU DÉLIRE
Sauf les cas où le délire vient par accès intermittents, à périodes réguliè et caractérib'ant une fièvre pernicieuse, ce phénomène n'a pas d'importn diagnostique absolue. Quand il est sous la dépendance des maladies du ( veau et des méninges, il est souvent accompagné d'une hypérémie ou d' atrophie né vîo- rétinienne caractéristiques, mais dans les cas où il résulte
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certaines altérations du sang, ou d'un trouble des fonctions intellectuelles sans lésion appréciable, il n'offre malheureusement rien qui soit toujours spécial. — Son invasion subite, fébrile, amionce le début de quelques maladies aiguës, mais sans détermination de l'une à l'exclusion de l'autre. Sa présence, au milieu de leur évolution, indique indifféremment, soit une complication cérébrale, soit un appauvrissement du sang, conditions importantes à reconnaître. Dans ce dermer cas, il faut s'éclairer par l'étude des autres phénomènes morbides, ou par l'examen de l'œil avec l'ophthalmoscope, et, à la fm de la maladie, les désordi-es locaux étant en voie de réparation, s'il arrive un peu de délire tranquille, il y a tout lieu de croire à l'existence d'un déUre anémique que l'ahmentation fait disparaître. — Le délire aigu des empoisonnements se reconnaît souvent à la forme qu'il présente. Celui de la belladone est très-violent, furieux, bavard et accompagné d'hallucinations souvent érotiques , tandis que celui de l'opium est plus calme et accompagné de somnolence et de coma. Le délire du haschisch se rapproche assez de celui que produit la belladone, mais il est plus gai, et il est rare qu'il entraîne à autant de violences. Il en est de même du délire saturnin ; mais, en général, c'est moins d'après la forme du délire que d'après les autres caractères fournis par le malade qu'on remonte à sa cause. La dilatation de la pupille dans le déhre des solanées, sa contraction dans l'intoxication par l'opium, la décoloration anémique de la peau dans le délire saturnin, etc., joints à d'autres renseignements fournis par les parents du malade, sont les accessoires indispensables à un bon diagnostic, et il est impossible d'y arriver sans tenir compte de ces différentes circonstances.
Comme pronostic, le délire n'a d'autre importance que celle de sa cause. Ainsi, au début des fièvres éruptives, et à l'invasion. des maladies aiguës, le délire initial indique un état moins grave que le délire qui accompagne les maladies primitives du cerveau et des méninges, ou qui se développe dans le cours des maladies aiguës ataxiques, ou par suite d'une compHcation inflammatoire née dans le cerveau. — Le délire aigu intermittent sous forme d'accès réguliers séparés par une apyrexie est excessivement grave et toujours suivi de mort si on ne lui oppose des moyens convenables, le sulfate de quinine par exemple. — Il en est de même du délire anémique, produit par la diète et l'inanition à la fin des maladies aiguës et dans leur convalescence. Si l'on se tirômpe sur sa nature, et que, par suite d'une méprise encore très-fréquente, on redouble de sévérité dans le régime, ou que l'on ait reconrs à des émissions sanguines au lieu de nourrir légèrement les malades, le délire augmente et ne se termine qu'avec la mort. A part ces conditions, le délire n'a pas d'impor- Çance pronostique. Il est en rapport avec la gravité de la cause anatomique, avec la nature et le degré des altérations du sang, avec l'activité des substances toxiques introduites dans l'estomac, enfin avec la durée de l'accident, toujours très-grave et incurable dès qu'il se prolonge au delà de plusieurs mois.
SftMÉlOLOGlE.